assistant de soins en gérontologie en EHPAD
Maladies neurodégénératives & Alzheimer

ASG en EHPAD : missions, place dans l’équipe et reconnaissance

15 min de lecture Aurélie Mortel
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L’assistant de soins en gérontologie n’est ni un aide-soignant comme un autre, ni un professionnel paramédical spécialisé : une fois la formation validée, il occupe une place précise dans l’équipe du PASA ou de l’UHR, aux côtés du psychomotricien, de l’ergothérapeute et du psychologue. Sur le terrain, les IDEC peinent parfois à situer cette fonction dans l’organigramme et à la distinguer d’un poste d’aide-soignant classique. Cet article se concentre sur la fonction en poste — missions, équipe, reconnaissance, perspectives — sans revenir sur la formation ni sur l’organisation des unités protégées, déjà traitées ailleurs sur le site.

Le cadre légal : qui compose l’équipe du PASA et de l’UHR

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Le pôle d’activités et de soins adaptés accueille des résidents selon une définition simple : Les PASA sont des espaces aménagés au sein des EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) accueillant durant la journée des résidents de l’EHPAD ayant des troubles du comportement modérés. Le Code de l’action sociale et des familles fixe la composition de son équipe. Pour le PASA, l’article D. 312-155-0-1 dispose que L’équipe du pôle d’activités et de soins adaptés est composée : 1° D’un psychomotricien ou d’ergothérapeute ; 2° D’un assistant de soins en gérontologie ; 3° D’un psychologue pour les résidents et les aidants. Le même article précise qu’« Un programme d’activités est élaboré par un ergothérapeute ou un psychomotricien, sous la responsabilité du médecin coordonnateur. » et que « L’ensemble du personnel intervenant dans le pôle est spécifiquement formé à la prise en charge des maladies neuro-dégénératives. »

L’analyse de la littérature publiée par la HAS rappelle la règle d’organisation retenue pour les pôles, avec l’obligation que l’un de ces professionnels soit en permanence sur l’unité : dans les faits, l’ASG est en première ligne dès l’ouverture du pôle. Cette centralité se lisait déjà dans une enquête CREAI-ORS de 2013 citée par la recommandation : 58 % de ces personnels sont des assistants de soins en gérontologie (ASG).

Pour l’unité d’hébergement renforcé, l’article D. 312-155-0-2 dispose qu’L’unité d’hébergement renforcé héberge des résidents souffrant de symptômes psycho-comportementaux sévères consécutifs d’une maladie neuro-dégénérative associée à un syndrome démentiel, qui altèrent la sécurité et la qualité de vie de la personne et des autres résidents. Son équipe associe plusieurs métiers : L’unité d’hébergement renforcé dispose : 1° D’un médecin, le cas échéant, le médecin coordonnateur peut assurer cette mission ; 2° D’un infirmier ; 3° D’un psychomotricien ou d’ergothérapeute ; puis 4° D’un aide-soignant ou d’un aide médico-psychologique ou d’accompagnement éducatif et social ; 5° D’un assistant de soins en gérontologie ; 6° D’un personnel soignant la nuit ; 7° D’un psychologue pour les résidents et les aidants. Comme pour le PASA, L’ensemble du personnel intervenant dans l’unité est spécifiquement formé à la prise en charge des maladies neuro-dégénératives, notamment à la prise en charge des troubles du comportement perturbateurs liés à la maladie. Selon l’enquête nationale UHR conduite par la HAS (ex-Anesm), les assistants de soins en gérontologie (ASG) (4,4 ETP) forment la catégorie de personnel la plus représentée dans ces unités.

La formation : accès, durée et référentiel de compétences

L’accès à la fonction passe par une formation dédiée, dont l’arrêté du 23 juin 2010 fixe le cadre. La formation préparant à la fonction d’assistant de soins en gérontologie est accessible aux aides-soignants (AS) et aux aides médico-psychologiques (AMP) en situation d’exercice effectif auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies apparentées. Elle est d’une durée de 140 heures et doit être suivie en totalité, sans possibilité d’allègements, y compris pour les professionnels disposant déjà d’une partie des compétences visées. Elle Elle est organisée en périodes discontinues, sur une amplitude de douze mois maximum, pour permettre l’alternance entre formation et exercice professionnel.

Le référentiel de compétences que le texte réglementaire fixe pour l’ASG structure directement sa fiche de poste une fois en fonction. Il doit « Concourir à l’élaboration et à la mise en œuvre du projet individualisé dans le respect de la personne. », « Aider et soutenir les personnes dans les actes de la vie quotidienne en tenant compte de leurs besoins et de leur degré d’autonomie. », « Mettre en place des activités de stimulation sociale et cognitive en lien notamment avec les psychomotriciens, ergothérapeutes ou psychologues. », « Comprendre et interpréter les principaux paramètres liés à l’état de santé. », « Réaliser des soins quotidiens en utilisant des techniques appropriées. » et surveiller et signaler l’apparition de modification du comportement en observant, analysant les circonstances de survenue, les facteurs favorisants.

