Dépression et risque suicidaire en EHPAD : repérer, évaluer, prendre en charge, prévenir et signaler, dans le cadre du droit en vigueur
Une résidente qui ne se lève plus, un résident qui répète qu’il « voudrait en finir », une demande formelle d’aide à mourir, un geste découvert au petit matin : la dépression du grand âge et la crise suicidaire se présentent rarement comme dans les manuels. Cette page relie les chiffres publiés par la DREES, Santé publique France et l’Observatoire national du suicide aux recommandations de la HAS et de l’ANSM, aux dispositifs de prévention et au droit en vigueur, y compris la loi du 18 août 2026 sur l’aide à mourir, et propose un assistant pour choisir la conduite à tenir.
🗓️ Mis à jour le 10 septembre 2026 — droit relevé sur le texte en vigueur au jour de publication
Cette mise à jour fonde la page sur les données les plus récentes publiées par la DREES, Santé publique France et l’Observatoire national du suicide, sur les recommandations de la HAS relatives à la souffrance psychique en EHPAD, à l’épisode dépressif et à la prévention du suicide, sur les repères de l’ANSM pour les antidépresseurs chez la personne âgée et sur les propositions de l’Assurance Maladie pour l’accompagnement psychologique des personnes âgées. Elle intègre le droit en vigueur au jour de publication, dont l’obligation de signalement des suicides et tentatives de suicide et la loi du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir, et ajoute un assistant qui, pour un signal observé chez un résident, indique la conduite à tenir, les interlocuteurs à mobiliser et les déclarations à faire.
Ce que disent les chiffres : dépression et risque suicidaire au grand âge
La DREES chiffre l’ampleur du sujet, chez un profil de résident qui s’est transformé : « Un senior sur cinq vivant en établissement déclare souffrir de dépression. » La détresse psychologique touche plus largement encore : « Environ un tiers des résidents en établissement sont en situation de détresse psychologique, contre un quart des plus de 75 ans vivant à domicile. » Et « Le sentiment d’isolement est toutefois un meilleur indicateur du bien-être que la fréquence objective des visites. », ce qui doit orienter le travail des équipes, elles-mêmes exposées à l’usure professionnelle, vers la qualité du lien plutôt que sa fréquence.
Côté suicide, l’Observatoire national du suicide observe, à propos des personnes âgées, que « ce sont bien eux qui en meurent le plus, chez les femmes comme chez les hommes, ce dans tous les pays d’Europe », et la HAS rappelle un ratio de l’ordre de quatre tentatives de suicide pour un suicide étant rapporté pour les personnes de plus de 65 ans : chaque geste doit être pris au sérieux.
| Indicateur | Donnée | Population |
|---|---|---|
| Décès par suicide | 8 848 décès recensés | France entière, en 2023 |
| Taux standardisé | un taux standardisé de 13 décès pour 100 000 habitants | France entière |
| Taux le plus élevé | 76 décès pour 100 000 hommes | Hommes les plus âgés |
| Part des hommes | Près de 3 décès sur 4 concernaient des hommes | France entière |
Le cadre juridique : droits du résident et rôle du médecin coordonnateur
L’article L311-3 pose le socle : « Le respect de sa dignité, de son intégrité, de sa vie privée et familiale, de son intimité, de sa sécurité et de son droit à aller et venir librement », avec un consentement éclairé qui doit systématiquement être recherché lorsque la personne est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision. L’article D311-0-4 précise que « Huit jours au moins avant l’entretien », le directeur informe la personne accueillie qu’elle peut désigner une personne de confiance. La loi du 8 avril 2024 relative au bien vieillir a créé, à l’article L311-5-2, un droit nouveau : les établissements garantissent le droit des personnes qu’ils accueillent de recevoir chaque jour tout visiteur de leur choix.
