Guide de référence 2026

Droits des Résidents en EHPAD : Guide Complet 2026

Loi 2002-2, Charte des droits et libertés, contrat de séjour,
personne de confiance, protection juridique et voies de recours

7
Droits fondamentaux (loi 2002-2)
12
Articles de la Charte des droits
7
Outils obligatoires loi 2002-2
712 000
Personnes sous protection juridique
Ressource recommandée Guide essentiel
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1. Cadre réglementaire des droits des résidents en EHPAD

Les droits des résidents en EHPAD ne sont pas de simples recommandations : ils constituent un cadre juridique contraignant bâti par plusieurs textes fondateurs. Leur respect conditionne la conformité à l’évaluation HAS et prévient les risques de maltraitance institutionnelle.

Texte fondateur : La loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale a posé les bases des droits des usagers dans les établissements sociaux et médico-sociaux. L’article L.311-3 du Code de l’action sociale et des familles (CASF) énonce 7 droits fondamentaux garantis à chaque résident.

Les 7 droits fondamentaux de l’article L.311-3 CASF

Droit fondamental Portée concrète en EHPAD
1Respect de la dignité, intégrité, vie privée, intimité et sécuritéFrapper avant d’entrer, fermer les portes pendant les soins
2Libre choix entre les prestationsChoix du médecin traitant, des activités, des horaires dans la mesure du possible
3Prise en charge individualisée et de qualitéProjet d’accompagnement personnalisé (PAP) révisé régulièrement
4Confidentialité des informationsSecret médical, protection du dossier de soins, RGPD
5Accès à l’informationInformation claire sur les droits, les prestations, les tarifs
6Information et consentement éclairéConsentement recueilli avant tout soin, toute modification du contrat
7Participation directe au projet d’accueilParticipation au CVS, à l’élaboration du PAP, expression des besoins

Chronologie des textes fondateurs

2002 — Loi 2002-2

Loi rénovant l’action sociale et médico-sociale : 7 droits fondamentaux (art. L.311-3 CASF), création des 7 outils obligatoires (livret d’accueil, contrat de séjour, CVS, etc.).

2003 — Charte des droits et libertés

Arrêté du 8 septembre 2003 fixant la Charte des droits et libertés de la personne accueillie : 12 articles déclinant les droits fondamentaux. Affichage obligatoire dans l’établissement et annexion au livret d’accueil.

2015 — Loi ASV

Loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015 : renforcement de la personne de confiance en EHPAD, définition du socle de prestations minimales, alourdissement des sanctions contre la maltraitance, généralisation des CPOM.

2016 — Loi Claeys-Leonetti

Loi du 2 février 2016 : caractère contraignant des directives anticipées, droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès, renforcement du rôle de la personne de confiance.

2024 — Loi Bien-vieillir

Loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 : droit de visite quotidien garanti (sauf exception médicale motivée), droit d’accueil des animaux de compagnie, renforcement de la lutte contre la maltraitance, droit à l’accueil de nuit pour les aidants.

Les 12 articles de la Charte des droits et libertés

Article Intitulé
Art. 1Principe de non-discrimination
Art. 2Droit à une prise en charge ou un accompagnement adapté
Art. 3Droit à l’information
Art. 4Principe du libre choix, du consentement éclairé et de la participation
Art. 5Droit à la renonciation
Art. 6Droit au respect des liens familiaux
Art. 7Droit à la protection
Art. 8Droit à l’autonomie
Art. 9Principe de prévention et de soutien
Art. 10Droit à l’exercice des droits civiques
Art. 11Droit à la pratique religieuse ou philosophique
Art. 12Respect de la dignité et de l’intimité
Obligation d’affichage : La Charte des droits et libertés doit être affichée dans les locaux de l’établissement et annexée au livret d’accueil remis à chaque résident lors de son admission. Son absence est un manquement relevé systématiquement lors des évaluations HAS et des inspections ARS.

2. Les 7 outils de la loi 2002-2

La loi 2002-2 a institué 7 outils obligatoires pour garantir l’exercice effectif des droits des résidents. Chaque EHPAD doit les mettre en place, les actualiser et en assurer la traçabilité. Leur absence ou leur obsolescence constitue un manquement relevé lors des évaluations HAS.

