Médecin coordonnateur en EHPAD : missions, temps de présence, qualification et rémunération
Le décret du 4 septembre 2025 a refondu les missions et les conditions d’exercice du médecin coordonnateur, et créé au passage un article dédié à l’infirmier coordonnateur. Cette page repart du texte en vigueur, pas des fiches qui circulent depuis dix ans : le périmètre exact de la prescription, le temps de présence réellement opposable à votre établissement, les diplômes qui qualifient aujourd’hui, et ce que le code impose de faire figurer dans le contrat du praticien.
🗓️ Mis à jour le 16 août 2026 — droit vérifié sur le texte en vigueur au jour de publication
Cette mise à jour reprend la fiche métier article par article sur le texte en vigueur. Vous y trouverez les treize missions dans leur rédaction actuelle, la liste officielle des diplômes qui ouvrent l’accès au poste, la grille de temps de présence assortie de la condition précise qui la rend opposable à un établissement, ce que le médecin coordonnateur peut prescrire et pour qui, et le détail de la prime qui revalorise le poste dans le secteur public. Un outil détermine le temps de présence minimal réellement opposable à votre établissement, à partir de la condition qui le déclenche.
Ce que le décret du 4 septembre 2025 a changé
La quasi-totalité des pages consacrées au médecin coordonnateur décrivent encore l’état du droit antérieur, car le texte qui l’a fait évoluer est passé inaperçu. Le décret n° 2025-897 A créé les dispositions suivantes : – Code de l’action sociale et des familles Art. D312-158-1, un article nouveau consacré à un acteur jusque-là absent du texte : l’infirmier coordonnateur. Concrètement, L’infirmier coordonnateur concourt à l’exercice des missions des médecins coordonnateurs mentionnées aux 1°, 2°, 4°, 5° et 8° à 10°, et sur le plan paramédical, l’infirmier coordonnateur participe à la coordination de l’équipe paramédicale, à l’organisation et à la qualité des soins paramédicaux réalisés par l’équipe soignante. Ce nouvel article ne remplace pas le médecin coordonnateur, il formalise un partage déjà pratiqué de fait — détaillé dans notre décryptage du décret. Pour les établissements qui recrutent un infirmier coordonnateur, cette base réglementaire change la nature du poste, désormais dotée d’un fondement juridique propre.
Le cadre réglementaire, texte par texte
Le régime actuel résulte de la superposition de décrets échelonnés sur deux décennies : c’est leur enchaînement qu’il faut suivre pour lire correctement l’état du droit.
| Texte | Portée |
|---|---|
| Décret n° 2005-560 du 27 mai 2005 | Texte fondateur : qualification, missions, rémunération. |
| Décret n° 2007-547 du 11 avril 2007 | Ajuste le temps d’exercice. |
| Décret n° 2011-1047 du 2 septembre 2011 | Retouche le temps d’exercice et les missions. |
| Arrêté du 5 septembre 2011 | Encadre la commission de coordination gériatrique. |
| Décret n° 2019-714 du 5 juillet 2019 | Réforme le métier ; modifie D312-157 et D312-158. |
| Décret n° 2022-717 du 27 avril 2022 | Crée la prime de revalorisation. |
| Décret n° 2022-731 du 27 avril 2022 | Centre de ressources territorial, temps minimum de présence. |
| Décret n° 2024-779 du 9 juillet 2024 | A modifié les dispositions suivantes : – Code de l’action sociale et des familles Art. D312-156, seuil de places du médecin unique. |
| Décret n° 2025-897 du 4 septembre 2025 | Refond les missions et crée D312-158-1 sur l’infirmier coordonnateur. |
Les treize missions de l’article D312-158
Le texte énumère treize missions, dont la portée dépasse largement l’image du médecin qui « valide les admissions ». Elles se répartissent en quatre axes.