À l’article L1110-5, « Toute personne a le droit d’avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance. » L’article D312-158 précise : « L’évaluation gériatrique est réalisée à l’entrée du résident puis en tant que de besoin », un jalon utile pour le repérage de la fragilité de la personne âgée. Le manuel d’évaluation de la qualité des ESSMS consacre à la santé mentale le CRITÈRE 2.6.1 : « Les professionnels repèrent et/ou évaluent régulièrement les besoins d’accompagnement en santé mentale de la personne. »
Repérer la souffrance psychique et la dépression masquée
La fiche-repère de la HAS ouvre sa liste par des signes que l’aide-soignante observe au quotidien, pas des diagnostics : « de découragement, de perte de plaisir et d’envie ». Ce sont des observations à faire remonter à l’équipe. Parmi les facteurs de risque, la HAS cite isolement ou sentiment de solitude, absence de vie sociale et/ou affective, situation de maltraitance, et l’Observatoire national du suicide décrit, chez les hommes, les circonstances des comportements suicidaires comme des transformations nettes, comme l’entrée en Ehpad, marquant une perte de pouvoir décisionnel à la fois sur leur épouse et sur leur quotidien.
La HAS alerte : « Chez le sujet âgé, le diagnostic d’un épisode dépressif caractérisé est souvent difficile en raison de plaintes somatiques ou de troubles cognitifs au premier plan. » Le diagnostic différentiel s’étend à la confusion aiguë, aux troubles bipolaires, au trouble borderline, à la frontière entre vieillissement normal et démence et aux déficiences sensorielles.
Le risque suicidaire a des facteurs propres : âge supérieur à 75 ans, le sexe masculin, la perte du conjoint, rappelle la HAS. Le portail national pour les personnes âgées cite une fatigue marquée ou durable parmi les signes à surveiller.
Dépister la dépression : des outils selon l’état cognitif
Un choix d’outil qui dépend du profil
L’outil de repérage se choisit selon l’état cognitif du résident, précise la fiche-repère de la HAS : « En cas de démence non sévère : Mini GDS, GDS, Inventaire apathie », détaillés dans le guide des outils d’évaluation des résidents. Avec des troubles du comportement associés, le NPI-ES, dont l’IDEC peut piloter la passation, complète l’évaluation.
| Outil | Population | Ce qu’en dit la source |
|---|---|---|
| Mini GDS, GDS, Inventaire apathie | Démence non sévère | En cas de démence non sévère : Mini GDS, GDS, Inventaire apathie |
| le PHQ-2 ou le PHQ-9, le BDI-II, HADS, HDRS, le GDS-15 | Aide au diagnostic | sont des aides au diagnostic qui doivent être soumis au jugement du clinicien |
| GDS | Personnes âgées | fait partie des outils les plus fréquemment utilisés pour dépister la dépression chez les personnes âgées |
| GDS, version longue | — | composé de 30 items |
Des observations qui remontent, pas des diagnostics
Ce repérage n’est jamais anodin : la HAS rappelle que « Tout épisode dépressif caractérisé chez le sujet âgé comporte un risque suicidaire élevé. ». Le manuel qualité des ESSMS en fait un critère : les professionnels repèrent et/ou évaluent régulièrement et tracent les besoins d’accompagnement en santé mentale de la personne. Côté DREES, en établissement, « Un score strictement inférieur à 55 est associé à une probabilité élevée de présenter des syndromes dépressifs », un repère à interpréter avec la même prudence que les échelles cliniques.
Évaluer le risque suicidaire : question, degrés, suites
Poser la question, graduer la réponse
La HAS tranche : « poser la question des idées suicidaires n’en fait pas apparaître », ce qui suppose une écoute active dans la relation de soin. Le risque est évalué lors du bilan initial et réévalué régulièrement au cours de la prise en charge ; un risque élevé est une urgence, l’hospitalisation est recommandée, et si nécessaire, sans le consentement du patient. L’outil de la page aide à graduer.
| Repère | Population | Ce qu’en dit la source |
|---|---|---|
| Suicide abouti | Définition HAS | suicide abouti lorsque le sujet décède des suites de son geste |
| Tentative de suicide | Définition HAS | tentative de suicide lorsque l’acte n’a pas conduit au décès |
| Ratio tentatives / suicide | personnes de plus de 65 ans | un ratio de l’ordre de quatre tentatives de suicide pour un suicide |
Des causes qui se répètent, un secret qui n’empêche pas d’alerter
La HAS identifie trois causes récurrentes : « le manque de sécurisation des locaux, l’absence d’évaluation du risque suicidaire et les défauts organisationnels ». Informer les proches reste possible malgré le secret : le secret médical ne s’oppose pas à ce que la famille, les proches de la personne malade ou la personne de confiance définie à l’article L. 1111-6 reçoivent les informations nécessaires ; voir ce que l’aide-soignante et l’infirmière peuvent dire à la famille.
