Nouveau

Kit DUERP EHPAD 2027 — risques physiques et psychosociaux, unité par unité

Découvrir
Pochette d'ordonnances et carnet préparés pour une consultation
Santé seniors

Consultation gériatrique d’un parent : ce qu’il faut préparer

15 min de lecture Aurélie Mortel
Ressource recommandée Référence gériatrie
Gériatrie 360° — Le guide pluridisciplinaire de la prise en charge globale de la personne âgée

Gériatrie 360° — Le guide pluridisciplinaire de la prise en charge globale de la personne âgée

La prise en charge globale du grand âge : 14 spécialités en 1 ouvrage.

Mis à jour · juillet 2026

À partir de 29,90 € Découvrir l'ouvrage
Partager

Consultation gériatrique ou consultation mémoire : vous accompagnez un parent et vous ne savez pas quoi observer avant le rendez-vous, ni quoi apporter. Cet article propose une méthode concrète : les points à surveiller dans la vie quotidienne, les documents et la liste des médicaments à réunir, la façon de tenir votre place pendant l’échange. Il s’appuie sur des textes écrits pour les professionnels, que nous traduisons en gestes simples pour une famille.

Consultation gériatrique et consultation mémoire : de quoi parle-t-on ?

Notre sélectionPack INTEGRAL
PACK INTÉGRAL : Communication avec Résidents & Familles
PACK INTÉGRAL : Communication avec Résidents & Familles

Apaisez les tensions familles : la communication qui change tout.

  • 8 modules + scripts d'entretien
  • Gestion plaintes & réclamations
  • Posture validation Naomi Feil

Le rendez-vous de votre parent peut être présenté comme une consultation gériatrique ou comme une consultation mémoire. Les textes de référence consultés pour cet article s’adressent aux professionnels, pas aux familles : ils servent ici à comprendre ce que les soignants regardent, pour que vous arriviez mieux préparé. Pour le déroulé exact du rendez-vous, le secrétariat du service qui le fixe reste l’interlocuteur à interroger.

Du côté de la gériatrie, la recommandation de l’Anesm et de la HAS sur le repérage des risques de perte d’autonomie à domicile indique que « Les évaluations gériatriques personnalisées agissent sur la prévention des événements cliniques majeurs quel que soit le lieu de vie de la personne âgée ». Ce texte vise les professionnels qui interviennent auprès de personnes âgées vivant à domicile.

Du côté de la mémoire, le guide de la HAS sur le parcours de soins des troubles neurocognitifs prévoit que « Toute personne présentant un trouble neurocognitif documenté par un médecin généraliste doit être adressé à un médecin spécialiste de la mémoire, et ceci afin de recueillir un diagnostic étiologique ». Cette phrase vise le médecin généraliste, pas la famille. C’est une bonne raison d’en parler d’abord avec le médecin de votre parent ; l’article sur le médecin traitant en EHPAD et son association au parcours de soins détaille la place de ce professionnel.

Pour la suite, le même guide indique que « Les explorations à visée diagnostique comportent généralement une évaluation neuropsychologique et une imagerie cérébrale, qui sera, dans la mesure du possible, une IRM cérébrale ». Pour comprendre ce qu’est un bilan neuropsychologique, notre article sur l’évaluation neuropsychologique en EHPAD présente ses outils et son rythme dans le cadre d’un établissement. Pour une vue d’ensemble des maladies concernées, consultez notre guide complet sur Alzheimer et les maladies neurodégénératives.

Avant le rendez-vous : observer, noter, puis lister les médicaments

Les domaines que les professionnels observent

La recommandation Anesm/HAS sur le repérage des risques, destinée aux professionnels qui interviennent auprès de personnes âgées à domicile, porte sur les domaines à observer : le statut nutritionnel, l’activité physique, la mobilité, l’énergie/la fatigue, la force, la cognition, l’humeur, les relations sociales et l’environnement, la dépendance. Les fiches qui accompagnent cette recommandation portent sur la mauvaise nutrition/la dénutrition et la déshydratation, les chutes, les risques liés à la prise des médicaments, la souffrance physique, la souffrance psychique, les troubles du comportement et les troubles cognitifs.

