Les soins palliatifs en Hauts-de-France sont passés en revue dans un communiqué de presse de l’ARS Hauts-de-France daté du 9 octobre 2026. Le texte recense équipes mobiles, équipes rapides, lits, unités, hôpitaux de jour et appuis territoriaux. Cet article en rend compte, puis le met en regard des repères d’une recommandation ancienne sur la fin de vie en Ehpad, pour les médecins coordonnateurs, IDEC, IDE et directeurs.
Les faits : ce que recense l’ARS Hauts-de-France
Le communiqué de l’ARS Hauts-de-France sur l’accompagnement des patients en fin de vie présente l’offre régionale pour l’ensemble des patients en soins palliatifs, et non pour les seuls résidents d’Ehpad. L’agence affirme : « Les Hauts-de-France comptent une offre de soins palliatifs dense et variée ». Cette offre, précise le communiqué, inclut des prises en charge au domicile, en établissement médico-social, sur le lieu d’hospitalisation de la personne ou dans des unités dédiées.
Le texte avance aussi une estimation, au conditionnel : en Hauts-de-France, près de 39 000 personnes relèveraient chaque année d’un accompagnement en soins palliatifs. Cette estimation concerne la région, tous patients confondus. Pour le cadre général de l’accompagnement des résidents, le média propose un guide sur les soins palliatifs et la fin de vie en Ehpad.
Les équipes mobiles de soins palliatifs
Selon le communiqué, les équipes mobiles de soins palliatifs viennent en appui pour former et conseiller les équipes soignantes dans cette prise en charge spécifique. L’agence en dénombre : « 50 équipes mobiles de soins palliatifs sont réparties dans toute la région pour appuyer les professionnels de santé selon leurs besoins ». Le communiqué détaille ensuite ces équipes :
- 35 équipes pour intervenir au sein des établissements hospitaliers et médico-sociaux dont 2 équipes spécifiquement pour l’accompagnement aux soins palliatifs pédiatriques ;
- 12 équipes interviennent auprès des professionnels de santé de ville qui prennent en charge des patients à domicile ;
- 3 équipes rapides d’intervention mobilisables dans les quelques heures qui suivent la demande avec un objectif de stabilisation du patient et d’orientation vers le dispositif le plus adéquat pour la suite de la prise en charge.
Ce périmètre est plus large que les Ehpad : il vise, pour la première catégorie, des établissements hospitaliers et médico-sociaux, pédiatrie comprise. Ces chiffres ne se lisent donc pas comme un nombre d’équipes dévolues aux Ehpad. Une phrase du communiqué nomme l’Ehpad : « Les soins palliatifs peuvent être délivrés directement par les équipes médicales qui prennent en charge le patient au domicile, en Ehpad ou encore à l’hôpital ».
Les lits identifiés et les unités de soins palliatifs
Côté hospitalier, l’ARS indique que 557 lits identifiés de soins palliatifs sont destinés à des patients en fin de vie dans 91 établissements de la région. Elle ajoute : « 34 unités de soins palliatifs sont réparties dans la région pour un total de 365 lits ».
Elle met en avant un indicateur de densité : « Le taux d’équipement régional de 6,1 lits d’USP / 100 000 habitants en Hauts-de-France (moyenne nationale de 3,1 lits / 100 000 habitants) illustre la densité des accompagnements proposés en Hauts-de-France ». Deux précisions : ce taux porte sur les lits d’unités de soins palliatifs (USP), non sur l’ensemble de l’offre, et la formule sur la densité est l’appréciation de l’ARS. Pour comparer ce type d’équipement à celui des établissements, voir l’article du média sur l’équipement palliatif des Ehpad dans l’Atlas.
Les maisons d’accompagnement
Le communiqué décrit ainsi ce nouveau dispositif : « Les maisons d’accompagnement sont conçues comme des lieux de vie et proposent une nouvelle forme de prise en charge, à mi-chemin entre le domicile et l’hôpital ». Il annonce : « Une première maison d’accompagnement en soins palliatifs sera créée en fin d’année », puis situe la région dans une expérimentation nationale : 12 premières maisons d’accompagnement sont expérimentées en France dont une dans les Hauts-de-France qui ouvrira début décembre 2026. Le communiqué donne donc deux repères de calendrier, « en fin d’année » et début décembre, pour la maison d’accompagnement de la région. Un autre article du média est consacré à la loi sur les soins palliatifs et les maisons d’accompagnement.
Les hôpitaux de jour
Le communiqué précise : « Les hôpitaux de jour en soins palliatifs s’adressent à des personnes suivies à domicile dont l’état de santé est stable et non complexe ». Il enchaîne avec le nombre d’établissements concernés : « 24 hôpitaux de la région accueillent ces dispositifs ».
Les appuis territoriaux, la nuit, le week-end et les jours fériés
La mention de la nuit, du week-end et des jours fériés figure dans la présentation des appuis territoriaux. Le communiqué les décrit comme des dispositifs permettant de répondre aux besoins des professionnels de santé d’accéder à l’expertise palliative quel que soit le lieu de prise en charge du patient, la nuit, le week-end et les jours fériés. Il en donne le nombre : « La région dispose actuellement de 6 appuis territoriaux de soins palliatifs pour les patients adultes et de 2 appuis territoriaux pour les soins palliatifs pédiatriques ».
