GIR Moyen Pondéré (GMP) : définition, calcul et financement EHPAD
Définition, méthode de calcul pas à pas, grille AGGIR, valeur du point GMPS 2026 et simulateur en ligne pour piloter la dotation dépendance et le forfait soins de votre EHPAD.
🗓️ Mis à jour : août 2026 — millésime 2026 : arrêté du 9 juin 2026 (valeurs du point), campagne budgétaire 2026.
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Cotation AGGIR, GMP, PATHOS, CPOM : le guide de référence.→
1. Définition du GIR Moyen Pondéré (GMP)
Le GIR Moyen Pondéré (GMP) est l’indicateur qui mesure le niveau moyen de perte d’autonomie des résidents d’un EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Le niveau de perte d’autonomie moyen des personnes hébergées est calculé en rapportant la somme des points obtenus par la valorisation du niveau de perte d’autonomie de chaque personne au nombre de personnes hébergées ayant fait l’objet d’une classification ; cette moyenne est dénommée « groupe iso-ressources moyen pondéré » (GMP) de l’établissement, précise l’article R. 314-170-1 du code de l’action sociale et des familles (CASF).
Concrètement, chaque personne hébergée, à l’exception de celles âgées de moins de soixante ans, est classée dans l’un des six groupes iso-ressources (GIR) de la grille nationale, par une cotation en points GIR, selon le barème de l’annexe 3-6 du CASF. Le GMP est la moyenne pondérée de ces points sur l’ensemble des résidents évalués.
Le GMP ne se lit jamais seul : il est indissociable du PMP (Pathos Moyen Pondéré). Le PMP est l’indicateur synthétique des besoins en soins requis, coté en points Pathos à partir du référentiel de l’article L. 314-9 du CASF (article R. 314-170-3). Ensemble, GMP et PMP conditionnent le forfait global de soins versé par l’assurance maladie et la dotation dépendance versée par le conseil départemental.
L’enjeu est loin d’être anecdotique : plus de 500 000 personnes fréquentent un EHPAD, et leur niveau moyen de dépendance s’accroît d’année en année. D’où l’importance, pour les directeurs et médecins coordonnateurs, de maîtriser précisément ce calcul — y compris en amont, lorsque la question du maintien à domicile face à l’entrée en EHPAD se pose dès les premiers signes de perte d’autonomie.
2. La grille AGGIR et les 6 niveaux de GIR
La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) est l’outil national d’évaluation de la perte d’autonomie des personnes âgées. Elle est composée de 17 variables : 10 variables discriminantes, seules utilisées pour le calcul du GIR, et 7 variables illustratives, qui n’entrent pas dans ce calcul. Pour une présentation détaillée variable par variable, consultez notre guide dédié à la grille AGGIR.
Les 10 variables discriminantes couvrent la cohérence, l’orientation, la toilette, l’habillage, l’alimentation, l’élimination, les transferts, les déplacements à l’intérieur et à l’extérieur, ainsi que la communication à distance. Les 7 variables illustratives — gestion, cuisine, ménage, transport, achats, suivi du traitement, activités de temps libre — nourrissent le plan d’aide sans entrer dans le calcul du GIR lui-même.
Ce classement en 6 groupes détermine le nombre de points attribué à chaque résident, selon le barème de l’annexe 3-6 du CASF :
| GIR | Points | Description officielle |
|---|---|---|
| GIR 1 | 1 000 | Personnes âgées confinées au lit, dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui nécessitent une présence indispensable et continue d’intervenants. |
| GIR 2 | 840 | Personnes confinées au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales ne sont pas totalement altérées et qui nécessitent une prise en charge pour la plupart des activités de la vie courante. |
| GIR 3 | 660 | Personnes ayant conservé tout ou partie de leur autonomie mentale et partiellement leur autonomie locomotrice, mais qui nécessitent quotidiennement et plusieurs fois par jour des aides pour leur autonomie corporelle. |
| GIR 4 | 420 | Personnes n’assumant pas seules leurs transferts mais qui, une fois levées, peuvent se déplacer à l’intérieur du logement. |
| GIR 5 | 250 | Personnes assurant seules leurs déplacements à l’intérieur de leur logement, s’alimentant et s’habillant seules. |
| GIR 6 | 70 | Personnes autonomes pour tous les actes discriminants de la vie courante. |
Pour les proches, comprendre ce classement facilite aussi les échanges avec l’équipe soignante ; notre article sur le rôle du proche aidant d’une personne âgée dépendante détaille les démarches associées.