Vous n’avez pas à rendre un bilan complet. Un carnet simple suffit, dans lequel vous notez une ligne par observation, avec la date. Prenez cette liste de domaines comme une grille de lecture de la vie quotidienne de votre parent, sans chercher à poser un diagnostic. Quelques repères :

  • Repas, boissons et transit : ce que votre parent mange et laisse dans l’assiette, s’il boit, si son transit change. L’article sur la constipation chronique du parent âgé explique quand consulter.
  • Déplacements et chutes : chutes ou quasi-chutes, difficulté à se lever ou à monter les marches. Si une fracture a déjà eu lieu, l’article sur l’ostéoporose d’un proche âgé aborde la prévention d’une première fracture.
  • Énergie et sommeil : fatigue inhabituelle, somnolence dans la journée, nuits agitées.
  • Mémoire et repères : oublis, répétitions, objets égarés, difficultés nouvelles dans les gestes habituels.
  • Humeur et relations : tristesse, irritabilité, retrait, contacts qui se raréfient. En cas de doute sur l’entourage, l’article sur l’isolement d’un proche âgé à domicile aide à repérer les signaux.
  • Environnement : logement, aides en place, personnes qui passent voir votre parent.

Quand le rendez-vous suit une hospitalisation

La HAS a consacré une fiche à la dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation des personnes âgées. Elle s’adresse aux professionnels de la santé, aux responsables administratifs des hôpitaux et à leurs tutelles, et concerne les patients âgés hospitalisés et leur famille. Elle énumère des causes de dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation : le syndrome d’immobilisation, la confusion aiguë, la dénutrition, les chutes, l’incontinence urinaire de novo et les effets indésirables des médicaments. Parmi les facteurs qu’elle cite figure l’état de base du patient à l’entrée (statut fonctionnel, cognitif, thymique et nutritionnel, fragilité, sédentarité, comorbidités et traitements).

Si la consultation suit un séjour à l’hôpital, notez ce qui a changé entre avant et après : appétit, mobilité, confusion, continence, traitements.

La liste des médicaments

C’est le document qui demande le plus de rigueur. Constituez-le avant le rendez-vous sous forme de tableau : nom du médicament, dose, moment de la prise, médecin qui l’a prescrit. Ajoutez tout ce qui est pris sans ordonnance : produits achetés en pharmacie, compléments, tisanes. Photographiez les boîtes si vous avez un doute sur un nom.

Cette démarche ressemble à ce que la HAS appelle la conciliation médicamenteuse. Dans son guide sur le risque médicamenteux au domicile, destiné aux services à domicile, elle la définit comme un processus formalisé qui prend en compte, lors d’une nouvelle prescription, tous les médicaments pris et à prendre par le patient. Le guide ajoute qu’elle consiste en un recueil d’informations qui prend en compte l’étude de toutes les ordonnances de la personne ainsi que l’automédication. Votre liste n’est pas une conciliation formalisée, mais elle va dans le même sens : réunir au même endroit tout ce que prend la personne.

Selon ce guide, cette démarche est particulièrement utile pour les personnes polymédiquées ou polypathologiques qui sont suivies par plusieurs médecins ou encore pour des personnes sortant d’hospitalisation. Si votre parent voit plusieurs médecins, votre liste permet de rassembler ce que chacun a prescrit. Le rôle clé de l’aidant face à la polymédication fait l’objet d’un article dédié.

Dans sa fiche sur l’hospitalisation des personnes âgées, la HAS indique, à propos des effets indésirables des médicaments chez des patients âgés hospitalisés, que leur prévalence augmente avec la polymédication, pour atteindre 58 % avec 5 médicaments et 82 % avec 7 médicaments et plus. Ces chiffres concernent des patients hospitalisés : ils ne se transposent pas tels quels à un parent qui vit chez lui. Dans ce même contexte hospitalier, la fiche indique que « Les benzodiazépines et les anticholinergiques sont les deux classes médicamenteuses les plus impliquées dans le déclin fonctionnel ».