Autre sujet de nuit traité par le média, distinct des appuis décrits ici : l’article sur l’astreinte infirmière de nuit en Ehpad dans les Hauts-de-France.
Ce que disait la recommandation de l’Anesm sur le recours aux équipes spécialisées
Seconde source de cet article, la recommandation « Accompagner la fin de vie des personnes âgées en Ehpad » a été produite par l’Anesm (le document mentionne : « décision d’adoption du directeur de l’Anesm, le 31 janvier 2017 ») et est aujourd’hui diffusée sur le site de la HAS. Ce n’est pas une position de la HAS, et ses constats sont ceux de son époque. Le rapprochement qui suit est une lecture du média : il ne signifie pas que l’un des deux textes répond à l’autre.
La recommandation écrivait : « Si toutes les situations de fin de vie ne nécessitent pas l’intervention d’équipes spécialisées dans les soins palliatifs (EMGE, HAD, réseaux de soins palliatifs, etc.), leur recours constitue une ressource à plusieurs niveaux », niveaux que le document détaille ensuite. Elle citait aussi un constat d’enquête : « En 2015, 82 % des Ehpad déclarent avoir fait appel au moins une fois à une équipe mobile de soins palliatifs ». Ce chiffre est déclaratif et daté par le document lui-même ; il ne se lit pas comme un état des lieux actuel, ni pour la région, ni pour le pays.
Elle notait en outre que la majorité des Ehpad fait état de conventions signées avec les intervenants en soins palliatifs. Sur l’intérêt du travail en réseau, elle indiquait que, dans les situations de fin de vie, le travail en réseau et la mobilisation de ressources extérieures (y compris des associations de bénévoles), ces pratiques permettent de réduire les hospitalisations inappropriées, et de soutenir les personnes en fin de vie et leurs proches et les professionnels qui peuvent parfois se sentir isolés.
Plusieurs de ses préconisations portent sur la place de ces coopérations dans l’organisation de l’établissement. L’une d’elles était formulée ainsi : « Indiquer en premier lieu dans le projet d’établissement, les coopérations nécessaires à la continuité de l’accompagnement, pouvant faire l’objet de déclinaisons dans le projet général de soins ». Dans le projet général de soins, le texte invitait aussi à identifier et mentionner les conventions de partenariat existantes et/ou envisagées ainsi que les protocoles de coopération formalisés en fonction des besoins de l’établissement et des ressources disponibles sur le territoire, et de faire état des structures ressources, ainsi que, selon le texte, les modalités et la faisabilité de leurs interventions.
Le texte préconisait enfin un suivi : « Organiser un suivi périodique des partenariats par la mise en place de réunions régulières entre la direction de l’Ehpad, les professionnels référents et les intervenants extérieurs mobilisés (HAD, EMSP, réseau de soins palliatifs, EMGE, SSR, service des urgences, etc.) ». Les EMSP désignent les équipes mobiles de soins palliatifs.
Mise en regard, la différence de nature est nette, sans qu’on puisse en tirer de lien entre les deux documents : le communiqué de l’ARS recense une offre régionale, tous patients confondus ; la recommandation ancienne s’adresse aux Ehpad et décrit comment inscrire leurs coopérations dans leurs documents d’organisation. Les associer relève d’une lecture éditoriale, pas d’un renvoi des textes entre eux.
Impact concret par profil métier
Les paragraphes qui suivent sont une lecture du média, que ni le communiqué ni la recommandation ne formulent : ce sont des pistes de travail pour les équipes, pas des obligations.
Médecin coordonnateur
Une piste de travail consiste à rapprocher les catégories de dispositifs recensées par l’ARS (équipes mobiles, équipes rapides, appuis territoriaux) des contacts et des accords déjà formalisés par l’établissement. La recommandation ancienne parlait de conventions de partenariat existantes et/ou envisagées : relire les conventions en place à cette aune est une lecture de gestion, que le texte ne formule pas. Pour situer le poste et ses missions, voir la fiche métier du médecin coordonnateur d’Ehpad.
IDEC et IDE
Pour une IDEC ou une IDE, la mention de la nuit, le week-end et les jours fériés peut servir de point de départ à une question d’équipe : comment les soignants de nuit ou de week-end savent-ils qui joindre, et à quelles conditions ? C’est une piste de travail, que le communiqué ne formule pas. Sur les situations difficiles de fin de vie, deux articles du média complètent la lecture : l’un sur les événements indésirables graves en fin de vie, l’autre sur le midazolam et le circuit du médicament en fin de vie.
Directeur d’établissement
Pour un directeur, la recommandation ancienne plaçait les coopérations dans le projet d’établissement et suggérait un suivi par des réunions avec les intervenants extérieurs. Transposée à aujourd’hui, l’idée relève d’une lecture de gestion : vérifier que les coopérations nécessaires à la continuité de l’accompagnement sont écrites quelque part, et que quelqu’un en assure le suivi. Cette lecture est celle du média, pas une exigence formulée par les textes.
Perspectives
Parmi les repères de calendrier du communiqué, la maison d’accompagnement évoquée plus haut, qui ouvrira début décembre 2026, constituera un point d’observation du nouveau dispositif.
Cet article ne prétend pas décrire le recours effectif des Ehpad de la région aux dispositifs listés : il rapporte ce que recense l’ARS Hauts-de-France et ce que disait, à son époque, une recommandation sur la fin de vie en Ehpad.


