Télémédecine en EHPAD : téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance et médecin coordonnateur à distance, dans le cadre du droit en vigueur
Un résident qui ne peut plus se déplacer, un médecin traitant injoignable, un avis dermatologique à obtenir, une nuit sans médecin : la télésanté répond à chacune de ces situations, à condition de savoir quel acte mobiliser, qui peut le demander, ce que le code exige et ce que l’Assurance maladie prend en charge. Cette page reprend chaque règle sur le texte en vigueur et la relie aux chiffres de la Cour des comptes, de la DREES et du ministère.
🗓️ Mis à jour le 9 septembre 2026 — droit relevé sur le texte en vigueur au jour de publication
Cette mise à jour fonde la page sur les articles des trois codes concernés, santé publique, sécurité sociale, action sociale et familles, qui définissent les actes de télémédecine, le télésoin, la télésurveillance et la mission de centre de ressources territorial, relevés un par un sur le texte en vigueur. Elle intègre l’arrêté qui fixe les conditions de l’exercice dématérialisé des missions du médecin coordonnateur, le décret qui organise le renouvellement d’agrément des plateformes de téléconsultation, les règles conventionnelles et les montants publiés par l’Assurance maladie, le chapitre de la Cour des comptes sur les hospitalisations des résidents, l’étude de la DREES sur le recours à la téléconsultation, et un assistant qui, pour une situation donnée, indique quel acte de télésanté s’applique, qui peut le demander et à quelles conditions.
Le cadre légal de la télésanté
Deux régimes voisins : la télémédecine, « une forme de pratique médicale à distance », et le télésoin, qui met en rapport un patient avec « un ou plusieurs pharmaciens ou auxiliaires médicaux ».
Cinq actes, une exigence de traçabilité
| Acte | Objet cité | Qui avec qui |
| Téléconsultation | donner une consultation à distance à un patient | Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient |
| Téléexpertise | solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux | informations de santé liées à la prise en charge d’un patient |
| Télésurveillance médicale | interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient | réalisés par le patient lui-même ou par un professionnel de santé |
| Téléassistance médicale | assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte | un autre professionnel de santé |
| Réponse médicale de régulation | apportée dans le cadre de la régulation médicale | le médecin régulateur du SAMU |
Chaque acte suppose « L’authentification des professionnels de santé » et « L’identification du patient », puis un compte rendu versé « dans le dossier du patient ». Chez la personne accueillie, le consentement est recherché dès qu’elle « est apte à exprimer sa volonté ».
Une construction récente
Le chapitre Télémédecine est né de la loi HPST (21 juillet 2009) ; la loi du 24 juillet 2019 y ouvre une « Section 2 : Télésoin », que l’arrêté du 3 juin 2021 fonde sur une « décision partagée du patient et du professionnel réalisant le télésoin ».
Téléconsultation en EHPAD : organisation et règles conventionnelles
Parcours de soins et organisation territoriale
Premier verrou : « Les actes de téléconsultation remboursés par l’assurance maladie sont effectués par vidéotransmission ». Le parcours de soins coordonné prime, mais « les personnes résidant en établissement pour personnes âgées dépendantes » font exception, à condition de « se rapprocher d’une organisation territoriale, coordonnée ». C’est cette logique qu’a testée l’expérimentation de téléconsultation assistée dans le Grand Est, préalable à toute mise en place technique de la téléconsultation.
Alternance, plafonds et tarification
La télémédecine ne remplace pas le présentiel : « le suivi régulier du patient requiert une alternance de consultation en présentiel et de téléconsultation ». Côté tarif, « La téléconsultation est facturée par le médecin téléconsultant 25 € ». Quand « la présence d’un professionnel de santé accompagnant est possible », l’infirmier libéral qui accompagne un patient valorise son geste sous le code « TLS – acte à 10 € », ce qui suppose d’organiser la charge de soins en équipe.
Quand le médecin traitant manque
Le médecin coordonnateur prend le relais lorsque le médecin traitant « n’est pas en mesure d’assurer une consultation par intervention dans l’établissement », ce qui prolonge le lien entre le médecin traitant et l’EHPAD. Le sous-recours des seniors à la téléconsultation selon la DREES est net : « seulement 6 % parmi les 60 ans ou plus » déclarent y avoir eu recours, et la Cour des comptes relevait, à propos des EHPAD, qu’« En 2019, 18 % de ces établissements disposaient d’un accès à la téléconsultation ».
