La POEC est l’un des rares dispositifs qui présentent à un employeur des candidats déjà mis en situation avant l’embauche. L’OPCO Santé vient d’en publier le bilan chiffré de l’année 2025, à l’échelle de toute sa branche — sanitaire, social et médico-social confondus, sans ventilation par type d’établissement : des entrées en repli, un taux de sortie en emploi renforcé, mais une enveloppe budgétaire resserrée pour 2026. De quoi revoir la manière dont un établissement se positionne sur les sessions à venir.
Les faits : ce que révèle le bilan de la POEC
Chaque année, l’OPCO Santé et France Travail ouvrent ensemble des sessions de formation collective. L’État finance des Préparations Opérationnelles à l’Emploi Collectives (POEC) dans le cadre du Plan d’investissement dans les Compétences (PIC). Il s’agit de formations collectives organisées par les OPCO et réalisées par des organismes de formations déclarés. Ce vivier s’inscrit directement dans les stratégies de recrutement et de fidélisation des équipes soignantes que les établissements doivent bâtir sur la durée. Pour un service RH qui manque de candidats sur les métiers du soin, ce canal mérite d’être suivi au même titre que les candidatures spontanées ou les partenariats avec les organismes de formation locaux.
Sur le fond, 431 personnes sont entrées en POEC, un chiffre en léger retrait par rapport à 2024 (-9 %), mais qui traduit un vivier qui reste actif pour le secteur. La majorité de ces parcours relève du format le plus récent : 87 % relèvent de POEC dites « innovantes », soit 374 bénéficiaires répartis sur 29 sessions. Les 13 % restants correspondent aux POEC classiques (57 bénéficiaires sur 6 sessions).
Sur le terrain, c’est surtout le résultat à la sortie qui intéresse les recruteurs : 74 % des bénéficiaires sont en emploi à l’issue de leur POEC, soit une hausse de 6 points par rapport à 2024. Le détail des sorties se répartit ainsi : 48 % entrent en formation initiale, 22 % accèdent à un CDD et 18 % rejoignent le secteur via l’alternance. Le taux d’abandon, de son côté, reste contenu à 11 % (en léger recul), les raisons avancées étant principalement personnelles (santé, contraintes familiales ou financières) plutôt que liées au dispositif lui-même.
Organiser une POEC suppose en effet de réunir des demandeurs d’emploi orientés par France Travail, un organisme de formation disponible, un lieu et un calendrier compatibles avec les 4 mois de formation. La durée d’une POEC est de 400 heures maximum. L’OPCO Santé décrit la finalité du dispositif en termes d’insertion durable, une notion plus large que le contrat exigé à la sortie : un objectif affiché : déboucher sur un emploi durable (CDD de 6 mois minimum, CDI) ou sur une entrée en formation qualifiante, notamment par la voie de l’alternance.
| Indicateur | Valeur 2025 | Évolution / repère |
|---|---|---|
| Entrées totales en POEC | 431 personnes | en léger retrait par rapport à 2024 (-9 %) |
| Taux de sortie en emploi | 74 % | soit une hausse de 6 points par rapport à 2024 |
| Taux d’abandon | 11 % | en léger recul |
| Bénéficiaires visant le métier d’aide-soignant | 171 bénéficiaires | 40% du volume total |
| Bénéficiaires visant le métier d’AES | 88 bénéficiaires (20%) | — |
| Bénéficiaires visant un poste d’employé technique / ASH | 79 bénéficiaires (18%) | en nette progression |
| Objectif national fixé par l’accord-cadre | 72% | d’entrées en emploi ou en formation à l’issue du dispositif |
| Budget notifié à l’OPCO Santé pour 2026 | 1 168 487,02 € | dont 1 123 545,21 € au titre des coûts pédagogiques de formation |
Mise en perspective : une trajectoire à double vitesse
Cette photographie 2025 dessine aussi des priorités par métier et par territoire. Au total, les métiers d’aide-soignant et d’AES concentrent 60% des bénéficiaires POEC en 2025 : ce sont les deux fonctions les plus proches des équipes de soin. Côté âge, le bilan retient « Entre 26 et 54 ans : 64%, la tranche la plus représentée. », devant « Moins de 26 ans : 27% des bénéficiaires. »
Les écarts régionaux, eux, sont marqués : la Nouvelle-Aquitaine arrive en tête avec 120 bénéficiaires (malgré une baisse de 21% par rapport à 2024), suivie de l’Occitanie (96 bénéficiaires, +57%) et des Hauts-de-France, qui triplent leurs effectifs (40 bénéficiaires). L’Île-de-France, en revanche, enregistre un net recul (27 bénéficiaires), tandis que l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Bourgogne-Franche-Comté n’ont déployé aucune session cette année. Ces écarts se lisent en regard de l’ampleur des besoins déjà mesurée à l’échelle nationale et de la dynamique de projets de recrutement du médico-social, que le bilan de l’OPCO Santé n’aborde pas.
