Guide de référence 2026

Soins Palliatifs et Fin de Vie en EHPAD : Le Guide Complet 2026

Cadre légal Leonetti & Claeys-Leonetti, directives anticipées,
protocoles palliatifs, formation et critères HAS

150 000
Décès par an en EHPAD
25 %
Des décès français surviennent en EHPAD
64 %
EHPAD ayant formé du personnel
26
Départements sans USP
Ressource recommandée Nouveauté 2026
Guide Pratique : Soins Palliatifs 2026 (nouveau cadre légal) en EHPAD

Guide Pratique : Soins Palliatifs 2026 (nouveau cadre légal) en EHPAD

Soins palliatifs 2026 : ce que change la nouvelle loi pour les EHPAD.

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Les soins palliatifs en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) s’inscrivent dans un cadre juridique structuré, construit progressivement depuis la loi du 9 juin 1999. Avec 150 000 décès par an en EHPAD (soit 25 % de l’ensemble des décès en France), la fin de vie en établissement constitue un enjeu majeur de santé publique et de dignité des résidents.

Définition légale : Selon l’article L.1110-10 du Code de la santé publique, les soins palliatifs sont des « soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage ».

Deux lois fondatrices encadrent la prise en charge de la fin de vie en France et s’appliquent pleinement aux EHPAD :

La loi Leonetti du 22 avril 2005 (n°2005-370)

Cette loi fondatrice a posé les bases du droit français en matière de fin de vie. Elle a modifié plusieurs articles du Code de la santé publique (L.1110-5, L.1110-10, L.1111-4, L.1111-13) et introduit des principes essentiels :

  • Interdiction de l’obstination déraisonnable (ex-acharnement thérapeutique) : les traitements inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le maintien artificiel de la vie peuvent être arrêtés
  • Droit au soulagement de la douleur : même si les traitements peuvent avoir pour effet secondaire d’abréger la vie (principe du double effet)
  • Directives anticipées : possibilité pour toute personne majeure de rédiger ses souhaits concernant sa fin de vie
  • Procédure collégiale obligatoire avant toute décision d’arrêt ou de limitation de traitement

La loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 (n°2016-87)

Cette loi a renforcé les droits des patients en fin de vie en introduisant de nouvelles dispositions majeures :

  • Droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès (art. L.1110-5-2 CSP) pour les patients dont le pronostic vital est engagé à court terme
  • Directives anticipées contraignantes : elles s’imposent désormais au médecin (sauf urgence vitale ou caractère inapproprié)
  • Validité illimitée des directives anticipées (contre 3 ans auparavant)
  • Renforcement du rôle de la personne de confiance dans le processus décisionnel
Stratégie décennale 2024-2034 : Le ministère de la Santé a lancé en 2024 une stratégie décennale des soins palliatifs visant à renforcer l’offre sur l’ensemble du territoire, combler les inégalités d’accès (26 départements sont encore dépourvus d’USP), développer la formation des professionnels et déployer les Maisons d’Accompagnement en Soins Palliatifs (MASP).

L’accompagnement de la fin de vie en EHPAD s’inscrit également dans le cadre plus large de la démarche de bientraitance et du respect des droits des résidents. Pour les établissements, la conformité à ces textes est vérifiée lors de l’évaluation HAS.

2. Directives anticipées et personne de confiance en EHPAD

Les directives anticipées et la désignation d’une personne de confiance sont deux dispositifs fondamentaux pour garantir le respect de la volonté du résident en fin de vie. En EHPAD, leur recueil doit être systématique et tracé.

Les directives anticipées (art. L.1111-11 CSP)

Critère Avant 2016 Depuis la loi Claeys-Leonetti 2016
Validité3 ans (renouvelables)Illimitée
PortéeConsultatives (le médecin en tenait compte)Contraignantes (s’imposent au médecin)
ExceptionsAucune prévueUrgence vitale ou caractère manifestement inapproprié
RédactionÉcrit libreFormulaire modèle ou écrit libre daté et signé
RévisionTous les 3 ansÀ tout moment, révocables à tout moment
ConservationChez le patient ou le médecinDUI, dossier médical, registre national (Mon Espace Santé)
💡 En pratique en EHPAD : Le recueil des directives anticipées doit être proposé dès l’admission du résident, puis régulièrement réabordé lors des réévaluations du projet de soins personnalisé. Le médecin coordonnateur joue un rôle clé dans cette démarche. Seulement 15 % des résidents en EHPAD ont rédigé des directives anticipées selon la HAS, d’où la nécessité d’une démarche proactive.