3. Comment calculer le GIR Moyen Pondéré (GMP)
Le calcul du GMP suit trois étapes : l’évaluation individuelle de chaque résident avec la grille AGGIR par le médecin coordonnateur, la pondération du nombre de résidents par GIR selon le barème de points, puis le calcul de la moyenne rapportée au nombre total de résidents classés — conformément à la définition de l’article R. 314-170-1 du CASF déjà citée en section 1.
Formule : GMP = Σ (nombre de résidents par GIR × coefficient GIR) ÷ nombre total de résidents classés, les coefficients étant ceux du barème annexe 3-6.
| Groupe GIR | Coefficient (points) | Interprétation |
|---|---|---|
| GIR 1 | 1 000 | Dépendance maximale |
| GIR 2 | 840 | Dépendance forte |
| GIR 3 | 660 | Dépendance modérée à forte |
| GIR 4 | 420 | Dépendance partielle |
| GIR 5 | 250 | Dépendance légère |
| GIR 6 | 70 | Autonomie préservée |
Exemple pédagogique (illustration arithmétique, sans valeur factuelle) — un EHPAD fictif de quatre-vingts résidents :
| GIR | Nb résidents | Coefficient | Total points |
|---|---|---|---|
| GIR 1 | 10 | 1000 | 10000 |
| GIR 2 | 25 | 840 | 21000 |
| GIR 3 | 15 | 660 | 9900 |
| GIR 4 | 18 | 420 | 7560 |
| GIR 5 | 8 | 250 | 2000 |
| GIR 6 | 4 | 70 | 280 |
| Total | 80 | — | 50740 |
GMP = 50740 ÷ 80 = 634,25. Ce résultat, purement illustratif, se compare à la moyenne départementale : en 2024, le GMP moyen constaté parmi les 85 départements ayant répondu à l’enquête de la CNSA est de 744.
Saisissez le nombre de résidents par GIR pour calculer instantanément le GIR Moyen Pondéré de votre établissement.
Outil indicatif : seule la validation ARS/Conseil départemental de la coupe fait foi.
4. Le rôle du GMP dans le financement des EHPAD
Le financement d’un EHPAD repose sur trois sections tarifaires distinctes : le forfait soins (assurance maladie, via l’ARS), le forfait dépendance (conseil départemental) et le tarif hébergement (à la charge du résident). Le GMP intervient directement dans les deux premières.
L’équation tarifaire du forfait global de soins est calculée en multipliant le nombre de points correspondant à l’indicateur synthétique par la capacité autorisée et financée, puis par la valeur du point (article R. 314-162 du CASF). Cette valeur est fixée par arrêté des ministres chargés des affaires sociales et de la sécurité sociale, en fonction de l’option tarifaire retenue par l’établissement et du recours ou non à une pharmacie à usage intérieur (PUI).
Pour 2026, l’arrêté du 9 juin 2026 fixant pour 2026 les valeurs du point mentionnées à l’article R. 314-162 du CASF a été publié au Journal officiel du 16 juin 2026 :
| Option tarifaire | Valeur du point 2026 (métropole) | Valeur du point 2026 (DOM, majoration de 20 %) |
|---|---|---|
| Tarif global sans PUI | 13,86 € | 16,63 € |
| Tarif global avec PUI | 14,60 € | 17,52 € |
| Tarif partiel sans PUI | 11,79 € | 14,15 € |
| Tarif partiel avec PUI | 12,48 € | 14,98 € |
Ces montants s’inscrivent dans un cadrage budgétaire plus large : le taux d’évolution des moyens alloués aux établissements et services médico-sociaux est porté en moyenne à +1,49 % pour le secteur des personnes âgées, avec +1,89 % pour la valeur de point des EHPAD avec PUI et +1,91 % pour la valeur de point des EHPAD sans PUI. Sur le détail des arbitrages, voir notre article sur le budget 2026 des EHPAD et son taux de reconduction.
