Guide de référence

DAMRI en EHPAD : l’outil qui remplace le DARI, son application et vos obligations réelles

Le DAMRI est la démarche d’analyse et de maîtrise du risque infectieux que les CPias mettent gratuitement à disposition de tous les établissements médico-sociaux, en remplacement du DARI né en 2012. Ce guide vous dit ce qu’il contient, comment y accéder, et surtout ce qui, dans ce domaine, relève d’une obligation légale — car ce n’est pas l’outil qui est imposé, c’est la déclaration des infections associées aux soins.

8
chapitres composent le DAMRI, du socle organisationnel à la gestion des épidémies
2,35 %
des résidents infectés par au moins une infection associée aux soins un jour donné en 2024
3 719
épisodes de cas groupés respiratoires en Ehpad, soit 92 % de ceux déclarés en établissement médico-social
21,0 %
des professionnels exerçant en Ehpad vaccinés contre la grippe

🗓️ Mis à jour : 14/08/2026 — millésime 2026 : les huit chapitres du DAMRI sont repris sous leur intitulé officiel ; le socle juridique est relevé sur le texte en vigueur, ce qui met en lumière l’obligation de déclarer les infections associées aux soins ; les données épidémiologiques sont celles de l’enquête nationale de 2024 ; le volet plan bleu renvoie au guide qui lui est consacré.

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Maîtrisez le risque infectieux : protocoles, bionettoyage, isolement.

Mis à jour · juillet 2026

Ce qu’est le DAMRI, et ce qu’il n’est pas

Le sigle DAMRI est recyclé un peu partout sur le web. En EHPAD, il désigne une seule chose : la Démarche d’Analyse et de Maîtrise du Risque Infectieux, un outil d’auto-évaluation du risque infectieux en établissement social et médico-social.

Ce n’est ni un texte réglementaire ni un référentiel opposable : c’est un outil, construit par un groupe de travail inter-CPias et développé par le CPias Bourgogne-Franche-Comté, mis gracieusement à disposition des établissements. Il s’inscrit dans la continuité de la démarche d’analyse du risque infectieux (DARI), mise en place depuis 2012, sous une forme dématérialisée et évolutive. Si votre établissement a déjà rempli un DARI, la logique vous est familière.

Son objectif : cartographier les risques infectieux propres à l’établissement, mesurer un niveau de maîtrise réel plutôt que déclaratif, et en tirer un plan d’actions hiérarchisé. Son périmètre dépasse le seul grand âge : l’outil est utilisable par tous les établissements médico-sociaux, qu’ils relèvent du secteur personnes âgées ou personnes handicapées, un cadre commun avec la prévention des infections en EHPAD.

Sa reconnaissance dépasse son origine régionale : le manuel d’évaluation de la Haute Autorité de Santé le cite comme outil de référence associé au critère 3.7.1. C’est l’outil que votre évaluateur connaît déjà.

Ce qui est vraiment obligatoire : déclarer, pas remplir un outil

Confusion fréquente : certaines directions pensent que « faire son DAMRI » constitue en soi une obligation légale. Aucun texte ne le dit. Ce qui est obligatoire, c’est de déclarer — et ce régime vise votre établissement au même titre qu’un hôpital.

Tout établissement et service médico-social ayant constaté soit une infection associée aux soins, dont une infection nosocomiale, soit tout événement indésirable grave associé à des soins entre dans le champ de cette obligation. Tout représentant légal d’établissement ou service médico-social déclare sans délai au directeur général de l’agence régionale de santé la survenue de toute infection associée aux soins dès qu’un des quatre critères suivants est rempli — un seul suffit.

