Une infirmiere coordinatrice sollicite un avis geriatrique a distance depuis un EHPAD
Télémédecine

Télé-expertise en gériatrie : ce que l’IDEC peut demander à distance

11 min de lecture Nicolas Mortel
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La télé-expertise en gériatrie s’ouvre aux EHPAD desservis par l’Hôpital Nord Franche-Comté : depuis cet été, médecins, infirmiers coordinateurs (IDEC) et infirmiers en pratique avancée (IPA) peuvent y solliciter un avis spécialisé à distance. L’offre s’appuie sur la plateforme régionale TELMI, portée par l’ARS Bourgogne-Franche-Comté et le GRADeS, dont l’activité toutes spécialités et tous secteurs confondus progresse vite : En 2025, ce sont environ 40 000 actes qui ont ainsi été réalisés, soit 45 % de plus qu’en 2024.

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Depuis juin dernier, l’Hôpital Nord Franche-Comté propose la télé expertise en gériatrie aux médecins, infirmiers coordinateurs ou infirmiers de pratiques avancées (IPA) des EHPAD de son secteur. Cette nouvelle offre, qui vise à répondre à des besoins importants à l’échelle du territoire, est disponible sur la plateforme TELMI portée par l’ARS et le GRADeS, et garantissant aux professionnels intéressés des échanges sécurisés et tracés.

Les situations cliniques concernées sont déjà identifiées sur le terrain : Des troubles du comportement nécessitant un ajustement du traitement, des questions sur des thérapeutiques, des problématiques motrices ou encore de nutrition du sujet âgé : autant de situations de recours à la télé expertise en gériatrie.

Côté volumétrie : La télé expertise réalisée sur la plateforme régionale TELMI connait un développement exponentiel avec un nombre d’actes en hausse de 30 à 40% chaque année. L’ARS enregistre d’ores et déjà une augmentation de plus de 30 % des usages en 2026 par rapport à la même période 2025. Côté offre médicale : Plus de trente spécialités sont désormais accessibles sur la plateforme, avec des experts en région, pour des parcours des patients au plus près de leur domicile.

L’Hôpital Nord Franche-Comté est engagé dans la télémédecine, sur la plateforme TELMI portée par l’Agence Régionale de Santé et le GRADeS, Groupement Régional d’Appui au Développement de la e-santé. Plus largement : Proposer la télé expertise sur l’ensemble des territoires de Bourgogne-Franche-Comté, aussi bien aux cabinets de ville, maisons de santé, EHPAD, structures pour personnes handicapées… fait partie des priorités de l’ARS, qui se mobilise depuis plusieurs années avec le relais opérationnel du Groupement régional d’appui au développement de la e-santé (GRADeS). Le détail de l’offre est consultable sur le site de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté.

Mise en perspective

Ce déploiement local s’inscrit dans un cadre national déjà ancien. La téléexpertise (TLE) permet à un professionnel de santé, dit « requérant » de solliciter à distance l’avis d’un médecin, dit « requis » en raison de sa formation ou de sa compétence particulière, sur la base d’informations de santé liées à la prise en charge d’un patient, même en l’absence du patient, précise l’Assurance Maladie sur ameli.fr. Ce cadre n’est pas propre à la Bourgogne-Franche-Comté : Reconnue par la loi hôpital, patients, santé et territoire de 2009, la télémédecine est une forme de pratique médicale à distance (consultation, suivi, diagnostic…) fondée sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.

Le remboursement, lui, remonte à plusieurs années : la convention médicale signée en août 2016 a constitué la première étape qui a permis les premiers remboursements d’actes de télémédecine par l’Assurance Maladie, en créant 2 actes de suivi des patients en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), l’un de téléexpertise (TDT) et l’autre de téléconsultation (TTE). Oui. La télé-expertise est prise en charge par l’Assurance Maladie et permet à un médecin de solliciter l’avis d’un confrère lorsqu’il juge qu’une situation médicale le justifie et d’assurer ainsi une prise en charge à la fois plus rapide des patients et plus adaptée. Le calendrier de cette montée en charge est retracé plus haut dans l’article. Le remboursement des actes de téléconsultation et de téléexpertise est rentré dans le droit commun en 2018 et 2019, rappelle la HAS dans son guide de bonnes pratiques.

Sur le plan clinique, la HAS a tranché tôt : Elle conclut in fine qu’aucune situation clinique ne peut être exclue a priori d’un recours à la téléconsultation ou à la téléexpertise. Elle pose toutefois une condition méthodologique : Pour la téléexpertise, qui permet au professionnel de demander à distance l’avis de confrères, il faut en premier lieu s’assurer de la disponibilité des données médicales nécessaires avant de la mettre en œuvre. Ces bonnes pratiques concernent tous les actes de téléconsultation et de téléexpertise (réalisés en ville, établissements de santé, établissements sociaux et médico-sociaux, domicile des patients) en exercice libéral ou salarié. Pour resituer cette offre dans l’ensemble du dispositif de coordination gériatrique, notre article sur l’organisation du suivi des avis spécialisés en gériatrie complète ce panorama, de même que notre guide complet de la télémédecine en EHPAD.