La campagne 2026 mobilise des enveloppes dédiées : 124,6 millions d’euros sont délégués au titre de l’actualisation des coupes GMP/PMP réalisées avant le 30 juin 2025 et de la médicalisation des petites unités de vie, auxquels s’ajoutent 100 millions d’euros au titre de l’amélioration des taux d’encadrement soignant non médicaux en EHPAD. À l’échelle de l’ONDAM médico-social, une mise en réserve de 215 millions d’euros est prévue en 2026 pour garantir sa tenue.
Le GMPS combine GMP et PMP pour asseoir le forfait soins : le nombre de points du GMPS résulte de l’addition pondérée des points PMP, affectés d’un coefficient fixé par arrêté, et des points GMP (article R. 314-170-5). Ce coefficient de valorisation appliqué au PMP est fixé à 2,59 par l’arrêté du 15 novembre 2013, soit : GMPS = GMP + (PMP × 2,59). Notre guide PATHOS complet, avec calculateur de dotation soins, détaille cette mécanique.
Ce plafond théorique n’est toutefois pas automatiquement versé : la tarification au GMPS reste un plafond indépassable mais ne constitue pas un niveau opposable de dotation automatique, ce qui aboutit, dans de nombreuses régions, à des dotations soins souvent inférieures de 10 % à la dotation plafond. D’où l’intérêt, pour les équipes de direction, de suivre de près le taux d’occupation, levier qui module directement le forfait de soins.
Côté dépendance, le forfait global relatif à la dépendance est égal à la somme du résultat de l’équation tarifaire dépendance, calculée sur la base du niveau de perte d’autonomie des résidents, et des financements complémentaires définis dans le CPOM. Le prix de journée dépendance facturé au résident (hors GMP de l’établissement) varie lui aussi par tranche de GIR : en 2024, le prix de référence journalier moyen de la dépendance s’élève à 22,65 € pour les GIR 1-2, 14,36 € pour les GIR 3-4 et 6,11 € pour les GIR 5-6.
Exemple d’impact financier (illustration arithmétique) : pour un EHPAD fictif de quatre-vingts places, tarif global sans PUI, GMP 700, PMP 200 — GMPS = 700 + (200 × 2,59) = 1218 ; dotation = 1218 × 80 × 13,86 € = 1350518 €. Si le GMP progresse à 750, le GMPS passe à 1268 et la dotation à 1268 × 80 × 13,86 € = 1405958 €, soit un gain d’environ 55440 € par an. Le pilotage de ce type de trajectoire s’anticipe dans le cadre du plan pluriannuel d’investissement 2026.
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5. Différence entre GMP et PMP
GMP et PMP sont souvent confondus alors qu’ils mesurent deux réalités distinctes et complémentaires de la prise en charge en EHPAD.
| Critère | GMP (GIR Moyen Pondéré) | PMP (Pathos Moyen Pondéré) |
|---|---|---|
| Ce qu’il mesure | Le niveau de perte d’autonomie moyen des résidents | L’indicateur synthétique des besoins en soins requis |
| Outil de référence | Grille AGGIR | Référentiel Pathos |
| Financeur principal | Conseil départemental (dotation dépendance) | Assurance maladie via l’ARS (forfait soins) |
| Poids dans le GMPS | Coefficient 1 | Coefficient 2,59 |
Sur le plan méthodologique, les deux référentiels ne se confondent jamais : consultez notre analyse PATHOS vs AGGIR : différences, complémentarité et impact financier, ainsi que notre méthodologie pour calculer le PMP pas à pas. Une personne très dépendante (GMP élevé) peut ne présenter aucune pathologie lourde, et inversement : un résident autonome au sens AGGIR peut nécessiter des soins techniques importants. C’est pourquoi la tarification combine systématiquement les deux indicateurs dans le GMPS.
6. Seuils et niveaux de GMP : ce que dit (et ne dit pas) la réglementation
Contrairement à une idée répandue dans la littérature professionnelle, la loi ne fixe pas un seuil numérique unique de GMP conditionnant le statut d’EHPAD. L’article L. 313-12 du CASF ne fixe pas de seuil numérique de GMP dans son texte codifié : la qualification d’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes dépend d’un seuil de proportion de personnes dépendantes accueillies, apprécié dans des conditions fixées par décret. Le repère « GMP supérieur à 300 », fréquemment cité, n’apparaît donc pas verbatim dans le texte législatif en vigueur.