Outil Base légale Contenu / Finalité Fréquence de révision
Livret d’accueilArt. L.311-4 CASFPrésentation de l’établissement, droits, organisation, Charte annexée, règlement de fonctionnement annexéMise à jour à chaque modification
Charte des droits et libertésArrêté du 08/09/200312 articles définissant les droits fondamentaux, affichage obligatoireTexte réglementaire fixe
Contrat de séjourArt. L.311-4 CASF, Décret 2004-1274Conditions d’accueil, prestations, tarifs, droits et obligations réciproquesAvenant annuel (tarifs) + à chaque changement
Règlement de fonctionnementArt. L.311-7 CASFRègles de vie collective, droits et devoirs, organisation de l’établissementRévision tous les 5 ans minimum
Conseil de la vie sociale (CVS)Art. L.311-6 CASF, Décret 2022-688Instance de participation : résidents, familles, personnel, direction. Au moins 3 réunions/anRenouvellement tous les 3 ans
Projet d’établissementArt. L.311-8 CASFOrientations stratégiques, projet de soins, projet de vie, projet socialRévision tous les 5 ans
Personne qualifiéeArt. L.311-5 CASFMédiateur extérieur désigné par le préfet, le DG ARS et le président du conseil départementalCoordonnées communiquées à l’admission
📄
Documents individuels

Livret d’accueil, contrat de séjour : remis au résident et à sa famille lors de l’admission

🏢
Documents collectifs

Règlement de fonctionnement, projet d’établissement, Charte : cadre institutionnel partagé

🤝
Instances de participation

CVS et personne qualifiée : garantir l’expression et la médiation

Le CVS réformé (décret 2022-688) : Depuis avril 2022, le CVS dispose de pouvoirs renforcés. Il peut désormais s’autosaisir, faire appel à des intervenants extérieurs et ses avis doivent recevoir une réponse motivée de la direction dans un délai de 2 mois. Le directeur doit garantir les conditions de son bon fonctionnement.

3. Dignité, intimité et respect de la vie privée

Le respect de la dignité et de l’intimité constitue le premier droit fondamental de l’article L.311-3 CASF et l’article 12 de la Charte. En pratique, il représente aussi la première source de plaintes des résidents et des familles : les enquêtes montrent que 45 % des réclamations concernent des situations où les portes restent ouvertes pendant la toilette ou les soins corporels.

Principes concrets à respecter

  • Frapper et attendre avant d’entrer dans la chambre du résident, même en situation d’urgence relative
  • Fermer systématiquement la porte lors de la toilette, du change et des soins intimes
  • Utiliser un paravent ou un rideau en chambre double pendant les soins
  • Respecter le choix vestimentaire du résident (ne pas imposer la blouse d’hôpital)
  • Garantir un espace personnel : photos, objets personnels, mobilier personnel autorisé
  • Respecter la correspondance : le courrier est remis fermé au résident
  • Protéger les données personnelles : dossier de soins accessible uniquement aux professionnels habilités (RGPD + secret médical)

Vie affective et sexuelle

La HAS a publié en février 2025 des recommandations spécifiques sur le respect de la vie affective et sexuelle des personnes âgées en établissement. Environ 8 % des résidents déclarent maintenir une vie affective et/ou sexuelle en EHPAD. Les équipes doivent être formées à :

  • Respecter l’intimité des couples résidents (possibilité de chambre double)
  • Adapter l’accompagnement sans jugement moral
  • Distinguer consentement éclairé et vulnérabilité (personnes atteintes de troubles cognitifs)
  • Intégrer cette dimension dans le projet de vie personnalisé
Droit de visite — Loi Bien-vieillir 2024 : L’article 1er de la loi n° 2024-317 consacre un droit de visite quotidien garanti. Aucune restriction ne peut être opposée aux visiteurs sauf décision médicale individuelle motivée, notifiée par écrit et limitée dans le temps. Ce droit a été inscrit en réaction aux restrictions lors de la crise sanitaire.

4. Liberté d’aller et venir et contention

La liberté d’aller et venir est un droit constitutionnel (art. 66 de la Constitution) et conventionnel (art. 5 CEDH). En EHPAD, sa conciliation avec l’obligation de sécurité des résidents constitue un défi quotidien, en particulier face aux risques de fugue des résidents présentant des troubles cognitifs.