Téléexpertise : l’avis spécialisé à distance
Le code la définit comme l’acte qui permet de « solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux », « sur la base des informations de santé liées à la prise en charge d’un patient ». L’Assurance Maladie confirme que « Les professionnels de santé non-médicaux peuvent demander une téléexpertise à un professionnel médical », ce qui couvre l’IDEC en EHPAD, comme le détaille la télé-expertise en gériatrie demandée par l’IDEC. À la différence de la téléconsultation, « La téléexpertise n’exige pas d’échange par vidéotransmission ». Depuis peu, « la téléexpertise est facturée 23 € par le médecin dans la limite de 4 actes par an, par médecin requis, pour un même patient », et côté requérant « 10 € par le médecin ayant sollicité une téléexpertise », le tout pris en charge puisqu’« il est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie obligatoire ». Cela permet de faire appel à un spécialiste à distance pour « les patients résidant en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) », la SFGG citant les outils « adoptés massivement pour la télé-expertise, par exemple Omnidoc », aux côtés des « lignes d’astreinte téléphoniques gériatriques » pour l’avis diagnostique urgent.
Quel acte de télésanté pour cette situation, et à quelles conditions ?
Ce résident fébrile dont le médecin traitant ne passera pas avant lundi, cette plaie pour laquelle un avis dermatologique suffirait, ce résident insuffisant cardiaque à suivre au jour le jour, cette séance qu’un orthophoniste propose en visioconférence : chaque situation relève d’un acte de télésanté différent, avec ses conditions propres. L’assistant nomme l’acte qui s’applique, dit qui peut en être à l’origine, rappelle ce que le code impose et ce que l’Assurance maladie exige pour le prendre en charge, et n’affiche que les textes mobilisés par le verdict. Il ne remplace pas l’appréciation du professionnel, à qui le code réserve le jugement de pertinence : il dit où regarder.
Assistant « acte de télésanté »
Six entrées, un verdict, le fondement affiché. Aucune donnée n’est transmise ni conservée.
Le verdict cite les codes de la santé publique et de la sécurité sociale, les règles publiées par l’Assurance maladie et le guide HAS de bonnes pratiques, relevés au jour de la mise à jour de cette page. Une situation d’urgence relève toujours de l’appel au 15.
Télésurveillance médicale : du programme d’expérimentation au droit commun
L’Assurance Maladie résume l’enjeu : « La télésurveillance est un acte de télémédecine ayant pour objet de permettre à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient », rémunérée en droit commun depuis le 1er juillet 2023, pour une prescription qui ne peut être faite pour une durée supérieure à un an. Pour l’établissement qui équipe ses résidents en objets connectés et tensiomètres connectés, aucun dépassement n’est toléré : « Le patient ne peut être redevable à un opérateur de télésurveillance médicale, au titre de la surveillance médicale, d’autres montants que le montant forfaitaire ».
| Niveau | Montant cité | Condition |
|---|---|---|
| Forfait opérateur, niveau 1 | 11 € | par patient et par mois |
| Forfait opérateur, niveau 2 | 28 € | par patient et par mois |
| Forfait opérateur majoré (majoration du niveau 2), premier palier : niveau 1 | 56 € | 6 mois renouvelables une fois pour l’activité de télésurveillance médicale de l’insuffisance cardiaque |
| Forfait technique, intérêt organisationnel | 50 € | rémunère l’exploitant du dispositif |
Si le suivi échoue, l’opérateur prend sans délai toute mesure pour que le patient soit orienté ailleurs — un repère utile avant de sécuriser le réseau des objets connectés ou d’orienter une famille vers la télésurveillance médicale à domicile.
Médecin coordonnateur à distance et télécoordination
Le CASF est sans ambiguïté : « Tout établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant du I de l’article L. 312-1 doit se doter d’un médecin coordonnateur », titulaire d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires de gériatrie, d’un diplôme d’études spécialisées de gériatrie ou de la capacité de gérontologie. Faute de candidat, situation que décrit notre article sur la pénurie de médecins coordonnateurs, le code prévoit un filet : l’exercice des missions énumérées au I peut, pour une durée limitée, être assuré par un médecin coordonnateur intervenant de façon dématérialisée.
L’arrêté du 21 juillet 2026 borne ce recours : le directeur informe l’ARS au moins quinze jours avant le début de cet exercice, et le praticien se rend au moins une journée par mois dans l’établissement, pour une durée fixée à douze mois, qui « ne peut excéder 36 mois » — de quoi motiver, en parallèle, à recruter un médecin coordonnateur en présentiel.
