Formation AS en EHPAD : l'arrêté du 26 février 2025 ouvre un nouveau parcours
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Formation AS en EHPAD : l’arrêté du 26 février 2025 ouvre un nouveau parcours

12 juin 2026 12 min de lecture Aurélie Mortel
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En EHPAD, la qualité des soins quotidiens repose largement sur les aides-soignantes. Depuis la réingénierie du diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS) en 2021, un écart de référentiel s’est installé entre les professionnelles formées sous l’ancien système et celles diplômées depuis. L’arrêté du 26 février 2025, publié au Journal officiel le 1er mars 2025, crée un dispositif officiel d’actualisation des compétences pour les aides-soignants titulaires d’un diplôme délivré avant la réingénierie de 2021, articulé en 3 modules d’une journée chacun. Pour les établissements, ce texte est un signal clair à intégrer dans la construction du plan de formation 2025‑2026.

Un texte attendu depuis la réingénierie du DEAS

La réingénierie du diplôme d’État d’aide-soignant de 2021 a été une réforme de fond : nouveau référentiel de compétences fondé sur les activités, évaluation clinique élargie (constantes, évaluation de la douleur, dépistage de la dénutrition), gestion du dossier patient numérique, communication sécurisée. Les aides-soignantes diplômées avant cette date continuaient d’exercer selon les acquis de leur formation initiale, sans mécanisme officiel de transition vers le nouveau référentiel.

L’arrêté du 26 février 2025 comble ce vide : il définit les modalités d’une formation d’actualisation des compétences pour les aides-soignants titulaires d’un diplôme délivré avant la réingénierie du diplôme d’État de 2021, articulée en 3 modules de formation d’une journée chacun. Ces modules couvrent les nouvelles compétences introduites par le référentiel 2021 : évaluation clinique élargie, actes techniques autorisés à titre dérogatoire, prévention des risques.

À l’issue de ce parcours, l’aide-soignante reçoit une attestation de formation. Sur sa nature exacte, l’arrêté apporte une précision importante : L’attestation peut être présentée à l’employeur, mais ne peut être exigée par celui-ci. La démarche reste donc volontaire pour le professionnel. C’est aux directeurs et aux IDEC de créer les conditions favorables à cette mise à niveau — sans pouvoir l’imposer par voie réglementaire.

Le texte s’inscrit dans un contexte plus large : plusieurs dizaines de milliers d’aides-soignantes exerçant en EHPAD ont été diplômées avant 2021. La question de leur montee en compétences sur les éléments les plus récents du référentiel est un enjeu collectif pour la qualité des soins à l’échelle du secteur.

Un secteur sous pression démographique : la formation, priorité stratégique

Si la formation reste volontaire, le contexte démographique en fait une urgence. En février 2026, la DREES publiait une étude de cadrage sur les besoins en soutien à l’autonomie à l’horizon 2050. Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu : la DREES évalue à 738 000 le nombre de personnes supplémentaires qui entreront en perte d’autonomie d’ici 2050. Et pour y répondre, les besoins en emplois sont considérables : entre 150 000 et 200 000 créations nettes d’emplois seront indispensables à l’horizon 2050 pour couvrir les besoins de soutien à l’autonomie, selon l’Etudes et Résultats DREES de février 2026.

Pour les EHPAD, ces projections signifient que les équipes d’aides-soignantes actuellement en poste devront, dans les prochaines années, prendre en charge des résidents de plus en plus dépendants — dans des structures qui peineront à recruter. Former les professionnelles déjà présentes n’est plus un investissement optionnel : c’est une condition de la qualité des soins à court terme.

L’effort de formation dans le secteur est déjà massif. Selon l’contrat d’objectifs et de moyens de l’OPCO Santé : En 2025, l’OPCO Santé a soutenu 727 818 stagiaires via 619 millions d’euros mobilisés dans le secteur sanitaire et médico-social. L’alternance a également explosé : 18 720 contrats d’apprentissage ont été développés en 2025, soit plus du double par rapport à 2021.

Pour les aides-soignantes déjà diplômées et en poste, le levier n’est pas l’alternance mais la formation continue. L’arrêté du 26 février 2025 s’inscrit exactement dans ce registre.

Ce que ça change concrètement pour les équipes AS en EHPAD

Dans un établissement, les aides-soignantes assurent les soins de nursing quotidiens qui structurent la vie des résidents : la toilette (soin d’hygiène, prévention des escarres, respect de la pudicitié), l’aide au repas (sécurisation de la déglutition, détection de la dénutrition, maintien du plaisir alimentaire), la mobilisation (prévention des chutes, manutention des personnes à mobilité réduite), et le bionettoyage des espaces de vie. Ces actes sont au cœur de l’évaluation HAS lors des contrôles : le référentiel mesure précisément si les soins quotidiens sont réalisés dans le respect de la dignité du résident, en cohérence avec son projet personnalisé.