La personne de confiance (art. L.1111-6 CSP)

La désignation d’une personne de confiance est un droit du résident inscrit dans le Code de la santé publique. Depuis la loi du 28 décembre 2015, cette désignation peut être proposée en EHPAD. La personne de confiance a un rôle essentiel :

  • Accompagnement dans les démarches et les consultations médicales
  • Témoignage de la volonté du résident lorsque celui-ci ne peut plus s’exprimer
  • Consultation obligatoire par le médecin avant toute décision de limitation ou d’arrêt de traitement
  • Son témoignage prévaut sur tout autre témoignage (famille, proches)

Le dossier usager informatisé (DUI) doit intégrer un volet spécifique pour la traçabilité des directives anticipées et de la personne de confiance désignée.

Principe fondamental :
Directives anticipées contraignantes + Personne de confiance
= Respect garanti de la volonté du résident

3. Prise en charge palliative : protocoles et organisation en EHPAD

L’organisation des soins palliatifs en EHPAD repose sur une articulation entre les ressources internes de l’établissement et les ressources externes spécialisées. Le projet de soins personnalisé doit intégrer un volet fin de vie anticipé dès l’admission.

3.1 Convention avec une Équipe Mobile de Soins Palliatifs (EMSP)

Chaque EHPAD doit disposer d’une convention avec une EMSP ou un réseau de soins palliatifs. Cette obligation, prévue par l’instruction interministérielle 2023/76, est vérifiée lors de l’évaluation HAS. L’EMSP intervient en appui des équipes de l’EHPAD pour :

🩹
Expertise clinique

Aide à la gestion de la douleur complexe, adaptation des traitements, évaluation des symptômes réfractaires

👥
Soutien aux équipes

Groupes de parole, analyse des pratiques, aide à la décision collégiale, prévention de l’épuisement

🎓
Formation continue

Compagnonnage, formations in situ, actualisation des protocoles, sensibilisation des nouveaux arrivants

L’accès aux soins palliatifs reste inégal sur le territoire : la France ne compte qu’1 USP (Unité de Soins Palliatifs) pour 100 000 habitants, contre 1 pour 50 000 recommandé. Les EHPAD situés dans les 26 départements dépourvus d’USP doivent redoubler d’efforts pour structurer leur prise en charge interne et renforcer les partenariats avec les EMSP.

3.2 Prescriptions anticipées personnalisées (PAP)

Les prescriptions anticipées sont un outil indispensable de la prise en charge palliative en EHPAD. Elles permettent aux équipes soignantes d’agir sans délai face à des situations prévisibles, particulièrement la nuit et les week-ends.

Situation anticipée Protocole type Traitement anticipé
Accès douloureux paroxystiqueTitration morphine ou fentanyl transmuqueuxDose de secours = 1/6 à 1/10 de la dose journalière
Dyspnée aiguëMorphine SC/IV faible dose + O2 nasalMorphine 2,5-5 mg SC, benzodiazépine si composante anxieuse
Anxiété / agitation terminaleAnxiolyse, réassurance, environnementMidazolam 0,5-1 mg SC/IV, hydroxyzine PO
Encombrement bronchiqueAspiration douce, positionnementScopolamine patch ou SC
Nausées / vomissementsAntiémétiques adaptés à la causeMétoclopramide, halopéridol faible dose
Risque hémorragiqueKit d’urgence préparéServiettes sombres, midazolam si hémorragie cataclysmique
⚠️ Point clé : Les prescriptions anticipées doivent être rédigées par le médecin traitant ou le médecin coordonnateur, validées en concertation avec l’EMSP si nécessaire, et conservées dans le DUI du résident. Chaque IDE doit connaître leur existence et leur localisation. La traçabilité de leur utilisation dans le circuit du médicament est impérative.

3.3 Organisation interne de la démarche palliative

La structuration des soins palliatifs en EHPAD s’articule autour de plusieurs axes :

1
Référent soins palliatifs : Désigner un(e) IDE ou IDEC référent(e) formé(e) aux soins palliatifs. Seuls 31 % des EHPAD disposent actuellement d’un référent identifié.
2
Protocoles formalisés : Rédiger des protocoles internes (prise en charge de la douleur, sédation, accompagnement des familles, gestion du décès) validés par le médecin coordonnateur.
3
Volet « fin de vie » du projet de soins : Anticiper dès l’admission les souhaits du résident (lieu de décès, rites, présence des proches) et les intégrer au projet de vie personnalisé.
4
Astreinte palliative : Organiser une astreinte téléphonique avec l’EMSP ou le réseau de soins palliatifs pour les situations d’urgence hors heures ouvrées.

