Les emplois supérieurs D3S traversent une crise d’attractivité que le SYNCASS-CFDT documente une nouvelle fois à l’occasion de cette instance collégiale. Dans sa dernière déclaration liminaire, le syndicat chiffre la désaffection des postes de direction, dénonce le déploiement des GHT et des GTSMS, et réclame l’unicité statutaire entre les corps des DH et des D3S — une déclaration qui intéresse la direction des établissements médico-sociaux publics : les EHPAD publics relèvent pour partie du corps des D3S, mais c’est une lecture de gestion qui n’engage pas le syndicat, lequel raisonne à l’échelle du corps et ne cite jamais les EHPAD.
Les faits
Le SYNCASS-CFDT ancre sa déclaration dans les chiffres de la dernière instance collégiale D3S. Selon le syndicat, « Cette instance collégiale confirme une nouvelle fois l’ampleur de la baisse d’attractivité des emplois supérieurs D3S. » Il détaille cette baisse dans sa déclaration liminaire à l’instance collégiale D3S :
- Sur le volume de postes et de candidatures : Quinze postes publiés, dont neuf emplois donnant l’accès à l’échelon fonctionnel ont reçu les candidatures de vingt‑trois candidats, dont sept non‑fonctionnaires, proportion qui ne cesse de croître au fil des instances.
- Sur la répartition très inégale de l’attractivité : Deux postes ne recueillent qu’une seule candidature, tandis que seulement trois en comptent plus de trois, reflet d’une attractivité très inégale selon les territoires.
- Sur le sort de plusieurs postes publiés : Trois postes, certainement sans candidature, ont été retirés puis republiés dans la liste aux élèves ; deux autres ont été retirés le jour même de la publication de la liste aux élèves, sans qu’un additif ne soit publié depuis pour l’un d’eux.
Mise en perspective
Le paradoxe est au cœur de la déclaration. Le SYNCASS-CFDT constate d’abord que « La disparition progressive de postes de direction due aux regroupements et la multiplication des intérims fragilisent le secteur. » Il s’interroge ensuite : « Comment expliquer le nombre croissant de chefferies vacantes, alors même que, pour la deuxième année consécutive, les listes réservées aux élèves D3S ont peiné à atteindre le nombre de postes requis ? » Ce constat de chefferies non pourvues fait écho, dans une lecture de gestion qui n’engage pas le syndicat, à la vacance de postes mesurée par la CNSA dans les établissements — deux indicateurs qui ne portent toutefois pas sur le même périmètre.
Ce déficit de candidatures statutaires interroge, pour le syndicat, la composition même des équipes de direction. Il relève que « La difficulté pour les élèves à faire remonter des postes sur leurs listes interroge aussi la place des contractuels dans les équipes de direction. » Il le reconnaît lui-même : Leur présence peut répondre à des besoins ponctuels mais elle ne peut devenir un palliatif structurel à la désaffection des postes statutaires. Il demande en outre que Le recours aux contractuels sur des postes d’adjoints doit être encadré, justifié, et ne saurait remplacer une politique d’attractivité ambitieuse. Cette question rejoint, dans une lecture de gestion que la déclaration n’aborde pas, celle que posent les fiches de poste attendues des élèves directeurs D3S au moment de constituer leurs listes de vœux.
Le second axe de la déclaration porte sur le déploiement territorial des GHT (groupements hospitaliers de territoire) et des GTSMS (groupements territoriaux sociaux et médico-sociaux). Le syndicat rapporte que « La circulaire du 29 juillet 2026 sur les GHT a ravivé les inquiétudes latentes. » Nous n’avons pas consulté ce texte : le SYNCASS-CFDT n’en donne ni date de publication au Journal officiel ni numéro d’article dans sa déclaration, et nous nous limitons à rapporter ce qu’il en dit dans le texte intégral de sa déclaration liminaire. Le syndicat relève par ailleurs que « Une organisation syndicale laisse entendre que les hôpitaux de proximité seraient un sujet exclusivement D3S, alors que la moitié des emplois concernés sont aujourd’hui occupés par des DH. » Face à ce constat, Le SYNCASS-CFDT considère que les établissements de proximité dans leur ensemble, au titre de leur singularité de mission et d’implantation et sans distinction de qui les dirige, doivent rester à l’écart d’un mouvement de directions communes systématiques au sein des GHT.