| Axe | Mission |
|---|---|
| Encadrement médical et projet de soins | Sous l’autorité du responsable, il assure l’encadrement médical de l’équipe soignante, Elabore, avec le concours de l’équipe soignante, le projet général de soins et un programme de prévention et Donne un avis sur les admissions des personnes à accueillir en veillant notamment à la compatibilité de leur état de santé avec les capacités de soins de l’institution. |
| Évaluation | Il Evalue et valide l’état de dépendance des résidents et leurs besoins en soins requis et Coordonne la réalisation d’une évaluation gériatrique et, dans ce cadre, peut effectuer des propositions diagnostiques et thérapeutiques — nos outils d’évaluation gériatrique détaillent la démarche. |
| Coordination et territoire | Il Préside la commission de coordination gériatrique chargée d’organiser l’intervention de l’ensemble des professionnels salariés et libéraux au sein de l’établissement., qui se réunit au minimum une fois par an — voir comment structurer la commission de coordination. |
| Coordination et territoire | Il Coordonne, avec le concours de l’équipe soignante, un rapport annuel d’activité médicale qu’il signe conjointement avec le directeur de l’établissement., et Identifie les acteurs de santé du territoire afin de fluidifier le parcours de santé des résidents. |
| Veille sanitaire | Il Identifie les risques éventuels pour la santé publique dans les établissements et veille à la mise en oeuvre de toutes mesures utiles à la prévention, la surveillance et la prise en charge de ces risques. |
Les diplômes qui qualifient aujourd’hui
Le décret de 2025 a actualisé la liste des diplômes qui donnent accès à la fonction ; beaucoup de fiches de poste recopient encore l’ancienne version. Sont qualifiants un diplôme d’études spécialisées complémentaires de gériatrie, d’un diplôme d’études spécialisées de gériatrie ou de la capacité de gérontologie, ainsi que d’un diplôme d’université de médecin coordonnateur d’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ou d’un diplôme interuniversitaire national de médecine de la personne âgée — les deux ajouts qui changent la donne pour les praticiens récemment formés. Le texte réserve l’attestation de formation continue à ceux qui ne détiennent aucun de ces titres : c’est un filet, pas une voie d’accès de premier rang. Pour un médecin non qualifié au recrutement, le contrat doit porter L’engagement du médecin coordonnateur qui ne remplirait pas les conditions de qualification pour exercer la fonction de médecin coordonnateur lors de son recrutement de satisfaire aux obligations de formation : la non-qualification n’interdit donc pas l’embauche, à condition de la sécuriser.
Le temps de présence minimal et la condition qui le rend opposable
C’est le point que la quasi-totalité des articles généralistes escamote. L’obligation de se doter d’un médecin coordonnateur est générale : Tout établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant du I de l’article L. 312-1 doit se doter d’un médecin coordonnateur. Mais la grille chiffrée qui fixe un temps de présence minimal ne s’applique pas à tous ces établissements : elle vise seulement les établissements mentionnés au I de l’article L. 313-12 et ceux dont la valeur du groupe iso-ressources moyen pondéré est égale ou supérieure à 800 points.
Un établissement qui ne relève ni de l’article L313-12 ni de ce seuil de GIR moyen pondéré n’a pas de plancher chiffré opposable au titre de l’article D312-156 : l’obligation de disposer d’un médecin coordonnateur demeure entière, mais la quotité n’est pas prédéterminée par cet article.
| Capacité | Temps de présence minimal |
|---|---|
| un établissement dont la capacité autorisée est inférieure à 44 places | un équivalent temps plein de 0,40 |
| un établissement dont la capacité autorisée est comprise entre 45 et 59 places | un équivalent temps plein de 0,40 |
| un établissement dont la capacité autorisée est comprise entre 60 et 99 places | un équivalent temps plein de 0,60 |
| un établissement dont la capacité autorisée est comprise entre 100 et 199 places | un équivalent temps plein de 0,80 |
| un établissement dont la capacité autorisée est égale ou supérieure à 200 places | un équivalent temps plein de 1 |
En dessous de deux cents places, dans les établissements relevant du I de l’article L313-12, la fonction de coordination prévue au V du même article est occupée par un seul médecin. La quotité peut donc être partagée avec un autre établissement, mais elle ne peut pas être répartie entre deux praticiens au sein du même. Pour les groupements de coopération, la base de calcul change : le temps de présence du médecin coordonnateur est déterminé dans les conditions mentionnées au présent article en fonction de la totalité des capacités installées des établissements qui en sont membres. Pour transposer cette grille à un cas réel, voir le calculateur de cette page.