L’infirmier coordonnateur, créé par le décret du 4 septembre 2025, concourt à l’exercice des missions des médecins coordonnateurs mentionnées aux 1°, 2°, 4°, 5° et 8° à 10°. L’Ordre rappelle qu’« Un médecin coordonnateur qui effectue de la télé coordination doit conclure un contrat avec l’EHPAD et non avec la structure qui propose la télé coordination ».
Choisir un prestataire et bâtir le socle numérique
Seules les sociétés de téléconsultation qui ont reçu l’agrément à cette fin des ministres chargés de la sécurité sociale et de la santé peuvent demander à l’assurance maladie la prise en charge des actes de téléconsultation réalisés par les médecins qu’elles salarient. Première condition : « Elles exercent sous la forme d’une société commerciale régie par le code de commerce ».
L’agrément est accordé pour une durée de trois ans et se renouvelle au moins quatre mois avant le terme de l’agrément en cours, sachant que « Le silence gardé pendant quatre mois par l’administration sur la demande d’agrément ou de renouvellement d’agrément vaut acceptation de cette demande ». Côté patient, aucune surprise : la société ne peut réclamer d’autres montants que ceux fixés par les tarifs conventionnels — un socle à croiser avec notre guide pour déployer un logiciel DUI en trois mois.
Ce socle s’inscrit dans un mouvement plus large : « Le programme ESMS numérique a pour ambition d’accompagner la transformation des établissements et services sociaux et médico-sociaux en les incitant à s’équiper et à utiliser le dossier usager informatisé (DUI) » — un chantier que notre campagne de financement du DUI détaille. La HAS, elle, avertit : « le contenu généré peut comporter des erreurs en se fondant sur des données non vérifiées ».
Centres de ressources territoriaux : l’EHPAD plateforme de télésanté
Créé par la LFSS pour 2022, l’article L313-12-3 permet à l’établissement d’assurer, comme le décrit notre article sur les centres de ressources territoriaux et vieillir chez soi, « une mission de centre de ressources territorial. » Le premier volet vise à « organiser des formations » pour les professionnels du territoire, avec des dispositifs de télésanté quand « la présence physique d’un professionnel médical n’est pas possible ». Le second volet vise le domicile, pour « favoriser leur vie à domicile », au besoin via « des dispositifs de télésanté. »
| Volet | Objet cité | Public cité |
|---|---|---|
| Premier volet | mutualisant sur chaque territoire les compétences et ressources gérontologiques disponibles | les professionnels du territoire intervenant auprès des personnes âgées |
| Second volet | la coordination des différents professionnels intervenant auprès de la personne | Personnes âgées de plus de 60 ans, en situation de perte d’autonomie (GIR 1 à 4) qui souhaitent rester à leur domicile. |
Financement, cahier des charges et déploiement
Le CRT n’est pas laissé sans moyens : « les financements complémentaires mentionnés à l’article L. 314-2 » s’ajoutent au forfait, un enjeu pour le plan d’aide à l’investissement après le Ségur et le droit de regard du préfet sur le fonds d’intervention régional. Il respecte « un cahier des charges fixé par arrêté du ministre chargé des personnes âgées » du 27 avril 2022. « Au 31 décembre 2024, 175 CRT étaient installés. », l’objectif étant de « développer 500 CRT à l’horizon 2028. »
Hospitalisations évitables : ce que mesure la Cour des comptes et ce que recommande la HAS
Un phénomène chiffré, des leviers identifiés
La Cour des comptes a mesuré le phénomène : « 5 100 résidents d’EHPAD ont été hospitalisés en moyenne chaque jour en 2024 (5 800 en 2019) ». Elle relève que « l’existence d’une astreinte d’infirmiers de nuit (- 6,6 % dans les EHPAD qui la partagent) » réduit ce recours, d’où l’intérêt du planning des astreintes infirmières, dans le cadre de la réglementation du travail de nuit. Les EHPAD « refusent, pour 61 % d’entre eux, des admissions de publics fragiles ». « 25 % des journées d’hospitalisation des résidents sont déjà réalisées en HAD », d’où l’intérêt de préparer chaque checklist du retour à domicile après hospitalisation. La Cour juge accessible un gain net de « 1,3 Md€ d’ici quatre ans ».
Les recommandations de la HAS, remises en perspective
Dès 2015, la HAS recommandait « une régulation médicale des situations d’urgence par le SAMU-Centre 15 » avant tout transfert, et « avoir recours à la télémédecine » pour la permanence des soins, la télémédecine pouvant fournir « des soins spécialisés (gériatriques, psychiatriques, en soins palliatifs, etc) ». Ces chiffres restent ceux de l’époque : « 85 % des Ehpad ne disposent pas d’IDE de nuit et que seules 8 % des Ehpad font appel à une HAD ». Reste un frein : les médecins gériatres non salariés « ne peuvent facturer de téléconsultations aux résidents de ces établissements soumis au forfait global relatif aux soins ».