En pratique, les repères utiles pour situer un établissement sont ceux des enquêtes officielles. Le GMP moyen constaté en 2024 parmi les 85 départements ayant répondu à l’enquête de la CNSA est de 744. La moitié des départements affichent un GMP moyen compris entre 730 et 760 ; le département déclarant le GMP le plus élevé est l’Essonne, avec 807, et celui déclarant le plus faible est la Loire-Atlantique, avec 677. Cette dispersion reflète des profils de population très différents d’un territoire à l’autre.
Cette tendance à la hausse du niveau de dépendance s’explique aussi par la structure de la population accueillie : plus de la moitié des résidents en EHPAD, 55 %, sont en forte perte d’autonomie, classés en GIR 1 ou 2. Un établissement dont le GMP se situe nettement au-dessus de la moyenne départementale doit donc, avant toute chose, vérifier que sa structure de GIR reflète fidèlement cette réalité clinique plutôt que de viser un seuil arbitraire non prévu par les textes.
7. Le rôle du médecin coordonnateur dans l’évaluation et la validation
Le médecin coordonnateur pilote l’évaluation AGGIR de chaque résident et la coupe PATHOS de l’établissement, en lien avec l’équipe pluridisciplinaire (IDE, aides-soignants, psychologue). Cette organisation fait l’objet d’un contrôle institutionnel dédié : la commission régionale de coordination médicale (CRCM) veille à la bonne organisation des opérations d’évaluation du niveau de perte d’autonomie moyen et des besoins en soins de chaque établissement, ainsi qu’à la qualité de la formation des médecins coordonnateurs à l’utilisation des référentiels AGGIR et Pathos.
La validation des coupes s’inscrit dans un calendrier national resserré : la prochaine campagne de validation des coupes PATHOS-AGGIR se déroule du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027. Notre article sur le calendrier et la préparation de la coupe PATHOS 2026 détaille les étapes à anticiper, tout comme notre analyse de la campagne de coupes PATHOS en cours et son impact sur la dotation soins.
Sur le plan procédural, le délai de validation des évaluations PATHOS-AGGIR est de 4 mois à compter du dépôt de la base sur la plateforme Galaad par le médecin coordonnateur ; passé ce délai, la coupe déposée peut être considérée comme validée. Ce délai encadre strictement le calendrier de préparation que doit tenir l’équipe médicale.
L’exercice de la fonction évolue également sur le plan organisationnel, notamment pour les structures à faibles effectifs médicaux : voir notre article sur le médecin coordonnateur à distance et l’arrêté du 21 juillet.
8. GMP et CPOM : l’impact sur le contrat d’établissement
Le GMP et le PMP structurent directement la négociation du Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens (CPOM). Le gestionnaire d’un EHPAD conclut le CPOM avec le ou les présidents du conseil départemental et le directeur général de l’agence régionale de santé concernés, et ce contrat est conclu pour une durée de cinq ans.
Comme rappelé en section financement, le forfait global relatif à la dépendance résulte de la somme de l’équation tarifaire dépendance et des financements complémentaires définis dans le CPOM. Le GMP moyen constaté à la signature — et son évolution lors des coupes suivantes — pèse donc directement sur les moyens négociés pour toute la durée du contrat. L’actualité récente du calendrier de signature est à suivre : CPOM EHPAD, reprise annoncée des signatures de CPOM.
9. Optimiser le pilotage du GMP de votre EHPAD
Un GMP fidèle à la réalité clinique des résidents est la condition d’un financement soins et dépendance correctement calibré. Plusieurs leviers, sans lien avec une quelconque « survalorisation » artificielle, permettent de fiabiliser la cotation :
- Coder chaque variable discriminante de la grille AGGIR à sa juste valeur, avec une observation réelle du comportement du résident plutôt qu’une estimation a priori.
- Mobiliser l’équipe pluridisciplinaire (médecin coordonnateur, IDEC, psychologue, aides-soignants) pour croiser les regards sur chaque cotation.
- Structurer le dialogue de gestion avec le siège autour d’indicateurs partagés, dont le GMP fait partie.
