Guide de référence 2026

Bionettoyage en EHPAD : le protocole d’entretien d’une chambre, zone par zone

Le bionettoyage d’une chambre n’est pas un ménage soigné : c’est une séquence dont l’ordre est prescrit, dont les supports sont comptés et dont la fréquence dépend d’un classement de risque. Cette page reprend ce classement à sa source, déroule le protocole geste par geste, et donne les deux règles que la plupart des fiches qui circulent énoncent à l’envers.

trois
zones sont définies en établissement médico-social en fonction du risque
jusqu’à 90 %
des salissures éliminées par le balayage humide, préalable au lavage du sol
2 lavettes
au minimum par chambre, une pour la chambre, l’autre pour la salle de bain
trois mois
le délai maximal d’enlèvement des déchets de soins quand le site en produit 5 kilogrammes par mois ou moins

🗓️ Mis à jour le 16 août 2026 — droit vérifié sur le texte en vigueur au jour de publication

Cette mise à jour reconstruit la page à partir des textes et des guides eux-mêmes : le classement des locaux en trois zones de risque tel que le publie le centre d’appui régional de Bourgogne-Franche-Comté, la doctrine du geste telle que l’écrivent les centres d’appui d’Île-de-France et du Centre-Val de Loire, les supports tels que les décrit la Société française d’hygiène hospitalière, et les délais d’entreposage des déchets d’activités de soins tels que les fixe l’arrêté du 7 septembre 1999, lu sur le texte en vigueur. Elle ajoute un générateur de protocole qui compose, pour un local et une situation donnés, la zone de risque, la séquence, les supports, les équipements de protection et le délai d’entreposage applicable.

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Le bionettoyage n’est pas un ménage soigné

Un ménage plus consciencieux ne suffit pas à faire un bionettoyage : c’est une méthode définie, qui combine dans le même geste une action mécanique et une action chimique. Le CPias Centre-Val de Loire la décrit comme l’utilisation d’un produit détergent-désinfectant en une seule opération de nettoyage et de désinfection. Cette phrase porte deux exigences qu’on confond souvent sur le terrain.

La première tient au déroulé : le protocole se décompose toujours en trois temps : 1.nettoyage 2.évacuation de la salissure et des produits utilisés 3.application d’un désinfectant. Sauter l’évacuation revient à désinfecter par-dessus une saleté encore présente : le produit perd son efficacité avant d’avoir agi.

La seconde tient à ce que chaque mot recouvre. Le nettoyage est l’élimination des salissures par un procédé respectant l’état des surfaces traitées, ce que les hygiénistes résument par le cercle de Sinner — l’équilibre entre action mécanique, produit chimique, température et temps de contact. La désinfection, elle, est une opération au résultat momentané, permettant d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus indésirables portés sur des milieux inertes contaminés, en fonction des objectifs fixés — un résultat qui s’use avec le temps et qu’il faut renouveler à chaque passage.

De cet enchaînement découle la règle qui gouverne tout le reste de cette page : Toujours nettoyer avant de désinfecter. Un désinfectant appliqué sur une surface encore grasse ou poussiéreuse voit son action neutralisée par la matière organique présente. C’est ce principe, plus que le choix du produit, qui distingue un protocole tenu d’un simple coup d’éponge.

Les trois zones de risque en établissement médico-social

Le classement de référence en établissement médico-social compte trois niveaux, et non davantage : trois zones sont définies en EMS en fonction du risque. Transposer une grille plus fine, reprise d’un autre référentiel, conduit à sur-équiper certains locaux et à en négliger d’autres. Le classement complet du risque infectieux par local est détaillé dans un article sur la classification du risque infectieux environnemental, et les fréquences propres aux espaces collectifs font l’objet d’un article sur le bionettoyage des parties communes.

