Guide de référence 2026

Financement EHPAD : Tarification, Aides et Budget — Le Guide Complet 2026

Tarification ternaire, CPOM, EPRD, aides aux résidents,
réformes 2025-2026 et pilotage financier

2 512 €
Coût moyen mensuel en EHPAD
1 800 €
Reste à charge moyen familles
72-85 %
EHPAD publics déficitaires
2 Md€
Déficit cumulé du secteur
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1. La tarification ternaire des EHPAD : hébergement, dépendance, soins

Le financement d’un EHPAD repose sur un mécanisme unique dans le paysage médico-social français : la tarification ternaire. Chaque journée de séjour se décompose en trois sections tarifaires distinctes, chacune relevant d’un financeur différent. Ce système, codifié aux articles R.314-158 à R.314-189 du Code de l’action sociale et des familles (CASF), structure l’intégralité de la gestion financière d’un établissement.

🏠
Hébergement

Prestations hôtelières, restauration, entretien, animation
Financeur : Résident / famille / ASH

🧍
Dépendance

Aide aux actes essentiels de la vie quotidienne (toilette, repas, déplacements)
Financeur : Conseil départemental / APA

🩹
Soins

Soins infirmiers, médicaux, paramédicaux, médicaments
Financeur : Assurance Maladie / ARS

Section hébergement

Le tarif hébergement couvre les prestations hôtelières : hébergement, restauration, blanchisserie, entretien des locaux, animation et administration générale. Dans les EHPAD publics et associatifs, ce tarif est fixé par le président du Conseil départemental (art. L.314-2 CASF). Dans les EHPAD privés commerciaux, il est fixé librement par le gestionnaire, dans la limite d’un taux d’évolution encadré pour les résidents en place.

Chiffre clé : En 2025, le prix moyen de l’hébergement en EHPAD s’élève à environ 2 512 €/mois (hébergement + dépendance), avec de fortes disparités géographiques : de 1 600 € en zone rurale à plus de 4 000 € en Île-de-France. Les coûts ont augmenté de 32 % en 6 ans.

Section dépendance

Le tarif dépendance est financé par le Conseil départemental via l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) en établissement (art. L.232-8 CASF). Il existe trois niveaux de tarifs correspondant aux groupes GIR :

Niveau de dépendance GIR concernés Tarif journalier (moyenne) Financement
Forte dépendanceGIR 1-222 à 28 €/jourAPA (Conseil départemental)
Dépendance moyenneGIR 3-414 à 18 €/jourAPA (Conseil départemental)
Faible dépendanceGIR 5-66 à 9 €/jourÀ la charge du résident (ticket modérateur)

Le résident paie un ticket modérateur correspondant au tarif dépendance GIR 5-6, quel que soit son niveau de dépendance. L’APA couvre la différence entre le tarif GIR correspondant à son niveau et ce ticket modérateur, sous condition de ressources. La grille AGGIR sert de référence pour classer chaque résident dans un GIR.

Section soins

La dotation soins est versée par l’Assurance Maladie, via l’ARS. Elle couvre les postes de soins : infirmiers, aides-soignants, médecin coordonnateur, psychologue, kinésithérapeute (en forfait global), médicaments et dispositifs médicaux. Son montant est calculé à partir du GMPS (voir section 2), multiplié par une valeur du point départementale.

Forfait global vs partiel : En forfait global (ou « tarif global »), la dotation couvre aussi les honoraires des médecins généralistes, les examens biologiques et la radiologie. En forfait partiel (ou « tarif partiel »), ces prestations restent financées directement par l’Assurance Maladie en ville. Environ 70 % des EHPAD sont en tarif partiel.

2. GMP, PMP, PATHOS et GMPS : calculer les dotations

Les dotations allouées à chaque EHPAD ne sont pas arbitraires : elles reposent sur des indicateurs objectifs mesurant le niveau de dépendance et les besoins en soins de la population accueillie. Maîtriser ces indicateurs est indispensable pour le directeur d’EHPAD qui négocie son CPOM et défend son budget.

Le GMP (GIR Moyen Pondéré)

Le GMP mesure le niveau moyen de dépendance des résidents d’un établissement. Il est calculé à partir de la cotation AGGIR de chaque résident, validée annuellement par le médecin coordonnateur et le médecin de l’ARS.

