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Colocations Alzheimer : les propositions d’un livre blanc pour les développer

12 min de lecture Nicolas Mortel
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Les colocations Alzheimer sont-elles une troisième voie entre le domicile et l’EHPAD ? Pour la page d’actualité de la Fondation Médéric Alzheimer : « Entre le domicile et l’EHPAD, les colocations Alzheimer représentent une troisième voie. » Cet article relit, en lecture de média, le livre blanc et le plaidoyer qui accompagnent cette présentation, à l’usage des familles qui comparent les solutions et des équipes d’EHPAD qui veulent situer cette offre.

Les faits

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La page d’actualité de la Fondation porte la mention « Publié le 15 octobre 2026 ». Elle raconte : « Le 21 septembre, la Fondation Médéric Alzheimer a présenté en avant-première sa nouvelle publication consacrée aux colocations Alzheimer, lors d’une matinée de réflexion et d’échanges », une matinée organisée sous le haut patronage du Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.

Selon cette même page, la Fondation a réuni un groupe de travail composé de porteurs de projet, de financeurs et de représentants des pouvoirs publics. La Fondation ajoute que ces travaux ont servi de base au rapport de mars 2026 de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) sur l’habitat partagé adapté au vieillissement. Les deux inspections, toujours d’après la page de la Fondation, recommandent de définir « un cadre spécifique pour l’habitat partagé des personnes souffrant de troubles neurocognitifs ».

Le livre blanc sur les colocations Alzheimer décrit la méthode du groupe de travail : la Fondation a constitué en 2025 un groupe de travail réunissant des représentants des parties prenantes des colocations Alzheimer : porteurs de projets, financeurs et pouvoirs publics, un groupe qui s’est réuni à huit reprises au cours de l’année 2025. Le plaidoyer pour la reconnaissance des colocations est un troisième texte, distinct de la page d’actualité et du livre blanc : les paragraphes qui suivent le citent à chaque fois sous son nom.

Le quotidien : une présence continue, sans soin médical

Sur la vie de tous les jours, le livre blanc précise : « La présence continue vise à sécuriser les actes essentiels de la vie quotidienne. Distinction essentielle : il s’agit d’un accompagnement à l’autonomie et non d’une prise en charge médicale. » Le plaidoyer aborde aussi ce point : « Un accompagnement 24h/24 est indispensable pour sécuriser la vie quotidienne des habitants. Mais cet accompagnement n’est pas un accompagnement médical, il s’agit d’une présence rassurante et pour pallier les gestes de la vie quotidienne. »

Le plaidoyer décrit aussi qui décide et qui coordonne. Il écrit : « Les décisions médicales et administratives relèvent des habitants ou de leurs représentants légaux, comme à domicile. » Et, sur le fonctionnement : « L’animateur-coordinateur est la clé de voûte du fonctionnement des colocations Alzheimer. »

Le logement : de petites unités

Sur la taille des lieux, le livre blanc rapporte : « Les configurations observées privilégient des unités de petite taille (6 à 8 habitants). » Il met aussi en garde contre l’excès inverse : « Une augmentation excessive (au-delà de 9) du nombre de colocataires pourrait fragiliser l’équilibre du modèle. »

Le cadre juridique : un domicile, un logement

Pour un lecteur qui vient du médico-social, c’est un point à lire de près. Le livre blanc écrit : « La colocation Alzheimer est un domicile, pas un établissement. » Le plaidoyer, de son côté, indique : « Les colocations Alzheimer sont des logements au sens du Code de l’action sociale et des familles, notamment dans les dispositions relatives à l’habitat inclusif. » Pour situer ce vocabulaire, notre dossier sur l’habitat inclusif et EHPAD, deux offres à articuler traite de la place de l’habitat inclusif à côté des établissements.

Le livre blanc recense aussi des obstacles : « Les travaux menés ont permis d’identifier plusieurs freins à son développement : difficulté à stabiliser un modèle économique soutenable, incertitudes quant au statut juridique le plus adapté, réticences de certains financeurs publics à soutenir ce type d’habitat ». Le plaidoyer ajoute, sur le choix du statut : « Le recours à un statut meublé avec redevance forfaitaire fait courir un risque sérieux de requalification en établissement médico-social ».

Le budget : un reste à charge important

Sur le budget, le livre blanc affirme : « Le reste à charge pour le colocataire reste important. » Il pointe aussi une limite d’accès : « À ce jour, le modèle de colocation n’est pas accessible aux personnes bénéficiant de faibles ressources, faute notamment de système équivalent à l’aide sociale qui permet à chacun d’entrer en établissement. » Le plaidoyer décrit la construction du budget d’un habitant : « Le budget d’un colocataire en colocation Alzheimer ne repose pas sur un prix global. »

Le glossaire du livre blanc définit l’aide à la vie partagée : « L’Aide à la Vie Partagée est une aide financière versée par le Conseil départemental dans le cadre de l’habitat inclusif. Elle ne finance ni des soins ni des aides individuelles, mais la dimension collective du lieu de vie. »

Ce que le groupe de travail propose

Parmi les pistes que le livre blanc avance sur l’entrée dans une colocation, on lit : « Définir des critères explicites d’intégration en sortant de la logique du GIR », puis : « Définir un cadre permettant l’accueil des personnes isolées (sans proches), qui ne peuvent actuellement pas prétendre à la colocation, qui repose sur la solidarité et implication des proches. » Ces textes sont des propositions : ils sont portés par un groupe de travail réuni par une fondation et ne constituent pas une décision publique.

La page d’actualité exprime enfin un espoir : la Fondation espère que la ministre déléguée, chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées s’emparera à son tour de ses observations, analyses et propositions pour élaborer sa feuille de route, attendue dans les prochaines semaines. Il s’agit d’un espoir formulé par la Fondation, que le média ne présente pas comme un engagement.

