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Recrutement & Fidélisation

Pharmaciens, dentistes, sages-femmes 2026 : l’impact DREES pour les EHPAD

9 min de lecture Patrice Martin
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Mis à jour · juillet 2026

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L’état des lieux démographique des professions de santé, publié par la DREES début juillet 2026, met en évidence des effectifs en hausse dans plusieurs métiers de santé : officines, cabinets dentaires, maïeutique et rééducation fonctionnelle. Pour les EHPAD, ces chiffres ne sont pas anecdotiques : ils touchent directement le circuit du médicament, l’accès aux soins bucco-dentaires des résidents et la disponibilité des professionnels de la rééducation face aux chutes.

Les faits : des effectifs en croissance sur presque toutes les professions

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Selon le détail des effectifs publié par la DREES, côté pharmaciens, les effectifs de la profession repartent à la hausse, avec 75 300 praticiens comptabilisés au 1er janvier 2026 — un sommet inédit depuis longtemps. La profession se féminise fortement : les femmes forment désormais plus des deux tiers du corps des pharmaciens (68 %), pour une moyenne d’âge qui s’établit à 46,1 ans au 1er janvier 2026. Le mode d’exercice évolue aussi : la part de libéraux recule à 49 % en 2026, alors qu’elle atteignait 56 % en 2012, tandis que environ 67 % des professionnels travaillent au comptoir, en officine.

Chez les chirurgiens-dentistes, on comptabilise 48 700 praticiens début 2026, un effectif en progression de 2,2 % sur douze mois. Là aussi, la féminisation progresse : un peu plus d’un praticien sur deux (51 %) est désormais une femme. Le mode d’exercice reste toutefois marqué par le libéral : environ 75 % de la profession travaille uniquement à titre indépendant, hors tout salariat.

Les sages-femmes affichent la plus forte dynamique : 26 400 sages-femmes sont en activité, soit une hausse de 2,6 % en un an — une profession dans laquelle 53 % d’entre elles occupent un poste salarié en milieu hospitalier, pour un âge moyen de 41,0 ans au 1er janvier 2026. On dénombre par ailleurs 14 600 pédicures-podologues en exercice, et 111 400 professionnels de la masso-kinésithérapie exercent sur le territoire français, soit une progression moyenne annuelle de 3,1 % depuis huit ans.

Ces données s’inscrivent dans un mouvement plus large : la France compte désormais 242 200 médecins en exercice, 5 000 de plus que l’année précédente, au tout début 2026, avec une spécialité qui progresse particulièrement vite en gériatrie — le nombre de gériatres a pratiquement triplé depuis 2012, passant de 1 200 à 3 400 début 2026. Nous avons détaillé cette dynamique médicale dans notre analyse de la démographie médicale 2026 et de son impact sur les EHPAD ; cet article se concentre sur les professions paramédicales et pharmaceutiques, moins souvent commentées mais tout aussi déterminantes pour le quotidien des établissements.

Vue d’ensemble : effectifs, croissance et féminisation

ProfessionEffectifs 2026ÉvolutionPart de femmes
Pharmaciens75 300Plus haut niveau depuis 201268 %
Chirurgiens-dentistes48 700+ 2,2 % en un an51 %
Sages-femmes26 400+ 2,6 % en un anNon chiffré dans ce communiqué
Kinésithérapeutes111 400+ 3,1 % par an depuis 2017Non précisé par la DREES dans ce communiqué
Pédicures-podologues14 600Non chiffré dans ce communiquéNon précisé par la DREES dans ce communiqué
Médecins (rappel)242 200+ 2,1 % en un anLa moitié

Ce tableau met en évidence un point souvent négligé : la progression des effectifs ne suit pas le même rythme selon les professions, et les données de féminisation ou de mode d’exercice ne sont pas systématiquement détaillées par la DREES pour chaque profession dans un même communiqué. Pour un directeur d’EHPAD, cette hétérogénéité doit inciter à consulter les données professionnelles par profession plutôt qu’à généraliser une tendance favorable à l’ensemble des métiers de santé.

Mise en perspective : des trajectoires différentes selon les professions

Le point commun à ces professions est la féminisation et l’évolution du mode d’exercice vers davantage de salariat. Chez les pharmaciens, le recul du libéral pur — 49 % en 2026 contre 56 % en 2012 — traduit une diversification des débouchés (industrie, biologie médicale, établissements de santé) qui coexiste avec le maintien des deux tiers de la profession en officine. Chez les sages-femmes, la balance penche nettement vers le salariat hospitalier (53 % salariées à l’hôpital), un mode d’exercice peu comparable à celui des chirurgiens-dentistes, où près des trois quarts exercent en libéral exclusivement.

Cette hétérogénéité compte pour les EHPAD, dont les besoins ne sont pas les mêmes selon la profession : un établissement recherche un pharmacien référent en exercice libéral d’officine à proximité, un chirurgien-dentiste en mesure de se déplacer ou de recevoir des résidents à mobilité réduite, et un kinésithérapeute disponible pour des séances régulières de rééducation ou de prévention des chutes.