Impact concret pour un établissement qui recrute
Pour un directeur qui bâtit son plan de recrutement, la lecture est double. D’un côté, le dispositif reste un levier pour construire une présence locale crédible auprès des candidats avant même l’embauche : la session de POEC met l’établissement en contact avec des profils déjà engagés dans une démarche vers le secteur. De l’autre, la disponibilité des sessions dépend de conditions locales — un organisme de formation, un lieu, un calendrier — qui ne se décrètent pas au dernier moment : mieux vaut se signaler tôt auprès de l’antenne régionale de l’OPCO Santé. Un contact pris en amont, avant l’ouverture officielle d’une session, permet souvent d’être associé au recrutement des candidats et d’accueillir un stage d’immersion avant même la fin de la formation.
Pour l’IDEC ou le service RH qui prépare la sortie du dispositif, le format du contrat proposé n’est pas libre, et il est plus exigeant que la cible d’insertion évoquée plus haut. Le cadre posé par France Travail est le suivant : En contrat à durée déterminée (CDD) d’une durée de 12 mois minimum, y compris en contrat d’apprentissage et de professionnalisation. Le code du travail liste précisément les contrats mobilisables : un contrat à durée indéterminée, un contrat de professionnalisation d’une durée minimale de douze mois, un contrat d’apprentissage ou un contrat à durée déterminée d’une durée minimale de douze mois.
Sur le terrain, le vivier POEC se concentre sur deux métiers en tension directe avec les équipes de soin. Pour les candidats visant le diplôme d’aide-soignante par une autre voie, les parcours de formation initiale, la VAE et les compétences attendues restent une alternative complémentaire à la POEC. Le bilan range à part la ligne « Employé technique, catégorie qui recouvre notamment les agents de service hospitalier (ASH) : 79 bénéficiaires (18%), en nette progression. » Pour ce profil, l’accueil en poste s’articule avec la fiche de poste et les perspectives d’évolution propres à cette fonction.
Perspectives : un financement qui se resserre
Le nerf de la guerre reste le financement. Pour 2026, ce montant s’élève à 1 168 487,02 €, dont 1 123 545,21 € au titre des coûts pédagogiques de formation et 44 941,81 € pour les frais de mise en œuvre. Un premier versement correspondant à 40 % de cette enveloppe a déjà été effectué à titre d’avance, permettant d’amorcer le déploiement des premières sessions. Pour un établissement, l’enseignement pratique reste le même que les années précédentes : se signaler tôt auprès de l’OPCO Santé ou de France Travail augmente les chances d’accéder aux sessions programmées.
Au-delà du recrutement initial, la vraie bascule se joue après l’embauche : les leviers pour retenir les équipes au-delà de la première année restent le complément naturel d’un recrutement réussi via la POEC. Un accompagnement structuré dès les premières semaines aide généralement à transformer cette entrée en poste en embauche durable, plutôt qu’en un nouveau passage par ce type de dispositif l’année suivante.
Sources officielles
- OPCO Santé — bilan complet de la POEC pour le secteur sanitaire, social et médico-social
- France Travail — présentation du dispositif et des publics éligibles
- Légifrance — les contrats pouvant être conclus à l’issue du dispositif