ZoneLocauxFréquence
Zone 1 — risque faibleEntrée, hall d’accueil, couloirs, Ascenseurs, cages d’escaliers, Locaux d’utilité propre : lingerie, stockage des matérielsQuotidien pour les surfaces hautes touchées par les mains (rampes de maintien, boutons d’ascenseur, etc.)
Zone 2 — risque modéréChambres des résidents, Salles de soins, Salles de rééducation, Salles d’activités, Salles à manger, de séjour, de détente, Locaux d’utilité sale : déchets, linge saleQuotidien pour les surfaces hautes touchées par les mains des chambres, couloirs, salles de soins, de rééducation et des lieux de stockage « sales » ; Après chaque utilisation pour les salles d’activité, salles à manger, offices alimentaires, ces derniers avec utilisation d’un détergent-désinfectant agréé alimentaire
Zone 3 — risque élevéSalles de bains, sanitaires, Chambres des résidents en Précautions Complémentaires (PC)Une fois par jour minimum, plus si nécessaire

Le protocole d’une chambre, dans l’ordre des gestes

L’entretien quotidien d’une chambre suit toujours le même sens de progression : Nettoyer du plus propre au plus sale et du haut vers le bas. Le même principe gouverne l’échelle de l’établissement, où l’agent commence par les locaux les moins à risques.

Premier geste : sortir déchets et linge sale, qui rejoignent les locaux d’utilité sale et ne doivent jamais s’accumuler pendant l’entretien. Vient ensuite l’essuyage humide des surfaces hautes et des points de contact — poignées, interrupteurs, barres d’appui — sur lesquels l’hygiène des mains du soignant compte autant que le passage de la lingette. Deux règles encadrent ce geste : Pas de va et vient – pas de retour en arrière – => essuyage en un seul passage, et surtout Ne pas retremper la lingette dans la solution, faute de quoi l’agent réensemence sa propre solution propre à chaque passage.

Le nombre de supports n’est pas laissé à l’appréciation de l’agent : Un minimum d’un bandeau de sol doit être utilisé pour une chambre en ES/EMS ainsi qu’un minimum de 2 lavettes (une pour la chambre, l’autre pour la salle de bain). Mélanger les supports d’une pièce à l’autre casse la logique de progression du propre vers le sale.

Le sol se traite en dernier, en deux temps. Le balayage humide précède toujours le lavage : il permet d’Eliminer jusqu’à 90 % des salissures et de Limiter leur mise en suspension dans l’atmosphère. Le lavage à plat suit, selon la Méthode « de la godille » (surfaces encombrées ou réduites) ou « au poussé » (surfaces non encombrées) — une chambre meublée relève presque toujours de la première. Le choix du mobilier n’est d’ailleurs pas neutre pour cet entretien, un sujet traité dans le guide d’aménagement d’une chambre.

OrdreGeste
1Évacuation des déchets et du linge sale
2Essuyage humide des surfaces hautes et points de contact
3Sanitaires, supports dédiés
4Sol : balayage humide puis lavage à plat

Le bionettoyage terminal, celui qui conditionne la remise à disposition

Le bionettoyage terminal intervient à un moment précis : après le départ, le décès ou le transfert du résident. La règle ne laisse pas de place à l’interprétation : Réaliser le bionettoyage intégral de la chambre après le départ du patient/résident. « Intégral » signifie qu’on ne se limite plus aux points de contact et au sol du quotidien : chaque surface — rideaux, poignées de placard, potence, dessous de lit — repasse par les trois temps décrits plus haut : nettoyage, évacuation, désinfection.

Une seconde situation, plus fréquente que le départ définitif, appelle elle aussi un passage complet : la levée des précautions complémentaires. Le guide range en effet ce moment parmi les fréquences d’entretien de la zone 3, aux côtés du minimum quotidien — À la levée des précautions complémentaires. La chambre d’un résident placé en précautions ne redevient donc pas une chambre ordinaire par le seul effet de la levée : elle repasse d’abord par ce bionettoyage.

C’est cette étape, et non l’entretien quotidien, qui conditionne le délai de remise à disposition d’une chambre : tant qu’il n’est pas achevé et tracé, la chambre ne devrait pas être proposée, qu’il s’agisse d’y accueillir un nouveau résident ou de refermer un épisode d’isolement. Sur les épidémies, la remise à disposition d’une chambre après épisode infectieux fait l’objet d’un traitement dédié.

Deux points pratiques évitent qu’un bionettoyage terminal se résume à un entretien quotidien renforcé : il reprend l’ensemble du mobilier, pas seulement les zones visibles, et il se conclut par une traçabilité — date, agent, produit utilisé — qui permet de documenter que la chambre a bien franchi cette étape avant toute nouvelle admission.

