Comparer le prix EHPAD d’un département à l’autre commence par une clarification : le montant affiché à l’entrée ne recouvre pas les mêmes prestations partout, et son mode de fixation diffère selon que l’établissement est habilité à l’aide sociale à l’hébergement ou non. Les repères statistiques publiés par la CNSA sur les prix observés en 2024 permettent de situer un établissement par rapport aux moyennes nationales, aux écarts par statut juridique et aux disparités territoriales. Cet article détaille ce que couvre le prix de référence, le cadre qui encadre son évolution, et la manière de comparer concrètement plusieurs établissements via l’annuaire public. Il s’adresse aux familles qui cherchent un EHPAD et veulent comprendre ce que finance chaque ligne de la facture avant de comparer plusieurs devis.
Ce que recouvre le prix affiché par un EHPAD
Le prix affiché à l’entrée d’un EHPAD ne se limite pas à une case unique. La CNSA distingue plusieurs composantes du prix d’un séjour, dont deux relèvent directement du prix affiché par l’établissement : le prix de l’hébergement, qui couvre les prestations d’administration, l’accueil hôtelier, la restauration, l’entretien ainsi que l’animation de la vie sociale et le « prix de la dépendance », destiné à financer l’aide apportée dans les actes de la vie quotidienne – toilette, habillage, prise des repas. Le prix journalier de référence pour l’hébergement correspond au prix moyen d’une chambre individuelle en hébergement permanent en EHPAD. Il ne comprend ni les soins médicaux ni les aides liées à la perte d’autonomie, c’est-à-dire, pour la dépendance, le tarif décrit ci-dessus.
Le code de l’action sociale et des familles soumet notamment à ce régime les établissements qui ne sont ni habilités à recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale ni conventionnés au titre de l’aide personnalisée au logement. Le contrat de séjour signé à l’entrée doit détailler cette liberté tarifaire : il comporte en annexe un document contractuel décrivant l’ensemble des prestations qui sont offertes par l’établissement et indiquant le prix de chacune d’elles. Le socle de prestations prévu au troisième alinéa de l’article L. 342-2 fait l’objet d’un prix global. Son contenu minimal est fixé par décret. La liste des prestations minimales relatives à l’hébergement dans les établissements relevant du I de l’article L. 313-12 est fixée à l’annexe 2-3-1. Le détail de ce contrat et des droits associés est développé dans notre pilier consacré aux droits des résidents en EHPAD. Le texte complet de cet encadrement est consultable sur le code de l’action sociale et des familles.
Le prix du socle de prestations et les prix des autres prestations d’hébergement sont librement fixés lors de la signature du contrat. Ce prix n’est pas figé pour autant : ils varient ensuite, dans des conditions fixées par décret, dans la limite d’un pourcentage fixé au 1er janvier de chaque année par arrêté des ministres chargés des personnes âgées et de l’économie, compte tenu de l’évolution des coûts de la construction et des loyers, des produits alimentaires et des services et du taux d’évolution des retraites de base. Avant toute révision, le conseil de la vie sociale est consulté au moins une fois par an sur le niveau du prix du socle de prestations et sur le prix des autres prestations d’hébergement ainsi qu’à chaque création d’une nouvelle prestation — l’instance où siègent les représentants des résidents et des familles, y compris quand elle peine à trouver des candidats. Pour aller plus loin sur son fonctionnement, notre guide complet du CVS en EHPAD détaille ses missions.
Pour les bénéficiaires de l’aide sociale accueillis dans un établissement habilité, la logique change : le code de l’action sociale et des familles prévoit des tarifs journaliers afférents à un ensemble de prestations relatives à l’hébergement, fixés par le président du conseil départemental, et « opposables aux bénéficiaires de l’aide sociale accueillis dans des établissements habilités totalement ou partiellement à l’aide sociale à l’hébergement des personnes âgées ».
Ce que montrent les prix observés en 2024
Sur cette base réglementaire, les prix effectivement pratiqués varient fortement. D’après les repères statistiques publiés par la CNSA sur les prix observés en 2024, le prix moyen est de 66 euros par jour pour les chambres habilitées à l’aide sociale à l’hébergement (ASH) et de 98,25 euros pour les chambres non-ASH. Ramené au mois : en moyenne, une chambre individuelle en hébergement permanent – qui inclut le prix du logement et de la dépendance – coûte 2 164 euros par mois dans les EHPAD habilités à l’ASH, contre 3 128 euros dans les établissements non habilités, soit près de 1 000 euros d’écart.
Cet écart national masque des disparités plus fortes à l’échelle locale : à l’échelon départemental, l’écart est encore plus notable : il peut dépasser 1 900 euros par mois, soit plus de 23 000 euros sur un an. Il varie aussi selon le statut juridique de l’établissement. Pour les chambres habilitées à l’ASH, le prix de référence moyen est légèrement plus élevé dans le secteur privé non lucratif (2 242 euros) et plus modéré dans le secteur public (2 125 euros). Pour les chambres non habilitées, l’écart se creuse : le prix de référence moyen pondéré atteint 2 267 euros dans le public, 2 630 euros dans le privé non lucratif et jusqu’à 3 345 euros dans le privé lucratif. Pour resituer ces trois statuts dans une recherche d’établissement, notre guide EHPAD public ou privé détaille leur fonctionnement respectif.
La taille de l’établissement joue également, au moins dans le secteur privé lucratif : plus le nombre de places augmente, plus le prix de référence moyen mensuel est élevé : de 3 110 euros pour un établissement de 25 à 44 places à 3 597 euros pour les plus grands (100 à 199 places). La localisation pèse dans le même sens : les villes-centres et les banlieues concentrent les établissements privés non habilités (31 % en ville-centre et 42 % en banlieue) et les prix de référence les plus élevés (3 145 euros et 3 299 euros par mois).