Pour les troubles neurocognitifs, le guide de parcours de la HAS indique qu’une révision de l’ordonnance permet de revoir, avec les autres prescripteurs, l’indication des médicaments ayant un effet anticholinergique. Ce travail revient aux médecins : n’arrêtez et ne modifiez aucun traitement de votre propre initiative. Apportez la liste, posez vos questions. Si votre parent entre un jour en établissement, notre guide complet sur le circuit du médicament en EHPAD décrit le parcours des traitements à l’intérieur de la structure.

La place du proche pendant la consultation

Votre témoignage compte

Le guide de parcours de la HAS estime que le témoignage de l’entourage (tiers fiable), tout comme le ressenti du patient face à des difficultés nouvelles sont des indices importants. Votre carnet sert à cela : donner des exemples datés plutôt qu’une impression générale. Laissez aussi votre parent dire ce qu’il ressent, avec ses mots.

Dans ce guide, le médecin s’entretient d’abord avec le patient ; ensuite, en entretien séparé, il recueille, avec l’accord du patient lorsqu’il est en capacité de consentir, le point de vue de l’entourage. Si vous avez un élément délicat à transmettre, vous pouvez l’écrire et le remettre.

Le consentement et le droit de décider

Pour organiser une consultation mémoire, le guide de la HAS indique que le consentement du patient doit être systématiquement recherché. La fiche du même guide consacrée au droit de savoir et de décider rappelle que « La personne présentant un trouble neurocognitif a le droit à une information adaptée à ses facultés de discernement et à participer aux décisions qui la concernent », et que la personne malade est la seule apte à décider de ce qu’elle accepte comme traitement.

Un guide de la HAS destiné aux établissements et services sociaux et médico-sociaux accueillant des personnes âgées atteintes de troubles neurocognitifs modérés à sévères précise que « Les proches peuvent exprimer leurs attentes concernant l’accompagnement, mais leur point de vue vient en complément de l’expression directe de la personne concernée, sans s’y substituer ». Ce texte concerne l’accompagnement en établissement, pas la consultation ; on peut néanmoins s’en inspirer comme repère de posture : compléter, sans parler à la place de votre parent. Les droits des personnes accueillies en établissement sont détaillés dans notre guide complet sur les droits des résidents.

La personne de confiance

Selon le Code de la santé publique, « Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant et qui sera consultée au cas où elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin ». Le texte ajoute que « Si la personne majeure le souhaite, la personne de confiance l’accompagne dans ses démarches, assiste aux entretiens médicaux afin de l’aider dans ses décisions et l’aide à la connaissance et à la compréhension de ses droits si elle rencontre des difficultés », et que « La désignation est faite par écrit et cosignée par la personne désignée ».

Ce rôle est celui de la personne de confiance ainsi désignée. Si vous ne l’êtes pas, demandez à votre parent, avant le rendez-vous, s’il souhaite votre présence, et prévenez le médecin. Si la question d’une protection juridique se pose pour votre parent, l’article sur la tutelle ou la curatelle d’un parent en EHPAD en détaille les démarches.

Mise en œuvre : préparer le rendez-vous étape par étape

Réunir les documents

  • Les ordonnances en cours, avec les noms des prescripteurs.
  • La liste des médicaments, automédication comprise.
  • Les comptes rendus d’hospitalisation et les résultats d’examens récents, y compris imagerie et bilans déjà réalisés.
  • Votre carnet d’observations, daté.
  • Les coordonnées du médecin traitant et des autres médecins qui suivent votre parent.
  • Le document de désignation de la personne de confiance, s’il existe.
  • La liste de vos questions, classées par ordre d’importance.

Penser à Mon espace santé

Si votre parent dispose de Mon espace santé, certains documents s’y trouvent peut-être déjà. Service-Public.fr présente le service ainsi : « Mon espace santé est le service public numérique pour gérer vos données de santé » et précise que « Vous pouvez définir les règles de confidentialité et d’accès à vos informations de santé ». Si vous aidez votre parent à utiliser ce service, faites-le avec lui.

Selon l’Assurance Maladie, « Avec Mon espace santé vous pouvez archiver à vie tous vos documents de santé », et « Les professionnels de santé qui vous suivent peuvent eux aussi ajouter des documents pour enrichir votre dossier médical ». Le même site écrit : « Pour ajouter un document, c’est simple : il suffit de le prendre en photo et de l’ajouter sur l’application Mon espace santé ».