Une aide-soignante dont les compétences n’ont pas été actualisées depuis plusieurs années peut ne pas maîtriser les évolutions récentes des bonnes pratiques : repositionnement structuré pour la prévention des escarres, protocoles de manutention sécurisée réduisant les TMS, gestion du risque infectieux lors des soins de bouche. Ce n’est pas un jugement sur les professionnelles : c’est la conséquence logique d’un référentiel qui a évolué sans mécanisme de transition accompagné.

L’arrêté du 26 février 2025 offre aux directeurs et aux IDEC un cadre pour répondre à ce décalage. Il permet de cibler les aides-soignantes diplômées avant 2021 et de leur proposer un parcours structuré de mise à niveau. Pour les équipes, c’est aussi un levier de qualité de vie au travail : les professionnelles qui maîtrisent leurs gestes, qui comprennent les risques et les précautions associées, sont généralement moins exposées à l’usure professionnelle.

Pour structurer cette démarche au-delà des 3 modules officiels, des ressources pédagogiques opérationnelles peuvent être mobilisées : les supports de formation dédiés aux aides-soignantes en EHPAD couvrent précisément les gestes quotidiens critiques — toilette, alimentation, bionettoyage — et la manutention sécurisée, les mêmes axes que le référentiel DEAS cherche à consolider.

Anticiper : construire le plan de formation annuel

La mise en œuvre de ce dispositif appelle une méthode. Plusieurs étapes permettent d’intégrer l’arrêté du 26 février 2025 dans le plan de développement des compétences (PDC) de l’établissement.

  • Cartographier les AS diplômées avant 2021 — identifier, parmi l’équipe soignante, les professionnelles concernées par le dispositif d’actualisation, et repérer les éventuels écarts de pratiques.
  • Identifier un organisme de formation habilité — la formation d’actualisation doit être dispensée par un organisme reconnu selon les modalités définies par le texte.
  • Prévoir le financement — l’OPCO Santé (secteur privé) ou l’ANFH (secteur public) peuvent financer ces journées dans le cadre du PDC annuel. L’anticipation est clé car les enveloppes sont souvent budétisées tôt dans l’année.
  • Organiser les remplacements — 3 jours de formation par aide-soignante concernée implique une planification fine, surtout dans des équipes où les absences programmées et imprévues se cumulent fréquemment.
  • Compléter par des ressources terrain accessibles — le parcours officiel couvre les nouvelles compétences réglementaires. Les gestes quotidiens — toilette, repas, manutention — nécessitent une formation continue complémentaire. Les ressources pédagogiques terrain pour aides-soignantes en EHPAD, accessibles en format numérique, permettent de renforcer les compétences sans mobiliser des journées de présentiel supplémentaires.

Dans ce schéma, la formation institutionnelle (les 3 modules de l’arrêté) et les ressources de formation continue se complètent : l’une couvre le cadre réglementaire, l’autre consolide les gestes opérationnels du quotidien.

Questions fréquentes

L’attestation de formation 2025 est-elle obligatoire pour exercer en EHPAD ?
Non. L’arrêté du 26 février 2025 est explicite : l’attestation « peut être présentée à l’employeur, mais ne peut être exigée par celui-ci.» La démarche de mise à jour des compétences reste volontaire pour l’aide-soignante. Elle valorise le profil professionnel et témoigne d’un engagement dans la qualité des soins, mais elle ne constitue pas une condition d’exercice en EHPAD.
Comment financer la formation d’actualisation des compétences AS dans mon établissement ?
Le financement dépend du statut de l’établissement. Les EHPAD privés (lucratif ou à but non lucratif) peuvent solliciter l’OPCO Santé, qui en 2025 a mobilisé 619 millions d’euros pour la formation du secteur sanitaire et médico-social. Les EHPAD publics relevant de la fonction publique hospitalière s’orientent vers l’ANFH. Il est conseillé d’inscrire la formation dans le plan de développement des compétences annuel pour bénéficier des enveloppes disponibles.
Le parcours d’actualisation 2025 couvre-t-il les gestes quotidiens AS (toilette, repas, manutention) ?
Pas entièrement. L’arrêté de février 2025 cible les compétences nouvelles introduites par la réingénierie du DEAS 2021 (actes techniques élargis, évaluation clinique). Les gestes fondamentaux quotidiens — toilette respectueuse, aide au repas sécurisée, manutention ergonomique — relèvent du référentiel DEAS de base et nécessitent une formation continue ciblée. Une ressource dédiée aux gestes terrain de l’aide-soignante en EHPAD peut compléter utilement le parcours officiel.

Sources : Arrêté du 26 février 2025 relatif à la formation d’actualisation des compétences des aides-soignants (Légifrance, JORF n°0052) · DREES, Etudes et Résultats, 5 février 2026 — Soutien à l’autonomie des personnes âgées à horizon 2050 · OPCO Santé, Contrat d’objectifs et de moyens, mai 2026

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