Calculateur : le temps de présence réellement opposable à votre établissement
La grille de l’article D312-156 est partout ; la condition qui la rend opposable ne l’est presque nulle part. C’est pourtant elle qui décide. Renseignez les trois éléments ci-dessous : l’outil vous dit si le plancher chiffré s’applique à votre établissement, lequel, et sur quel fondement.
Pour un groupement, indiquez la totalité des capacités installées des établissements membres dont les gestionnaires lui ont confié l’exploitation directe de leurs autorisations. Le résultat est un plancher réglementaire, jamais une cible de gestion : l’ampleur des missions confiées peut justifier une quotité supérieure.
Prescrire, suivre un résident, suppléer le médecin traitant
Le texte n’autorise la prescription qu’en cas de situation d’urgence ou de risques vitaux ainsi que lors de la survenue de risques exceptionnels ou collectifs. Une seconde porte s’ouvre lorsque le médecin traitant n’est pas en mesure d’assurer une consultation : le coordonnateur intervient, à charge d’en informer ce dernier, car Les médecins traitants des résidents concernés sont dans tous les cas informés des prescriptions réalisées. Une troisième voie s’ouvre pour les volontaires : Le médecin coordonnateur peut assurer le suivi médical des résidents qui le souhaitent, et réaliser pour ceux-ci des prescriptions médicales. Le contrat les encadre : L’encadrement des actes de prescription médicale, relevant du 12° de l’article D. 312-158.
Dans un Ehpad du Vaucluse contrôlé par la chambre régionale des comptes, un coordonnateur a engagé un travail de sensibilisation auprès des médecins traitants lors d’une commission gériatrique : Le nombre de résidents sous traitement psychotropes a ainsi baissé passant de 78 à 64, résultat détaillé dans notre article sur la réduction de l’iatrogénie liée à la polymédication.
Rémunération, prime de revalorisation et contrat
Le code renvoie à des références différentes selon le statut.
| Secteur | Référence |
|---|---|
| Public | soit à la rémunération d’un praticien attaché ou d’un praticien hospitalier, soit à celle d’un médecin territorial hors classe |
| Privé | une convention collective agréée en application de l’article L. 314-6 |
Un établissement privé peut dépasser ce barème, à sa charge, car le surcoût constaté n’est pas opposable à l’autorité tarifaire compétente.
La prime de revalorisation, elle, ne se négocie pas : son montant est fixé par décret. Le montant mensuel de la prime correspond à un montant brut de 517 euros. Le texte la réserve aux praticiens exerçant en EHPAD public. Appeler cette prime « prime Ségur » est une erreur fréquente : c’est un dispositif distinct, propre au public.
Elle est versée mensuellement à terme échu, son montant, pour un exercice partagé, calculé au prorata du temps accompli. Son attribution n’est pas exclusive du versement des autres primes ou indemnités, et s’applique à compter du 1er avril 2022.
Le contrat, enfin, n’est pas une formalité : Le médecin coordonnateur signe avec le représentant légal de l’établissement un contrat mentionnant notamment le temps d’activité. Il signale l’exercice partagé, puisqu’ Une mention particulière est apportée lorsque le praticien intervient au sein de plusieurs établissements. Il porte aussi l’engagement de satisfaire aux obligations de formation.
