Le PMP (PATHOS Moyen Pondéré) est l’indicateur clé qui détermine la dotation soins d’un EHPAD via la formule GMPS. Pourtant, de nombreux médecins coordonnateurs et IDEC perçoivent encore son calcul comme une boîte noire confiée au logiciel GALAAD. Comprendre la mécanique du PMP — les 8 postes de ressources, l’algorithme de pondération, les valeurs de référence — permet de mieux préparer la coupe PATHOS, d’identifier les leviers d’optimisation et de défendre le résultat auprès de l’ARS. Ce guide décrit la méthodologie pas à pas.
Qu’est-ce que le PMP et à quoi sert-il ?
Le PATHOS Moyen Pondéré est un score synthétique d’établissement qui exprime la charge moyenne en soins médico-techniques de la population hébergée. Il est calculé à partir des coupes individuelles réalisées sur chaque résident lors de la coupe PATHOS.
Le PMP s’intègre dans la formule du GMPS (GIR Moyen Pondéré Soins) :
GMPS = GMP + (PMP × 2,59)
Dotation annuelle = GMPS × Nombre de places × Valeur du point GMPS (2025 : ~10,37 €)
Le coefficient 2,59 — fixé par arrêté interministériel et reconduit depuis 2013 — traduit le fait que les soins médicaux sont proportionnellement plus coûteux que la dépendance. Chaque point de PMP vaut donc 2,59 fois plus que chaque point de GMP dans le calcul de la dotation soins. Pour comprendre comment le GMP est calculé et son articulation avec le PMP, notre page pilier sur le GMP en EHPAD fournit les bases indispensables.
L’architecture du modèle PATHOS : 50 états, 12 profils, 8 postes
Le modèle PATHOS repose sur une architecture à trois niveaux, définie dans le Guide officiel PATHOS 2022 de la CNSA :
Niveau 1 : Les 50 états pathologiques
Le thésaurus PATHOS recense 49 états pathologiques codifiés + 1 catégorie « absence de pathologie ». Ces états sont organisés en domaines cliniques : maladies cardiovasculaires (HTA, insuffisance cardiaque, troubles du rythme), maladies neurologiques (Alzheimer, Parkinson, AVC séquellaire), maladies métaboliques (diabète, troubles thyroïdiens), maladies pulmonaires (BPCO, insuffisance respiratoire), troubles psychiatriques, pathologies infectieuses, maladies ostéoarticulaires, affections génitourinaires, cancers actifs et soins palliatifs.
Niveau 2 : Les 12 profils de soins (P0 à P11)
Pour chaque pathologie identifiée, le médecin coordonnateur attribue un profil de soins qui qualifie l’intensité des ressources requises :
- P0 : Pas de soin spécifique requis (pathologie stabilisée sans traitement actif) ;
- P1 à P3 : Profils de surveillance légère à modérée ;
- P4 à P7 : Profils de soins techniques intermédiaires ;
- P8 à P11 : Profils de soins lourds, nécessitant des ressources importantes (hospitalisations répétées, soins palliatifs, polychimiothérapie).
Niveau 3 : Les 8 postes de ressources
Chaque combinaison pathologie/profil génère une mobilisation spécifique des 8 postes de ressources PATHOS. Ces postes correspondent aux catégories de dépenses réelles couvertes par la dotation soins :
| Poste | Contenu |
|---|---|
| 1 — Gériatrie | Consultations et hospitalisations en gériatrie, suivi médical spécialisé |
| 2 — Psychiatrie | Soins psychiatriques, consultations spécialisées, hospitalisations psy |
| 3 — Actes médico-infirmiers | Soins infirmiers techniques : pansements, injections, prélèvements, sondages |
| 4 — Rééducation / Réadaptation | Kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, psychomotricité |
| 5 — Psychologie / Psychothérapie | Suivi psychologique, psychothérapies, groupes thérapeutiques |
| 6 — Biologie | Analyses de laboratoire, bilans biologiques réguliers |
| 7 — Imagerie / Explorations | Radiologie, échographie, ECG, explorations fonctionnelles |
| 8 — Pharmacie et petit matériel | Médicaments à la charge de l’établissement, petit matériel médical et dispositifs |
Calcul du PMP : la méthodologie pas à pas
Le PMP est calculé par l’algorithme PATHOS intégré dans le logiciel GALAAD. Voici comment il fonctionne :
Étape 1 — Évaluation individuelle de chaque résident
Le médecin coordonnateur identifie, pour chaque résident :
- Tous les états pathologiques actifs (parmi les 49 codifiés) ;
- Le profil de soins correspondant à chaque pathologie (P0 à P11), en fonction de l’intensité des soins réellement dispensés et documentés.