Formule du GMP
GMP = Somme des points GIR de tous les résidents ÷ Nombre total de résidents
Valeur nationale moyenne 2025 : environ 710 points

Le PMP (PATHOS Moyen Pondéré)

Le PMP quantifie les besoins en soins médicaux et techniques de la population accueillie. Il est déterminé lors de la coupe PATHOS, réalisée par le médecin coordonnateur et validée par le médecin de l’ARS. Le modèle PATHOS identifie 50 états pathologiques et 12 profils de soins.

Formule du PMP
PMP = Somme des points PATHOS pondérés ÷ Nombre total de résidents
Valeur nationale moyenne 2025 : environ 210 points

Le GMPS (GIR Moyen Pondéré Soins)

Le GMPS est l’indicateur synthétique qui détermine la dotation soins de l’EHPAD. Il combine GMP et PMP via une formule fixée par arrêté ministériel :

Formule du GMPS
GMPS = GMP + (2,59 × PMP)
Exemple : GMP 710 + (2,59 × 210) = 1 253,9 points
Impact direct : Plus le GMPS est élevé, plus la dotation soins est importante. Un écart de 100 points de GMPS peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de dotation annuelle supplémentaire. La coupe PATHOS est donc un enjeu stratégique majeur pour les établissements.
Indicateur Ce qu’il mesure Fréquence de révision Acteur responsable
GMPNiveau moyen de dépendance (AGGIR)AnnuelleMédecin coordonnateur + ARS
PMPBesoins en soins médicaux (PATHOS)Tous les 5 ans (coupe PATHOS)Médecin coordonnateur + ARS
GMPSIndicateur synthétique pour dotation soinsRecalculé après chaque coupeARS
Valeur du pointMontant en euros par point GMPSAnnuelle (arrêté ministériel)Ministère / CNSA

Pour approfondir le sujet du pilotage par les indicateurs, consultez notre guide sur les tableaux de bord et indicateurs qualité en EHPAD.

3. Le CPOM : contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens

Le Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens (CPOM) est le cadre contractuel qui lie l’EHPAD à ses financeurs publics : l’ARS et le Conseil départemental. Rendu obligatoire par la loi ASV du 28 décembre 2015 (art. L.313-12 CASF), le CPOM remplace l’ancienne convention tripartite.

Point juridique : La généralisation des CPOM, initialement prévue pour fin 2023, a été reportée. L’échéance est actuellement fixée à fin 2026. Les EHPAD encore sous convention tripartite doivent engager la transition.

Contenu du CPOM

Le CPOM, d’une durée de 5 ans, définit :

  • Les objectifs qualité : amélioration continue, conformité évaluation HAS, prévention des risques
  • Les moyens humains et matériels : effectifs cibles, taux d’encadrement, investissements prévus
  • La trajectoire budgétaire : évolution prévisionnelle des dotations sur 5 ans
  • Les indicateurs de suivi : tableaux de bord financiers, indicateurs qualité, taux d’occupation
  • Les engagements réciproques : obligations de l’établissement et des financeurs

Négociation du CPOM

La négociation du CPOM est un moment stratégique pour le directeur d’EHPAD. Elle engage l’établissement pour 5 ans et détermine le cadre financier. Voici les étapes clés :

1
Diagnostic préalable — État des lieux financier (EPRD/ERRD), indicateurs GMP/PMP, diagnostic qualité (résultats évaluation HAS), analyse des besoins du territoire.
2
Préparation du dossier — Projet d’établissement actualisé, plan pluriannuel d’investissement (PPI), fiches actions qualité, trajectoire RH, programme Perf’EHPAD si applicable.
3
Négociation proprement dite — Réunions avec l’ARS et le Conseil départemental, arbitrages sur les objectifs, définition de la trajectoire budgétaire pluriannuelle.
4
Signature et suivi — Validation par les instances (CA, CTS), signature tripartite, déploiement du plan d’actions, bilans intermédiaires annuels.

4. Budget EHPAD : EPRD et ERRD

Depuis le décret n° 2016-1815 du 21 décembre 2016, les EHPAD soumis à un CPOM doivent établir un EPRD (État Prévisionnel des Recettes et Dépenses) en remplacement de l’ancien budget prévisionnel, et un ERRD (État Réalisé des Recettes et Dépenses) en remplacement du compte administratif.