Deux annonces FEHAP illustrent le privé non lucratif. La première ouvrait un poste en CDI à mi-temps (50%) et renvoyait la rémunération à la négociation, se bornant à indiquer un Salaire à définir selon la CCN 51. La seconde portait sur une quotité plus réduite encore, un Poste en CDI à temps partiel (20% ou 40%). Elle situait le poste au Coefficient 937 de la même convention. Le temps partiel reste le format dominant, comme le détaille notre guide du recrutement d’un médecin coordonnateur.
Médecin coordonnateur, infirmier coordonnateur et directeur
L’établissement dispose d’une équipe pluridisciplinaire comprenant au moins un médecin coordonnateur. L’infirmier coordonnateur, lui, ne reprend qu’une partie de ces missions, celles mentionnées aux 1°, 2°, 4°, 5° et 8° à 10°. Son apport propre porte sur les soins paramédicaux : il participe à la coordination de l’équipe paramédicale, à l’organisation et à la qualité des soins paramédicaux réalisés par l’équipe soignante.
Le médecin coordonnateur ne peut pas exercer la fonction de directeur de l’établissement. Cela n’empêche pas un chevauchement avec le médecin traitant, observé dans le Var, où il est également le médecin traitant pour une trentaine de résidents. La même chambre rappelle par ailleurs, en termes généraux, que Le médecin coordonnateur joue un rôle central dans l’organisation et la supervision des soins, point que détaille notre fiche métier du directeur d’EHPAD.
La commission de coordination gériatrique et le rapport annuel d’activité médicale
Le médecin coordonnateur préside cet organe, chargé d’organiser l’intervention de l’ensemble des professionnels salariés et libéraux. Sa périodicité minimale est fixée par le texte : elle se réunit au minimum une fois par an. Une enquête de l’Anesm a mesuré que 66% des Ehpad répondants ont mis en place la CCG, le directeur étant présent ou représenté dans 98% des cas.
Le texte précise qu’il coordonne aussi un rapport annuel d’activité médicale qu’il signe conjointement avec le directeur de l’établissement. Ce document fait l’objet d’une remontée au niveau national, auprès de la CNSA.
Ce rôle recoupe l’évaluation externe par la HAS : les professionnels alertent en cas de risque lié à la prise en charge médicamenteuse, dont la iatrogénie, et L’ESSMS définit et déploie une politique dédiée. Le rapport d’évaluation restitue, point par point : il présente pour chacun des objectifs et critères du référentiel d’évaluation la cotation retenue, comme le détaille notre guide de l’évaluation HAS.
Pénurie, exercice partagé et recrutement
À la fin de 2023, la France comptait 10 400 structures médico-sociales d’hébergement, offrant 756 000 places d’accueil. Le profil des résidents s’est alourdi : 85 % des résidents sont en perte d’autonomie (GIR 1 à 4). Il a aussi vieilli : 40 % des résidents ont 90 ans ou plus.
| Statut juridique | Médecins coordonnateurs en effectifs physiques | ETP pour cent places |
|---|---|---|
| Public | 1 775 | 0,25 |
| Privé lucratif | 1 475 | 0,55 |
Le privé non lucratif manque à ce tableau, sans total national possible. Le gériatre est une spécialité distincte du médecin coordonnateur, qui peut être un simple généraliste. En 2023, dans le public, elle ne comptait que 385 médecins, pour 216,6 ETP. Elle résulte de la création des 7 diplômes d’études spécialisées (DES) médecine d’urgence, gériatrie.
La vacance du poste est ancienne : 32 % des Ehpad ne déclaraient aucun ETP de médecin coordonnateur en 2015, puis, selon l’Anap, au 31 décembre 2019, au moins 20 % des Ehpad n’avaient pas de médecin coordonnateur. Parmi les Ehpad contrôlés par les juridictions financières, un tiers connaissent ou ont connu récemment une vacance de poste. Le statut du gestionnaire n’est pas déterminant : les difficultés s’observent aussi bien parmi les gestionnaires publics que privés.
En 2015, 38,3 % des médecins coordonnateurs étaient des femmes, contre 34,4 % en 2011, quand, la même année, Les femmes représentent 87 % du personnel, toutes fonctions.