CritèreCe que cela recouvreExemple en EHPAD
Caractère inattendu ou inhabituelinfection inattendue du fait de la nature ou du profil de résistance de l’agent pathogène, ou de sa localisation ou circonstances de survenueBactérie multirésistante identifiée sans explication évidente
Cas groupésl’infection associée aux soins survient sous forme de cas groupésPlusieurs résidents d’une même unité, symptômes proches
Décèsl’infection associée aux soins a provoqué un décèsDécès auquel l’infection a contribué
Transmission obligatoire de donnéesl’infection relève d’une transmission obligatoire de données individuelles à l’autorité sanitaireMaladie à déclaration obligatoire diagnostiquée

Une déclaration au titre de l’infection associée aux soins vaut déclaration au titre de l’article L331-8-1 du code de l’action sociale et des familles. Une seule démarche couvre les deux régimes, utile pour votre cartographie des risques et des événements indésirables.

Cette déclaration reste distincte du DAMRI lui-même : l’outil aide à prévenir et structurer, l’obligation légale s’active au moment où l’événement survient. Pour vérifier si votre situation la déclenche, utilisez l’outil ci-dessous.

Outil : faut-il déclarer cet épisode infectieux à l’ARS ?

C’est la question qui se pose un dimanche soir, quand trois résidents du même étage présentent le même tableau et que personne ne sait dire si l’on est déjà dans le champ de l’obligation. Le code de la santé publique y répond de façon très précise, mais sa rédaction est éclatée entre plusieurs articles et elle est rarement lue jusqu’au bout. Cet outil la restitue en une décision.

Répondez aux six questions ci-dessous : vous obtiendrez le verdict, le canal à utiliser, ce que la déclaration doit contenir, et qui, dans votre organisation, en porte la charge. Chaque règle affichée renvoie à l’article qui la fonde.

Déclaration d’une infection associée aux soins : votre situation

Les quatre premiers critères sont ceux de l’article R1413-79. Ils sont alternatifs : un seul suffit à déclencher l’obligation.

Outil d’aide à la décision fondé sur les articles en vigueur du code de la santé publique et du code de l’action sociale et des familles. Il n’engage ni votre ARS, ni votre CPias, dont l’avis prime toujours sur une situation particulière.

Le réflexe qui protège : en cas de doute persistant, appelez le CPias de votre région avant de trancher. Sa mission est précisément l’appui aux professionnels et l’investigation des déclarations — un appel n’est ni un signalement, ni un aveu.

Les huit chapitres du DAMRI, un par un

Le DAMRI est composé de 8 chapitres. Le chapitre 1 est évalué en binaire ; les chapitres 2 à 8 servent à la cartographie des risques. Le chapitre 1, socle de la démarche, doit être renseigné en début d’auto-évaluation pour pouvoir accéder aux chapitres suivants — il pèse à lui seul 8 thématiques et 84 critères. Une fois ce socle validé, les chapitres 2 à 8, indépendants les uns des autres, peuvent être renseignés selon les priorités définies par l’établissement. Le chapitre 2, à lui seul, compte 8 thématiques et 122 critères : c’est le plus dense des huit, cohérent avec le poids des soins quotidiens dans la maîtrise du risque infectieux. Pour une direction qui découvre l’outil, l’ordre logique est donc : verrouiller le chapitre 1 en premier, puis choisir librement par quel chapitre thématique commencer selon les fragilités déjà identifiées dans l’établissement — un service de restauration récemment audité, un circuit du linge externalisé, ou une unité protégée où l’animation mérite d’être revue en priorité.

ChapitreCe que vous devrez pouvoir montrer
1Organisation et moyens de la PMRIUn pilotage formalisé de la maîtrise du risque infectieux
2Prise en charge/soins des résidentsDes pratiques de soins traçables et conformes aux protocoles d’hygiène
3EnvironnementUne évaluation du risque infectieux environnemental documentée par zone
4RestaurationUne chaîne alimentaire conforme au plan de maîtrise sanitaire HACCP
5LingeUn circuit propre/sale distinct, selon la méthode RABC
6Entretien des locauxUn protocole de bionettoyage adapté à chaque zone à risque
7Animation/vie socialeDes activités collectives organisées sans exposer les résidents fragiles
8Gestion d’évènements infectieux à potentiel épidémiqueUne procédure de crise prête à s’activer, à l’image du protocole d’épidémie de gale

