Vie sociale et animation

Animation en EHPAD : le guide complet 2026

Ce que le droit impose vraiment, ce que le conseil de la vie sociale doit avoir validé, ce que l’évaluation de la qualité regarde — et comment bâtir un projet d’animation qui tienne devant un évaluateur.

44 %
des résidents
d’EHPAD sont atteints d’une maladie neurodégénérative
55 %
en forte perte d’autonomie (GIR 1 ou 2)
157
critères
au référentiel d’évaluation
cinq ans
durée maximale
du projet d’établissement

🗓️ Mis à jour le 22 août 2026 — millésime réglementaire 2026

Cette mise à jour porte l’ensemble du volet réglementaire à sa rédaction en vigueur au jour de publication : le projet de vie que l’article D312-155-0 du code de l’action sociale et des familles impose à tout EHPAD, les attributions du conseil de la vie sociale sur l’animation, et les deux droits nouveaux issus de la loi Bien-vieillir — l’accueil des animaux de compagnie, précisé par un arrêté du 3 mars 2025, et le droit de visite quotidien. Elle ajoute un outil qui teste en huit questions si votre volet vie sociale est opposable, et une section entière consacrée aux objectifs du référentiel d’évaluation qui portent la vie sociale. Chaque règle citée a été relevée sur le texte en vigueur au jour de publication.

Ressource recommandée Conforme HAS
PACK ESSENTIEL : Projet Personnalisé & Participation

PACK ESSENTIEL : Projet Personnalisé & Participation

Simplifiez le projet personnalisé et la participation, gagnez du temps au quotidien

Mis à jour · juillet 2026

34,90 € Voir le pack

Ce que le droit impose vraiment

Le vocabulaire « projet d’animation » relève de l’usage professionnel plus que du texte de loi. Le droit organise cette obligation à deux niveaux distincts, que l’on confond souvent.

Le premier niveau est individuel. L’article D312-155-0 impose à tout EHPAD de mettre en place, avec la personne accueillie, un projet d’accompagnement personnalisé adaptés aux besoins comprenant un projet de soins et un projet de vie. Le projet de vie n’est donc pas un supplément d’âme accolé au projet de soins : c’en est le second volet, construit résident par résident, pas un programme collectif plaqué sur l’ensemble de la population accueillie. Le code impose d’ailleurs la participation directe de la personne prise en charge à la conception et à la mise en œuvre du projet d’accueil et d’accompagnement qui la concerne, ce que détaille notre méthodologie du projet de vie personnalisé.

Le second niveau est collectif. Le projet d’établissement, prévu à l’article L311-8, définit ses objectifs, notamment en matière de coordination, de coopération et d’évaluation des activités et de la qualité des prestations, et couvre à ce titre la politique d’animation. Il est établi pour une durée maximale de cinq ans après consultation du conseil de la vie sociale — ce qui relie directement au pilier suivant.

Reste à savoir qui porte cette obligation au quotidien. L’article D312-155-0 précise que l’EHPAD dispose d’une équipe pluridisciplinaire comprenant au moins un médecin coordonnateur dans les conditions prévues aux articles D. 312-156 à D. 312-159-1 , un infirmier coordonnateur, titulaire du diplôme d’Etat d’infirmier, puis, dans les conditions que le même article fixe, un professionnel infirmier titulaire du diplôme d’Etat, des aides soignants, des aides médico-psychologiques, des accompagnants éducatifs et sociaux et des personnels psycho-éducatifs : cette liste ne mentionne à aucun moment de personnel d’animation, et aucun texte relevé n’attache de quotité dédiée à cette fonction dans l’EHPAD.

Le conseil de la vie sociale, autorité consultative sur l’animation

En droit, l’animation n’est pas tranchée par la seule direction : c’est une matière que le conseil de la vie sociale examine. La loi institue cette instance pour associer les personnes bénéficiaires des prestations au fonctionnement de l’établissement, et son avis porte sur l’organisation intérieure et la vie quotidienne, les activités, l’animation socio-culturelle et les prestations proposées par l’établissement, ainsi que sur l’animation de la vie institutionnelle et les mesures prises pour favoriser les relations entre ces participants.