Générateur : le protocole de bionettoyage de votre local

Le classement par zone, la fréquence attendue, la séquence des gestes et les délais de déchets sont dispersés dans quatre documents distincts. L’outil les réunit pour une situation donnée. Renseignez le local à traiter, la situation du jour et la quantité de déchets de soins que produit votre site : vous obtenez la zone de risque, la fréquence, la séquence opératoire, les supports, les obligations qui pèsent sur l’employeur et le délai maximal d’entreposage, chacun rattaché au texte ou au guide qui le fonde.

🧽 Protocole de bionettoyage, local par local
Zones et fréquences d’après le guide d’entretien des locaux en établissement médico-social du centre d’appui de Bourgogne-Franche-Comté ; délais de déchets d’après l’arrêté du 7 septembre 1999, dans sa rédaction en vigueur.

Le résultat est un socle documenté, jamais un protocole d’établissement : votre plan de nettoyage reste la référence opposable, et il peut légitimement être plus exigeant. Si vous ignorez la quantité de déchets produite, votre bordereau de suivi ou la facture de votre prestataire la porte.

Choisir le produit et les supports

Le choix du produit ne relève pas de l’habitude mais d’une catégorie réglementaire précise. La SF2H définit le produit biocide comme une préparation destinée à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, définition ancrée dans le Règlement biocide 528-2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012. Un produit vendu comme bactéricide, fongicide ou virucide revendique une activité normée sur ce fondement ; côté viral, la référence citée par la SF2H est la norme EN14476 — ce marquage se vérifie sur l’étiquette, pas sur la promesse commerciale.

La microfibre à l’eau seule n’est pas interdite, mais son usage est circonscrit : la SF2H la juge recevable Pour l’entretien des sols hors zones à environnement maitrisé, ainsi que pour l’entretien des surfaces et du sol des chambres individuelles en EHPAD. Hors de ce périmètre, elle ne remplace pas un détergent-désinfectant. Lavée en machine semi-professionnelle, la température recommandée doit être comprise entre 60 et 65°C. L’office alimentaire suit une logique distincte : le détergent-désinfectant y est choisi pour sa compatibilité avec le contact alimentaire, un critère que le produit des sanitaires ne remplit pas.

Protéger celui qui fait le travail

Le code du travail consacre un titre entier aux agents biologiques, applicable dans les établissements dans lesquels la nature de l’activité peut conduire à exposer les travailleurs à des agents biologiques — un EHPAD en relève directement. Le premier réflexe attendu n’est pas la protection individuelle mais l’évitement : l’employeur évite l’utilisation d’un agent biologique dangereux pour la santé des travailleurs, en le remplaçant par un agent biologique moins dangereux.

Quand l’exposition ne peut être évitée, l’employeur fournit aux travailleurs des moyens de protection individuelle, notamment des vêtements de protection appropriés, veille à ce qu’ils soient enlevés lorsque le travailleur quitte le lieu de travail, . Ces équipements sont fournis gratuitement par l’employeur qui assure leur bon fonctionnement et leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant. En cas d’accident impliquant un agent pathogène, L’employeur fournit sur le lieu de travail des instructions écrites et, le cas échéant, des affiches portant sur la procédure à suivre : un protocole limité aux EPI reste incomplet.

Le risque n’est pas que chimique. Sur l’ensemble des maladies professionnelles reconnues en France, tous secteurs confondus, les troubles musculo-squelettiques représentent à eux seuls plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues — un chiffre à garder en tête dans l’organisation des tournées.

Ce que change une situation à risque

Un protocole standard ne suffit plus dès qu’un épisode épidémique ou un portage bactérien est identifié. En épidémie hivernale — gastro-entérite, grippe, virus respiratoires — la SF2H recommandait de réaliser un nettoyage et/ou une désinfection quotidienne des sols et une désinfection pluriquotidienne des surfaces, en insistant sur celles les plus fréquemment touchées, avec l’entretien de l’environnement et la désinfection rigoureuse du matériel partagé (matériel de soins, jouets…). Les virus enveloppés sont sensibles à l’eau de Javel à 0,5% de chlore actif (et à 0,1% en conditions de propreté / OMS 2020).