Prendre en charge : médicaments, activité, psychothérapie, consentement
Antidépresseur : cadre et surveillance
L’ANSM encadre chaque étape, résumée ci-dessous. Côté non médicamenteux, la HAS indique qu’un programme d’AP adaptée (APA) mixte (d’endurance et de renforcement musculaire) sur 3 mois est aussi efficace qu’un traitement médicamenteux ou une psychothérapie sur les symptômes dépressifs.
| Étape | Ce qu’en dit l’ANSM |
|---|---|
| Durée totale | La durée totale du traitement d’un épisode se situe donc généralement entre 6 mois et un an. |
| Arrêt si traitement court | arrêt en quelques semaines, en diminuant par exemple toutes les semaines d’1/4 de la dose journalière |
| Réévaluation | réévaluer le diagnostic, l’observance et la possibilité d’interactions pharmacologiques |
| Syndrome d’arrêt | dans les 4 jours suivants l’arrêt, rarement au-delà d’une semaine |
Parler, bouger, consentir
Les approches non médicamenteuses complètent le soin, des thérapies cognitives et comportementales à la danse-thérapie et à la bibliothérapie. Mon soutien psy est ouvert, mais l’Assurance Maladie ne prend en charge que 12 séances par année civile. La Cnam propose seulement, comme piste : « ouvrir Mon soutien psy aux personnes âgées sous traitement de benzodiazépine ». Le consentement reste la règle : « Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. » ; voir refus de soins, qui décide et que tracer.
Face à ce signal, que faire, qui appeler, que déclarer ?
Une résidente qui répète qu’elle voudrait « en finir », un résident qui range ses affaires et refuse ses repas, un geste découvert au petit matin, une demande formelle d’aide à mourir adressée à l’infirmière : chaque situation appelle une conduite différente, avec ses interlocuteurs, ses délais et ses obligations propres. L’assistant croise le signal observé, l’accès à un moyen létal, le moment et l’existence d’une mesure de protection, puis rend une conduite à tenir hiérarchisée et n’affiche que les textes qu’elle mobilise. Il ne remplace ni l’appréciation clinique ni l’appel au médecin : il dit où regarder et dans quel ordre.
Assistant « signal de détresse chez un résident »
Quatre entrées, une conduite à tenir, le fondement affiché. Aucune donnée n’est transmise ni conservée.
La conduite à tenir cite le code de l’action sociale et des familles, le code de la santé publique, l’arrêté sur l’obligation de signalement et les documents de la Haute Autorité de santé relevés au jour de la mise à jour de cette page. Un danger immédiat relève toujours de l’appel au 15.
Prévenir la crise suicidaire en EHPAD
Former les équipes, personnaliser l’accompagnement
La HAS situe le premier levier du côté de la formation : sa fiche-repère sur la souffrance psychique invite la structure à agir « En inscrivant cette thématique dans le plan de formation », un chantier que détaillent les formations des infirmiers et infirmiers coordonnateurs. Pour la HAS, « le projet de vie des patients doit toujours être considéré, tout particulièrement pour les personnes âgées en EHPAD », que nourrissent les idées d’animation quand le planning déborde. Le lien social protège : l’article L311-5-2 garantit à chaque résident de « recevoir chaque jour tout visiteur de leur choix », et dès l’admission, l’article L311-5-1 prévoit qu’il lui est proposé « de désigner, si elle ne l’a pas déjà fait, une personne de confiance » — un relais que renforce le soutien aux aidants familiaux.
