Un homme âgé équipé d'une aide auditive écoute son fils dans son salon
Santé seniors

Baisse d’audition d’un proche âgé : repérer, consulter, appareiller

12 min de lecture Aurélie Mortel
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Une baisse d’audition chez un proche âgé s’installe souvent par petites touches : le son de la télévision monte, les mêmes phrases se répètent, les repas de famille deviennent fatigants pour lui. Vous êtes souvent le premier témoin de ces signaux, avant même le médecin traitant. Cet article explique comment repérer une baisse d’audition chez votre proche, qui consulter en premier, comment se déroule concrètement l’appareillage et ce que prend en charge l’Assurance Maladie.

Presbyacousie : une baisse d’audition très fréquente, y compris à un âge avancé

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Le terme médical de la baisse d’audition liée à l’âge est la presbyacousie. L’Assurance Maladie la définit comme une diminution de l’audition liée à l’âge. Elle indique aussi qu’avec le vieillissement de la population, une personne sur trois souffrira de presbyacousie à l’horizon 2050.

Les chiffres de prévalence disponibles restent anciens et doivent être lus avec leur date. Le rapport de la DREES de 2015 sur l’état de santé de la population indique que 37,5 % des personnes âgées de 80 ans et plus ont des difficultés d’audition, parmi celles-ci 59,9 % disposent d’un appareil auditif qui est efficace dans 51,4 % des cas. Une étude plus ancienne de la DREES, publiée en 2007, avançait qu’« Parmi les personnes âgées de 60 à 74 ans, un peu plus d’une personne sur cinq (22 %) déclare une déficience auditive. Elles sont environ deux sur cinq (43 %) parmi les 75 ans et plus. »

Un chiffre plus élevé circule parfois : une revue de la littérature de la Haute Autorité de Santé, consacrée aux résidences autonomie, indique que de 40 à 66 % des personnes de 75 ans et plus présentent une détérioration significative. Ce chiffre décrit une population de personnes âgées vivant en établissement (EHPAD, résidences autonomie) et ne peut pas être transposé tel quel aux personnes qui, comme votre proche, vivent encore à domicile. Comme pour l’audition, la vue mérite une vigilance régulière chez une personne âgée à domicile — voir notre article sur le repérage des troubles de la vue et le remboursement des lunettes. Notre article sur les déficiences sensorielles en établissement détaille ce que change une entrée en EHPAD sur ce suivi.

Pourquoi ne pas attendre : communication, isolement, risque cognitif

Une baisse d’audition non prise en charge n’est pas un simple inconvénient. Ameli.fr est clair : « la presbyacousie perturbe la communication, conduisant à l’isolement social voire à un état dépressif ». Si vous observez que votre proche s’isole progressivement, sort moins souvent ou décline les invitations, notre article sur l’isolement d’un proche âgé à domicile détaille comment réagir.

Deuxième enjeu : le risque cognitif. Ameli.fr indique qu’« Sans appareillage auditif, la presbyacousie est également associée à une augmentation significative du risque de troubles cognitifs ». Une revue de littérature de la Haute Autorité de Santé rapporte, à partir de résultats en population générale, qu’« une perte d’audition non corrigée peut accélérer le déclin cognitif ». Notre article qui revient sur l’étude confirmant ce risque donne plus de détails sur ces travaux.

Qui fait quoi : le proche, le médecin traitant, l’ORL, l’audioprothésiste

Face à une baisse d’audition, chacun a un rôle précis. Voici comment se répartissent les responsabilités.

Le proche

Vous êtes en général le mieux placé pour repérer les premiers signes et accompagner votre proche vers une consultation — nous détaillons ces signes plus loin. Si la situation est complexe (plusieurs pathologies, aidant éloigné, coordination difficile avec plusieurs professionnels), un dispositif d’appui à la coordination peut vous orienter dans les démarches, de la même façon qu’un aidant assure aussi une vigilance sur la polymédication de la personne âgée.

Le médecin traitant ou l’ORL

La prescription d’un appareillage ne s’improvise pas : ameli.fr le rappelle, « Votre appareillage audioprothétique est prescrit par votre médecin traitant qualifié en otologie médicale ou votre médecin ORL ». C’est donc l’un de ces deux professionnels qu’il faut consulter en premier, avant tout rendez-vous chez un audioprothésiste.

L’audioprothésiste

Une fois la prescription obtenue, l’audioprothésiste réalise le bilan, propose l’essai puis le suivi. Ameli.fr précise qu’« L’audioprothésiste doit vous assurer des prestations d’adaptation et de suivi ». Il a aussi une obligation de transparence sur les prix : « L’audioprothésiste doit systématiquement proposer au moins une offre 100 % Santé pour chaque oreille devant être appareillée ». Pour finaliser la délivrance, il faut aussi la carte Vitale : « Tous les patients doivent présenter à leur audioprothésiste leur carte Vitale (carte physique ou application mobile si déployée dans le département) pour bénéficier du tiers payant au moment de la délivrance de leurs aides auditives ».