Impact concret par profil métier

IDEC

Pour l’IDEC, le point clé est la place désormais reconnue aux professionnels non-médecins dans la demande de télé-expertise : Les professionnels de santé non-médicaux peuvent demander une téléexpertise à un professionnel médical. Localement, sur TELMI, cette possibilité est désormais organisée pour la gériatrie, accessible aux infirmiers coordinateurs ou infirmiers de pratiques avancées (IPA) des EHPAD du secteur de l’Hôpital Nord Franche-Comté. La décision de donner suite à la demande reste toutefois entre les mains du médecin sollicité : le recours à la téléexpertise relève de l’appréciation du professionnel requérant et l’opportunité de sa réalisation relève de la décision du médecin requis. Pour engager la démarche, un dossier exploitable doit être constitué : Le médecin requérant pose une question au médecin requis à laquelle il joint les documents nécessaires pour que ce dernier soit en capacité de donner son avis.

Médecin coordonnateur

Le médecin coordonnateur, qu’il agisse comme requérant auprès d’un confrère gériatre ou comme requis pour d’autres professionnels, reste positionné au cœur du dispositif : Tout médecin peut recourir à la téléexpertise ou réaliser une téléexpertise, quels que soient sa spécialité, son secteur d’exercice et son lieu d’exercice, en ville ou en établissement de santé (cabinet de ville, maison de santé, centre de santé, Ehpad, hôpital, clinique…). Après l’échange, la traçabilité est de sa responsabilité côté « requis » : le médecin requis rédige un compte-rendu, l’archive dans son dossier patient, et dans le dossier médical (DMP) intégré dans Mon espace santé du patient, s’il est ouvert. Il transmet ce compte-rendu au médecin traitant et au professionnel de santé ayant sollicité la téléexpertise (le requérant). Ce rôle de pivot rejoint les évolutions décrites dans notre article sur les modes d’exercice du médecin coordonnateur et sur les obligations applicables au médecin coordonnateur exerçant à distance.

IDE

Pour l’infirmier diplômé d’État en poste auprès du résident, la télé-expertise s’inscrit dans une chaîne d’information et de consentement qu’il contribue à faire respecter au quotidien : Quel que soit la situation clinique, le patient doit, au préalable, être informé des conditions de réalisation de la téléexpertise et donner son accord après avoir reçu ces informations. Ce même souci de traçabilité irrigue la définition même du dispositif, puisque l’avis sollicité se fonde sur la base d’informations de santé liées à la prise en charge d’un patient, même en l’absence du patient. L’articulation avec les autres recours possibles — les équipes mobiles de psychiatrie du sujet âgé ou le recours aux services d’urgence depuis l’EHPAD — reste un repère utile pour situer la place de la télé-expertise dans la palette d’outils disponibles.

Perspectives

À l’échelle de la plateforme régionale, toutes spécialités confondues, la dynamique ne semble pas ponctuelle. L’ARS enregistre d’ores et déjà une augmentation de plus de 30 % des usages en 2026 par rapport à la même période 2025. La télé expertise réalisée sur la plateforme régionale TELMI connait un développement exponentiel avec un nombre d’actes en hausse de 30 à 40% chaque année. Le nombre de spécialités accessibles suit la même trajectoire : Plus de trente spécialités sont désormais accessibles sur la plateforme, avec des experts en région, pour des parcours des patients au plus près de leur domicile. Cette extension s’inscrit dans une priorité assumée par l’ARS elle-même : Proposer la télé expertise sur l’ensemble des territoires de Bourgogne-Franche-Comté, aussi bien aux cabinets de ville, maisons de santé, EHPAD, structures pour personnes handicapées… fait partie des priorités de l’ARS, qui se mobilise depuis plusieurs années avec le relais opérationnel du Groupement régional d’appui au développement de la e-santé (GRADeS). Pour les établissements qui s’outillent en parallèle sur le plan numérique, notre comparatif des logiciels EHPAD et DUI et notre article sur le cadre applicable à la téléconsultation en EHPAD complètent la lecture de cette montée en charge.

Questions fréquentes

Un infirmier coordinateur peut-il demander une télé-expertise sans passer par un médecin ?
Oui, dans le cadre national : Les professionnels de santé non-médicaux peuvent demander une téléexpertise à un professionnel médical. Localement, sur la plateforme TELMI, cette possibilité est désormais organisée pour la gériatrie, ouverte aux infirmiers coordinateurs ou infirmiers de pratiques avancées (IPA) des EHPAD du secteur de l’Hôpital Nord Franche-Comté.
Le résident doit-il donner son accord avant une télé-expertise ?
Oui : Quel que soit la situation clinique, le patient doit, au préalable, être informé des conditions de réalisation de la téléexpertise et donner son accord après avoir reçu ces informations.
La télé-expertise est-elle prise en charge par l’Assurance Maladie ?
Oui. La télé-expertise est prise en charge par l’Assurance Maladie et permet à un médecin de solliciter l’avis d’un confrère lorsqu’il juge qu’une situation médicale le justifie et d’assurer ainsi une prise en charge à la fois plus rapide des patients et plus adaptée. Le calendrier de cette montée en charge est retracé plus haut dans l’article.
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