Les dispositifs d’écoute et de veille
Les dispositifs nationaux et régionaux qui épaulent les équipes sont résumés ci-dessous.
| Dispositif | Ce qu’il fait | Source |
|---|---|---|
| Formation Sentinelle | Formation « Devenir Sentinelle » (1 jour) | ARS Bourgogne-Franche-Comté |
| Numéro national de prévention du suicide | joignable jour et nuit, 24h sur 24 | Psycom |
| VigilanS | un dispositif de suivi et d’accompagnement des personnes ayant fait une tentative de suicide | Santé publique France |
Signaler et analyser un événement
L’obligation d’information des autorités
Le cadre part de l’article L331-8-1 : les établissements « informent sans délai » l’autorité compétente « de tout dysfonctionnement grave dans leur gestion ou leur organisation susceptible d’affecter la prise en charge des usagers, leur accompagnement ou le respect de leurs droits » — l’arrêté du 28 décembre 2016 y range les « suicides et tentatives de suicide, au sein des structures, de personnes prises en charge ou de personnels ». Le directeur transmet cette information « sans délai et par tout moyen », en garantissant « l’anonymat des personnes accueillies et du personnel » ; le conseil de la vie sociale en est avisé, un point qu’intègre la cartographie des risques du directeur.
L’EIGS : une déclaration en plusieurs étapes
Quand l’événement relève du soin, l’article R1413-67 définit l’EIGS comme « un événement inattendu au regard de l’état de santé et de la pathologie de la personne », et l’article R1413-68 précise que sa déclaration « vaut déclaration au titre de l’article L. 331-8-1 », ce qui évite au responsable qualité de dupliquer la déclaration, un point à consigner lors de toute passation de dossiers entre cadres.
| Obligation | Délai | Texte |
|---|---|---|
| Information des autorités | informent sans délai | l’article L331-8-1 |
| Transmission par le directeur | sans délai et par tout moyen | l’article R331-8 |
| EIGS, première partie | adressée sans délai | l’article R1413-69 |
| EIGS, seconde partie | adressée au plus tard dans les trois mois | l’article R1413-69 |
Demande d’aide à mourir : ce que change la loi
Les conditions cumulatives, jamais la seule souffrance psychique
La loi du 18 août 2026 inscrit dans l’article L1110-5 le droit d’avoir « une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance ». L’article L1111-12-2 exige d’être « atteinte d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée », à la différence d’une crise suicidaire : « Une souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir ». Enfin, la personne doit « Etre apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée », et l’article L1111-12-4 précise que « La personne dont le discernement est gravement altéré lors de la démarche de demande d’aide à mourir ne peut pas être reconnue comme manifestant une volonté libre et éclairée. ».
Un parcours encadré, un établissement concerné
La demande se fait à un médecin, jamais « lors d’une téléconsultation ». L’administration peut avoir lieu « dans un établissement mentionné à l’ article L. 312-1 », où « le responsable de l’établissement ou du service est tenu d’y permettre » cette intervention ; sinon, le professionnel doit « informer de son refus la personne ou le professionnel le sollicitant ». À l’étranger, « Les personnes âgées constituent cependant la grande majorité des recourants à l’AAM », mais « L’ONS n’a pas vocation à prendre position dans ce débat ». La HAS le rappelle : « Tout épisode dépressif caractérisé chez le sujet âgé comporte un risque suicidaire élevé ». Voir aussi le guide de la responsabilité juridique et pénale.
| Condition ou étape | Ce que dit le texte |
|---|---|
| Âge | Etre âgée d’au moins dix-huit ans |
| Renonciation | peut renoncer, à tout moment, à sa demande |
| Majeur protégé | si elle fait l’objet d’une mesure de protection juridique |
| Discernement | gravement altéré |
Questions fréquentes sur la dépression et le risque suicidaire en EHPAD
Quelle formation au risque suicidaire pour une équipe d’EHPAD ?
Les agences régionales de santé déploient des formations dédiées. En Bourgogne-Franche-Comté, « Des formations Sentinelle sont proposées aux EHPAD. Elles permettent de former 2 à 3 professionnels par structure et sont animées par un binôme psychiatre/psychologue. » Le premier niveau affiché est la « Formation « Devenir Sentinelle » (1 jour) ». La HAS demande à la structure de sensibiliser et former ses professionnels au repérage des signes de souffrance psychique, notamment « En inscrivant cette thématique dans le plan de formation. » L’Assurance Maladie propose, de son côté, de former les personnels du grand âge aux Premiers secours en santé mentale (PSSM) en EHPAD, SSIAD, SAAD. Le médecin coordonnateur est l’interlocuteur naturel pour inscrire ces modules au plan.