Le conseil n’est pas consulté après coup sur un programme arrêté : il est associé à l’élaboration ou à la révision du projet d’établissement ou du service, et, une fois la démarche qualité engagée, il est entendu lors de la procédure d’évaluation, est informé des résultats et associé aux mesures correctrices à mettre en place. Le volet animation se construit donc, et se corrige, avec cette instance — pas après elle.

Cette consultation a une cadence fixée : le conseil se réunit au moins trois fois par an sur convocation du président, ou, dans certains établissements, du directeur. Sa composition garantit le poids des familles : le nombre des représentants des personnes accueillies, d’une part, et de leur famille ou de leurs représentants légaux, d’autre part, doit être supérieur à la moitié du nombre total des membres du conseil, ce qui légitime d’associer les familles à la vie de l’établissement bien au-delà des visites. Il peut aussi inclure un représentant des bénévoles accompagnant les personnes s’ils interviennent dans l’établissement. Enfin, le règlement de fonctionnement est établi après consultation du conseil de la vie sociale ou, le cas échéant, après mise en oeuvre d’une autre forme de participation, pour aller plus loin sur la participation des résidents vue par la Haute Autorité de santé.

Construire un projet d’animation qui tienne

La méthode découle du cadre précédent : recueillir les attentes de chaque résident, les décliner dans le volet vie sociale du projet d’établissement, raccorder cette politique aux projets de vie individuels, la soumettre au conseil de la vie sociale, puis tracer et évaluer ce qui a été fait. Sauter l’une de ces étapes rend le plan d’activités non conforme, même riche.

Le référentiel d’évaluation de la HAS précise ce qui est attendu sur le terrain. L’objectif fixé aux professionnels est que la personne accompagnée a la possibilité de maintenir ses liens sociaux et d’en créer de nouveaux, dans et hors l’établissement ou le service, et qu’elle peut s’investir dans la vie sociale et culturelle et participer à des évènements sur le territoire grâce à un accompagnement adapté. En amont, les professionnels informent la personne accompagnée sur l’offre d’activités sportives, socioculturelles et de loisirs, recueillent ses attentes et respectent ses choix de participation.

Côté moyens, les professionnels identifient et mobilisent les ressources et moyens nécessaires à la mise en place d’activités sportives, socioculturelles et de loisirs, et qu’ils encouragent le recours à la pairaidance et autres dispositifs facilitant l’entraide entre les personnes accompagnées — un levier souvent sous-exploité. C’est cette chaîne, du recueil individuel à la traçabilité, que documente notre guide pour structurer un projet d’animation conforme.

Sur le plan financier, l’animation appartient au socle de prestations d’hébergement : L’annexe 2-3-1 du CASF détaille le socle des prestations relatives à l’hébergement délivrées par les Ehpad dont celle d’animation de la vie sociale, facturé au résident sous forme de prix global. Toute clause prévoyant un prix distinct pour une prestation relevant du socle de prestations est réputée non écrite.

Les familles d’activités et leur adaptation

Programmer l’animation en EHPAD suppose de partir du profil réel des résidents, pas d’un catalogue générique. Le niveau de dépendance moyen, mesuré par le GIR moyen pondéré, a progressé, passant ainsi de 696 en 2015 à 705 en 2019 et à 737 en 2023, et plus de la moitié des résidents sont désormais en forte perte d’autonomie : 55 % sont classés en GIR 1 ou 2. Les activités doivent donc composer avec une part croissante de résidents peu mobiles : formats individuels ou en petit groupe, au lit ou au fauteuil.

Les troubles neurocognitifs pèsent tout autant sur la programmation. Sur l’ensemble des personnes concernées, 251 800 sont pris en charge dans les Ehpad (44 % des résidents) au titre d’une maladie d’Alzheimer ou apparentée, et cette prévalence grimpe fortement avec la dépendance : 72 % des résidents en GIR 1 en Ehpad public hospitalier souffrent d’une maladie neurodégénérative. Une activité pensée pour un public peu dépendant ne convient pas à un résident désorienté : ateliers sensoriels, stimulation par le geste ou la musique prennent le relais.

L’âge, enfin, cadre le rythme et la durée des séances. En 2023, la moitié des nouveaux résidents avaient déjà 87 ans et 6 mois au moment de leur admission. Séances courtes et répétées, adossées à la vie collective et au lien social du résident plutôt qu’à un programme figé : cette réalité démographique doit gouverner le calendrier, plus qu’un référentiel abstrait.