Chiffre clé : Selon les études, entre 22 % et 48 % des résidents en EHPAD font l’objet d’une forme de contention (physique, médicamenteuse, architecturale ou environnementale). La HAS rappelle que toute contention doit rester exceptionnelle et que la prescription initiale ne peut excéder 24 heures.

Cadre de la contention physique

La contention physique (barrières de lit, ceinture, tablette de fauteuil verrouillée) est encadrée par les recommandations HAS et la jurisprudence :

Critère Exigence
Prescription médicaleObligatoire, signée par le médecin, réévaluée toutes les 24h
Caractère exceptionnelEn dernier recours, après épuisement des alternatives
InformationRésident et famille (ou représentant légal) informés et consentement recherché
SurveillanceSurveillance renforcée : risques cutanés, chutes, agitation paradoxale
TraçabilitéMotif, durée, surveillance et réévaluation tracés dans le dossier de soins
AlternativesLit surbaissé, tapis de sol, détection de mouvement, accompagnement personnalisé

Contention architecturale

Les digicodes, portes à badge, unités fermées (UVP/UHR) constituent une forme de contention architecturale. Elles doivent être :

  • Justifiées par un projet médical individualisé (troubles cognitifs sévères avec risque de mise en danger)
  • Validées en équipe pluridisciplinaire et tracées dans le dossier du résident
  • Respect du principe de proportionnalité : les résidents sans troubles cognitifs ne doivent pas être enfermés
  • Réévaluées périodiquement avec traçabilité de la décision
Bonnes pratiques : Le comité bientraitance doit auditer régulièrement les pratiques de contention (indicateur HAS) et mettre en place un plan de réduction. Les logiciels DUI permettent d’automatiser le suivi des prescriptions de contention et les alertes de réévaluation.

5. Contrat de séjour : contenu et prestations obligatoires

Le contrat de séjour (art. L.311-4 CASF, décret n° 2004-1274 du 26 novembre 2004) est le document juridique qui lie le résident (ou son représentant légal) à l’établissement. Il doit être signé dans le mois suivant l’admission et peut être remplacé par un document individuel de prise en charge (DIPC) si le résident n’est pas en mesure de signer.

Contenu obligatoire du contrat de séjour

  • Nature de l’hébergement (chambre individuelle/double, surface, équipements)
  • Objectifs de la prise en charge et description des prestations assurées
  • Conditions financières : tarif hébergement, tarif dépendance, prestations incluses et supplémentaires
  • Liste des prestations du socle minimal (loi ASV 2015)
  • Conditions de résiliation : par le résident (préavis), par l’établissement (motifs limités, préavis de 30 jours)
  • Annexes obligatoires : règlement de fonctionnement, Charte des droits, tarifs en vigueur

Socle de 5 prestations minimales (loi ASV 2015)

La loi d’adaptation de la société au vieillissement a défini un socle de prestations minimales devant être incluses dans le tarif hébergement, sans facturation supplémentaire :

Prestation Détail
1. HébergementMise à disposition de la chambre et des espaces communs, entretien, énergies
2. RestaurationMinimum 3 repas par jour + collation, adaptés aux régimes prescrits
3. BlanchisserieEntretien du linge de maison et du linge personnel du résident
4. AnimationProgramme d’animation et activités de la vie sociale
5. AdministrationGestion administrative liée au séjour (accueil, gestion du dossier)
Accès à internet (2023) : Depuis le décret du 29 décembre 2022 (applicable en 2023), l’accès à internet fait partie des obligations des EHPAD. L’établissement doit proposer un accès internet dans les espaces communs a minima. Cette obligation est vérifiée lors des évaluations HAS.

Annexe sécurité

Le contrat de séjour doit comprendre une annexe relative à la sécurité informant le résident sur les mesures de sécurité incendie, le plan d’évacuation, les consignes en cas d’urgence et le plan bleu. Le directeur est responsable de la mise à jour de cette annexe.

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6. Personne de confiance et directives anticipées

La personne de confiance et les directives anticipées sont deux dispositifs complémentaires qui garantissent le respect de la volonté du résident lorsqu’il n’est plus en mesure de l’exprimer. Leur mise en œuvre effective est un critère impératif de l’évaluation HAS.