Étape 2 — Calcul du score individuel par l’algorithme PATHOS
Pour chaque résident, l’algorithme PATHOS détermine le niveau de mobilisation de chacun des 8 postes de ressources à partir des couples pathologie/profil renseignés. Chaque poste est exprimé en points (sur une échelle normée). La somme pondérée des 8 postes donne le score PATHOS individuel du résident (typiquement compris entre 100 et 350 points).
Étape 3 — Calcul du PMP de l’établissement
PMP = (Somme des scores PATHOS individuels) ÷ (Nombre total de résidents évalués)
Le PMP est ainsi une moyenne des charges en soins sur l’ensemble de la population hébergée. Il reflète le profil médico-technique moyen de l’établissement, et non la situation d’un résident particulier.
Étape 4 — Intégration dans le GMPS et calcul de la dotation
Le PMP ainsi calculé est intégré dans la formule GMPS. Voici un exemple concret pour un établissement de 80 places :
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| GMP (coupe AGGIR) | 750 points |
| PMP (coupe PATHOS) | 220 points |
| GMPS calculé | 750 + (220 × 2,59) = 1 320 points |
| Valeur du point GMPS (2025) | 10,37 € |
| Nombre de places | 80 |
| Dotation soins annuelle estimée | 1 320 × 80 × 10,37 = 1 095 072 €/an |
Valeurs de référence nationales et interprétation du PMP
Le rapport CNSA sur les valeurs GMP/PMP fournit les repères suivants pour interpréter le PMP d’un établissement :
- PMP < 180 points : population peu polypathologique, faibles charges en soins techniques — souvent en lien avec un profil de résidents plus autonomes médicalement ;
- PMP 180-250 points : profil médian, cohérent avec un EHPAD standard accueillant principalement des personnes âgées polypathologiques stabilisées ;
- PMP > 250 points : population très complexe, charges importantes en soins techniques — peut traduire une spécialisation (UHR, unité Alzheimer, soins palliatifs intensifs).
La GMP nationale moyenne 2024 est de 744 points. La dernière valeur nationale fiable de PMP est de 213 points (référence CNSA 2017, valeur stable depuis lors). Pour comprendre la complémentarité entre GMP et PMP dans le financement, notre page pilier PATHOS en EHPAD approfondit l’articulation entre les deux outils.
Optimiser le codage PATHOS : leviers pour l’IDEC et le médecin coordonnateur
L’optimisation du PMP ne consiste pas à « gonfler » artificiellement les scores — ce qui serait frauduleux et détectable par GALAAD — mais à s’assurer que les soins réellement dispensés sont correctement documentés et codés.
Les leviers d’un codage rigoureux
- Traçabilité systématique dans le DUI : chaque acte infirmier, chaque médicament, chaque consultation spécialisée doit être documenté. Un soin non tracé est un soin non valorisable ;
- Mise à jour des diagnostics : les ordonnances et les comptes rendus d’hospitalisation récents doivent être intégrés dans le dossier avant la coupe ;
- Choix du bon profil de soins : un diabète instable avec HbA1c mal équilibrée ne se code pas comme un diabète stabilisé — le profil de soins doit refléter l’intensité réelle du suivi ;
- Implication des médecins traitants : ils sont les seuls à pouvoir formaliser certains diagnostics et à justifier des profils de soins élevés.
Les établissements ayant investi dans une préparation rigoureuse ont pu récupérer 150 000 à 300 000 € de dotation supplémentaire sur 5 ans, simplement en s’assurant que les soins déjà dispensés étaient correctement documentés. Le guide Maîtriser la coupe PATHOS étape par étape sur SOS EHPAD détaille le processus de préparation optimal. Pour situer la coupe PATHOS dans l’ensemble des missions de l’IDEC, consulter notre fiche métier IDEC.