4. Évaluation et traitement de la douleur en fin de vie

La douleur en fin de vie est fréquente (70 à 80 % des patients en phase palliative) et sa prise en charge constitue une obligation légale (art. L.1110-5 CSP). En EHPAD, l’évaluation est complexifiée par la prévalence des troubles cognitifs, qui rendent l’auto-évaluation souvent impossible.

Outils d’évaluation de la douleur

Type d’évaluation Échelle Population cible Seuil d’intervention
Auto-évaluationEVA (Échelle Visuelle Analogique)Résident communicantEVA ≥ 3/10
EN (Échelle Numérique)Résident communicantEN ≥ 3/10
EVS (Échelle Verbale Simple)Résident avec difficultés de compréhensionEVS ≥ 2/5
Hétéro-évaluationDOLOPLUS-2Non communicant, troubles cognitifs sévèresScore ≥ 5/30
ECPANon communicant, fin de vieScore ≥ 6/32
ALGOPLUSUrgence, évaluation rapide (5 items)Score ≥ 2/5
Douleur neuropathiqueDN4Toute populationScore ≥ 4/10

Pour les résidents atteints de maladies neurodégénératives, l’hétéro-évaluation est indispensable. L’échelle ALGOPLUS (5 items, cotation rapide en 1 minute) est particulièrement adaptée au contexte de l’urgence en EHPAD.

Paliers analgésiques OMS adaptés à la fin de vie

Palier OMS Molécules Particularités gériatriques
Palier 1
Non opioïde
Paracétamol (max 3 g/j chez le sujet âgé)Surveillance hépatique, adaptation rénale
Palier 2
Opioïde faible
Tram adol (prudence), codéineRisque de confusion, constipation systématique
Palier 3
Opioïde fort
Morphine (référence), oxycodone, fentanyl transdermiqueTitration prudente, doses réduites (50 % dose adulte), surveillance respiratoire, laxatifs systématiques
✓ Bonne pratique : En fin de vie, le passage direct au palier 3 est possible et recommandé si la douleur est intense. La morphine reste le traitement de référence. La voie sous-cutanée est privilégiée quand la voie orale n’est plus possible. Le circuit du médicament doit garantir la disponibilité permanente des antalgiques de palier 3 au sein de l’EHPAD.

5. La sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPCJD)

La sédation profonde et continue jusqu’au décès est le dispositif le plus encadré de la loi Claeys-Leonetti. En EHPAD, sa mise en oeuvre nécessite une organisation rigoureuse et une coordination étroite avec les ressources hospitalières.

Conditions légales (art. L.1110-5-2 CSP)

La SPCJD peut être mise en oeuvre lorsque les trois conditions cumulatives suivantes sont réunies :

⚠️
Pronostic vital engagé

Le pronostic vital du patient doit être engagé à court terme (heures à quelques jours)

💔
Souffrance réfractaire

Le patient présente une souffrance réfractaire aux traitements : douleur, dyspnée, angoisse intrôlable

👥
Procédure collégiale

Décision issue d’une procédure collégiale (décret 2006-120) avec consultation des directives anticipées et de la personne de confiance

Mise en oeuvre pratique en EHPAD

Étape Actions Responsable
1. ÉvaluationConfirmer le pronostic engagé à court terme et le caractère réfractaire de la souffranceMédecin coordonnateur + EMSP
2. Procédure collégialeRéunion pluridisciplinaire, consultation des DA et de la personne de confiance, avis d’un médecin extérieurMédecin coordonnateur
3. InformationInformer le résident (si conscient), la famille, l’équipe soignanteMédecin + IDEC
4. Mise en placeMidazolam en titration SC/IV, arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielleIDE + médecin
5. SurveillanceScore de Rudkin, confort du patient, soutien des proches, traçabilité continueIDE 24h/24
6. TraçabilitéCompte-rendu de la décision collégiale, feuille de surveillance, dossier médicalTous
💡 Point de vigilance : La SPCJD peut être réalisée en EHPAD, mais nécessite une présence infirmière continue (24h/24). Les établissements qui ne disposent pas d’une couverture IDE de nuit doivent organiser une astreinte renforcée ou envisager un transfert vers une USP ou un service hospitalier équipé. La fiche de poste de l’aide-soignante doit prévoir les compétences d’observation et d’alerte requises.
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  • Gériatrie 360 + Psy + Rééducation
  • 857 pages clinique
  • Référence pluridisciplinaire

6. Accompagnement psychologique et spirituel

L’accompagnement de la fin de vie en EHPAD ne se réduit pas à la dimension médicale. Il englobe le soutien psychologique du résident, de sa famille et des professionnels, ainsi que le respect des convictions spirituelles et culturelles.