L’EPRD : le budget prévisionnel

L’EPRD est structuré en trois sections tarifaires correspondant à la tarification ternaire, plus un compte de résultat prévisionnel (CRP) et un tableau de financement prévisionnel (TFP). Il doit être transmis à l’ARS et au Conseil départemental avant le 31 octobre N-1.

Composante EPRD Contenu Objectif
CRP — Section HébergementRecettes : tarif hébergement × journées. Dépenses : personnel hôtelier, fournitures, amortissementsÉquilibre ou excédent
CRP — Section DépendanceRecettes : dotation dépendance CD. Dépenses : personnel APA, fournituresCouverture des besoins liés à la dépendance
CRP — Section SoinsRecettes : dotation soins ARS. Dépenses : personnel soignant, médicaments, DMSCouverture des besoins de soins
TFPInvestissements prévus, emprunts, CAF prévisionnelleSoutenabilité financière à moyen terme
PPIPlan pluriannuel d’investissement (5 ans)Vision stratégique des investissements

L’ERRD : le bilan réalisé

L’ERRD est le pendant réalisé de l’EPRD. Transmis avant le 30 avril N+1, il permet de comparer le prévisionnel au réel et de procéder à l’affectation des résultats par section tarifaire.

Règle clé : L’affectation des résultats obéit au principe d’étanchéité des sections : un excédent sur la section soins ne peut pas compenser un déficit sur la section hébergement, et inversement. Toutefois, le CPOM peut prévoir des marges de fongibilité asymétrique limitées.

Calendrier budgétaire

Octobre N-1
Transmission de l’EPRD à l’ARS et au Conseil départemental
Janvier – Mars N
Arrêtés tarifaires de l’ARS (dotation soins) et du CD (tarif dépendance et hébergement)
Avril N
Versement de la dotation globale soins (acomptes mensuels 1/12ème)
Avril N+1
Transmission de l’ERRD et proposition d’affectation des résultats
Juin N+1
Approbation de l’ERRD et arrêté d’affectation des résultats

La maîtrise du calendrier budgétaire est essentielle pour éviter les difficultés de trésorerie, un enjeu souligné dans notre article sur les injonctions entre qualité, sécurité et budget.

5. Dotation soins et forfait dépendance : mécanismes de calcul

Dotation soins (Assurance Maladie / ARS)

La dotation soins constitue généralement la première source de financement de l’EHPAD (environ 40 à 50 % du budget total). Son calcul repose sur la formule :

Dotation soins
Dotation = GMPS × Capacité × Valeur du point départementale
La valeur du point est fixée annuellement par arrêté ministériel (environ 13 à 14 € en 2025)

La dotation est versée mensuellement par l’ARS sous forme de douzièmes. Elle finance :

  • Les postes de personnel soignant : IDE, IDEC, AS, médecin coordonnateur, psychologue, ergothérapeute
  • Les médicaments et dispositifs médicaux (en tarif global)
  • Les examens de biologie et radiologie courants (en tarif global)
  • Les interventions de professionnels libéraux intégrés dans le forfait

Forfait dépendance (Conseil départemental)

Le forfait dépendance est calculé à partir du GMP et de la valeur du point GIR départementale. Il est versé au résident via l’APA en établissement, dont le montant individuel dépend du GIR du résident et de ses ressources.

Forfait dépendance
Forfait global dépendance = GMP × Capacité × Valeur du point GIR départementale

Convergence tarifaire

La loi ASV de 2015 a instauré un mécanisme de convergence tarifaire visant à réduire les écarts de dotation entre établissements à GMP/PMP comparables. Ce processus, appliqué progressivement depuis 2017, impacte positivement les EHPAD historiquement sous-dotés, mais pénalise ceux qui étaient au-dessus de la moyenne (mécanisme dit de « convergence négative »).

Réforme majeure en cours : L’article 82 de la LFSS 2025 lance une expérimentation de fusion des sections soins et dépendance dans 23 départements. Cette réforme structurelle vise à simplifier le financement en créant un forfait unique soins-dépendance versé par l’ARS. Elle pourrait être généralisée à l’horizon 2028.
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6. Aides financières pour les résidents : APA, ASH, APL et avantages fiscaux

Face au coût élevé d’un séjour en EHPAD, plusieurs dispositifs d’aide viennent réduire le reste à charge des familles, qui s’élève en moyenne à 1 800 à 2 300 €/mois. Le directeur d’EHPAD et les équipes administratives doivent connaître ces aides pour accompagner les familles dans leurs démarches, dès la constitution du dossier d’admission.