Personne de confiance (art. L.1111-6 CSP)

Aspect Détail
DésignationPar le résident lui-même, par écrit, à tout moment. Peut être un parent, un proche, le médecin traitant.
RôleAccompagner le résident dans ses démarches, assister aux entretiens médicaux, être consultée quand le résident ne peut exprimer sa volonté
En EHPADLa loi ASV 2015 impose de proposer la désignation dès l’admission. Le résident peut la changer ou la révoquer à tout moment.
LimitesLa personne de confiance n’a pas de pouvoir de décision : son témoignage sur la volonté du résident prévaut sur tout autre témoignage non médical
TutelleSi le résident est sous tutelle, la désignation nécessite l’autorisation du juge des tutelles
Distinction essentielle : La personne de confiance (art. L.1111-6 CSP) est différente de la personne à prévenir (contact d’urgence). La personne de confiance a un rôle juridique spécifique dans les décisions médicales. Un même proche peut cumuler les deux rôles, mais la désignation doit être explicite et formalisée par écrit.

Directives anticipées (loi Claeys-Leonetti 2016)

Depuis la loi du 2 février 2016, les directives anticipées ont un caractère contraignant : le médecin est tenu de les respecter, sauf en cas d’urgence vitale le temps d’évaluer la situation, ou si elles apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale (décision collégiale nécessaire).

  • Rédaction : par toute personne majeure, sur papier libre ou via le formulaire HAS, datées et signées
  • Durée : illimitée (plus de limite de 3 ans depuis 2016), révisables et révocables à tout moment
  • Conservation : dans le dossier médical (DUI), confiées au médecin traitant, à la personne de confiance ou inscrites dans Mon Espace Santé
  • Contenu : volontés sur la limitation ou l’arrêt des traitements, la sédation profonde, la réanimation, l’alimentation artificielle
Obligation EHPAD : L’établissement doit proposer systématiquement au résident de rédiger ses directives anticipées dès l’admission, sans pression. Le refus de les rédiger doit être respecté et tracé dans le dossier. Les équipes soignantes doivent être formées à accompagner cette démarche avec bienveillance.

7. Protection juridique : tutelle, curatelle, habilitation familiale

En France, près de 712 000 personnes sont placées sous un régime de protection juridique. En EHPAD, la proportion est nettement supérieure en raison de la prévalence des troubles cognitifs. Les professionnels doivent maîtriser les différentes mesures pour respecter les droits des résidents protégés tout en garantissant la légalité des actes.

Les 5 mesures de protection

Mesure Niveau de protection Décideur Actes autorisés seul
Mandat de protection futureAnticipation (avant l’incapacité)La personne elle-même, notarié ou sous seing privéSelon les termes du mandat
Habilitation familialeLégère à renforcéeJuge des contentieux de la protection (ex-juge des tutelles)Selon périmètre fixé par le juge
Sauvegarde de justiceTemporaire (1 an renouvelable 1 fois)Juge ou procédure médicale (déclaration au procureur)Tous les actes (mais contestables a posteriori)
CuratelleAssistance (simple, renforcée ou aménagée)Juge des contentieux de la protectionActes d’administration ; actes de disposition avec le curateur
TutelleReprésentation (la plus protectrice)Juge des contentieux de la protectionActes strictement personnels (vote, mariage avec autorisation)

Implications pratiques en EHPAD

📝
Contrat de séjour signé par le tuteur ou curateur selon la mesure
Consentement aux soins : le tuteur ne peut consentir qu’aux soins courants ; actes graves = autorisation du juge
💰
Gestion du compte : le tuteur rend des comptes au juge chaque année
🏠
Changement d’établissement : sous tutelle, nécessite l’accord du juge
Le droit de vote maintenu : Depuis la loi du 23 mars 2019, les personnes sous tutelle conservent leur droit de vote. Le juge ne peut plus le leur retirer. L’EHPAD doit faciliter l’exercice de ce droit (procuration, transport au bureau de vote).

Les équipes doivent systématiquement vérifier la mesure de protection en vigueur et ses contours avant toute décision impliquant le résident : signature du contrat, consentement aux soins, traitement des réclamations, gestion des biens personnels.