Accompagnement du résident et des familles

  • Présence et écoute : Aménager un espace de confort (chambre seule, éclairage adapté, musique douce), permettre la présence des proches sans restriction horaire
  • Soutien psychologique : Le psychologue de l’EHPAD accompagne le processus de deuil anticipé, propose des entretiens individuels et familiaux
  • Accompagnement spirituel : Respecter les rites et convictions du résident (aumônerie, ministres du culte), organiser les rites funéraires selon les souhaits exprimés
  • Bénévoles d’accompagnement : La France compte 258 associations d’accompagnement de fin de vie (réseau HELEBOR, JALMALV, ASP). Leur intervention en EHPAD est encadrée par convention

Soutien des professionnels

Les professionnels d’EHPAD sont particulièrement exposés à la répétition des décès et au risque d’épuisement émotionnel. La gestion des risques en EHPAD doit intégrer la prévention du burnout lié à la répétition des situations de fin de vie.

258
Associations d’accompagnement en France
31 %
EHPAD avec référent soins palliatifs
15 %
Médecins coordonnateurs titulaires d’un DU
Dispositifs de soutien recommandés :
  • Groupes de parole animés par un psychologue, après chaque décès ou en réunion mensuelle
  • Supervision d’équipe par un intervenant extérieur (EMSP ou psychologue)
  • Débriefing post-décès : revue des pratiques, expression des émotions, identification des axes d’amélioration
  • Rituel institutionnel : moment de recueillement, registre de mémoire, cérémonie annuelle

7. Formation des professionnels aux soins palliatifs

La formation aux soins palliatifs est une obligation réglementaire inscrite dans la loi Leonetti (2005), renforcée par le Plan national de développement des soins palliatifs et la stratégie décennale 2024-2034. En EHPAD, cette formation concerne l’ensemble des professionnels, des aides-soignantes aux médecins coordonnateurs.

Formation Public cible Durée Financement
Sensibilisation soins palliatifsTout le personnel (y compris ASH, restauration)1 journéePlan de formation interne
Formation palliative de baseIDE, AS, AMP2-3 joursOPCO Santé, ANFH
DU Soins palliatifsIDE, IDEC, médecin coordonnateur120 heures (1 an)OPCO Santé, CPF, ANFH
DIU Soins palliatifsMédecins, pharmaciens2 ans universitairesFIF-PL, ANFH, CPF
DPC « Douleur et fin de vie »Tous soignantsVariable (7-21h)ANDPC (obligation triennale)
Formation référent palliatifIDE/IDEC référent5-10 joursOPCO Santé, CNSA

Malgré ces obligations, les chiffres restent insuffisants : seuls 64 % des EHPAD ont formé du personnel aux soins palliatifs et seulement 15 % des médecins coordonnateurs sont titulaires d’un DU de soins palliatifs. La page dédiée aux formations obligatoires en EHPAD détaille l’ensemble des obligations de formation et les financements mobilisables via OPCO Santé.

Intégration au plan de formation : Les soins palliatifs doivent figurer dans le plan de développement des compétences de l’EHPAD. Lors de l’évaluation HAS, la traçabilité des formations sur la fin de vie est systématiquement vérifiée. Pour sécuriser votre CPOM, inscrivez les soins palliatifs comme axe prioritaire du volet formation.

8. Critères HAS et évaluation de la qualité des soins palliatifs

Le référentiel d’évaluation HAS des ESSMS intègre plusieurs critères directement liés à la prise en charge de la fin de vie. La HAS a publié des RBPP (Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles) spécifiques à l’accompagnement de la fin de vie en EHPAD.