Comment le DAMRI cote le risque : la criticité

La cotation combine trois axes : la fréquence, la gravité et le niveau de maîtrise. Sur ce point, un détail mérite d’être dit, parce qu’il ne l’est nulle part ailleurs : les deux supports officiels ne donnent pas la même formule. Le diaporama du CPias Île-de-France écrit La criticité* = F X G X NM, tandis que celui du CPias Bourgogne-Franche-Comté, qui développe l’outil, écrit L’outil automatise la résultante : FXG/NM = Criticité. La nuance n’est pas cosmétique : dans un cas le niveau de maîtrise aggrave la criticité, dans l’autre il la réduit. Retenez donc le résultat que l’application affiche, et ne le recalculez pas à la main. La méthode, elle, n’est pas maison : elle reprend la définition de la criticité comme résultante de la probabilité d’occurrence d’un accident (F) par la gravité des conséquences (G), selon la méthode AMDEC. Conséquence directe pour votre plan d’actions : un risque fréquent mais déjà bien maîtrisé pèse moins qu’un risque rare et non maîtrisé. C’est cette hiérarchisation, pas un simple inventaire de constats, qui distingue le DAMRI d’une checklist : deux établissements peuvent cocher les mêmes cases sur un critère donné et obtenir pourtant deux niveaux de criticité très différents, selon leur population accueillie et la solidité réelle de leurs protocoles. Rappel utile : seuls les chapitres 2 à 8 sont cotés en criticité, le chapitre 1 restant en évaluation binaire. C’est cette photographie chapitre par chapitre qui alimente ensuite le plan d’actions correctrices de l’établissement, hiérarchisé du risque le plus critique au moins critique.

AxeCe qu’il mesureCe qui le fait bouger
FréquenceProbabilité d’occurrence de l’évènement redoutéAntécédents et contexte épidémiologique de l’établissement
GravitéConséquences potentielles pour les résidents exposésFragilité de la population accueillie, mode de transmission
Niveau de MaîtriseSolidité des mesures de prévention déjà en placeProtocoles écrits, formation des équipes, suivi des indicateurs

Accéder à l’application et ouvrir le compte de l’établissement

Le DAMRI est mis gracieusement à disposition des établissements : aucun abonnement, aucun devis à demander. L’application est dématérialisée et évolutive, portée par le réseau qui l’a conçue — un groupe de travail inter-CPias, développé par le CPias Bourgogne-Franche-Comté.

L’identification ne repose pas sur un compte individuel mais sur l’établissement lui-même : elle se fait via le numéro FINESS géographique, ce qui limite l’accès aux seules données de votre structure. C’est le FINESS qui fait foi, pas un mot de passe partagé à retenir.

Pour les établissements les plus avancés dans leur démarche qualité, un module optionnel « audit système » est proposé : une étape supplémentaire, pas un prérequis pour démarrer le premier chapitre. Rien n’oblige à s’y engager dès la première campagne d’auto-évaluation — mieux vaut consolider les huit chapitres de base avant d’ajouter ce niveau d’exigence.

Le DAMRI reste un outil d’auto-évaluation du risque infectieux en établissement social et médico-social, pas un audit externe noté. Pour l’ouverture du compte, la première utilisation ou l’interprétation d’un résultat, votre CPias régional est l’interlocuteur naturel : c’est lui qui porte l’outil et forme les équipes qui le sollicitent.

Le risque infectieux en EHPAD, mesuré

L’enquête nationale de prévalence (ENP) 2024 de Santé publique France a analysé les données de 1 288 Ehpad incluant 102 166 résidents. 2,35 % des résidents présentaient au moins une infection associée aux soins (IAS) le jour de l’enquête — un instantané, pas un taux annuel — en baisse par rapport aux 2,93 % de 2016.

Les infections les plus fréquentes sont respiratoires (36,2 %), urinaires (31,7 %) et cutanées (25,8 %), un résident pouvant cumuler plusieurs sites — voir la part des infections cutanées. 2,87 % des résidents étaient sous antibiotique un jour donné en 2024, un taux stable par rapport aux 2,76 % de 2016.