8. Recours et médiation : personne qualifiée, Défenseur des droits

Lorsqu’un résident ou sa famille estime que ses droits ne sont pas respectés, plusieurs voies de recours sont disponibles. L’EHPAD doit informer de ces recours dès l’admission (livret d’accueil) et afficher les coordonnées dans les espaces communs.

Les voies de recours internes et externes

Instance Nature Contact / Procédure
Direction de l’établissementRecours interne (première étape)Réclamation écrite ou orale, enregistrée et traitée sous 15 jours
CVSInstance participative interneSaisine directe par le résident ou un membre, 3 réunions/an minimum
Personne qualifiéeMédiateur extérieur (art. L.311-5 CASF)Liste établie conjointement par le préfet, le DG ARS et le président du CD
Défenseur des droitsAutorité indépendante constitutionnelleTél. : 09 69 39 00 00 — defenseurdesdroits.fr
ARSAutorité de tutelleSignalement d’un dysfonctionnement ou d’une maltraitance
3977Numéro national de lutte contre la maltraitanceAppel gratuit, anonyme, du lundi au vendredi 9h-19h
Tribunal judiciaireVoie contentieuseAction en réparation du préjudice, contestation de la résiliation du contrat

La personne qualifiée : médiateur méconnu

Instituée par l’article L.311-5 du CASF, la personne qualifiée est un médiateur bénévole désigné pour aider les résidents à faire valoir leurs droits. Son intervention est gratuite pour le résident. Malgré son utilité, ce dispositif reste sous-utilisé : la majorité des résidents et des familles ignorent son existence.

1
Saisine — Le résident (ou son représentant) contacte la personne qualifiée dont les coordonnées figurent dans le livret d’accueil.
2
Écoute et analyse — La personne qualifiée recueille les faits, examine le dossier et contacte l’établissement.
3
Médiation — Elle tente de résoudre le litige à l’amiable en proposant des solutions concrètes.
4
Rapport — Elle rend compte de son intervention au résident et, si nécessaire, aux autorités (ARS, conseil départemental).
Droit de refus de soins : L’article L.1111-4 du Code de la santé publique garantit le droit du résident de refuser tout traitement, y compris vital. Le médecin doit l’informer des conséquences, respecter sa volonté et tracer le refus dans le dossier. En aucun cas le refus de soins ne peut justifier l’exclusion de l’établissement.

9. Critères HAS et évaluation des droits des résidents

Le référentiel d’évaluation de la qualité des ESSMS (Haute Autorité de Santé) comporte 157 critères dont 18 critères impératifs. Plusieurs d’entre eux portent directement sur le respect des droits des résidents. Les résultats nationaux montrent une note moyenne de 3,70/4, publiée sur la plateforme Qualiscope accessible au grand public.

Critères impératifs liés aux droits

Chapitre HAS Critère impératif Vérification
Chapitre 1 — BientraitancePolitique de prévention et de lutte contre la maltraitanceProtocole, formations, signalements tracés
Chapitre 1 — DroitsRespect de la dignité, de l’intimité et de la vie privéePratiques de soins, aménagement des espaces, témoignages résidents
Chapitre 1 — ParticipationFonctionnement effectif du CVSPV des réunions, suivi des avis, réponses motivées de la direction
Chapitre 2 — ParcoursRecueil du consentement éclairéTraçabilité du consentement dans le DUI, personne de confiance désignée
Chapitre 2 — ParcoursProjet d’accompagnement personnaliséPAP formalisé, co-construit avec le résident, révisé périodiquement
Chapitre 3 — PersonnelCompétences et formation continuePlan de formation bientraitance, droits des résidents, maltraitance

Points de vigilance lors de l’évaluation HAS

  • Traçabilité du consentement : chaque acte de soin, chaque modification du contrat doit être tracé
  • Désignation de la personne de confiance : taux de désignation suivi et documenté
  • Directives anticipées : proposition systématique tracée dans le dossier
  • Gestion des plaintes : circuit formalisé, délai de réponse, suivi des actions correctives
  • Contention : protocole, prescriptions, réévaluations, indicateurs de réduction
  • Témoignages directs : les évaluateurs HAS interrogent les résidents et les familles
Qualiscope : Depuis 2023, les résultats des évaluations HAS sont publiés sur la plateforme Qualiscope (qualiscope.sante.gouv.fr), accessible à tous. Les familles peuvent comparer les établissements sur les critères de respect des droits avant de choisir un EHPAD. La transparence renforce l’exigence de conformité.