Aide Conditions d’accès Montant indicatif Référence légale
APA en établissement 60 ans+, GIR 1 à 4, sans condition de ressources (participation selon revenus) Variable : tarif dépendance GIR concerné − ticket modérateur GIR 5-6 Art. L.232-8 CASF
ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) Ressources insuffisantes pour couvrir le tarif hébergement, EHPAD habilité ASH Complète le financement du tarif hébergement. Reste à charge résident : 10 % des revenus (minimum 115 €/mois) Art. L.231-4 à L.231-7 CASF
APL (Aide Personnalisée au Logement) EHPAD conventionné APL, sous conditions de ressources 180 à 250 €/mois en moyenne Art. L.831-1 Code de la construction
Crédit d’impôt Toute personne hébergée en EHPAD (ou son conjoint imposable) 25 % des dépenses, plafond 10 000 €/personne/an (soit 2 500 € max) Art. 199 quindecies CGI — transformé en crédit d’impôt en 2026

Focus sur l’ASH : obligation alimentaire et récupération sur succession

L’ASH est une aide particulièrement sensible car elle implique :

  • L’obligation alimentaire : les descendants (enfants, petits-enfants) sont sollicités pour contribuer aux frais, proportionnellement à leurs ressources (art. 205 et 207 du Code civil)
  • La récupération sur succession : le Conseil départemental peut récupérer les sommes versées au titre de l’ASH sur l’actif net successoral, dès lors qu’il dépasse 46 000 € (seuil relevé par la loi Bien vieillir 2024)
  • Le recours en cas de retour à meilleure fortune du bénéficiaire (héritage, donation)

Focus sur la transformation en crédit d’impôt (2026)

Grande nouveauté 2026 : la réduction d’impôt de 25 % accordée pour les dépenses d’hébergement en EHPAD est transformée en crédit d’impôt. Ce changement est majeur : un crédit d’impôt bénéficie à tous les contribuables, y compris ceux qui ne paient pas d’impôt sur le revenu (remboursement par le Trésor public), alors que la réduction d’impôt ne pouvait bénéficier qu’aux contribuables imposables.

Pour mieux accompagner les familles dans le choix d’un établissement en fonction du budget, consultez notre guide choisir le meilleur EHPAD.

7. Réformes du financement 2015-2026 : chronologie

Le financement des EHPAD est en transformation continue depuis 2015. Comprendre ces réformes permet d’anticiper les évolutions à venir et d’adapter sa stratégie financière.

2015 — Loi ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement)
Généralisation des CPOM, convergence tarifaire, réforme de l’APA à domicile, revalorisation du droit des résidents, création du CDCA (Conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie).
2016 — Réforme budgétaire EPRD/ERRD
Décret 2016-1815 : passage du budget prévisionnel à l’EPRD et du compte administratif à l’ERRD pour les EHPAD sous CPOM.
2020-2021 — Ségur de la Santé
Revalorisation salariale majeure (prime Ségur), plan d’investissement 1,5 Md€ pour la rénovation des EHPAD (PAI Ségur), engagement de création de 50 000 postes supplémentaires.
2024 — Loi Bien vieillir (n° 2024-317)
Renforcement des droits des résidents, carte professionnelle, relèvement du seuil de récupération ASH à 46 000 €, obligations renforcées en matière de bientraitance.
2025 — LFSS 2025 (art. 82)
Expérimentation de la fusion soins/dépendance dans 23 départements : vers un tarif unique versé par l’ARS, simplification du circuit financier et de la gouvernance.
2026 — PLFSS 2026
150 millions d’euros supplémentaires pour les EHPAD, transformation de la réduction d’impôt en crédit d’impôt, poursuite du déploiement des CPOM, budget CNSA à environ 37 Md€.
SERAFIN-PH : Parallèlement, la réforme SERAFIN-PH (Services et Établissements, Réforme pour une Adéquation des FINancements aux parcours des Personnes Handicapées) transforme la tarification du secteur handicap. Bien que distincte, cette réforme sert de modèle inspirant pour une future réforme tarifaire globale du secteur personnes âgées.