3 719 des 4 033 épisodes de cas groupés d’infections respiratoires aiguës déclarés en établissements médico-sociaux depuis fin septembre 2024, soit 92 %, sont survenus en Ehpad. 20 % des décès associés à la grippe sur la même période ont été déclarés par un Ehpad, contre 77 % par des établissements de santé — un repère de répartition, pas un taux de mortalité de l’Ehpad.

Écart le plus frappant : 82,7 % des résidents étaient vaccinés contre la grippe en 2024-2025 et 63,6 % contre la Covid-19, contre 21,0 % seulement chez les professionnels — voir la vaccination antigrippale des soignants et une obligation vaccinale annuelle. Entre 2015 et 2021, la consommation d’antibiotiques dans les Ehpad sans pharmacie à usage intérieur était orientée à la baisse, avec une chute marquée en 2020 — voir l’antibiorésistance en Ehpad.

IndicateurValeurCe qu’il mesure précisément
Prévalence des résidents avec au moins une IAS2,35 %Un jour donné (ENP 2024), pas une incidence annuelle
Prévalence des résidents sous antibiotique2,87 %Ce même jour, pas un total annuel
Part des épisodes de cas groupés IRA en Ehpad92 %Part des épisodes déclarés en EMS, pas un taux d’attaque
Couverture vaccinale grippe des résidents82,7 %Part vaccinée sur la saison, résidents uniquement
Couverture vaccinale grippe des professionnels21,0 %Part vaccinée sur la saison, tous métiers confondus

Ce que l’évaluation de la qualité attend sur ce terrain

Le manuel d’évaluation de la qualité des ESSMS de la HAS, version actualisée au 8 juillet 2025, consacre un objectif entier à ce terrain : « L’ESSMS définit et déploie sa stratégie de prévention et de maîtrise du risque infectieux » — voir aussi ce que change le référentiel HAS 2025. Trois critères en découlent.

Le critère 3.7.1 dispose que « l’ESSMS définit sa stratégie de prévention et de maîtrise du risque infectieux et s’assure de sa mise en œuvre », adossé à l’article L311-8 du code de l’action sociale et des familles et à l’Instruction n° DGCS/SPA/2016/195 du 15 juin 2016 ; la HAS y cite nommément la Démarche d’analyse et de maîtrise du risque infectieux (DAMRI), portée par les CPias.

Le critère 3.7.2 exige que « les professionnels mettent en œuvre les actions de prévention et de gestion du risque infectieux », sous l’article L1413-14 du code de la santé publique — le texte fondant aussi l’obligation de déclaration des IAS vue plus haut. Le critère 3.7.3 porte sur la sensibilisation et/ou la formation régulières des professionnels à cette prévention et à cette maîtrise, comme le critère HAS qui exige des procédures écrites.

CritèreIntituléCe que l’évaluateur cherchera
3.7.1L’ESSMS définit sa stratégie de prévention et de maîtrise du risque infectieux et s’assure de sa mise en œuvreUne stratégie formalisée et suivie dans la durée, pas une intention isolée
3.7.2Les professionnels mettent en œuvre les actions de prévention et de gestion du risque infectieuxDes pratiques de terrain observables, alignées sur la stratégie définie
3.7.3Les professionnels sont régulièrement sensibilisés et/ou formés à la prévention et à la maîtrise du risque infectieuxUne traçabilité de la formation continue, pas une session unique

Du DARI au DAMRI : quinze ans de construction

La construction du DAMRI s’étale sur plus d’une décennie, ce qui explique pourquoi tant d’établissements pilotent encore le sujet avec un tableur hérité du DARI. Cette chronologie est reconstituée à partir du texte des circulaires et des supports de présentation des CPias. Ces textes de 2012, 2015 et 2016 sont des repères historiques et de doctrine — pas l’état du droit en 2026.