Comment évaluer le risque suicidaire d’un résident : risque, urgence, dangerosité ?
La démarche que les professionnels désignent par le sigle RUD, pour risque, urgence et dangerosité, commence par une question posée sans détour. La HAS est nette : « Le patient doit être questionné sur ses pensées suicidaires, avec tact dans un climat de confiance ; ce questionnement ne renforçant pas le risque suicidaire. » Elle ajoute que « Le risque suicidaire, majeur dans les épisodes dépressifs caractérisés, est évalué lors du bilan initial et réévalué régulièrement au cours de la prise en charge. » Selon le degré retenu, « En cas de risque suicidaire faible, il est recommandé de rester vigilant et de réévaluer le niveau d’urgence. » et, à l’autre extrémité, « Le risque élevé est une urgence, l’hospitalisation est recommandée, et si nécessaire, sans le consentement du patient. » L’assistant de cette page reprend cette gradation pour l’EHPAD.
Quelle est la prévalence de la dépression chez les résidents d’EHPAD ?
La DREES mesure l’état psychologique des résidents d’établissements pour personnes âgées : « Un senior sur cinq vivant en établissement déclare souffrir de dépression. » et « Environ un tiers des résidents en établissement sont en situation de détresse psychologique, contre un quart des plus de 75 ans vivant à domicile. » Côté traitements, « La moitié des résidents consomment des antidépresseurs, contre une personne âgée de plus de 75 ans sur sept résidant à domicile. » La HAS rappelle qu’en population générale, le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) indique qu’en population générale, 20 % des personnes de 65 ans et plus souffriraient de dépression.
Que faire quand un résident dit qu’il veut mourir ?
Écouter, puis poser la question des idées suicidaires : « Il n’est pas inutile de rappeler que poser la question des idées suicidaires n’en fait pas apparaître. » Chez le sujet âgé, la HAS souligne que « Tout épisode dépressif caractérisé chez le sujet âgé comporte un risque suicidaire élevé. » Le médecin coordonnateur et le médecin traitant sont informés ; le premier « Coordonne la réalisation d’une évaluation gériatrique et, dans ce cadre, peut effectuer des propositions diagnostiques et thérapeutiques, médicamenteuses et non médicamenteuses. » Pour l’équipe elle-même, le numéro national de prévention du suicide est une ressource : « Le 3114 est une ligne accessible pour toute personne en difficulté, présentant des idées suicidaires, ou pour les professionnels en difficulté face à des situations de suicide en structure. »
Un suicide ou une tentative de suicide en EHPAD doit-il être signalé à l’ARS ?
Oui. L’arrêté du 28 décembre 2016 range parmi les événements à signaler « 7° Les suicides et tentatives de suicide, au sein des structures, de personnes prises en charge ou de personnels ; » Le code impose que « Lorsque l’information a été transmise oralement, elle est confirmée dans les 48 heures par messagerie électronique ou, à défaut, par courrier postal. » et que « L’information transmise ne contient aucune donnée nominative et garantit par son contenu l’anonymat des personnes accueillies et du personnel. » Si l’événement est associé à des soins, la déclaration d’événement indésirable grave à l’ARS vaut information de cette autorité au titre de l’article L. 331-8-1 du code de l’action sociale et des familles.
Qu’est-ce que le numéro national de prévention du suicide et que fait VigilanS ?
Selon Psycom, « Les infirmiers et psychologues qui répondent sur le 3114 assurent un service gratuit et confidentiel. » et le numéro national de prévention du suicide est joignable jour et nuit, 24h sur 24. Pour Santé publique France, « VigilanS est un dispositif de suivi et d’accompagnement des personnes ayant fait une tentative de suicide, afin d’éviter les récidives. » L’ARS Hauts-de-France précise : « À sa sortie de l’hôpital après une tentative de suicide, la personne peut intégrer VigilanS. Des professionnels spécifiquement formés assurent ensuite un suivi et reprennent régulièrement contact avec elle. »
Mon soutien psy est-il accessible à un résident d’EHPAD ?