10. Questions fréquentes sur les droits des résidents en EHPAD

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Quels sont les 7 droits fondamentaux des résidents en EHPAD ?

L’article L.311-3 du CASF (loi 2002-2) garantit 7 droits fondamentaux : le respect de la dignité, de l’intégrité, de la vie privée, de l’intimité et de la sécurité ; le libre choix entre les prestations ; une prise en charge individualisée de qualité ; la confidentialité des informations ; l’accès à l’information ; l’information et le consentement éclairé ; la participation directe au projet d’accueil et d’accompagnement.

Un EHPAD peut-il interdire les visites des familles ?

Depuis la loi Bien-vieillir 2024 (loi n° 2024-317), le droit de visite quotidien est garanti par la loi. L’établissement ne peut restreindre ce droit que sur décision médicale individuelle motivée, notifiée par écrit au résident et à ses proches, et limitée dans le temps. Les restrictions générales et collectives (type confinement) ne sont plus légalement possibles sans base légale exceptionnelle.

Quelle est la différence entre personne de confiance et personne à prévenir ?

La personne de confiance (art. L.1111-6 CSP) a un rôle juridique : elle accompagne le résident dans ses démarches médicales et son témoignage prévaut lorsque le résident ne peut plus s’exprimer. La personne à prévenir est un simple contact d’urgence sans rôle juridique spécifique. Un même proche peut cumuler les deux rôles, mais la désignation de la personne de confiance doit être formalisée par écrit.

Un résident peut-il refuser un soin en EHPAD ?

Oui, l’article L.1111-4 du Code de la santé publique garantit le droit de refuser tout traitement, y compris vital. Le médecin doit informer le résident des conséquences de son refus, respecter sa décision et la tracer dans le dossier médical. Le refus de soins ne peut en aucun cas constituer un motif de résiliation du contrat de séjour par l’établissement.

Quels sont les recours en cas de maltraitance en EHPAD ?

Plusieurs voies de recours existent : signalement à la direction de l’établissement, saisine du CVS, appel à la personne qualifiée (médiateur gratuit), signalement à l’ARS (autorité de tutelle), appel au 3977 (numéro national contre la maltraitance, gratuit et anonyme), saisine du Défenseur des droits (09 69 39 00 00) et action auprès du tribunal judiciaire pour les cas les plus graves.

Les directives anticipées sont-elles obligatoires en EHPAD ?

Non, la rédaction des directives anticipées est un droit et non une obligation pour le résident. En revanche, l’EHPAD a l’obligation de proposer systématiquement au résident de les rédiger dès l’admission, sans exercer de pression. Le refus doit être respecté et tracé dans le dossier. Depuis la loi Claeys-Leonetti 2016, les directives anticipées ont un caractère contraignant pour le médecin.

Que doit contenir le contrat de séjour en EHPAD ?

Le contrat de séjour doit mentionner : la nature de l’hébergement, les objectifs de la prise en charge, la description des prestations, les conditions financières (tarif hébergement, tarif dépendance), le socle de 5 prestations minimales (hébergement, restauration, blanchisserie, animation, administration), les conditions de résiliation et les annexes obligatoires (règlement de fonctionnement, Charte des droits, annexe sécurité). Il doit être signé dans le mois suivant l’admission.

Quels droits conserve une personne sous tutelle en EHPAD ?

Même sous tutelle, le résident conserve des droits strictement personnels : le droit de vote (depuis la loi du 23 mars 2019, le juge ne peut plus le retirer), le droit à l’information sur sa santé, le droit de choisir son lieu de résidence (avec accord du juge), le droit à une vie privée et affective, et les droits civiques. Le tuteur gère les actes patrimoniaux et administratifs mais ne peut pas consentir seul aux soins à risque (autorisation du juge requise).

🔗 Pour aller plus loin

Articles SOS EHPAD

Sources officielles

Dernière mise à jour : mars 2026 | Sources : CASF, Code de la santé publique, HAS, Légifrance, Défenseur des droits