Sur longue période, la tendance diffère de ce que suggèrent ces écarts instantanés : en euros constants (base 2017), le prix de référence moyen global diminue de presque 2 points sur l’ensemble de la période (-1,8 %).
Où se situent les écarts les plus marqués : repères par département
Au-delà des moyennes nationales, la CNSA identifie les départements où l’écart entre EHPAD habilités et non habilités est le plus resserré ou le plus large. En 2024, à l’extrémité basse de l’échelle, la Mayenne affiche un indice de tension de 2 096 euros, avec un prix de référence médian de 1 865 euros et une couverture ASH exceptionnelle de 100 %. À l’autre extrême, les Hauts-de-Seine enregistrent un indice très élevé de 15 028 euros.
Pour les chambres non habilitées, les écarts territoriaux se lisent aussi dans les prix de séjour bruts. En 2024, pour les chambres seules non habilitées à l’ASH, les prix de séjour de référence moyens les plus élevés (hors DOM) sont constatés en région parisienne (Paris, 5 106 euros ; Hauts-de-Seine, 4 186 euros ; Yvelines, 3 890 euros). À l’inverse, les prix de séjour de référence moyens bruts les plus bas sont relevés en Lozère (2 055 euros), en Aveyron (2 142 euros), dans les Landes (2 282 euros), les Deux-Sèvres (2 332 euros) et la Haute-Loire (2 264 euros). Ces chiffres, comme l’ensemble des repères cités dans cet article, portent sur les départements hors outre-mer.
| Département | Prix de séjour moyen de référence (chambre non-ASH, 2024) |
|---|---|
| Paris | 5 106 euros |
| Hauts-de-Seine | 4 186 euros |
| Yvelines | 3 890 euros |
| Lozère | 2 055 euros |
| Aveyron | 2 142 euros |
| Landes | 2 282 euros |
| Deux-Sèvres | 2 332 euros |
| Haute-Loire | 2 264 euros |
Pour transformer ces écarts de prix en reste à charge réel selon les ressources d’un proche, notre article sur le taux d’effort en EHPAD détaille le calcul.
Comparer concrètement via l’annuaire public et l’aide sociale à l’hébergement
Pour comparer plusieurs établissements, l’annuaire public reste le point de départ : les prix hébergement, tarifs dépendance et prestations affichés dans l’annuaire des EHPAD du portail http://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr sont transmis par les EHPAD à la CNSA. Consultez la fiche officielle sur les prix et tarifs affichés dans l’annuaire pour lire ces informations dans le bon ordre avant de contacter un établissement. Depuis septembre 2025, les établissements ont la possibilité de mettre à jour ces informations dans l’application Prix-ESMS mise à leur disposition.
Le statut ASH d’une chambre ne préjuge pas de l’éligibilité d’une famille à l’aide : les ressources sont inférieures au montant des frais d’hébergement en établissement pour ouvrir droit à l’aide sociale à l’hébergement. Le tarif dépendance n’échappe pas à cette logique : le tarif GIR 5-6 peut être pris en charge par l’aide sociale à l’hébergement. Pour aller plus loin sur les démarches, consultez la fiche demander l’ASH pour une personne âgée, ainsi que notre article sur l’APA à domicile ou en EHPAD et notre pilier sur le financement de l’EHPAD, qui détaille les autres aides mobilisables.
Pour lire une facture ligne par ligne, la fiche comprendre sa facture en EHPAD détaille chaque poste. Ce que couvre — et ne couvre pas — le prix affiché côté santé est développé dans notre article sur le reste à charge santé en EHPAD.
Perspectives : un prix révisé chaque année, sous contrôle
Le prix affiché à l’entrée n’est donc pas figé pour la durée du séjour. Pour un établissement non habilité, il évolue chaque année dans le cadre fixé par arrêté ministériel décrit plus haut, et non au gré de l’établissement seul. Ce cadre s’accompagne d’une consultation obligatoire du conseil de la vie sociale avant toute révision du socle de prestations. Pour les établissements habilités, c’est le président du conseil départemental qui fixe et révise le tarif, selon les conditions décrites plus haut. Anticiper cette révision annuelle, plutôt que de comparer un seul prix figé dans le temps, fait partie des points de vigilance à intégrer lors du choix d’un établissement.
Mini-FAQ : prix et tarifs en EHPAD
Le prix affiché par un EHPAD correspond-il à tout ce que paie la famille ?
Le prix d’un EHPAD peut-il augmenter en cours de séjour ?
Comment savoir si une famille est éligible à l’aide sociale à l’hébergement ?
Sources officielles
- CNSA — repères statistiques sur les écarts de prix entre chambres habilitées et non habilitées à l’aide sociale en EHPAD
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr — comprendre les prix, tarifs et prestations affichés dans l’annuaire des Ehpad
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr — demander l’aide sociale à l’hébergement pour une personne âgée
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr — présentation des indicateurs des Ehpad
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr — comprendre sa facture en Ehpad
- Légifrance — code de l’action sociale et des familles, champ du régime de prix libre en EHPAD
- Légifrance — code de l’action sociale et des familles, document contractuel annexé au contrat de séjour
- Légifrance — code de l’action sociale et des familles, fixation et évolution du prix des prestations d’hébergement
- Légifrance — code de l’action sociale et des familles, tarifs fixés par le président du conseil départemental
- Légifrance — code de l’action sociale et des familles, liste des prestations minimales d’hébergement