Critères impératifs du référentiel HAS liés aux soins palliatifs

Critère HAS Exigence Niveau
Recueil des souhaits de fin de vieLes souhaits du résident concernant sa fin de vie sont recueillis, tracés et régulièrement actualisésImpératif
Directives anticipéesLe recueil des DA est proposé systématiquement et tracé dans le DUIImpératif
Personne de confianceLa désignation est proposée et documentéeImpératif
Prise en charge de la douleurÉvaluation systématique par échelles validées, traçabilité, protocoles adaptésImpératif
Convention EMSP / réseau palliatifConvention formalisée et effective (interventions tracées)Impératif
Formation soins palliatifsPersonnel formé, plan de formation incluant la fin de vieRecommandé
Accompagnement des prochesDispositif d’accompagnement des familles (avant, pendant et après le décès)Recommandé
Soutien des professionnelsGroupes de parole, débriefing, prévention de l’épuisementRecommandé
💡 Astuce pour l’évaluation HAS : Constituez un dossier de preuves « Fin de vie » comprenant : convention EMSP (avec comptes-rendus d’interventions), protocoles internes (douleur, sédation, décès), registre des directives anticipées, attestations de formation, comptes-rendus de réunions collégiales, enquêtes de satisfaction familles et retours d’expérience. La préparation de ce dossier est détaillée dans notre guide évaluation HAS en EHPAD.

Indicateurs de suivi qualité

Indicateur Objectif Fréquence
Taux de recueil des DA≥ 80 % des résidentsAnnuel
Taux de désignation personne de confiance≥ 90 %Annuel
Taux de PAP rédigées100 % des résidents en phase palliativeContinu
Délai moyen d’intervention EMSP≤ 48 heuresSemestriel
Personnel formé soins palliatifs≥ 80 % des soignantsAnnuel
Satisfaction des familles endeuillées≥ 4/5Semestriel
Transferts hospitaliers évités en fin de vieSuivi du tauxAnnuel

9. Innovations et perspectives 2024-2026

Le paysage des soins palliatifs en EHPAD connaît des évolutions majeures portées par la stratégie décennale 2024-2034 et les avancées technologiques et organisationnelles.

Les Maisons d’Accompagnement en Soins Palliatifs (MASP)

Créées par la proposition de loi sur la fin de vie 2024-2025, les MASP sont un nouveau type de structure qui vient compléter l’offre existante (USP, lits identifiés, HAD, EMSP). Elles proposent un accompagnement médico-social dans un cadre moins médicalisé que l’hôpital, adapté aux personnes dont la fin de vie est prévisible dans un délai de quelques semaines à quelques mois.

Télémédecine palliative

La télémédecine se développe rapidement dans le champ des soins palliatifs : 14 % des actes de soins palliatifs intègrent désormais une composante de télémédecine. En EHPAD, la téléconsultation avec l’EMSP permet d’obtenir un avis spécialisé rapide, particulièrement précieux dans les zones sous-denses.

1999 — Loi du 9 juin 1999

Droit d’accès aux soins palliatifs pour toute personne malade. Création des EMSP et réseaux de soins palliatifs.

2005 — Loi Leonetti

Interdiction de l’obstination déraisonnable, droit au soulagement de la douleur, directives anticipées, procédure collégiale.

2016 — Loi Claeys-Leonetti

Sédation profonde et continue, directives anticipées contraignantes à durée illimitée, renforcement personne de confiance.

2024 — Stratégie décennale

Lancement du plan décennal soins palliatifs 2024-2034. Objectif : zéro département sans USP d’ici 2034, création des MASP.

2025-2026 — PPL Fin de vie

Débats parlementaires sur l’aide à mourir. Renforcement des financements palliatifs. Déploiement des équipes d’intervention rapide et de la télémédecine palliative.

Autres innovations

  • Équipes d’intervention rapide palliative : Dispositif d’astreinte 24h/24 permettant une intervention en EHPAD dans un délai de 2 heures pour les situations d’urgence palliative
  • Approches complémentaires : Hypnose, aromathérapie, musicothérapie, toucher-massage, médiation animale — de plus en plus intégrées dans la prise en charge palliative en EHPAD
  • Intelligence artificielle : Outils prédictifs pour anticiper la détérioration clinique et déclencher précocement la démarche palliative
  • Chambre palliative aménagée : Certains EHPAD dédient une chambre spécifiquement aménagée (lit accompagnant, éclairage modulable, diffusion d’huiles essentielles, espace de recueillement)

Les maladies neurodégénératives, première cause de décès en EHPAD, bénéficient particulièrement de ces innovations dans l’accompagnement de la fin de vie.