Une reconnaissance financière, différente selon le statut de l’établissement

Dans la fonction publique hospitalière, le décret du 22 juin 2010 organise une prime spécifique : Une prime est versée aux aides-soignants, accompagnants éducatifs et sociaux et aides médico-psychologiques détenteurs d’une attestation de suivi de l’intégralité de la formation spécifique à la fonction d’assistant de soins en gérontologie exerçant cette fonction dans une unité cognitivo-comportementale, une unité d’hébergement renforcée, un pôle d’activités et de soins adaptés ou dans une équipe spécialisée pour la prise en charge des patients atteints de la maladie d’Alzheimer d’un service de soins infirmiers à domicile. La prime est payable mensuellement, à terme échu. Elle est réduite, le cas échéant, dans les mêmes proportions que le traitement. Pour un temps partiel, « Le montant de la prime est fixé proportionnellement au temps consacré à l’exercice de la fonction d’assistant de soins en gérontologie quand le bénéficiaire exerce cette fonction pour une durée inférieure au temps plein. » et « Le coût de la prime est intégralement pris en charge par l’assurance maladie. » L’arrêté du 22 juin 2010 fixant son montant précise que Le montant brut mensuel de la prime mentionnée à l’ article 1er du décret du 22 juin 2010 susvisé est fixé à quatre-vingt-dix euros.

Dans le secteur privé commercial, la reconnaissance passe par un accord de branche : il a été créé la fonction d’assistant de soins en gérontologie (ASG) pour le personnel aide-soignant et aide médico-psychologique intervenant auprès de personnes âgées lourdement dépendantes (maladies Alzheimer et apparentées), rappelle le SYNERPA. Par un avenant n°16 du 30 mars 2011 signé avec la CFDT, FO et la CFE-CGC, le SYNERPA permet aux établissements d’octroyer aux AS / AMP, exerçant la fonction d’ASG au sein d’un UHR-PASA, une prime mensuelle brute de 90€ (pour salarié à temps plein). Ce dispositif conventionnel reste distinct de la prime réglementaire de la fonction publique hospitalière.

Pourquoi la fonction compte : l’ampleur des troubles cognitifs en EHPAD

Le besoin auquel répond l’ASG se lit dans les données les plus récentes. Environ 268 200 résidents souffrent de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée en 2023, soit 38 % des personnes accueillies, selon la DREES. La stratégie nationale Maladies Neurodégénératives situe le phénomène plus largement encore : Aujourd’hui 70 à 80 % des résidents d’EHPAD présentent un syndrome démentiel. Au niveau national, « En France, près de 1,5 million de personnes sont directement concernées par les maladies neurodégénératives non rares (maladie de Parkinson, sclérose en plaques, maladie d’Alzheimer et maladies apparentées). », un périmètre qui dépasse les seuls résidents d’EHPAD.

Une enquête antérieure de la DREES situait déjà l’ampleur des dispositifs spécifiques : Près de 5 % des résidents sont, de plus, accueillis en pôle d’activités et de soins adaptés (Pasa) ou en unité d’hébergement renforcé (UHR). Pour répondre à ce besoin, la stratégie nationale fixe un cap de formation, avec pour objectif environ 100 000 professionnels à former, un chantier qui dépasse l’ASG mais touche directement les personnels des unités spécifiques.

Ce que ces unités traitent, la HAS le définit précisément : Il s’agit de comportements, d’attitudes ou d’expressions dérangeants, perturbateurs ou dangereux pour la personne ou pour autrui, qui peuvent être observés au cours de la maladie d’Alzheimer et de la plupart des maladies apparentées. Le dossier de presse de la stratégie nationale résume l’apport du PASA en ces termes : Grâce à un accompagnement personnalisé et en petit groupe, les Pôles d’Activités et de Soins Adaptés (PASA) permettent la réduction des troubles du comportement et le maintien ou la réhabilitation des capacités fonctionnelles, cognitives et sensorielles. C’est précisément le terrain où s’exerce l’ASG, en lien avec les approches décrites dans notre guide sur la stimulation cognitive en EHPAD et dans l’article consacré à l’accompagnement des troubles du comportement.

Sur le terrain de l’UHR, la nuit reste une période sensible : à propos de la présence exclusivement affectée à l’unité durant la nuit, l’enquête nationale UHR indique que dans la majorité des cas, cette présence est assurée par un ASG. Cette même enquête relève un satisfecit côté encadrement : 90% des répondants soulignent que les ASG sont bien formés par rapport aux missions de l’UHR.

Impact concret par profil métier

Pour l’ASG lui-même

Une fois en poste, L’assistant de soins en gérontologie travaille en équipe, sous la responsabilité d’un chef de service ou d’un cadre de santé. Sa mission de fond reste synthétisée simplement : L’assistant de soins en gérontologie contribue à restaurer ou préserver l’autonomie des personnes âgées.

