BMO 2026 EHPAD recrutement medico-social France Travail
Recrutement & Fidélisation

BMO 2026 : 322 000 projets dans le médico-social, EHPAD en première ligne

28 avril 2026 8 min de lecture Nicolas Mortel
Ressource recommandée Nouveauté 2026
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BMO 2026 EHPAD : avec 322 000 projets de recrutement annoncés, le secteur sanitaire et médico-social devient le premier recruteur français en 2026, devant l’hôtellerie-restauration et le commerce. Une première historique, mais une bonne nouvelle en demi-teinte : 54 % des embauches y sont jugées difficiles à pourvoir, contre 43,8 % à l’échelle nationale. Pour les directeurs d’EHPAD confrontés à 14 % de postes vacants en moyenne, la 25e édition de l’enquête Besoins en main-d’œuvre publiée le 21 avril 2026 par France Travail confirme un paradoxe désormais structurel.

Ce que dit le BMO 2026 : 322 000 projets, 1er secteur de France

L’enquête a été menée d’octobre à décembre 2025 auprès de 2,2 millions d’établissements ; 416 588 réponses ont été analysées sur la France métropolitaine et les DROM. Au total, 2,28 millions de projets de recrutement sont annoncés pour 2026, en baisse de 6,5 % par rapport à 2025. Le ralentissement est cependant deux fois moins marqué que la chute de 12,5 % observée entre 2024 et 2025. Le taux de projets jugés difficiles tombe à 43,8 % (contre 50,1 % en 2025), niveau le plus bas depuis 2019.

Dans ce contexte de retrait général, le secteur santé / social / médico-social se distingue : avec 322 000 projets, il devient le premier recruteur de France, devant l’hôtellerie-restauration (319 000) et le commerce-distribution (264 000). Mieux : il progresse de +0,4 % sur un an, ce qui en fait le seul grand secteur en croissance. Le revers : 84 % des recruteurs invoquent une inadéquation des profils, 82 % un manque de candidats et 39 % des conditions de travail dissuasives, selon les résultats publiés par France Travail.

Quatre métiers EHPAD au cœur des tensions de recrutement

MétierProjets 2026% difficiles à pourvoir
Aides à domicile et auxiliaires de vie69 500 (+13,3 % vs 2025)62,3 %
Agents d’entretien (incluant ASH)64 160variable selon régions
Aides-soignants62 100 (50 830 hors saisonnier)56,6 %
Infirmiers et sages-femmes36 700 (33 130 hors saisonnier)60,2 %
Source : enquête BMO 2026, France Travail (publiée le 21 avril 2026).

Les aides à domicile mises à part — métier en forte progression dans le sillage du virage domiciliaire —, les chiffres des aides-soignants et des infirmiers pèsent directement sur le pilotage des EHPAD. Six embauches sur dix d’IDE seront jugées difficiles à concrétiser en 2026 ; plus d’une sur deux pour les aides-soignants. Une carte de tensions régionales se dessine : Centre-Val de Loire et Pays-de-la-Loire dépassent les 40 %, alors que la Bretagne reste plus stable et que l’Île-de-France se situe autour de 29 % pour les aides-soignants. Sur le volet conformité à anticiper, le contrôle d’honorabilité étendu au médico-social en 2028 ajoutera un délai administratif moyen de 15 jours à intégrer dans le calendrier RH.

Pourquoi la pression ne va pas retomber : trois données démographiques structurelles

Le BMO ne se lit pas seul. Il s’inscrit dans un faisceau de chiffres convergents publiés au printemps 2026 :

  • 210 000 emplois d’aides-soignants et d’aides à domicile à pourvoir d’ici 2030 selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES, Dossier 123, octobre 2024).
  • 14 % de postes vacants dans le grand âge, soit 28 000 postes non pourvus, selon le baromètre Axess 2025 — un constat déjà détaillé sur sosehpad.com.
  • 90 000 départs en retraite anticipés dans le médico-social entre 2025 et 2030, selon le baromètre OPCO Santé 2025, dont l’analyse complète est disponible ici.

Autrement dit, le BMO 2026 chiffre la « marche » immédiate, mais il ne fait que matérialiser une dynamique de fond : le médico-social aura besoin d’un demi-million de professionnels supplémentaires d’ici 2030, alors même que la population active recule.