8. Plans d’investissement et fonds d’aide

Face au vieillissement du parc immobilier des EHPAD (40 % des établissements ont plus de 30 ans) et à la crise financière du secteur, l’État et la CNSA ont déployé plusieurs dispositifs d’investissement.

1,5 Md€
PAI Ségur
(rénovation/reconstruction)
300 M€
Fonds d’urgence
EHPAD en difficulté
37 Md€
Budget CNSA 2026
(autonomie)
7 500+
Établissements EHPAD
en France

Le PAI Ségur (Plan d’Aide à l’Investissement)

Doté de 1,5 milliard d’euros, le PAI Ségur vise la rénovation énergétique, la mise aux normes, la reconstruction et la transformation architecturale des EHPAD. Les projets sont sélectionnés par les ARS selon des critères de vétusté, d’impact sur la qualité de vie et de cohérence territoriale. Le taux de subvention peut atteindre 50 à 70 % du coût total du projet.

Le fonds d’urgence

Créé en 2023 et reconduit, le fonds d’urgence de 300 M€ cible les EHPAD en situation financière critique : déficit structurel, difficultés de trésorerie, risque de cessation d’activité. Les demandes sont instruites par les ARS sur dossier, avec engagement de l’établissement sur un plan de redressement.

Le CNR Grand Âge et la CNSA

Le Conseil National de la Refondation (CNR) Grand Âge a défini des orientations stratégiques pour l’investissement dans le secteur, relayées par des enveloppes CNSA. Le budget de la CNSA 2026 s’élève à environ 37 milliards d’euros, couvrant l’ensemble des politiques d’autonomie (PA + PH).

Le numérique : HOP’EN 2

Le programme HOP’EN 2 accompagne la transformation numérique des EHPAD : déploiement du DUI (Dossier Usager Informatisé), interopérabilité des systèmes, télémédecine. Les financements sont conditionnés à l’atteinte de prérequis numériques définis par l’ANS (Agence du Numérique en Santé).

9. Indicateurs financiers et pilotage budgétaire

Le pilotage financier d’un EHPAD repose sur le suivi régulier d’indicateurs clés permettant d’anticiper les dérives et d’optimiser l’utilisation des ressources. Ces indicateurs sont également examinés lors des évaluations HAS et des dialogues de gestion avec l’ARS.

Indicateur Définition Seuil d’alerte Objectif
Taux d’occupationJournées réalisées / journées théoriquesInférieur à 95 %≥ 97 %
CAF (Capacité d’autofinancement)Résultat net + dotations aux amortissementsCAF négative sur 2 exercicesCAF positive et suffisante pour couvrir le remboursement des emprunts
Ratio personnel / résidentETP total / nombre de résidentsInférieur à 0,60,6 à 0,8 selon la dépendance
Coût à la placeBudget total / nombre de places autoriséesAu-dessus de la médiane départementaleMaîtrise dans le cadre du CPOM
Ratio d’endettementEncours dette / recettes totalesSupérieur à 50 %Inférieur à 30 %
Durée de remboursement de la detteEncours dette / CAFSupérieure à 15 ansInférieure à 10 ans
Taux de vétustéAmortissements cumulés / valeur brute des immobilisationsSupérieur à 70 %Inférieur à 50 %

Outils de pilotage

  • ANAP (TdB Perf) : la plateforme de l’Agence Nationale d’Appui à la Performance propose des tableaux de bord comparatifs nationaux et régionaux
  • Tableau de bord interne : suivi mensuel des indicateurs clés (taux d’occupation, masse salariale, trésorerie), à découvrir dans notre guide sur les tableaux de bord en EHPAD
  • Comptabilité analytique : ventilation des charges par section tarifaire et par activité
  • Dialogue de gestion : échanges périodiques avec l’ARS sur l’exécution du CPOM
Bonne pratique : Intégrer le suivi des indicateurs financiers dans un tableau de bord multi-dimensionnel croisant données financières, qualité et RH. Les formations du personnel à la lecture des indicateurs financiers améliorent l’appropriation collective de la gestion budgétaire.

10. Questions fréquentes sur le financement des EHPAD

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Qu’est-ce que la tarification ternaire en EHPAD ?

