Mis à jour en juin 2026 — Quand on accompagne un parent âgé, comprendre les grands problèmes de santé du grand âge aide à mieux dialoguer avec les soignants et à repérer les signaux d’alerte. Ce guide réunit, à partir des recommandations de la Haute Autorité de santé, l’essentiel sur la polypathologie, les chutes, la dénutrition, la fragilité, les troubles cognitifs et la souffrance psychique — avec les bons réflexes pour les familles et les aidants.
La polypathologie : rarement une seule maladie
Le grand âge se caractérise rarement par une maladie isolée. La Haute Autorité de santé définit la polypathologie comme la situation des personnes âgées de 75 ans et plus ayant au moins 3 maladies chroniques. Le phénomène est massif : 57 % des personnes âgées de 75 ans et plus ont au moins une affection de longue durée (ALD) et 40 % en ont au moins deux. Cette accumulation a une conséquence directe sur les traitements : ces patients prennent en moyenne 8 à 10 médicaments, ce qui expose au risque d’interactions et d’effets indésirables.
La HAS identifie d’ailleurs quatre facteurs majeurs de risque d’hospitalisation chez la personne âgée polypathologique : la chute, la polymédication, la dénutrition et la dépression. Ce sont précisément les quatre points sur lesquels une famille attentive peut faire la différence.
Les chutes : premier risque, premier réflexe
La chute est le problème de santé le plus emblématique du grand âge. La HAS recommande un réflexe simple : interroger systématiquement la personne âgée (ou son entourage), lors de toute consultation, sur la survenue d’une chute au cours des douze derniers mois. Parmi les facteurs de risque, la polymédication (au-delà de 4 médicaments) et les psychotropes tiennent une place importante.
Côté repérage, deux tests simples sont utilisés par les soignants : l’appui sur un pied, considéré comme anormal si la personne tient moins de 5 secondes, et le test de marche chronométré (Timed Up and Go), où l’on observe un déficit de mobilité à partir de 20 secondes, important au-delà de 29 secondes. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la prévention des chutes en EHPAD.
La dénutrition : un risque silencieux
Souvent invisible, la dénutrition est pourtant fréquente : elle touche près de 3 millions de Français, parmi lesquels au moins un tiers a plus de 70 ans, et près d’une personne âgée dénutrie sur 7 vit à domicile et près d’une sur 4 dans une unité de soins de longue durée. Chez la personne de 70 ans et plus, le repérage s’appuie notamment sur un IMC inférieur à 22 kg/m² et sur une perte de poids d’au moins 5 % en 1 mois ou 10 % en 6 mois ; on parle de forme sévère en dessous d’un IMC de 20 kg/m².
En établissement, le dépistage est réglé : il doit être réalisé une fois par mois en institution, avec des apports cibles de 30 à 40 kcal/kg/j. Vous pouvez aider en signalant tout amaigrissement ou perte d’appétit. Nos guides sur la nutrition en EHPAD et l’hydratation détaillent les bonnes pratiques.
La fragilité : agir avant la dépendance
La fragilité est un concept clé pour anticiper. La HAS la décrit comme un syndrome clinique marqueur de risque de mortalité, de perte d’autonomie, de chutes, d’hospitalisation et d’institutionnalisation. Elle est parfois discrète : elle peut s’exprimer de façon non spécifique par une asthénie, une perte de poids inexpliquée ou des infections fréquentes, et de façon plus spécifique par des chutes spontanées, des épisodes de confusion et une incapacité fluctuante.
Le repérer tôt change la trajectoire : le repérage de la fragilité permet d’identifier des sujets âgés de 65 ans et plus à risque de développer ou d’aggraver une dépendance, et l’évaluation et le suivi pluriprofessionnels des personnes âgées fragiles peuvent réduire leurs risques de dépendance, d’hospitalisation et d’admission en EHPAD. Un signal simple à observer : le ralentissement de la vitesse de marche, soit plus de 4 secondes pour parcourir 4 mètres, est un marqueur de risque de dépendance, de chutes et de mortalité. Notre guide sur la prise en charge gériatrique et celui sur l’autonomie des résidents approfondissent le sujet.
Troubles cognitifs et souffrance psychique
Les maladies neurodégénératives sont une réalité fréquente : on estimait à 1 200 000 le nombre de personnes atteintes de démence en France en 2014, et près de 24 000 cas de démence concerneraient des personnes de moins de 65 ans. Notre dossier sur les maladies neurodégénératives en EHPAD aide à reconnaître les premiers signaux.
La santé mentale ne doit pas être négligée. La HAS rappelle l’importance d’identifier et repérer les signes révélateurs de souffrance psychique chez la personne et son ou ses aidants. Le bon usage des médicaments est ici crucial : au-delà de 70 ans, une personne sur deux consomme de façon prolongée des médicaments anxiolytiques ou hypnotiques. Or il existe une surprescription des benzodiazépines dans les troubles du sommeil et de l’anxiété, alors que les risques liés à ces médicaments sont supérieurs aux bénéfices, et à l’inverse une prescription insuffisante d’antidépresseurs chez la personne âgée réellement dépressive.
Attention enfin à la confusion aiguë (delirium), brutale et souvent réversible : aucun médicament n’a obtenu d’autorisation de mise sur le marché pour l’indication confusion aiguë de la personne âgée. La priorité est d’en rechercher et d’en corriger la cause (infection, déshydratation, médicament, douleur).
Quelques repères sur la vie en EHPAD
Pour les familles, mettre ces enjeux en perspective aide aussi à comprendre le parcours en établissement. L’EHPAD n’accueille pas que des personnes très âgées : 67 000 résidents en EHPAD ont moins de 75 ans, dont 14 000 moins de 65 ans. Les séjours sont par ailleurs souvent courts et marqués par la fin de vie : 38 % des personnes ayant rejoint un établissement en 2023 l’ont quitté la même année, et les sorties correspondent dans 69 % des cas à des décès.
Bien s’informer en amont reste le meilleur atout. Nos guides Choisir un EHPAD, Réussir l’admission et Qualité de vie des résidents accompagnent les familles à chaque étape.
FAQ — Santé de la personne âgée
Qu’appelle-t-on « polypathologie » chez la personne âgée ?
Quels sont les principaux risques d’hospitalisation à surveiller ?
Qu’est-ce que la « fragilité » et pourquoi la repérer ?
Les somnifères et anxiolytiques sont-ils dangereux pour une personne âgée ?
Comment reconnaître une dénutrition qui s’installe ?
Mon proche devient brutalement confus : que faire ?
Pour aller plus loin
Sur sosehpad.com : approfondissez avec nos pages de référence Prévention des chutes, Dénutrition et Alzheimer et maladies neurodégénératives. Côté familles : Choisir un EHPAD, Réussir l’admission et Préserver l’autonomie.
Sources officielles : HAS — Prendre en charge une personne âgée polypathologique · HAS — Prévention des chutes · Santé publique France — Maladie d’Alzheimer et autres démences.