Le dispositif n’exclut pas les résidents : l’Assurance Maladie rappelle que « Depuis avril 2022, le dispositif « Mon soutien psy » permet l’accompagnement psychologique des personnes en souffrance psychique d’intensité légère à modérée, grâce à la prise en charge de 12 séances par an par un psychologue conventionné. » Chaque séance est facturée 50 € pour chacune des séances de suivi, remboursée à 60 % par l’Assurance Maladie. La Cnam va plus loin dans son rapport pour 2027 avec une mesure intitulée « Proposition 17 : ouvrir Mon soutien psy aux personnes âgées sous traitement de benzodiazépine » : une proposition, pas encore une règle.
Une demande d’aide à mourir est-elle un signe de risque suicidaire ?
Les deux ne se confondent pas. La loi du 18 août 2026 fixe les conditions d’accès et précise qu’« Une souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir ; » Le médecin saisi « Propose à la personne et à ses proches de les orienter vers un psychologue ou un psychiatre et s’assure, si elle le souhaite, qu’elle puisse y avoir accès ; » Une demande de mort qui exprime d’abord une détresse morale appelle donc le repérage de la dépression, car « Tout épisode dépressif caractérisé chez le sujet âgé comporte un risque suicidaire élevé. » L’Observatoire national du suicide observe, dans les pays qui ont ouvert l’aide active à mourir, que « Les personnes âgées constituent cependant la grande majorité des recourants à l’AAM, de même que les personnes atteintes de maladies incurables comme des cancers. »
Pour aller plus loin
Sur ce site
Repérer et comprendre. Le protocole pour repérer, évaluer et prévenir le risque suicidaire, la démarche de repérage du risque suicidaire en cinq étapes, l’article sur la dépression silencieuse des résidents, le dossier sur la dépression en EHPAD et le rôle du psychologue, les repères destinés aux familles, le guide de la santé mentale et des troubles psychiques des résidents, le syndrome de glissement et l’isolement et la solitude des résidents.
Les professionnels et les partenaires. La fiche métier du psychologue en EHPAD, la fiche métier du médecin coordonnateur, la fiche métier de l’infirmier coordonnateur, la fiche de poste de l’aide-soignante, les équipes mobiles de psychiatrie gérontologique, les protocoles d’urgence psychiatrique, leur déclinaison nocturne et le transfert d’un résident en crise.
Médicaments. La surexposition aux benzodiazépines, la proposition d’ouvrir Mon soutien psy aux personnes âgées sous benzodiazépine, les alternatives non médicamenteuses aux psychotropes et la boîte à outils du réflexe iatrogénique.
Signalement, qualité et droits. Comment signaler un événement indésirable grave, la gestion des risques et des événements indésirables, le plan de formation exigé par le référentiel HAS, le guide bientraitance et maltraitance, le guide des droits des résidents, les transmissions ciblées et le projet de vie personnalisé.
Fin de vie et aide à mourir. Le guide soins palliatifs et fin de vie, les droits du proche en fin de vie, ce que change la loi quand un résident protégé demande à mourir et le cadre des substances préparé par la HAS.
Soutenir les équipes. La supervision clinique face à la mort, le rituel d’équipe après un décès, la pleine conscience pour les soignants, le guide qualité de vie au travail et prévention du burnout et l’animation et la vie sociale.
Ressources SOS EHPAD
Sources officielles
- Repérage des risques de perte d’autonomie ou de son aggravation pour les personnes âgées – Volet EHPAD – Fiche-repère Souffrance psychique
- Flash sécurité patient – Suicide. Mieux vaut prévenir que mourir
- Un tiers des personnes âgées vivant en établissement sont dans un état psychologique dégradé
- Surveillance annuelle des conduites suicidaires – Bilan national 2024 – Édition nationale
- Article L1111-12-2 – Code de la santé publique – Légifrance
- Arrêté du 28 décembre 2016 relatif à l’obligation de signalement des structures sociales et médico-sociales (article 1) – Légifrance