Le portage d’une bactérie multirésistante ou hautement résistante suit une logique différente, centrée sur la chambre :

SituationFréquence et produitSupports
Épidémie virale (gastro-entérite, grippe, virus respiratoires)Nettoyage et/ou désinfection quotidienne des sols, désinfection pluriquotidienne des surfacesMatériel partagé désinfecté après chaque usage
Portage BMR/BHReBionettoyage quotidien de l’environnement avec un détergentIndividualisation des chiffonnettes, gazes pré-imprégnées

Dans les deux cas, documenter la date de début et de fin de la mesure évite qu’un renfort ne s’éternise, ou qu’il ne soit levé trop tôt. Le protocole d’épidémie de gale en EHPAD illustre comment ces mesures s’articulent avec l’éviction du personnel et la gestion du linge de la chambre.

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux

Une compresse souillée ou une aiguille usagée ne rejoignent pas la poubelle ordinaire : elles relèvent d’une filière séparée dès lors qu’elles présentent un risque infectieux, du fait qu’ils contiennent des micro-organismes viables ou leurs toxines. Le critère infectieux n’est même pas toujours nécessaire, puisque relèvent aussi de la filière les Matériels et matériaux piquants ou coupants destinés à l’abandon, qu’ils aient été ou non en contact avec un produit biologique. L’obligation pèse sur le producteur : Toute personne qui produit des déchets définis à l’article R. 1335-1 est tenue de les éliminer. La séparation s’opère dès leur production — au lit du résident, pas au local de stockage. Les déchets d’activités de soins et assimilés sont collectés dans des emballages à usage unique, fermés avant enlèvement — dispositions R1335-1 à R1335-6 du code de la santé publique, détaillées sur la page du tri des déchets de soins.

Le délai maximal entre production et traitement dépend du volume produit :

Production sur un même siteDélai maximal
Plus de 100 kg par semaine72 heures
≤ 100 kg/semaine et plus de 15 kg/mois7 jours
≤ 15 kg/mois et plus de 5 kg/mois1 mois, porté à 6 mois pour les seuls perforants
5 kg par mois ou moinstrois mois

La congélation des déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés en vue de leur entreposage est interdite. Le texte ajoute qu’Il est également interdit de compacter les poches ou bocaux contenant des liquides biologiques. Un mélange avec d’autres déchets ne dilue pas l’obligation : l’ensemble est éliminé comme des déchets d’activités de soins à risques infectieux. Le local d’entreposage obéit à ses propres exigences : il est réservés à l’entreposage des déchets, porte une inscription apparente et se tient correctement ventilés et éclairés. Ces exigences tombent sous 15 kilogrammes par mois : entre 5 et 15 kg, il suffit que cette zone est identifiée et son accès est limité.

Formaliser et faire évaluer

Un bionettoyage qui fonctionne mais ne s’écrit nulle part n’est pas conforme, la Haute Autorité de santé posant que L’hygiène des locaux fait l’objet d’une procédure écrite. Cette exigence s’inscrit dans le critère 3.7.1, qui veut que L’ESSMS définit sa stratégie de prévention et de maîtrise du risque infectieux et s’assure de sa mise en œuvre. La traçabilité prime ensuite sur la déclaration d’intention, puisque les évaluateurs recherchent Toutes observations permettant de confirmer le respect des règles d’hygiène, de prévention et de gestion du risque infectieux — un registre daté vaut mieux qu’un plan resté théorique. Le plan de nettoyage et de traçabilité porte cette preuve, la gestion du linge obéissant à ses propres règles.

Un point situe l’enjeu réel d’une visite d’évaluation. Le référentiel HAS distingue 139 critères dits « standards » qui correspondent aux attendus de l’évaluation ; ‒ 18 critères dits « impératifs ». Sur la seule liste consolidée publiée par la HAS pour le champ personnes âgées — le taux de satisfaction des critères impératifs en 2025 pour le public PA —, le critère 3.7.1 ne figure pas : il relève du standard, non de l’impératif. Cela ne réduit en rien l’attente qui pèse sur le bionettoyage, mais change la conséquence d’un manquement — un repère face à l’évaluation HAS et à ses critères impératifs.

Questions fréquentes sur le bionettoyage en EHPAD

Quelle différence entre le bionettoyage et le ménage ?

Le ménage vise la propreté visible, le bionettoyage vise la réduction de la charge microbienne. Le centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins du Centre-Val de Loire le décrit comme une séquence : la combinaison de 3 étapes : 1.nettoyage 2.évacuation de la salissure et des produits utilisés 3.application d’un désinfectant. Employé seul, un produit détergent-désinfectant condense la séquence, puisque le bionettoyage se définit alors comme l’utilisation d’un produit détergent-désinfectant en une seule opération de nettoyage et de désinfection. La conséquence pratique est simple : appliquer un désinfectant sur une surface non nettoyée ne désinfecte pas, la matière organique neutralisant le principe actif.