- Fiabiliser la traçabilité des transmissions ciblées à l’aide d’un logiciel de dossier de soins (DUI) adapté, qui facilite la cohérence entre pratique quotidienne et cotation AGGIR/Pathos.
- Suivre les repères d’encadrement discutés au niveau national, à l’image des travaux du Conseil de l’âge sur le taux d’encadrement cible.
Pour les directeurs qui souhaitent structurer l’ensemble de ce pilotage — GMP, PMP, budget, CPOM — dans un cadre unique, la ressource SOS Directeurs EHPAD rassemble les outils et modèles associés.
10. Statistiques nationales : où se situe votre EHPAD ?
Les données 2024 de la CNSA offrent le cadre de comparaison le plus fiable disponible à ce jour. Le GMP moyen constaté en 2024 parmi les 85 départements ayant répondu à l’enquête est de 744, et la valeur moyenne du point GIR départemental, hors Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon, atteint 7,65 euros en 2024, soit une hausse de 2,5 % par rapport à 2023.
La dispersion territoriale reste marquée : 50 % des départements affichent un GMP moyen compris entre 730 et 760, l’Essonne enregistrant le GMP départemental le plus élevé (807) et la Loire-Atlantique le plus faible (677). Cette hétérogénéité reflète des profils sociodémographiques et des pratiques de cotation différenciés d’un territoire à l’autre.
Au niveau des résidents eux-mêmes, la dépendance moyenne s’accentue : 55 % des résidents en EHPAD sont en forte perte d’autonomie, classés en GIR 1 ou 2, et les résidents en EHPAD cumulent en moyenne 7,9 pathologies. Un tableau cohérent avec le constat national : plus de 500 000 personnes fréquentent un EHPAD, et leur niveau moyen de dépendance s’accroît d’année en année.
| Repère | GMP | Observation |
|---|---|---|
| Essonne (91) | 807 | Département au GMP le plus élevé |
| Moyenne nationale des départements | 744 | 50 % des départements entre 730 et 760 |
| Loire-Atlantique (44) | 677 | Département au GMP le plus faible |
Ces indicateurs de dépendance se lisent en miroir des données RH publiées par la DREES : voir postes vacants et effectifs en EHPAD : ce que révèle la DREES, ainsi que les écarts observés selon le statut juridique de l’établissement dans la base Badiane de la DREES.
11. Réformes : vers la fusion soins-dépendance
Une réforme structurelle de la tarification est engagée à titre expérimental. L’article 82 de la LFSS 2025, qui modifie l’article 79 de la LFSS 2024, prévoit une expérimentation de fusion des forfaits globaux soins et dépendance des EHPAD, y compris les petites unités de vie, et des unités de soins de longue durée, dans certains départements expérimentateurs.
Cette expérimentation est cadrée dans le temps et dans son périmètre : elle a débuté le 1er juillet 2025 et concerne 23 départements volontaires. Notre article Financement EHPAD : la fusion soins-dépendance et votre budget détaille les impacts concrets pour les établissements concernés, et notre dossier France Autonomie 2026 : ce que les directeurs d’EHPAD peuvent anticiper resitue cette réforme dans une trajectoire plus large.
Autre levier déjà en vigueur qui module directement le forfait soins, indépendamment du GMP lui-même : le taux d’occupation au titre de l’hébergement permanent est calculé en divisant le nombre de journées réalisées dans l’année par l’établissement par le nombre de journées théoriques correspondant à la capacité autorisée et financée. Lorsque ce taux d’occupation est inférieur au seuil fixé par arrêté, le pourcentage de modulation du forfait de soins est égal à la moitié de la différence entre le taux constaté et ce seuil.
12. Cadre légal et réglementaire du GMP
| Texte | Objet |
|---|---|
| CASF, art. R. 314-170-1 | Définition légale du GMP |
| CASF, art. R. 314-170-3 | Définition légale du PMP |
| CASF, art. R. 314-170-5 | Composition du GMPS (GMP + PMP pondéré) |
| CASF, art. R. 314-162 | Équation tarifaire du forfait global de soins |
| CASF, art. L. 313-12 | Qualification d’EHPAD selon un seuil de proportion de personnes dépendantes, fixé par décret |
| Arrêté du 15 novembre 2013 | Coefficient de valorisation du PMP dans le GMPS fixé à 2,59 |
| Arrêté du 9 juin 2026 | Valeurs du point mentionnées à l’article R. 314-162 pour l’exercice 2026 |
| LFSS 2024, art. 79 / LFSS 2025, art. 82 | Expérimentation de fusion des forfaits soins et dépendance |
13. FAQ sur le GIR Moyen Pondéré (GMP)
Le GMP en EHPAD, c’est quoi exactement ?