IndicateurDonnéeConséquence pour la programmation
GIR moyen pondéré 2023737 en 2023Formats individuels et en petit groupe en hausse
Résidents en GIR 1 ou 255 %Activités au lit ou au fauteuil à intégrer
Résidents Alzheimer ou apparentée44 % des résidentsAteliers sensoriels et stimulation non cognitive
Âge médian à l’admission87 ans et 6 moisSéances courtes et répétées

Testez votre volet vie sociale en deux minutes

Les obligations qui précèdent se vérifient une à une, et la plupart des écarts constatés en évaluation tiennent à des points de procédure : un avis du conseil de la vie sociale qui n’a jamais été porté à l’ordre du jour, une convention de bénévolat jamais signée, un projet d’établissement dont la durée a expiré. Renseignez la situation de votre établissement : l’outil vous renvoie, ligne par ligne, ce qui est acquis, ce qui reste à sécuriser et le texte exact sur lequel chaque point repose.

Votre volet vie sociale est-il opposable ?
Huit questions, un verdict argumenté, avec le fondement de chaque règle. Aucune donnée n’est transmise : le calcul se fait dans votre navigateur.
Cet outil restitue des obligations de procédure relevées sur le texte en vigueur au jour de publication. Il ne remplace ni l’analyse de votre autorité de tarification, ni celle de l’organisme évaluateur.

Troubles neurocognitifs : pôle d’activités et unité renforcée

Le pôle d’activités et de soins adaptés n’est pas une salle d’animation supplémentaire réservée aux résidents les plus désorientés. L’article D312-155-0-1 en décide autrement : Un programme d’activités est élaboré par un ergothérapeute ou un psychomotricien, sous la responsabilité du médecin coordonnateur. L’équipe d’animation peut y intervenir en appui, mais elle n’écrit pas ce programme, et un évaluateur regardera précisément qui l’a signé. Le même article fixe la finalité du dispositif : Le pôle d’activités et de soins adaptés propose durant la journée des activités individuelles ou collectives qui concourent au maintien ou à la réhabilitation des capacités fonctionnelles restantes et des fonctions cognitives. À l’unité d’hébergement renforcé, l’article D312-155-0-2 place l’ensemble sous la même autorité médicale, puisqu’elle propose sur un même lieu l’hébergement les soins, les activités sociales et thérapeutiques : les activités y relèvent du même projet que les soins, et non d’une programmation d’animation autonome.

La Haute Autorité de santé rappelle par ailleurs que La stimulation cognitive doit être différenciée des séances d’animation, d’ateliers mémoire ou autres à visée occupationnelle : la première relève d’une prise en charge technique, les secondes de l’animation classique. La présence animale encadrée y trouve aussi sa place : une étude citée par la HAS relève que l’introduction en maison de retraite d’un chien bien éduqué, dans le cadre d’une animation structurée, peut améliorer le bien-être des résidents et avoir des effets cognitifs globaux positifs. Les séances de musicothérapie, les séances Snoezelen et l’art-thérapie complètent cette palette d’approches non médicamenteuses, chacune relevant d’un encadrement professionnel distinct de l’animation généraliste.

Animaux de compagnie et visites : ce que la loi Bien-vieillir a changé

Deux droits nouveaux touchent directement la vie sociale des résidents. Le premier concerne l’animal du résident lui-même, à ne pas confondre avec la médiation animale décrite plus haut, qui reste une activité encadrée conduite par des professionnels. L’article L311-9-1 pose le principe : Sauf avis contraire du conseil de la vie sociale mentionné à l’ article L. 311-6 , les établissements mentionnés au 6° du I de l’ article L. 312-1 garantissent aux résidents le droit d’accueillir leurs animaux de compagnie. L’arrêté du 3 mars 2025 encadre l’accueil : le résident doit Produire au moment de l’admission du résident ou de l’arrivée de l’animal un certificat vétérinaire comportant les mentions fixées en annexe au présent arrêté, un document qui doit rester récent puisque le résident présente un certificat vétérinaire datant de moins de trois mois. Il doit aussi Respecter les règles, fixées par le directeur de l’établissement pour assurer l’hygiène, la sécurité des personnels et résidents, ou la tranquillité des résidents, et relatives aux espaces soumis à des interdictions ou des restrictions d’accès pour les animaux, à formaliser avant toute admission, pas à improviser au cas par cas.