Quel est le protocole de bionettoyage d’une chambre en EHPAD, étape par étape ?

La chambre se traite du plus propre vers le plus sale et de haut en bas : Nettoyer du plus propre au plus sale et du haut vers le bas. On évacue d’abord les déchets et le linge sale, on procède ensuite à l’essuyage humide des surfaces hautes et des points de contact, puis au traitement des sanitaires, et l’on termine par le sol — balayage humide, puis lavage à plat. La règle qui commande tout le reste est celle-ci : Toujours nettoyer avant de désinfecter. Notre générateur de protocole restitue cette séquence complète pour le local et la situation que vous lui indiquez.

À quelle fréquence faut-il bionettoyer une chambre de résident ?

La chambre relève de la zone 2, dite de risque modéré, dont la fréquence attendue est Quotidien pour les surfaces hautes touchées par les mains des chambres, couloirs, salles de soins. La salle de bains attenante, elle, relève de la zone 3 et se traite Une fois par jour minimum, plus si nécessaire. Une même chambre peut donc obéir à deux fréquences selon la pièce, ce qui est la source d’erreur la plus fréquente dans les plans de nettoyage.

Existe-t-il une fiche technique type de bionettoyage à télécharger ?

Aucun modèle national ne s’impose : la fiche technique est un document d’établissement, et c’est pourquoi la Haute Autorité de santé attend qu’il soit écrit — L’hygiène des locaux fait l’objet d’une procédure écrite. Le générateur de cette page produit le socle documenté correspondant à votre local et à votre situation ; il vous reste à l’adapter à vos produits, à votre matériel et à votre organisation. Notre procédure de bionettoyage des chambres et des locaux fournit un document déjà mis en forme pour le classeur qualité.

Qui réalise le bionettoyage en EHPAD ?

Il est le plus souvent confié aux agents des services hospitaliers, parfois partagé avec les aides-soignantes pour les points de contact du soin, parfois externalisé à un prestataire. Le choix relève de l’organisation interne, mais la responsabilité, elle, reste à l’établissement : c’est lui qui répond du résultat devant l’autorité de contrôle, et l’employeur qui doit protéger ceux qu’il emploie. Voyez notre fiche métier de l’agent des services hospitaliers et, en cas d’externalisation, notre page sur la coordination des prestataires externes.

Peut-on nettoyer à l’eau seule avec des microfibres ?

Oui, dans un périmètre délimité. La Société française d’hygiène hospitalière admet que certaines indications des microfibres « sans chimie » semblent logiques et licites, telles que l’entretien des sols en zone non protégée. Hors de ce périmètre — sanitaires, chambre d’un résident en précautions complémentaires, situation épidémique — le détergent-désinfectant reste requis. Et quel que soit l’usage, les supports réutilisables se lavent : Si les supports en microfibre sont lavés en machine semi-professionnelle, la température recommandée doit être comprise entre 60 et 65°C.

Que change une épidémie de gastro-entérite ou de grippe au protocole ?

Deux choses. La fréquence d’abord : les points de contact passent en reprise pluriquotidienne, l’entretien de l’environnement devenant une mesure de première ligne — L’entretien de l’environnement et la désinfection rigoureuse du matériel partagé (matériel de soins, jouets …). Le produit ensuite : il doit revendiquer une activité virucide, la Société française d’hygiène hospitalière rappelant que le SARS-CoV-2 est sensible aux biocides usuellement efficaces sur les virus enveloppés. Un détergent-désinfectant bactéricide seul ne suffit donc pas face à un virus respiratoire.

Quel protocole après le départ ou le décès d’un résident ?

La chambre ne relève plus de l’entretien courant. La consigne est de Réaliser le bionettoyage intégral de la chambre après le départ du patient/résident : mobilier, literie, table adaptable, barrières de lit, poignées et interrupteurs, sanitaires compris. C’est ce qu’on appelle le bionettoyage terminal, et c’est lui qui conditionne le délai de remise à disposition de la chambre.

Combien de temps peut-on conserver les déchets de soins avant enlèvement ?