La tarification ternaire est le système de financement propre aux EHPAD, qui décompose le coût du séjour en trois sections : l’hébergement (prestations hôtelières, à la charge du résident), la dépendance (aide aux actes de la vie quotidienne, financée par le Conseil départemental via l’APA) et les soins (actes médicaux et paramédicaux, financés par l’Assurance Maladie via l’ARS). Ce système est codifié aux articles R.314-158 à R.314-189 du CASF.

Comment est calculée la dotation soins d’un EHPAD ?

La dotation soins est calculée à partir du GMPS (GIR Moyen Pondéré Soins), multiplié par la capacité de l’établissement et la valeur du point départementale. Le GMPS combine le GMP (dépendance) et le PMP (besoins en soins) selon la formule : GMPS = GMP + (2,59 × PMP). La valeur du point est fixée annuellement par arrêté ministériel. La dotation est versée mensuellement en douzièmes.

Qu’est-ce que le CPOM et pourquoi est-il obligatoire ?

Le CPOM (Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens) est le contrat de 5 ans liant l’EHPAD à l’ARS et au Conseil départemental. Rendu obligatoire par la loi ASV du 28 décembre 2015 (art. L.313-12 CASF), il remplace la convention tripartite. Il définit les objectifs qualité, les moyens alloués et la trajectoire budgétaire. La généralisation est en cours, avec une échéance reportée à fin 2026.

Quelles aides financières existent pour réduire le reste à charge en EHPAD ?

Quatre aides principales : l’APA en établissement (pour les GIR 1 à 4, sans condition de ressources mais avec participation proportionnelle), l’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement, sous conditions de ressources, avec obligation alimentaire et récupération sur succession au-dessus de 46 000 €), l’APL (180 à 250 €/mois en EHPAD conventionné) et le crédit d’impôt de 25 % des dépenses d’hébergement (plafonné à 10 000 €/personne/an, transformé en crédit d’impôt en 2026).

Quelle est la différence entre EPRD et ERRD ?

L’EPRD (État Prévisionnel des Recettes et Dépenses) est le budget prévisionnel, transmis avant le 31 octobre N-1 à l’ARS et au Conseil départemental. L’ERRD (État Réalisé des Recettes et Dépenses) est le bilan réel, transmis avant le 30 avril N+1. L’ERRD permet de comparer le prévu au réalisé et de procéder à l’affectation des résultats par section tarifaire. Ces deux documents remplacent respectivement le budget prévisionnel et le compte administratif depuis le décret 2016-1815.

Pourquoi autant d’EHPAD sont-ils déficitaires ?

Entre 72 et 85 % des EHPAD publics sont déficitaires en 2025, pour un déficit cumulé estimé à 2 milliards d’euros. Les causes sont multiples : hausse des coûts de l’énergie et de l’alimentation (+32 % en 6 ans), revalorisations salariales (Ségur) non intégralement compensées dans les tarifs, inflation, sous-revalorisation chronique des dotations par rapport à l’évolution des charges, baisse du taux d’occupation liée à la concurrence du domicile, et vétusté du bâti générant des charges d’entretien élevées.

Qu’est-ce que la fusion soins/dépendance expérimentée en 2025 ?

L’article 82 de la LFSS 2025 lance une expérimentation dans 23 départements visant à fusionner les sections soins et dépendance en un forfait unique versé par l’ARS. Cette réforme simplifierait la tarification en passant d’un système ternaire à un système binaire (hébergement + forfait soins-autonomie). Si l’expérimentation est concluante, une généralisation est envisagée à l’horizon 2028.

Comment bénéficier du PAI Ségur pour rénover un EHPAD ?

Le Plan d’Aide à l’Investissement Ségur (1,5 Md€) finance la rénovation, la reconstruction et la transformation architecturale des EHPAD. Pour en bénéficier, l’établissement doit déposer un dossier auprès de l’ARS comprenant : diagnostic technique du bâti, programme fonctionnel, estimation financière, plan de financement et calendrier. Les projets sont sélectionnés selon des critères de vétusté, d’impact sur la qualité de vie des résidents et de cohérence avec le PRS (Projet Régional de Santé). Le taux de subvention peut atteindre 50 à 70 %.

Dernière mise à jour : mars 2026 | Sources : CASF, Légifrance, CNSA, DREES, ARS, HAS, LFSS 2025, PLFSS 2026