  • 15 mars 2012 — la Circulaire interministérielle DGCS/DGS no 2012-118 du 15 mars 2012 relative à la mise en œuvre du programme national de prévention des infections dans le secteur médico-social 2011-2013, qui abroge la circulaire interministérielle DGCS/DGS n° 2011-377 du 30 septembre 2011, crée le document d’analyse du risque infectieux (DARI), destiné à aider les établissements médico-sociaux à formaliser leur analyse de risque : périmètre initial limité aux Ehpad, aux maisons d’accueil spécialisé (MAS) et aux foyers d’accueil médicalisé (FAM), alors rattaché au calendrier de l’évaluation interne réglementaire de l’époque.
  • 15 juin 2015 : PROPIAS = pérennisation de la démarche DARI. Le DARI cesse d’être un dispositif transitoire.
  • Instruction n° DGCS/SPA/2016/195 du 15 juin 2016 — elle élargit le programme à d’autres établissements médico-sociaux, comme les instituts d’éducation motrice et les EPEAP.
  • Janvier 2022 — présentation du DAMRI à la HAS.
  • 24 novembre 2022 : webinaire de présentation de DAMRI, à l’échelle nationale.
  • Courant 2023 — déploiement national visé.

Le pilotage reste national aujourd’hui : la stratégie nationale 2022-2025 de prévention des infections et de l’antibiorésistance, qui succède au programme PROPIAS, s’organise en neuf axes stratégiques, dont une action dédiée, la 16.2, vise à promouvoir l’évaluation du risque infectieux et l’analyse du risque en établissements et services médico-sociaux — un signal que l’outil continuera d’évoluer. Pour resituer cette dynamique dans l’ensemble des priorités qualité, voir notre bilan HAS des priorités pour le directeur d’Ehpad.

Conduire la démarche dans votre établissement

Un pilotage interne clair, avant l’outil

La direction ne délègue pas tout au médecin coordonnateur. Le médecin coordonnateur identifie les risques éventuels pour la santé publique dans l’établissement et veille à la mise en œuvre des mesures de prévention, de surveillance et de prise en charge de ces risques, et élabore, avec le concours de l’équipe soignante, un programme de prévention qui s’intègre dans le projet d’établissement — voir les missions du médecin coordonnateur. Le chapitre 1, socle de la démarche, doit être renseigné en premier pour débloquer les chapitres suivants : direction et médecin coordonnateur l’initient. Les chapitres 2 à 8 sont ensuite indépendants et peuvent être répartis selon les priorités de l’établissement — un référent par chapitre, y compris la conformité de l’hygiène des mains, évite qu’un seul professionnel porte tout.

S’appuyer sur le CPias et l’équipe mobile d’hygiène

Aucun établissement ne mène cette démarche seul. Le CPias assure l’expertise et l’appui aux professionnels de santé, quels que soient leurs lieux et modes d’exercice, pour la prévention des infections associées aux soins et de la résistance aux anti-infectieux, et coordonne ou anime des réseaux de professionnels concourant à cette prévention. Son responsable est un médecin ou un pharmacien compétent en hygiène hospitalière ou en prévention des risques infectieux.

Dans certaines régions, l’appui va plus loin : l’ARS Occitanie finance, pour 3 ans, 1 ETP infirmier hygiéniste et 0,5 ETP praticien hospitalier hygiéniste pour 1500 lits d’Ehpad, et la formation des professionnels de l’établissement fait partie des missions concrètes de ces équipes mobiles — dispositif régional propre à l’Occitanie, à vérifier auprès de votre ARS.

Ancrer la démarche dans le projet d’établissement

Le projet d’établissement définit les objectifs de l’ESSMS, notamment en matière de coordination, de coopération et d’évaluation de la qualité des prestations : la démarche y trouve sa place. Elle reste autonome dans son calendrier : le DAMRI et les visites d’évaluation HAS sont dissociables.