10. Questions fréquentes — Soins palliatifs et fin de vie en EHPAD

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Qu’est-ce que les soins palliatifs en EHPAD ?

Les soins palliatifs en EHPAD sont des soins actifs et continus destinés aux résidents atteints de maladies graves, évolutives ou terminales (art. L.1110-10 CSP). Ils visent à soulager la douleur physique et la souffrance psychique, à préserver la dignité du résident et à soutenir son entourage. Ils ne se limitent pas aux derniers jours de vie mais peuvent s’inscrire dans une démarche précoce et progressive dès que la maladie est identifiée comme incurable.

Les directives anticipées sont-elles obligatoires en EHPAD ?

Non, la rédaction de directives anticipées n’est pas obligatoire pour le résident. En revanche, l’EHPAD a l’obligation de proposer systématiquement leur rédaction à chaque résident (art. L.1111-11 CSP) et de tracer cette proposition dans le DUI. Depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016, les DA sont contraignantes pour le médecin (il doit les appliquer), sauf urgence vitale ou caractère manifestement inapproprié. Leur validité est illimitée.

Comment mettre en place la sédation profonde et continue en EHPAD ?

La sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPCJD) nécessite la réunion de trois conditions cumulatives : pronostic vital engagé à court terme, souffrance réfractaire aux traitements, et décision issue d’une procédure collégiale. En EHPAD, elle requiert une présence infirmière continue, la coordination avec l’EMSP, la disponibilité de midazolam et une traçabilité rigoureuse. Le protocole est prescrit par le médecin après consultation des directives anticipées et de la personne de confiance.

Quelle est la différence entre la loi Leonetti et la loi Claeys-Leonetti ?

La loi Leonetti (2005) a fondé le cadre français de la fin de vie : interdiction de l’obstination déraisonnable, droit au soulagement de la douleur (y compris avec double effet), création des directives anticipées et de la procédure collégiale. La loi Claeys-Leonetti (2016) l’a renforcée en introduisant le droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès, en rendant les directives anticipées contraignantes et à durée illimitée, et en renforçant le rôle de la personne de confiance.

Quelles formations aux soins palliatifs sont obligatoires en EHPAD ?

La loi Leonetti et la stratégie décennale 2024-2034 imposent une formation continue du personnel aux soins palliatifs. Le DPC (développement professionnel continu) est une obligation triennale pour les soignants (art. L.4021-1 CSP). Les formations disponibles vont de la sensibilisation d’une journée (tout le personnel) au DU de soins palliatifs (120 heures). Les financements sont assurés par OPCO Santé, l’ANFH ou le CPF.

L’EHPAD doit-il avoir une convention avec une EMSP ?

Oui, chaque EHPAD doit disposer d’une convention formalisée avec une Équipe Mobile de Soins Palliatifs (EMSP) ou un réseau de soins palliatifs. Cette exigence est prévue par l’instruction interministérielle 2023/76 et constitue un critère impératif du référentiel HAS. L’EMSP intervient en appui pour l’expertise clinique, le soutien aux équipes, la formation et la procédure collégiale.

Comment évaluer la douleur chez un résident non communicant ?

Chez un résident non communicant (troubles cognitifs sévères, phase terminale), l’hétéro-évaluation est indispensable. Trois échelles validées sont recommandées : DOLOPLUS-2 (30 items, seuil ≥ 5/30), ECPA (adaptée à la fin de vie, seuil ≥ 6/32) et ALGOPLUS (5 items, évaluation rapide en 1 minute, seuil ≥ 2/5). L’évaluation doit être tracée dans le DUI et réalisée au minimum une fois par jour en phase terminale.

Quelles sont les MASP et quel impact pour les EHPAD ?

Les Maisons d’Accompagnement en Soins Palliatifs (MASP) sont un nouveau type de structure créé par la proposition de loi sur la fin de vie 2024-2025. Elles proposent un accompagnement médico-social dans un cadre moins médicalisé que l’hôpital. Pour les EHPAD, les MASP représentent une alternative au transfert hospitalier pour les résidents dont la fin de vie est prévisible dans un délai de quelques semaines à quelques mois, contribuant ainsi à désengorger les USP.

🔗 Pour aller plus loin

Articles SOS EHPAD

Sources officielles

Dernière mise à jour : mars 2026 | Sources : Code de la santé publique, Légifrance, HAS, Ministère de la Santé, SFAP, CNSPFV