Le forfait soins versé par l’assurance maladie sert aussi à financer la rémunération du médecin coordonnateur. Une vacance de poste devient alors un manque à gagner, en plus d’un manque de personnel.
Un contrôle de l’IGAS dans un groupe privé de trente-deux Ehpad, sans valoir statistique nationale, a mesuré que seize médecins coordonnateurs exerçaient dans les 32 EHPAD du groupe, si bien que 20 EHPAD, soit 63% des EHPAD du groupe, étaient donc dotés d’un médecin coordonnateur, loin de la moyenne du secteur mesurée par l’IGAS : la moyenne du secteur des EHPAD commerciaux est de 89 %. Beaucoup de ces praticiens, 9 sur 17 ont été recrutés en 2022 ou 2023, d’autres restant âgés, sept ont plus de 65 ans. Faute de mieux, il a recouru à des prestataires facturés un coût supérieur à celui du recrutement d’un médecin coordonnateur salarié.
Un pis-aller a été relevé par une chambre régionale des comptes : L’absence quasi-totale d’un médecin coordonnateur en 2022 s’explique par le recours à un prestataire de télécoordination médicale.
La DREES relevait, en zones isolées, 15 % ont des postes de médecins coordonnateurs non pourvus, et la HAS chiffrait les hospitalisations évitables : de 19 à 67 % selon les études, détaillé dans notre article sur les freins au recrutement.
Questions fréquentes sur le médecin coordonnateur en EHPAD
Quel est le salaire d’un médecin coordonnateur en EHPAD ?
La rémunération se détermine par renvoi à une grille extérieure, et le point de référence diffère selon le statut de l’établissement. Dans le public, la rémunération se détermine par référence, selon les cas, soit à la rémunération d’un praticien attaché ou d’un praticien hospitalier, soit à celle d’un médecin territorial hors classe. Dans le privé, elle se détermine par référence à une convention collective agréée en application de l’article L. 314-6. Un gestionnaire privé peut payer davantage, mais il en supporte seul la conséquence budgétaire : le surcoût constaté n’est pas opposable à l’autorité tarifaire compétente. C’est ce mécanisme, et non un barème national, qui explique la dispersion des rémunérations constatées d’un établissement à l’autre.
Qu’est-ce que la prime de revalorisation du médecin coordonnateur, et qui y a droit ?
C’est la prime de revalorisation créée par le décret du 27 avril 2022, souvent confondue avec le Ségur alors qu’il s’agit d’un dispositif distinct. Son montant est net de toute ambiguïté : Le montant mensuel de la prime correspond à un montant brut de 517 euros. Elle s’adresse aux médecins coordonnateurs exerçant en EHPAD public, et non à l’ensemble de la profession. La prime est versée mensuellement à terme échu. Son montant est réduit, le cas échéant, dans les mêmes proportions que le traitement. Un praticien à temps partiel la perçoit donc au prorata. Deux précisions utiles : Son attribution n’est pas exclusive du versement des autres primes ou indemnités liées aux fonctions, aux sujétions, à l’expertise et à l’engagement professionnel. Et pour les praticiens partagés, le montant de la prime est calculé au prorata du temps accompli dans les structures ouvrant droit à son versement.
Le médecin coordonnateur a-t-il 13 ou 14 missions ?
Les deux chiffres circulent parce que la liste a été modifiée plusieurs fois. Dans sa rédaction en vigueur, l’article D312-158 s’arrête à un treizième point : 13° Elabore, après avoir évalué leurs risques et leurs bénéfices avec le concours de l’équipe médico-sociale, les mesures particulières comprises dans l’annexe au contrat de séjour. Un décompte différent renvoie à une rédaction antérieure du code. Le nombre importe moins que le chapeau qui conditionne toute la liste, puisque le praticien exerce Sous la responsabilité et l’autorité administratives du responsable de l’établissement.
Faut-il écrire « médecin coordonnateur » ou « médecin coordinateur » ?