Questions fréquentes sur le DAMRI et la déclaration des IAS

Où accéder à l’application DAMRI et comment s’y connecter ?
L’application est développée par le CPias Bourgogne-Franche-Comté et hébergée sur son infrastructure, ce qui explique que beaucoup la cherchent sous le nom du CHU de Besançon. L’accès est limité à l’établissement sur la base d’un enregistrement depuis son Finess géographique : munissez-vous de ce numéro avant de créer le compte. Le DAMRI est un outil mis gracieusement à votre disposition, sans licence ni abonnement.
Quelle différence exacte entre le DARI et le DAMRI ?
Le DARI était un document d’analyse, né d’une circulaire de 2012 et longtemps diffusé sous forme de tableur. La démarche d’évaluation s’inscrit dans la continuité de la démarche d’analyse du risque infectieux (DARI) mise en place depuis 2012 : le DAMRI ne rompt pas avec elle, il l’outille. Deux différences comptent en pratique : le passage de l’analyse à la maîtrise, avec un plan d’actions hiérarchisé, et un outil dématérialisé, évolutif qui remplace le fichier local.
Le DAMRI est-il obligatoire en EHPAD ?
Non, et il faut être précis sur ce point : aucun texte réglementaire ne nomme le DAMRI ni n’impose son usage. C’est un outil mis à disposition, pas une norme. Ce qui est juridiquement obligatoire, c’est autre chose : la déclaration des infections associées aux soins à l’ARS, et la définition d’une stratégie de prévention attendue par l’évaluation de la qualité. Le DAMRI est le moyen le plus simple d’y répondre, il n’en est pas la condition.
Notre DARI sous Excel reste-t-il valable ?
Rien ne l’invalide, puisque aucun texte n’impose l’un ni l’autre. Mais un tableur ne produit ni cartographie automatique, ni suivi dans le temps, ni comparaison entre chapitres. DAMRI et visites sont dissociables, rappelle d’ailleurs un retour d’expérience de CPias : l’outil vaut par la démarche qu’il structure, pas par la case qu’il coche. Si votre DARI vit et débouche sur des actions datées, il fait son travail.
Dans quels cas faut-il déclarer une infection à l’ARS ?
Quatre situations, énoncées à l’article R1413-79, et elles sont alternatives : une infection inattendue ou inhabituelle, des cas groupés, un décès, ou une maladie à transmission obligatoire de données. Un seul critère suffit. La déclaration est alors due sans délai, et elle vaut aussi pour l’obligation d’information prévue par l’article L331-8-1 du code de l’action sociale et des familles. L’outil plus haut sur cette page tranche votre cas.
Qui, dans l’établissement, doit remplir le DAMRI ?
Aucun texte ne l’attribue, ce qui est une chance : la démarche gagne à être collective. En pratique, le pilotage revient au binôme direction et médecin coordonnateur — le second ayant pour mission d’identifier les risques pour la santé publique dans l’établissement —, l’IDEC assurant la coordination du recueil et les référents de chapitre apportant la matière. Le CPias, lui, accompagne la démarche à la demande : Construit par un groupe de travail inter Cpias, il est développé par le CPias BFC, il connaît l’outil mieux que quiconque.
Combien de chapitres compte le DAMRI, et par lequel commencer ?
Le DAMRI est composé de 8 chapitres. L’ordre n’est pas libre pour le premier d’entre eux : le chapitre 1, socle de la démarche, doit être renseigné en début d’auto-évaluation pour pouvoir accéder aux chapitres suivants. Ensuite, vous choisissez : les chapitres 2 à 8, indépendants les uns des autres, peuvent être renseignés selon les priorités définies par l’établissement.
Le DAMRI concerne-t-il aussi les établissements du champ du handicap ?
Oui, et c’est une différence nette avec le point de départ historique. Le support officiel du CPias le formule sans ambiguïté : Utilisable par tous les EMS, qu’ils soient PA PH. Autrement dit, personnes âgées comme personnes handicapées. Le premier programme national ne visait que trois catégories d’établissements ; le périmètre s’est élargi par étapes, jusqu’à couvrir aujourd’hui l’ensemble du secteur médico-social, foyers d’accueil médicalisé, maisons d’accueil spécialisées et instituts compris.

Pour aller plus loin

Hygiène, bionettoyage et environnement

Épidémies, vaccination et gestion de crise

Qualité, évaluation et gestion des risques

Sources officielles