Déployer la télémédecine dans son établissement : la méthode
Le projet s’ouvre par une convention : les EHPAD « concluent des conventions avec un ou plusieurs établissements de santé du territoire » afin de bénéficier « d’interventions de structures d’hospitalisation à domicile, d’équipes mobiles » et « d’organiser l’hospitalisation de leurs résidents lorsqu’elle est nécessaire ». Vient l’équipement, un chantier de gérontechnologies et virage numérique : la HAS a publié « une fiche destinée aux professionnels sur les critères d’éligibilité à vérifier en amont de la réalisation du télésoin », utile par exemple pour un appareillage auditif où « le télésoin intervient dans ce cas à différentes étapes de l’appareillage ». La formation passe ensuite par les formations des IDE et IDEC qui accompagneront le résident. Une procédure écrite s’impose ; c’est d’ailleurs ce que la certification des établissements de santé attend de l’hôpital partenaire, dont un critère veut que « L’établissement utilise la télésanté pour améliorer le parcours du patient ». Enfin, l’évaluation se construit dans la durée : « le suivi d’indicateurs d’activité » que l’ARS Grand Est justifie en rappelant que la télémédecine permet « d’éviter les hospitalisations inutiles et d’améliorer la qualité du suivi médical ».
Questions fréquentes sur la télémédecine en EHPAD
Qu’est-ce qu’une téléconsultation assistée en EHPAD, et qui la réalise ?
C’est une téléconsultation pendant laquelle un soignant de l’établissement reste auprès du résident. Le code le prévoit expressément : « Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient et, le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de la téléconsultation. » La HAS en fait une bonne pratique adaptée aux EHPAD : « Si l’organisation le permet (ex. : patient qui consulte depuis une maison de santé ou un EHPAD), en cas de besoin et avec l’accord du patient, la présence d’un professionnel de santé accompagnant est possible. » Dans l’établissement, ce rôle revient le plus souvent à l’infirmière ; la Cour des comptes rappelle que « L’assistance à la téléconsultation en Ehpad nécessite de mobiliser un soignant pendant toute la durée de l’acte. »
Un résident peut-il refuser une téléconsultation ?
Oui, comme tout acte médical. Le CSP dispose qu’« Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. » Le code de l’action sociale et des familles ajoute, pour toute personne accueillie en établissement, un accompagnement « respectant son consentement éclairé qui doit systématiquement être recherché lorsque la personne est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision. » La HAS précise la trace attendue : « Le recueil du consentement (écrit ou oral) libre et éclairé du patient ou, le cas échéant, de son représentant légal est réalisé, et tracé dans le dossier du patient. »
Comment demander une téléexpertise gériatrique ou dermatologique depuis un EHPAD ?
La téléexpertise « a pour objet de permettre à un professionnel de santé de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, » et l’Assurance maladie confirme que « Les professionnels de santé non-médicaux peuvent demander une téléexpertise à un professionnel médical. » Une infirmière coordonnatrice peut donc solliciter un gériatre ou un dermatologue sur photographies et éléments du dossier, sans vidéotransmission : « La téléexpertise n’exige pas d’échange par vidéotransmission (à la différence des actes de téléconsultation ). » Côté rémunération, « À compter du 1er janvier 2026, la téléexpertise est facturée 23 € par le médecin dans la limite de 4 actes par an, par médecin requis, pour un même patient. »
La téléconsultation d’un résident d’EHPAD est-elle remboursée, et à quelles conditions ?
Oui, avec une souplesse propre aux établissements. Côté remboursement, le code pose que « Les actes de téléconsultation remboursés par l’assurance maladie sont effectués par vidéotransmission. » L’Assurance maladie cite, parmi les cas où le parcours de soins n’est pas requis, « les personnes résidant en établissement pour personnes âgées dépendantes ou établissements accueillant ou accompagnant des personnes adultes handicapées, souvent éloignées de leur domicile initial » ; « Dans ces cas, il peut être fait exception au parcours de soins : le patient doit pour cela se rapprocher d’une organisation territoriale, coordonnée et organisée avec des médecins volontaires du territoire, » Le remboursement suit le régime de la consultation, « Dans le cas général une prise en charge à 70 %, ou pour certaines situations personnelles à 100 % par exemple si la téléconsultation est en rapport avec une affection de longue durée, avec une maternité »
Un EHPAD peut-il fonctionner avec un médecin coordonnateur à distance ?