Impact concret pour les EHPAD, profession par profession

Pharmaciens : un circuit du médicament qui reste sous tension locale

La progression nationale des effectifs de pharmaciens ne dit rien, en tant que telle, de la disponibilité d’un pharmacien référent dans chaque bassin de vie où se trouve un EHPAD : la DREES ne publie pas de données spécifiques sur ce point à cette échelle. Elle offre néanmoins un contexte plus favorable qu’une décennie de stagnation des effectifs. Pour les IDEC en charge du circuit du médicament, cela reste un point de vigilance locale à documenter avec l’ARS et l’assurance maladie, en particulier là où l’audit d’approvisionnement en médicaments révèle des fragilités, ou pour sécuriser un circuit du médicament confronté à la polymédication des résidents.

Chirurgiens-dentistes : un enjeu d’accès aux soins bucco-dentaires

Avec 48 700 praticiens en activité et une croissance modérée, l’offre dentaire progresse plus lentement que d’autres professions de santé. Pour les résidents d’EHPAD, souvent peu mobiles, l’enjeu n’est pas seulement le nombre de praticiens mais leur capacité à se déplacer en établissement ou à accueillir des patients dépendants — un sujet directement lié au dépistage mensuel de la dénutrition exigé par la HAS, l’état bucco-dentaire conditionnant souvent la capacité à s’alimenter correctement.

Kinésithérapeutes : une ressource en expansion pour la prévention des chutes

La progression continue des effectifs de kinésithérapeutes (+ 3,1 % par an en moyenne depuis 2017) est une bonne nouvelle pour les EHPAD, où la rééducation et la prévention des chutes mobilisent régulièrement cette profession. Elle ne résout pas pour autant les tensions de recrutement direct en établissement, qui restent réelles : le baromètre emploi-formation 2025 d’OPCO Santé indique que près d’un établissement sur deux du secteur privé sanitaire et médico-social rencontre des difficultés de recrutement, un constat qui recoupe une étude DREES antérieure selon laquelle 44 % des EHPAD déclaraient rencontrer des difficultés de recrutement.

Sages-femmes : un signal indirect, à ne pas confondre avec un enjeu EHPAD direct

La forte progression des sages-femmes (+ 2,6 % en un an) concerne d’abord la périnatalité et n’a pas de lien statistique direct avec l’activité en EHPAD. Elle illustre néanmoins la vitalité générale du recrutement dans les professions de santé à prédominance salariée hospitalière, un contexte qui profite indirectement à la mutualisation de compétences entre établissements sanitaires et médico-sociaux, notamment via les dispositifs de mode dégradé mobilisés en période de pénurie estivale.

Impact pour les directeurs et les médecins coordonnateurs

  • Croiser les données nationales et locales : une hausse nationale des effectifs ne garantit pas la disponibilité d’un professionnel dans le bassin de vie de l’établissement — vérifier la réalité du terrain avant tout projet de recrutement ou de convention.
  • Prioriser le circuit du médicament : la stabilité du pharmacien référent reste un facteur clé de sécurisation, en particulier pour les établissements ayant déjà identifié des fragilités d’approvisionnement.
  • Anticiper l’accès dentaire : formaliser des conventions avec des chirurgiens-dentistes acceptant les déplacements en établissement, plutôt que de compter sur la seule croissance démographique de la profession.
  • Sécuriser la présence médicale : la progression du nombre de gériatres — un vivier à mobiliser pour le recrutement de médecins coordonnateurs — s’inscrit dans le cadre des missions redéfinies par le décret 2025-897.

Perspectives

Ces données DREES dessinent un paysage globalement plus favorable qu’il y a dix ans pour la plupart des professions de santé. Mais la croissance nationale des effectifs ne se traduit pas mécaniquement par une amélioration de l’accès aux soins pour les résidents d’EHPAD, faute de données DREES spécifiques à ce secteur sur la répartition territoriale de ces professionnels. Les prochaines publications de la DREES sur les difficultés de recrutement en établissement médico-social permettront de vérifier si cette dynamique démographique nationale se traduit, ou non, par un mieux concret dans les établissements.

Questions fréquentes

Combien de pharmaciens sont en activité en France en 2026 ?
75 300 pharmaciens étaient en activité au 1er janvier 2026 selon la DREES, un niveau au plus haut depuis plusieurs années, avec 68 % de femmes et un âge moyen de 46,1 ans.
Ces chiffres signifient-ils plus de professionnels disponibles pour les EHPAD ?
Pas mécaniquement : la DREES ne publie pas de données spécifiques sur la disponibilité de ces professionnels dans les EHPAD. La hausse nationale des effectifs offre un contexte plus favorable, mais la réalité locale (bassin de vie, conventions existantes) reste déterminante.
Le nombre de kinésithérapeutes progresse-t-il assez vite pour les EHPAD ?
Les effectifs de kinésithérapeutes progressent de 3,1 % par an en moyenne depuis 2017, portant l’effectif à 111 400 praticiens en ce début d’année 2026. Cette dynamique nationale ne garantit toutefois pas la résorption des tensions de recrutement propres au secteur médico-social.
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