Le second droit porte sur les visites. L’article L311-5-2 garantit désormais que les établissements garantissent le droit des personnes qu’ils accueillent de recevoir chaque jour tout visiteur de leur choix, et précise qu’aucune visite ne peut être subordonnée à l’information préalable de l’établissement, sauf si le résident lui-même le demande. Un règlement qui imposerait des horaires de visite s’expose donc à la question de son fondement, puisque le texte ne réserve l’opposition du directeur qu’à un motif d’ordre public ou de santé. Concilier cette ouverture avec les impératifs sanitaires liés aux animaux présents dans l’établissement suppose un protocole écrit, partagé avec l’équipe soignante et le conseil de la vie sociale.

Bénévoles, familles et ouverture sur le territoire

L’intervention de bénévoles en établissement n’est pas une simple tolérance : elle est encadrée par une obligation contractuelle. Le code de l’action sociale et des familles impose que Les associations qui organisent l’intervention des bénévoles dans les établissements sociaux et médico-sociaux publics ou privés doivent conclure avec ces établissements une convention qui détermine les modalités de cette intervention. Sans convention, l’intervention perd son fondement, un point que l’intégration des bénévoles au projet d’établissement doit traiter en amont.

Une enquête HAS/Anesm plus ancienne, dont la date figure dans les chiffres eux-mêmes, documente l’ampleur du recours au bénévolat : 97 % des Ehpad publics hospitaliers ont eu recours à des bénévoles en 2014 contre 84 % des Ehpad privés lucratifs, un écart qui invite à situer son propre établissement plutôt qu’à généraliser. La même enquête, sur cette période, notait que dans 35 % des Ehpad ils participent à des accompagnements de fin de vie. Un document d’appui de la HAS sur la fin de vie pose un principe transposable : Des bénévoles, formés à l’accompagnement de la fin de vie et appartenant à des associations qui les sélectionnent, peuvent, avec l’accord de la personne malade ou de ses proches et sans interférer avec la pratique des soins médicaux et paramédicaux, apporter leur concours à l’équipe de soins.

L’ouverture sur le territoire dépasse le seul bénévolat individuel. Un panorama de la CNSA portant sur des EHPAD lauréats d’un appel à projets tiers-lieux recense Plus de 200 partenaires conventionnés avec les EHPAD lauréats. Le dispositif Culture et Santé constitue l’un des leviers disponibles pour structurer ce partenariat.

Le métier d’animateur : certifications et voies d’accès

Trois certifications enregistrées couvrent aujourd’hui la fonction d’animateur en établissement pour personnes âgées. La plus répandue est le BPJEPS – Spécialité Animateur mention Animation socio-éducative ou culturelle, qui permet d’exercer en autonomie son activité professionnelle, en utilisant un ou des supports techniques dans les champs des activités éducatives, culturelles et sociales, dans la limite des cadres réglementaires. Le DEJEPS – Spécialité Animation socio-éducative ou culturelle mention Coordination de projets vise plutôt la coordination de projets que l’animation directe. La troisième voie est dédiée au grand âge et porte l’intitulé Animateur en gérontologie : son premier bloc de compétences consiste à Accompagner le « bien vieillir » de la personne âgée par des activités adaptées et personnalisées, le second à Contribuer à la conception et à la coordination de projets d’animation pour des collectifs de personnes âgées. Elle est portée par l’UNION NAT MAISON FAMIL RURAL EDUC ORIENT.

Un point mérite d’être vérifié avant tout recrutement, et il piège encore beaucoup d’offres d’emploi : le titre « Animateur en gérontologie » a changé plusieurs fois de numéro au répertoire national, et les anciens numéros continuent de circuler. La fiche RNCP5526 a été remplacée par RNCP7312 – Animateur en gérontologie, elle-même remplacée par RNCP15747, puis à son tour remplacée par RNCP37511 – Animateur en gérontologie — laquelle n’est plus la fiche courante : le titre est aujourd’hui enregistré sous le numéro RNCP41681. Un numéro repris d’un cahier des charges ancien peut donc désigner une fiche qui n’est plus active. Le réflexe qui ne trompe pas : ouvrir la fiche sur France compétences et lire deux champs avant tout autre, son état et sa date d’échéance d’enregistrement. Une fiche radiée reste en ligne, servie normalement, avec l’intégralité de son contenu — rien d’autre que ces deux champs ne signale qu’elle est morte.