Le jour du rendez-vous

  • Arrivez avec le dossier classé : ordonnances, liste, carnet.
  • Dites d’emblée au médecin si votre parent souhaite que vous assistiez à l’échange.
  • Laissez votre parent répondre en premier ; complétez ensuite avec vos exemples.
  • Notez les décisions, les changements de traitement et les examens prescrits.
  • Avant de partir, vérifiez que vous avez compris quoi faire, pour qui et à quelle échéance.

Perspectives : après la consultation

La consultation n’est qu’un point du parcours. Dès le retour, mettez à jour la liste des médicaments avec les modifications décidées, datez-la et remettez-en un exemplaire à chaque professionnel qui intervient auprès de votre parent. Gardez le carnet : il servira au prochain rendez-vous.

Si un changement de lieu de vie se profile, anticipez les questions de désignation et de droits. Pour une personne majeure accueillie en établissement, le Code de l’action sociale et des familles prévoit que « Lors de sa prise en charge dans un établissement ou un service social ou médico-social, il est proposé à la personne majeure accueillie de désigner, si elle ne l’a pas déjà fait, une personne de confiance ». Discuter de ce sujet avec votre parent avant l’entrée vous évite d’y répondre dans l’urgence.

Mini-FAQ : préparer la consultation d’un parent

Que faut-il apporter à la consultation d’un parent âgé ?
Apportez toutes les ordonnances en cours, une liste écrite des médicaments et ce que votre parent prend sans ordonnance. Le guide de la HAS sur le risque médicamenteux au domicile, destiné aux services à domicile, indique que le recueil d’informations de la conciliation médicamenteuse consiste en un recueil d’informations qui prend en compte l’étude de toutes les ordonnances de la personne ainsi que l’automédication. Complétez avec vos observations datées, les comptes rendus récents et la liste de vos questions.
Puis-je assister à la consultation de mon parent ?
Le Code de la santé publique prévoit que « Si la personne majeure le souhaite, la personne de confiance l’accompagne dans ses démarches, assiste aux entretiens médicaux afin de l’aider dans ses décisions » : ce rôle est celui de la personne de confiance que votre parent a désignée. Dans tous les cas, demandez-lui avant le rendez-vous s’il souhaite votre présence, et prévenez le médecin.
Mon parent refuse de consulter : que faire ?
Parlez-en d’abord avec son médecin traitant. Pour organiser une consultation mémoire, le guide de la HAS indique que le consentement du patient doit être systématiquement recherché.

Sources officielles

Ressource expert recommandée Référence gériatrie
Gériatrie 360° — Le guide pluridisciplinaire de la prise en charge globale de la personne âgée
Gériatrie 360° — Le guide pluridisciplinaire de la prise en charge globale de la personne âgée

La prise en charge globale du grand âge : 14 spécialités en 1 ouvrage.

  • +300 pages pluridisciplinaires
  • Pour IDE, IDEC, médecin co.
  • Best-seller 2026
Partager cet article
Pour aller plus loin Référence gériatrie
Gériatrie 360° — Le guide pluridisciplinaire de la prise en charge globale de la personne âgée

Gériatrie 360° — Le guide pluridisciplinaire de la prise en charge globale de la personne âgée

La prise en charge globale du grand âge : 14 spécialités en 1 ouvrage.

Mis à jour · juillet 2026

À partir de 29,90 € Découvrir l'ouvrage
Dossier expert Grille AGGIR 2026 : les 17 variables, la cotation et le calcul du GIR

La grille AGGIR est un outil essentiel en France pour évaluer le niveau d'autonomie des personnes âgées, déterminant le soutien nécessaire selon six niveaux de...

Lire le dossier
Solution partenaire — Famileo Pro Familles inquiètes, liens tendus : comment instaurer une relation de confiance avec les proches ?

Confier un parent à un établissement est un acte chargé d’émotion. Comment transformer l’inquiétude légitime des familles en...

Lire l'article
Lien copie dans le presse-papier