Le syndicat va plus loin sur la méthode : Nous alertons également sur la position de certaines ARS qui, estimant les GTSMS « non fonctionnels », dans un délai impropre à toute évaluation, imposent à des établissements médico-sociaux d’adhérer à un GHT, puis d’intégrer une direction commune. Il en tire une inquiétude directe pour le secteur : Les établissements médico-sociaux pourraient bien être les premières victimes des dispositions de cette circulaire. Une lecture de gestion, qui n’engage pas le SYNCASS-CFDT : les GTSMS regroupent notamment des établissements médico-sociaux publics, dont des EHPAD publics — le syndicat, lui, ne cite à aucun moment les EHPAD et raisonne à l’échelle du corps des D3S et des établissements médico-sociaux dans leur ensemble. Il dénonce enfin des décisions prises sans concertation : D’autres décrètent qu’il ne faut qu’un seul GTSMS par département, sans concertation, sans tenir compte des parcours sur un territoire et en contradiction avec l’esprit de la loi.
Impact concret par profil métier
Voici, profil par profil, une lecture de gestion de ces constats — une lecture qui n’engage pas le SYNCASS-CFDT — à l’usage des différents niveaux de la direction d’EHPAD public.
Pour le directeur en poste
Pour le directeur déjà en poste, la déclaration est explicite sur le coût humain de cette situation : Ces situations ne sont plus tenables : elles épuisent les directeurs, dégradent leurs conditions d’exercice et alimentent un sentiment de solitude professionnelle largement répandu et délétère. Ce que le syndicat ne détaille pas, en revanche, ce sont les leviers individuels d’organisation qu’un directeur peut actionner dans ce contexte : les pistes qui suivent sont une lecture de gestion, qui n’engage pas le SYNCASS-CFDT. Suivre les leviers de rémunération du directeur D3S et anticiper l’entretien professionnel annuel restent, de notre point de vue, des réflexes utiles dans ce contexte tendu, d’autant que la délégation de l’entretien professionnel par l’ARS peut modifier l’interlocuteur habituel du directeur.
Pour le directeur adjoint et l’élève directeur
Pour les élèves D3S et les futurs directeurs adjoints, le constat est direct : le SYNCASS-CFDT relève que les listes de postes peinent à se remplir, ce qui alimente selon lui le recours à des contractuels sur des postes d’adjoints — un recours dont il demande qu’il soit encadré et justifié, sans jamais le qualifier de déloyal. Une lecture de gestion, qui n’engage pas le syndicat : mieux anticiper ses vœux de poste et se projeter tôt dans la fonction reste, à notre sens, un réflexe utile dans ce contexte tendu — sujet que la déclaration n’aborde pas sous cet angle individuel.
Pour l’équipe de direction et les cadres
Pour les équipes de direction confrontées à un rapprochement en GHT ou en GTSMS, la vigilance porte sur le respect des procédures et du dialogue social, tel que le réclame le SYNCASS-CFDT. Suivre l’installation d’un directeur d’ARS par département et anticiper des instances comme un conseil de la vie sociale sans candidats permet, de notre point de vue, de sécuriser le dialogue local — sujet que la déclaration du SYNCASS-CFDT n’aborde pas sous cet angle.
Perspectives
Le SYNCASS-CFDT formule des revendications précises. Il demande d’abord que « La place donnée au dialogue social, tant dans les régions avec les ARS qu’avec le CNG ou la DGOS, mérite d’être réaffirmée. » Le syndicat résume ensuite ses attentes : « Entendre les D3S sur les réformes qui les concernent, garantir un cadre de gestion respectueux des procédures, soutenir les directeurs dans leurs responsabilités et restaurer l’attractivité des emplois : ce sont les conditions indispensables pour redonner du sens et de la cohérence à l’action publique dans nos secteurs. »
Il insiste sur la mesure de ces demandes : Les D3S ne demandent ni privilèges ni traitements d’exception ; ils demandent simplement que leur engagement soit reconnu, que leurs conditions d’exercice soient soutenables. Sa revendication structurelle porte sur le statut lui-même : Le SYNCASS‑CFDT continuera à porter haut et fort ces exigences et à demander la transposition de la réforme de la haute fonction publique à ce corps qui passe par l’unicité statutaire entre les corps des DH et des D3S. Le syndicat pose enfin un ultimatum : « Sans cela, il ne restera plus qu’à acter la mise en extinction du corps des D3S ! »
Cette question de l’unicité statutaire entre DH et D3S intéresse directement le vivier des directions d’EHPAD publics — une lecture de gestion qui n’engage pas le SYNCASS-CFDT, dont la déclaration porte sur le corps des D3S dans son ensemble, sans viser un type d’établissement en particulier. Le texte intégral de la déclaration est consultable sur le site du SYNCASS-CFDT.