Ce que l’évaluation de la qualité regarde

Le référentiel d’évaluation de la qualité des ESSMS consacre plusieurs objectifs à la vie sociale, au même titre que les soins :

ObjectifCe qu’il vise
1.9La personne accompagnée exerce sa citoyenneté et/ou bénéficie d’une éducation à la citoyenneté
3.3L’ESSMS facilite la participation sociale de la personne accompagnée
3.5L’ESSMS définit et déploie sa stratégie de préservation de l’autonomie et de prévention du risque d’isolement de la personne accompagnée

Le référentiel dans son ensemble se compose de 3 chapitres et compte 9 thématiques, 42 objectifs et 157 critères, dont 139 critères dits « standards », qui correspondent aux attendus de l’évaluation, et 18 critères « impératifs » qui correspondent à des exigences incontournables. Pour ces derniers, il n’est pas possible pour un intervenant de coter « NC » les éléments d’évaluation associés à un critère impératif. Ils doivent tous être investigués et cotés.

Le déploiement reste inégal selon les publics. Au cours de l’année 2025, 7 263 évaluations ont été réalisées par 121 organismes évaluateurs (OE), soit un cumul de 16 647 évaluations depuis le lancement du dispositif. Au 31 décembre 2025, 17 790 structures ont été évaluées, soit 37% des ESSMS soumis à l’obligation de réaliser une évaluation, tous publics confondus. Pour le seul public des personnes âgées, la Haute Autorité de santé dénombre 6 693 évaluations comptabilisées au 31 décembre 2025, dont 3 154 réalisées en 2025, et 7 008 ESSMS évalués, soit 30% des ESSMS qui accompagnent le public PA. Depuis l’automne 2025, le niveau de qualité global atteint par l’ESSMS ainsi qu’un rapport public (abstract du rapport complet), sont disponibles sur le site internet de la HAS.

Avant toute lecture comparative : En décembre 2024, la HAS a modifié la méthode de calcul des cotations des critères, sur le SI Synaé, et précise elle-même que cette diminution est un impact direct de l’ajout de la décimale et ne peut être assimilée à une diminution du niveau de qualité des prestations délivrées par les ESSMS. Ces cotations ne se comparent donc pas aux exercices antérieurs.