Impact concret : ce que chaque fonction doit en tirer

Pour le directeur d’EHPAD

Le BMO confirme que la concurrence pour les profils ne se joue plus seulement entre EHPAD. Hôpital, services à domicile, intérim et structures du handicap puisent dans le même vivier. La marge de manœuvre se déplace vers la marque employeur, le conventionnement avec les instituts de formation locaux et la fidélisation. Les Trophées de l’attractivité 2026 financés par l’ARS Normandie illustrent les dispositifs régionaux mobilisables (détail des 10 projets retenus). À budgéter aussi : l’impact financier de la nouvelle régulation de l’intérim précisée par la note DGCS du 30 mars 2026. Pour aller plus loin, lire notre formation bionettoyage ASH.

Pour l’IDEC et le cadre de santé

Avec 60,2 % de tension sur le recrutement IDE, la priorité est organisationnelle : revoir les plannings, structurer un parcours d’intégration en 30/60/90 jours et développer le tutorat des nouvelles recrues. La pratique avancée infirmière (IPA) reste un levier sous-exploité en EHPAD ; les avancées récentes ouvrent de nouvelles options (lire notre analyse 2026).

Pour la fonction RH / responsable recrutement

Si 84 % des recruteurs jugent les profils inadéquats, c’est qu’il faut élargir la grille de sourcing. Trois pistes documentées par France Travail : la VAE et les passerelles ASH-AS, les périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) et l’apprentissage. Le DEAS en alternance, en particulier, est devenu un canal majeur de pré-recrutement (guide pratique).

Cinq leviers à activer dès mai 2026

  1. Cartographier ses propres tensions : croiser les chiffres BMO régionaux (disponibles sur la plateforme statistiques de France Travail) avec son turnover et ses départs prévus à 18 mois.
  2. Industrialiser le canal apprentissage : signer ou renouveler les conventions avec l’IFAS et l’IFSI les plus proches, intégrer un binôme tuteur dans chaque service.
  3. Travailler la QVT comme un levier de fidélisation : la perte documentée de 4 heures par jour sur des tâches non-soignantes est un signal fort à corriger (analyse complète).
  4. Réviser sa politique d’intérim à la lumière de la note DGCS du 30 mars 2026, qui plafonne désormais les recours et formalise les motifs.
  5. Outiller la marque employeur : témoignages vidéo, journées portes ouvertes pour étudiants infirmiers, présence sur les forums métiers.

Perspectives : trois échéances à surveiller

Le BMO 2026 sera complété d’ici la fin de l’année par les bilans régionaux détaillés et par les données DARES sur la mobilité réelle. La Conférence nationale de l’autonomie annoncée pour septembre 2026 devrait par ailleurs préciser les contours du dispositif « Maisons France Autonomie », dont l’impact sur les organisations et les fiches de poste se précisera dans les mois suivants. Enfin, la campagne RAMA 2026 dans SIDOBA, ouverte d’avril à juillet, fournira un référentiel d’activité médicale national qui éclairera les besoins en médecins coordonnateurs (guide pratique CNSA).

Questions fréquentes

Pourquoi le médico-social progresse-t-il alors que les autres secteurs reculent ?
Le besoin est démographique, pas conjoncturel. Le vieillissement accélère depuis 2020 et la DREES projette 210 000 emplois supplémentaires pour les seuls aides-soignants et aides à domicile d’ici 2030. À cela s’ajoutent les 90 000 départs en retraite recensés par l’OPCO Santé. La hausse de +0,4 % observée par France Travail traduit cette tension structurelle, à l’inverse des secteurs sensibles à la conjoncture économique.
Quels métiers EHPAD sont les plus tendus en 2026 ?
Selon le BMO 2026, les aides à domicile arrivent en tête (62,3 % de difficultés), suivis des infirmiers (60,2 %) et des aides-soignants (56,6 %). À l’échelle régionale, Centre-Val de Loire et Pays-de-la-Loire dépassent les 40 % de tension sur les postes d’AS, contre environ 29 % en Île-de-France. Les médecins coordonnateurs ne figurent pas dans les chiffres BMO mais restent structurellement en tension, comme l’a documenté un sondage publié en mars 2026.
Quels leviers sont accessibles à un EHPAD de moins de 80 places ?
Trois leviers ne demandent ni budget important ni effectifs RH dédiés : (1) signer une convention de tutorat avec l’IFAS le plus proche pour accueillir des élèves AS en stage long, (2) ouvrir un parcours VAE pour les ASH motivés, (3) candidater aux appels à projets régionaux des ARS sur l’attractivité. Les Trophées de l’attractivité de l’ARS Normandie illustrent ce type de dispositif, transposable à d’autres régions.

Sources officielles

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