Cela dépend de la quantité produite par le site, et l’échelle est large. Pour un petit producteur, la durée entre la production effective des déchets et leur enlèvement ne doit pas excéder trois mois. À l’autre extrémité, le délai tombe à 72 heures lorsque la quantité de déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés produite sur un même site est supérieure à 100 kilogrammes par semaine. Le générateur de cette page rend le délai correspondant à votre tranche.

Le critère 3.7.1 de l’évaluation HAS est-il un critère impératif ?

Non, contrairement à ce que répètent la plupart des pages consacrées au sujet. Le référentiel distingue 139 critères dits « standards » qui correspondent aux attendus de l’évaluation ; ‒ 18 critères dits « impératifs », et la seule liste consolidée de ces dix-huit est publiée par la Haute Autorité de santé dans son bilan annuel, sous la forme du Tableau 5 : taux de satisfaction des critères impératifs en 2025 pour le public PA. Le critère L’ESSMS définit sa stratégie de prévention et de maîtrise du risque infectieux et s’assure de sa mise en œuvre. n’y figure pas. Il reste un critère du référentiel, évalué comme les autres. Le détail de cette liste est traité dans notre page consacrée à l’évaluation HAS.

Pour aller plus loin

Le geste et le protocole

Le protocole d’une chambre ne vit pas seul, et son articulation aux autres gestes pose souvent plus de difficultés : appliquer les recommandations des sociétés savantes sans se noyer dans les référentiels, sécuriser des pratiques qui ont dérivé avec le tempset traiter les parties communes, dont les fréquences n’ont rien à voir avec celles d’une chambre. Le classement des locaux mérite une lecture : comment classer le risque infectieux environnemental de votre établissement. Après un épisode infectieux, voyez les procédés de désinfection qui raccourcissent le délai de remise à disposition.

Formaliser, tracer, former

Un protocole ni écrit ni tracé ne résiste à aucun contrôle : le plan de nettoyage-désinfection et sa traçabilité opérationnellepuis le contenu d’une formation au bionettoyage et son plan de recyclage. Les agents qui portent ce travail ont leur page : la fiche métier de l’agent des services hospitaliers, avec la fiche de poste et le parcours d’évolution et ce que la réglementation autorise réellement en matière de participation aux soins. En cas d’externalisation, lisez la coordination des prestataires externes.

Le risque infectieux dans son ensemble

Le bionettoyage n’est qu’un rempart parmi d’autres, à penser avec la prévention des infections dans son ensemble, avec l’hygiène des mains, premier vecteur de transmission — dont les résultats nationaux de conformité laissent songeur — et avec les protocoles de prévention des infections nosocomiales. Sur sa place exacte parmi les infections associées aux soins, voyez le poids des infections cutanées et ce que le bionettoyage y change. Pour déclarer un épisode à la tutelle, voyez la démarche d’analyse et de maîtrise du risque infectieux.

Épidémies et situations particulières

Chaque situation qui fait basculer le protocole a sa page : la gale, son protocole d’épidémie et l’éviction du personnel, une saison grippale qui impose des mesures renforcées, le dépistage combiné recommandé par la Haute Autorité de santé et les obligations vaccinales des soignants. Le référentiel d’évaluation a bougé : ce que change la dernière version sur le risque infectieux.

Linge, déchets et matériel

Trois circuits voisins suivent la même logique de séparation du propre et du sale. Le linge, avec la page de référence sur son organisation et la méthode de maîtrise de la bio-contamination, l’organisation concrète du circuit propre et sale et la décision d’externaliser. Les déchets ensuite, avec le tri des déchets de soins et les obligations qui s’y attachent. Enfin, la page consacrée à la toilette et aux soins d’hygiène du résident prend le relais dès que l’on quitte les surfaces pour la personne.

Ressources SOS EHPAD

Nos abonnés utilisent surtout la procédure de bionettoyage des chambres et des locaux, versable telle quelle au classeur qualité, et le guide pratique du bionettoyage. Pour équiper une équipe, le pack hygiène et risque infectieux regroupe les procédures du silo ; la mini-formation maîtriser le bio-nettoyage en EHPAD sert de recyclage annuel, et la remise en service après épisode infectieux d’une procédure distincte.

Sources officielles

Documents lus dans leur version en vigueur au jour de publication.