Le terme employé par le code de l’action sociale et des familles est « coordonnateur ». C’est celui qui figure dans la disposition qui crée l’obligation : Tout établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant du I de l’article L. 312-1 doit se doter d’un médecin coordonnateur. « Coordinateur » est une variante d’usage répandue, y compris dans des offres d’emploi. C’est pourtant « coordonnateur » qu’il faut retenir dans un contrat, un organigramme ou un rapport d’évaluation.
Quelle formation faut-il pour devenir médecin coordonnateur ?
Cinq titres ouvrent la fonction, et la liste a été élargie : d’un diplôme d’université de médecin coordonnateur d’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ou d’un diplôme interuniversitaire national de médecine de la personne âgée ou, à défaut, d’une attestation de formation continue. S’y ajoutent le diplôme d’études spécialisées complémentaires de gériatrie, celui de gériatrie et la capacité de gérontologie. Un médecin peut être recruté sans détenir encore l’un de ces titres, à condition que le contrat porte L’engagement du médecin coordonnateur qui ne remplirait pas les conditions de qualification pour exercer la fonction de médecin coordonnateur lors de son recrutement de satisfaire aux obligations de formation.
Le médecin coordonnateur peut-il prescrire pour les résidents ?
Oui, dans un périmètre précisément délimité. Il 12° Réalise des prescriptions médicales pour les résidents de l’établissement au sein duquel il exerce ses fonctions de coordonnateur en cas de situation d’urgence ou de risques vitaux ainsi que lors de la survenue de risques exceptionnels ou collectifs. S’y ajoute une faculté de suppléance : Il peut intervenir pour tout acte, incluant l’acte de prescription médicamenteuse, lorsque le médecin traitant ou désigné par le patient ou son remplaçant n’est pas en mesure d’assurer une consultation par intervention dans l’établissement, conseil téléphonique ou téléprescription. Dans tous les cas, la traçabilité vers le médecin traitant est une obligation, non une courtoisie : Les médecins traitants des résidents concernés sont dans tous les cas informés des prescriptions réalisées.
Le médecin coordonnateur peut-il être le médecin traitant d’un résident ?
Oui, et c’est l’une des évolutions les moins connues du métier. La loi elle-même le prévoit, puisque il assure l’encadrement médical de l’équipe soignante de l’établissement et peut, pour les résidents qui le souhaitent, assurer le suivi médical des résidents de l’établissement, pour lesquels il peut réaliser des prescriptions médicales, ce que le volet réglementaire reprend : Le médecin coordonnateur peut assurer le suivi médical des résidents qui le souhaitent, et réaliser pour ceux-ci des prescriptions médicales. L’initiative appartient au résident, jamais à l’établissement : lui-même, son représentant légal ou sa personne de confiance peut désigner le médecin coordonnateur comme médecin traitant du résident dans les conditions prévues à l’article L. 162-5-3 du code de la sécurité sociale. Ce choix est tracé, car le contrat de séjour fait mention du choix du résident, qui peut être modifié à tout moment de son séjour dans l’établissement. Cette double casquette doit se retrouver dans le contrat du praticien, qui mentionne Une mention particulière est apportée lorsque le praticien intervient au sein de plusieurs établissements. et distingue le temps de coordination du temps de suivi médical.
Un EHPAD peut-il fonctionner sans médecin coordonnateur ?
L’obligation vise tout établissement de cette catégorie, quelle que soit sa taille ou sa forme juridique : Tout établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant du I de l’article L. 312-1 doit se doter d’un médecin coordonnateur. Le code prévoit en revanche une soupape lorsque le recrutement échoue : En cas d’impossibilité pour l’établissement de disposer du temps de coordination prévu à l’article D. 312-156, l’exercice des missions énumérées au I peut, pour une durée limitée, être assuré par un médecin coordonnateur intervenant de façon dématérialisée. Cette solution n’est pas discrétionnaire : L’agence régionale de santé est préalablement informée par l’établissement du recours à ce mode d’intervention.