Le GMP est l’indicateur qui mesure le niveau moyen de perte d’autonomie des résidents d’un EHPAD. Il est calculé en rapportant la somme des points obtenus par la valorisation du niveau de perte d’autonomie de chaque résident au nombre de résidents classés, selon la définition de l’article R. 314-170-1 du CASF.
Comment calculer le GIR moyen pondéré ?
Chaque résident est classé dans l’un des six GIR par le médecin coordonnateur, à l’aide de la grille AGGIR. Le nombre de résidents de chaque GIR est ensuite multiplié par son coefficient de points (GIR 1 = 1 000, GIR 2 = 840, GIR 3 = 660, GIR 4 = 420, GIR 5 = 250, GIR 6 = 70), puis la somme obtenue est divisée par le nombre total de résidents classés.
Quelle est la valeur du point GMPS en 2026 ?
Fixée par l’arrêté du 9 juin 2026, elle s’établit à 13,86 € pour le tarif global sans PUI, 14,60 € avec PUI, 11,79 € pour le tarif partiel sans PUI et 12,48 € avec PUI. Ces valeurs sont majorées de 20 % dans les départements d’outre-mer.
Qu’est-ce que le GMPS et comment le calculer ?
Le GMPS (GIR Moyen Pondéré Soins) sert de base au calcul du forfait global de soins. Il résulte de l’addition pondérée des points GMP et des points PMP, affectés d’un coefficient fixé par arrêté : ce coefficient est fixé à 2,59 par l’arrêté du 15 novembre 2013, soit GMPS = GMP + (PMP × 2,59).
Quelle est la différence entre le GMP et le PMP ?
Le GMP mesure la perte d’autonomie via la grille AGGIR ; le PMP mesure les besoins en soins requis, à partir du référentiel Pathos prévu par l’article L. 314-9 du CASF. Le GMP alimente la dotation dépendance du conseil départemental, le PMP contribue au forfait soins via le GMPS.
Peut-on calculer son GMP en ligne ou sous Excel ?
Oui : la formule ne nécessite que la répartition des résidents par GIR et le barème officiel de points. Le simulateur de cette page effectue ce calcul instantanément ; il reste toutefois indicatif, seule la validation de la coupe par l’ARS ou le conseil départemental faisant foi.
Quel est le GMP moyen des EHPAD en France ?
Le GMP moyen constaté en 2024 parmi les 85 départements ayant répondu à l’enquête de la CNSA est de 744 — il s’agit d’une moyenne des GMP départementaux, non d’une moyenne calculée établissement par établissement. Le département affichant le GMP le plus élevé est l’Essonne (807), le plus faible la Loire-Atlantique (677).
Quels GIR ouvrent droit à l’APA ?
L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) est réservée aux personnes classées dans les niveaux de GIR correspondant à une perte d’autonomie avérée, selon les conditions fixées par le code de l’action sociale et des familles. Les GIR les plus élevés en numéro, GIR 5 et GIR 6, correspondent à une autonomie conservée pour l’essentiel des actes de la vie courante.
Qui évalue le GIR des résidents et qui valide la coupe ?
Le médecin coordonnateur évalue chaque résident avec la grille AGGIR, en lien avec l’équipe pluridisciplinaire. La commission régionale de coordination médicale (CRCM) veille à la bonne organisation des opérations d’évaluation et à la qualité de la formation des médecins coordonnateurs aux référentiels AGGIR et Pathos. Le délai de validation est de 4 mois à compter du dépôt de la base sur Galaad.
Peut-on contester le GMP validé ?
La cohérence des évaluations et leur validation relèvent du contrôle de la commission régionale de coordination médicale : celle-ci veille à la bonne organisation des opérations d’évaluation du niveau de perte d’autonomie moyen de chaque établissement. Toute contestation s’inscrit dans ce cadre institutionnel régional, en lien avec l’ARS et le conseil départemental.
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