Pour l’IDEC

Pour l’IDEC qui organise les plannings des unités spécifiques, l’ANFH rappelle la nature de l’intervention à situer dans l’équipe : L’assistant de soins en gérontologie intervient auprès de personnes âgées, en situation de grande dépendance et/ou présentant des troubles cognitifs, nécessitant des techniques de soins et d’accompagnement spécifique. Le rattachement hiérarchique et fonctionnel compte aussi pour la ligne de reporting : Son intervention s’effectue dans le cadre d’une équipe pluriprofessionnelle, sous la responsabilité d’un professionnel paramédical ou d’un travailleur social

Pour l’aide-soignant non formé à la fonction

La différence avec un poste d’aide-soignant classique tient à la formation suivie et à l’affectation en unité spécifique : sans l’attestation de suivi de la formation, un aide-soignant ne peut pas exercer la fonction ni percevoir la prime associée. Les professionnels qui envisagent cette évolution peuvent s’appuyer sur notre panorama de la formation des aides-soignantes en EHPAD avant de candidater à la formation ASG proprement dite.

Pour le psychomotricien, l’ergothérapeute et le psychologue

La formation de l’ASG dessine aussi sa proximité avec les autres membres de l’équipe : Les assistants de soins en gérontologie sont formés à la mise en place d’activités de stimulation sociale et cognitive, les conduisant à travailler en lien plus étroit avec les psychologues, les psychomotriciens et les ergothérapeutes. Un binôme que l’on retrouve détaillé dans notre fiche métier de l’ergothérapeute en EHPAD.

Pour la direction

Pour la direction, la fonction d’ASG représente un investissement de formation qui rassure sur la qualité de la prise en charge : 90% des répondants soulignent que les ASG sont bien formés par rapport aux missions de l’UHR. Côté budget, la prime versée dans la fonction publique hospitalière ne pèse pas sur la masse salariale de l’établissement puisque Le coût de la prime est intégralement pris en charge par l’assurance maladie.

Mise en œuvre : une journée, une nuit et le parcours d’accès à la fonction

Une journée en PASA ou en UHR

Au fil de la journée, l’ASG anime ou co-anime des activités qui concourent au maintien ou à la réhabilitation des fonctions cognitives rémanentes (stimulation cognitive, atelier mémoire, jardinage/hortithérapie…) et, en parallèle, à la mobilisation des fonctions sensorielles (stimulation sensorielle, art-thérapie…). Ces activités recoupent largement les méthodes présentées dans notre guide sur la stimulation cognitive en EHPAD et dans l’article sur l’apport de la stimulation olfactive pour les résidents Alzheimer.

La nuit, un point de vigilance en UHR

La présence de nuit reste un point de contrôle spécifique aux UHR. Lorsqu’un professionnel est exclusivement affecté à l’unité durant la nuit, l’enquête nationale UHR observe que dans la majorité des cas, cette présence est assurée par un ASG. Ce rôle de nuit rejoint les problématiques traitées dans notre article sur la déambulation nocturne en EHPAD.

Le parcours d’accès à la fonction

L’accès reste conditionné à un exercice effectif en amont : La formation préparant à la fonction d’assistant de soins en gérontologie est accessible aux aides-soignants (AS) et aux aides médico-psychologiques (AMP) en situation d’exercice effectif auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies apparentées. L’établissement doit organiser le suivi de cette formation en tenant compte de l’alternance, puisqu’elle Elle est organisée en périodes discontinues, sur une amplitude de douze mois maximum, pour permettre l’alternance entre formation et exercice professionnel. Un point de traçabilité : la prime suppose la détention de l’attestation de suivi de la formation, pas un diplôme.

Perspectives : une fonction appelée à se généraliser

La Stratégie nationale Maladies Neurodégénératives fixe le cap : avec pour objectif environ 100 000 professionnels à former. Ce mouvement de fond touche aussi bien la prise en charge des maladies neurodégénératives en EHPAD que les expérimentations en cours, à l’image des unités de vie protégées financées par la CNSA, qui élargissent le terrain où l’ASG peut être appelé à intervenir.

Mini-FAQ : la fonction d’assistant de soins en gérontologie

Sous la responsabilité de qui l’assistant de soins en gérontologie travaille-t-il ?
L’assistant de soins en gérontologie travaille en équipe, sous la responsabilité d’un chef de service ou d’un cadre de santé. Selon les textes qui encadrent son intervention, il exerce plus largement dans le cadre d’une équipe pluriprofessionnelle, sous la responsabilité d’un professionnel paramédical ou d’un travailleur social.
Avec quels professionnels l’ASG travaille-t-il au quotidien ?
Les assistants de soins en gérontologie sont formés à la mise en place d’activités de stimulation sociale et cognitive, les conduisant à travailler en lien plus étroit avec les psychologues, les psychomotriciens et les ergothérapeutes.
Une reconnaissance financière existe-t-elle pour cette fonction ?
Une prime est versée aux aides-soignants, accompagnants éducatifs et sociaux et aides médico-psychologiques détenteurs d’une attestation de suivi de l’intégralité de la formation spécifique à la fonction d’assistant de soins en gérontologie dans la fonction publique hospitalière ; une prime conventionnelle comparable existe aussi, par accord de branche, dans une partie du secteur privé commercial.

Sources officielles

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Mis à jour · août 2026

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