Mise en perspective

Trois documents du même éditeur circulent sur ce sujet, et ils ne jouent pas le même rôle. La page d’actualité de la Fondation présente la publication et relaie la recommandation des deux inspections. Le livre blanc rassemble les analyses et les propositions du groupe de travail. Le plaidoyer reprend le sujet sous l’angle de la reconnaissance de ces lieux de vie.

Les chiffres de contexte se lisent de la même manière, document par document. Pour situer le besoin, le livre blanc écrit qu’à l’horizon 2030, il pourrait manquer plus de 110 000 places en EHPAD pour répondre aux besoins liés au vieillissement de la population. Le plaidoyer évoque une perspective de déficit de plus de 130 000 places en EHPAD à l’horizon 2030. Les deux documents n’avancent pas le même ordre de grandeur ; cet article ne tranche pas entre eux et ne cherche pas à les concilier.

Un autre repère de contexte vient du livre blanc, qui décrit le modèle comme largement développé dans certains pays européens, notamment en Allemagne (près de 3 700 colocations), alors qu’il demeure encore limité en France (un peu plus de 90 à la fin de l’année 2025). Ce sont les chiffres du livre blanc, repris tels quels.

Reste la question du statut de ces textes. Le livre blanc porte les propositions d’un groupe de travail, le plaidoyer est publié par la Fondation, et la page d’actualité exprime un espoir de la Fondation. Une lecture du média : mieux vaut présenter ces propositions à une famille comme des pistes, et non comme une règle ou une aide acquise.

Impact concret par profil métier

Ce qui suit est une lecture du média, que les documents de la Fondation ne formulent pas. Une colocation Alzheimer n’est pas un établissement médico-social : cet article ne lui prête ni soins, ni tarifs, ni aides au-delà des citations.

Pour une famille qui compare les solutions

Pour une famille, comparer une colocation et un EHPAD, c’est d’abord comparer deux statuts. Une lecture du média : le livre blanc place la colocation du côté du domicile, ce qui invite à poser des questions de domicile avant des questions d’établissement. Notre guide pour choisir un EHPAD reste le point de départ pour l’autre branche de la comparaison, et notre panorama des alternatives entre le domicile et l’EHPAD aide à situer chaque option.

Piste de travail pour la famille, là encore hors des textes de la Fondation : demander au porteur d’un projet comment la présence continue est organisée, comment les critères d’entrée sont définis, comment le budget se décompose puisque le plaidoyer écrit qu’il ne repose pas sur un prix global, et ce qui reste à la charge de l’habitant. Le livre blanc écrit que le reste à charge reste important : mieux vaut le chiffrer avant de s’engager.

Autre point à vérifier, en lecture de média : la place de l’entourage. Le plaidoyer cite les représentants légaux et le livre blanc la solidarité et l’implication des proches ; une famille a intérêt à mesurer ce qu’elle peut assumer dans la durée.

Pour un directeur d’EHPAD et son équipe

Pour un directeur, la première utilité de ces documents est de situer l’offre. Une lecture de gestion, que le texte ne formule pas : la colocation décrite par la Fondation relève de l’habitat, alors que l’EHPAD, les unités protégées, les PASA et les UHR relèvent de l’établissement. Notre dossier sur les PASA, UHR et unités protégées rappelle cette gamme interne, et celui sur la petite unité de vie décrit une autre forme d’accueil en petit effectif.

Piste de travail pour l’équipe : repérer sur son territoire les projets d’habitat partagé, pour être capable d’orienter une famille qui s’interroge, sans promettre ce que la colocation ne garantit pas. Notre analyse de l’accompagnement de la maladie d’Alzheimer en EHPAD aide à nommer ce que l’établissement apporte, et notre guide pour monter et financer un projet d’habitat inclusif intéressera les directions qui envisagent un partenariat ou un projet d’habitat porté par leur organisme gestionnaire.

Perspectives

Le premier point à suivre est la suite donnée aux propositions : la page d’actualité de la Fondation place son espoir dans une feuille de route ministérielle, et rapporte une recommandation des deux inspections en faveur d’un cadre spécifique. À ce stade, les textes lus ici sont des orientations et des propositions.

Deuxième point, côté terrain : les freins relevés par le livre blanc, qu’il s’agisse du modèle économique, du statut ou des financeurs publics, sont aussi ceux que rencontrera tout porteur de projet. Une lecture de gestion : les directeurs qui suivent ce sujet peuvent lire les trois documents en nommant à chaque fois celui qui porte la phrase.

Questions fréquentes

Une colocation Alzheimer est-elle un établissement ?
Le livre blanc écrit : « La colocation Alzheimer est un domicile, pas un établissement. » Le corps de l’article détaille ce que cette distinction recouvre et ce qu’elle ne dit pas.
Une colocation Alzheimer assure-t-elle des soins médicaux ?
À propos de la présence continue, le livre blanc précise : « il s’agit d’un accompagnement à l’autonomie et non d’une prise en charge médicale ». Le détail figure dans la partie sur le quotidien.
Ces propositions sont-elles des décisions publiques ?
Ce sont des propositions d’un groupe de travail réuni par une fondation, pas une décision publique. La page d’actualité de la Fondation indique que la Fondation a réuni un groupe de travail composé de porteurs de projet, de financeurs et de représentants des pouvoirs publics. Elle exprime aussi un espoir : la Fondation espère que la ministre déléguée, chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées s’emparera à son tour de ses observations, analyses et propositions pour élaborer sa feuille de route, attendue dans les prochaines semaines.

Sources officielles

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