Mise en œuvre : du repérage à l’appareillage, étape par étape

Repérer

Premier réflexe : observer. Ameli.fr décrit les premières difficultés : « des difficultés de compréhension de la parole et à suivre des conversations en milieu bruyant ou lors d’échanges de paroles à plusieurs personnes ». Un guide de la Haute Autorité de Santé destiné aux professionnels d’établissement recense, pour le repérage en collectivité, des signes tout aussi observables par un proche à domicile — sans qu’il s’agisse là d’une recommandation de la HAS adressée aux familles : le fait de « me fait répéter de plus en plus souvent lors de nos échanges », ou de « ne participe plus à des activités de groupe ». Pour vous aider à objectiver ce ressenti, ameli.fr recommande « le questionnaire approuvé Hearing Handicap Inventory for the Elderly Screening (HHIE-S) », un outil d’autotest utilisable seul ou avec votre proche, dont l’un des items demande si « un problème d’audition vous met en difficulté pour écouter la télévision ou la radio ».

Consulter

Deuxième étape : la consultation du médecin traitant ou de l’ORL, présentée plus haut, seule à même de délivrer la prescription nécessaire.

Bilan et essai

Troisième étape : le bilan chez l’audioprothésiste, via un bilan auditif complet, puis une période d’essai. Ameli.fr précise que « Cette délivrance intervient à la fin de la période d’essai d’un minimum de 30 jours ».

Choisir l’offre et être remboursé

Quatrième étape : le choix de l’équipement. La prise en charge des aides auditives distingue deux niveaux d’équipement. Ameli.fr indique que « les aides auditives de classes I qui composent l’offre 100 % Santé : elles vous permettent de bénéficier d’une offre sans reste à charge ». À l’inverse, « les aides auditives de classe II, en dehors du 100 % Santé : ce sont des dispositifs médicaux à prix libre fixés par l’audioprothésiste, et vous aurez sans doute à payer un reste à charge (selon votre mutuelle) ». Ameli.fr associe en outre aux équipements de classe I « 30 jours minimum d’essai de l’aide auditive avant achat et 4 ans de garantie » — à ne pas confondre avec le délai de renouvellement de la prise en charge, présenté plus loin. Autre précision utile : le langage courant parle parfois de remboursement intégral, mais la formule exacte retenue par l’Assurance Maladie pour ces équipements est celle d’une offre « sans reste à charge ».

Suivi

Cinquième étape : le suivi. Ameli.fr rappelle qu’« Durant la 1re année de port de votre équipement auditif, vous avez le droit à 3 séances de contrôle », assurées par l’audioprothésiste.

Perspectives : le cadre légal du remboursement, et l’étape suivante si le domicile ne suffit plus

Le niveau de prise en charge que nous venons de décrire est encadré par la loi pour les complémentaires santé dites « responsables ». L’article R. 871-2 du code de la sécurité sociale dispose que « Les garanties mentionnées à l’article L. 871-1 comprennent la prise en charge » : 4° Des dépenses d’acquisition des dispositifs médicaux d’aides auditives dans les conditions suivantes : a) A hauteur des frais exposés par l’assuré en sus des tarifs de responsabilité, dans la limite des prix fixés en application de l’article L. 165-3, pour les appareils appartenant à une classe à prise en charge renforcée définie en application du deuxième alinéa de l’article L. 165-1 ; Pour les autres classes, le texte poursuit : b) Au maximum à 1 700 euros par aide auditive, incluant la part des dépenses prise en charge par l’assurance maladie obligatoire et la participation mentionnée au 1° pour les appareils appartenant à une classe autre que celles à prise en charge renforcée. Le même article précise qu’« Ces garanties s’appliquent aux frais exposés pour l’acquisition d’une aide auditive par période de quatre ans dans les conditions précisées par la liste prévue à l’article L. 165-1 ». Ce délai de quatre ans encadre le renouvellement de la prise en charge par la complémentaire santé ; il est distinct de la garantie de quatre ans associée aux équipements de classe I, évoquée plus haut.

Si l’accompagnement à domicile devient insuffisant et qu’une entrée en établissement est envisagée, le suivi de l’appareillage auditif ne s’arrête pas : notre article sur l’entretien et le renouvellement de l’appareillage auditif en EHPAD détaille ce qui change côté établissement. Pour préparer cette étape le moment venu, notre guide pour choisir un EHPAD reste une référence utile.

Mini-FAQ : baisse d’audition, consultation et remboursement des aides auditives

Quels signes doivent alerter sur une baisse d’audition chez un proche âgé ?
Ameli.fr décrit d’abord « des difficultés de compréhension de la parole et à suivre des conversations en milieu bruyant ou lors d’échanges de paroles à plusieurs personnes ». Un guide de la Haute Autorité de Santé, destiné aux professionnels des établissements pour personnes âgées, mentionne aussi, parmi les signes d’alerte, le fait de « me fait répéter de plus en plus souvent lors de nos échanges » ou de « ne participe plus à des activités de groupe ». En cas de doute, ameli.fr propose « le questionnaire approuvé Hearing Handicap Inventory for the Elderly Screening (HHIE-S) », à remplir seul ou avec votre proche.
Qui consulter en premier, le médecin traitant ou l’ORL ?
Les deux sont possibles en première intention. Ameli.fr rappelle que « Votre appareillage audioprothétique est prescrit par votre médecin traitant qualifié en otologie médicale ou votre médecin ORL ». C’est cette prescription qui ouvre la suite du parcours chez l’audioprothésiste, lequel doit ensuite « vous assurer des prestations d’adaptation et de suivi ».
Les aides auditives sont-elles remboursées ?
Oui, sous condition. Certains équipements « vous permettent de bénéficier d’une offre sans reste à charge ». Pour d’autres équipements, hors de cette offre, « vous aurez sans doute à payer un reste à charge », selon votre complémentaire santé. Renseignez-vous directement auprès de l’audioprothésiste sur les deux types d’offres proposées.

Sources officielles

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