Le directeur peut-il assurer lui-même la coordination médicale ?
Non, et l’interdiction est explicite dans le code : Le médecin coordonnateur ne peut pas exercer la fonction de directeur de l’établissement. Elle découle du chapeau des missions : le praticien exerce sous l’autorité administrative du responsable de l’établissement. L’appui de proximité relève, lui, de l’infirmier coordonnateur, qui L’infirmier coordonnateur concourt à l’exercice des missions des médecins coordonnateurs mentionnées aux 1°, 2°, 4°, 5° et 8° à 10°.
À quelle fréquence la commission de coordination gériatrique doit-elle se réunir ?
C’est le point sur lequel les documents professionnels divergent le plus de la règle applicable, qui est celle-ci : Cette commission, dont les missions et la composition sont fixées par arrêté du ministre chargé des personnes âgées, se réunit au minimum une fois par an. Des guides professionnels antérieurs mentionnent encore deux réunions annuelles ; c’est la rédaction actuelle du code qui fait foi. Une réunion par an est le plancher légal, ce qui n’empêche évidemment pas d’en tenir davantage. La commission est présidée par le médecin coordonnateur, qui Préside la commission de coordination gériatrique chargée d’organiser l’intervention de l’ensemble des professionnels salariés et libéraux au sein de l’établissement.
Pour aller plus loin
Le métier et son cadre, sur SOS EHPAD
Le décret de septembre 2025 a fait l’objet d’une analyse détaillée dans notre décryptage du décret 2025-897, à lire en complément de cette fiche. Sur l’exercice à distance, l’article consacré au médecin coordonnateur à distance détaille les conditions pratiques. Pour la dimension managériale du poste, voir leadership et bonnes pratiques du médecin coordonnateur ainsi que notre dossier sur la coordination médicale entre professionnels.
Recruter, fidéliser, organiser
Les directions confrontées à un poste vacant trouveront une méthode dans notre guide du recrutement d’un médecin coordonnateur, complété par l’analyse des freins au recrutement et par le constat que le salariat devient le premier mode d’exercice. Le contexte général est éclairé par notre lecture de la démographie médicale 2026 et par les chiffres DREES sur les postes vacants. Une décision récente rappelle enfin qu’un établissement ne peut pas refuser une admission au motif de l’absence de médecin coordonnateur.
Les outils quotidiens de la coordination
Le rapport annuel d’activité médicale fait l’objet d’un mode d’emploi dédié, du plan de rédaction en cinq étapes jusqu’à la remontée dans SIDOBA. Pour la commission, voir comment structurer la commission de coordination et notre retour sur le pilotage de la commission gériatrique. Le versant prescription est traité dans sécuriser les prescriptions, réduire l’iatrogénie liée à la polymédication et la prescription électronique. L’évaluation gériatrique s’appuie sur nos guides outils d’évaluation et parcours de soins, repérage de la fragilité et échelle de Scheltens.
Les piliers connexes
La validation de la dépendance et des soins requis renvoie à nos deux références chiffrées, le GIR moyen pondéré et le guide PATHOS et dotation soins. Le partage des rôles avec l’encadrement soignant est développé dans la fiche métier de l’IDEC et dans celle du directeur d’EHPAD. Enfin, la coordination à distance s’inscrit dans les évolutions décrites par nos guides télémédecine en EHPAD, logiciel EHPAD et DUI et évaluation HAS, tandis que le financement du poste relève du financement de l’EHPAD et de la négociation de la section soins du CPOM.
Sources officielles
- Article D312-158 du code de l’action sociale et des familles — missions du médecin coordonnateur
- Article D312-156 du code de l’action sociale et des familles — temps de présence
- Article D312-157 du code de l’action sociale et des familles — qualification
- Article D312-159-1 du code de l’action sociale et des familles — contrat du médecin coordonnateur
- Décret n° 2022-717 du 27 avril 2022, article 4 — montant de la prime de revalorisation