Questions fréquentes sur l’animation en EHPAD

L’animation est-elle obligatoire en EHPAD ?
Ce que le droit impose n’est pas un document intitulé « projet d’animation », mais deux obligations situées ailleurs — et elles sont, elles, parfaitement contraignantes. D’abord individuelle : l’article D312-155-0 impose à tout EHPAD de mettre en place un projet d’accompagnement personnalisé adaptés aux besoins comprenant un projet de soins et un projet de vie visant à favoriser l’exercice des droits des personnes accueillies. Ensuite collective : le projet d’établissement de l’article L311-8 et l’avis du conseil de la vie sociale sur l’animation. C’est cet ensemble, et non un document unique, que l’évaluation examine.
Que doit contenir un projet d’animation en EHPAD ?
Le contenu du document relève de l’établissement. En pratique, un projet d’animation opposable s’adosse aux textes qui, eux, sont contraignants : il décline le volet vie sociale du projet d’établissement, se raccorde au projet de vie de chaque résident, et il a été soumis au conseil de la vie sociale. Notre guide de conception d’un projet d’animation en détaille la méthode pas à pas.
Existe-t-il un ratio d’animateurs par résident ?
L’article D312-155-0 fixe la composition minimale de l’équipe pluridisciplinaire d’un EHPAD : un professionnel infirmier titulaire du diplôme d’Etat, des aides soignants, des aides médico-psychologiques, des accompagnants éducatifs et sociaux et des personnels psycho-éducatifs. Le personnel d’animation n’y figure pas, et aucune disposition ne lui attache de quotité. Tout chiffre présenté comme un « ratio réglementaire » d’animateurs est donc à écarter : ce qui s’impose, ce sont les résultats attendus, pas un effectif.
Le conseil de la vie sociale doit-il valider le programme d’animation ?
Il doit être mis en mesure de rendre un avis. L’article D311-15 range expressément dans ses attributions l’animation de la vie institutionnelle et les mesures prises pour favoriser les relations entre ces participants, en plus des activités et de l’animation socio-culturelle. L’avis n’est pas une autorisation, mais son absence se voit immédiatement en évaluation. Voir notre guide complet du conseil de la vie sociale.
Combien de fois le conseil de la vie sociale se réunit-il ?
L’article D311-16 dispose que Le conseil se réunit au moins trois fois par an sur convocation du président. C’est un plancher : rien n’interdit d’y consacrer une séance supplémentaire au bilan d’animation. Une commission d’animation peut préparer ces séances, sans s’y substituer.
Comment animer avec des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ?
Deux régimes coexistent. Dans l’établissement, l’animation relève du projet de vie de chaque résident. Au pôle d’activités et de soins adaptés, en revanche, Un programme d’activités est élaboré par un ergothérapeute ou un psychomotricien, sous la responsabilité du médecin coordonnateur : il ne se confond pas avec le programme d’animation général. Notre article sur les pratiques d’animation adaptées aux troubles neurocognitifs détaille les approches.
Un résident peut-il garder son animal de compagnie ?
Depuis la loi Bien-vieillir, oui, et c’est un droit : Sauf avis contraire du conseil de la vie sociale mentionné à l’ article L. 311-6 , les établissements mentionnés au 6° du I de l’ article L. 312-1 garantissent aux résidents le droit d’accueillir leurs animaux de compagnie. L’arrêté du 3 mars 2025 fixe les conditions d’hygiène et de sécurité, dont un certificat vétérinaire. À ne pas confondre avec la médiation animale, qui est une activité encadrée par un intervenant.
Peut-on faire intervenir des bénévoles sans formalité ?
Non lorsque l’intervention est portée par une association. L’article L312-1 dispose que Les associations qui organisent l’intervention des bénévoles dans les établissements sociaux et médico-sociaux publics ou privés doivent conclure avec ces établissements une convention qui détermine les modalités de cette intervention. Le conseil de la vie sociale peut par ailleurs comprendre un représentant des bénévoles. Voir structurer le bénévolat en établissement.
Quel diplôme faut-il pour être animateur en EHPAD ?
La composition minimale d’équipe fixée par l’article D312-155-0 ne mentionne pas le personnel d’animation, et aucun des textes relevés pour cette page ne conditionne le poste à un diplôme déterminé. Trois certifications enregistrées au répertoire national structurent en revanche le métier : le BPJEPS mention animation socio-éducative ou culturelle, le DEJEPS correspondant, et le titre « Animateur en gérontologie ». Vérifiez toujours l’état et l’échéance d’une fiche avant de vous y référer : plusieurs numéros encore largement cités sont radiés. Notre fiche métier animateur détaille les voies d’accès.
Combien de temps le projet d’établissement reste-t-il valable ?
L’article L311-8 pose que Ce projet est établi pour une durée maximale de cinq ans après consultation du conseil de la vie sociale ou, le cas échéant, après mise en oeuvre d’une autre forme de participation. Passé ce terme, le volet vie sociale qu’il porte n’est plus opposable. L’outil de cette page calcule votre échéance.

Pour aller plus loin

Construire et piloter l’animation

La méthode de conception est détaillée dans notre guide du projet d’animation, et sa traduction calendaire dans le programme annuel sur douze mois. Côté moyens, voir le budget de l’animation et ses financements. Le projet individuel auquel tout se raccroche fait l’objet d’un pilier dédié au projet de vie personnalisé.

Vie sociale, lien et ouverture

Sur le repérage des situations à risque, lire isolement et solitude des résidents. L’ouverture passe par les animations intergénérationnelles, le bénévolat structuré et les jardins thérapeutiques. La gouvernance participative est traitée dans notre guide du conseil de la vie sociale et dans l’article sur la commission d’animation.

Troubles neurocognitifs et approches spécifiques

Pour adapter les activités, voir les pratiques d’animation face à la maladie d’Alzheimer, la médiation animale et la conception d’une salle Snoezelen. La gestion des troubles du comportement complète utilement ce volet.

Évaluation et métier

La préparation de la visite est traitée dans notre guide de l’évaluation HAS. Le métier lui-même fait l’objet d’une fiche métier animateur complète.

Sources officielles