Oui, à titre transitoire et sous conditions. Le code prévoit qu’« En cas d’impossibilité pour l’établissement de disposer du temps de coordination prévu à l’article D. 312-156, l’exercice des missions énumérées au I peut, pour une durée limitée, être assuré par un médecin coordonnateur intervenant de façon dématérialisée » L’arrêté d’application impose que le directeur « en informe le directeur général de l’agence régionale de santé par tout moyen permettant d’en attester la date de réception au moins quinze jours avant le début de cet exercice. » et que « 2° Le médecin coordonnateur se rend au moins une journée par mois dans l’établissement. » « Le recours à l’exercice dématérialisé ne peut excéder 36 mois à compter du début de l’exercice dématérialisé des missions de coordination. » L’Ordre des médecins ajoute qu’« Un médecin coordonnateur qui effectue de la télé coordination doit conclure un contrat avec l’EHPAD et non avec la structure qui propose la télé coordination. »
Comment choisir un prestataire de téléconsultation ?
En vérifiant d’abord son agrément, car « Les sociétés de téléconsultation qui ont reçu l’agrément à cette fin des ministres chargés de la sécurité sociale et de la santé, dans les conditions fixées au présent titre, » peuvent demander à l’assurance maladie la prise en charge des actes de téléconsultation réalisés par les médecins qu’elles salarient. Depuis l’été, « Le renouvellement de l’agrément est accordé pour une durée de trois ans. » et le renouvellement est subordonné « 1° Au contrôle du respect du référentiel mentionné au 22° de l’article L. 161-37 du code de la sécurité sociale ; 2° Au respect des règles de prise en charge par l’assurance maladie obligatoire fixées par la convention médicale ; » Il produit en outre un certificat de conformité de ses outils numériques au référentiel d’interopérabilité, de sécurité et d’éthique.
Qu’est-ce qu’un centre de ressources territorial, et quel rapport avec la télémédecine ?
C’est une mission que le code ouvre aux EHPAD : « Les établissements mentionnés au I de l’article L. 313-12 peuvent assurer, dans des conditions fixées par voie réglementaire et en garantissant l’équité territoriale entre les départements, une mission de centre de ressources territorial. » Son premier volet inclut la possibilité « de mettre en œuvre des dispositifs de télésanté leur permettant de répondre aux besoins ou d’améliorer le suivi des patients résidant dans l’établissement dès lors que la présence physique d’un professionnel médical n’est pas possible ; » Au dernier décompte publié, « Au 31 décembre 2024, 175 CRT étaient installés. » et « L’État porte l’objectif de développer 500 CRT à l’horizon 2028. »
La télémédecine réduit-elle vraiment les hospitalisations des résidents ?
Elle est l’un des leviers que la HAS recommande depuis longtemps aux EHPAD : « s’assurer d’une permanence des soins 24/24h, et au besoin, avoir recours à la télémédecine. » et « s’assurer d’une régulation médicale des situations d’urgence par le SAMU-Centre 15, notamment, avant tout transfert d’un résident vers un service des urgences. » La Cour des comptes mesure aujourd’hui l’effet des organisations : « Des modes d’organisation permettent d’observer un moindre recours aux urgences pour les résidents des EHPAD, tels que l’existence d’une astreinte d’infirmiers de nuit (- 6,6 % dans les EHPAD qui la partagent) ou la présence d’un médecin coordinateur (- 2,7 %) »
Pour aller plus loin
Sur ce site
Les textes récents et les acteurs. Le décret qui durcit l’agrément des plateformes de téléconsultation, l’arrêté sur le médecin coordonnateur à distance, le décret qui refond les missions du médecin coordonnateur, la fiche métier du médecin coordonnateur et la fiche métier de l’infirmier coordonnateur.
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Ressources SOS EHPAD
Sources officielles
- Article L6316-1 – Code de la santé publique – Légifrance
- Arrêté du 21 juillet 2026 fixant les modalités d’exercice dématérialisé des missions de coordination en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (article 1) – Légifrance
- Décret n° 2026-626 du 8 juillet 2026 relatif aux modalités d’évaluation des sociétés de téléconsultation et de renouvellement de leur agrément (article 5) – Légifrance
- La téléconsultation
- Les hospitalisations inadéquates : des parcours de soins à réorganiser, des économies importantes à mobiliser (RALFSS 2026, chapitre VIII)
- Téléconsultation et téléexpertise : guide de bonnes pratiques — Téléconsultation et téléexpertise. Guide de bonnes pratiques