Prévention et Alzheimer : à l’occasion de la journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer ce lundi, l’AD-PA — l’Association des Directeurs au service des Personnes Âgées — publie un communiqué du 21/09/2026 dans lequel elle rappelle que le secteur médico-social ne se limite pas aux soins curatifs ou à l’accompagnement : il joue un rôle préventif et protecteur de premier plan. L’association s’appuie sur le baromètre de l’Observatoire Seniors et Société, qu’elle co-porte, pour porter trois recommandations.
Les faits
Dans son communiqué intitulé « Le secteur médico-social est un rempart indispensable contre l’apparition de la maladie d’Alzheimer », l’Association des Directeurs au service des Personnes Âgées (AD-PA) rappelle que le secteur médico-social ne se limite pas aux soins curatifs ou à l’accompagnement : selon elle, il joue un rôle préventif et protecteur de premier plan. Le texte complet est consultable sur le site de l’AD-PA.
L’AD-PA rappelle le constat scientifique sur lequel elle s’appuie : des travaux scientifiques récents menés sous l’égide de The Lancet en 2024 et un sondage de la Fondation Recherche Alzheimer, démontrent que 45 % des cas pourraient être évités en agissant sur 14 facteurs de risque modifiables. Nous avions détaillé ce constat et les facteurs de risque modifiables recensés par ces travaux dans un précédent article. L’AD-PA précise : « Si la santé cardiovasculaire joue un rôle préventif majeur tout au long de la vie, la donne évolue fortement passé 65 ans » : À ce stade de l’existence, les atteintes sensorielles (déficits auditifs et visuels) ainsi que la réduction des interactions sociales pèsent de manière décisive dans l’apparition des troubles neurodégénératifs.
Pour l’association, « La solitude, la rupture du lien avec le monde extérieur et le sentiment de ne plus trouver leur place constituent ainsi la principale menace pour les capacités cognitives des aînés ». Elle en tire une conséquence directe : pour préserver leur santé cérébrale, nous devons plus que jamais cultiver leur sentiment d’utilité au sein de la société.
Ce diagnostic, énoncé par l’AD-PA à l’occasion de la journée mondiale, ne porte pas sur un dispositif de soin en particulier : il vise l’ensemble des interactions qui construisent, ou fragilisent, le quotidien des personnes âgées, qu’elles vivent chez elles ou soient accompagnées par une structure.
Mise en perspective
Concrètement, l’AD-PA situe ce rôle préventif dans le travail quotidien des équipes : En maintenant une vie sociale active, en proposant des activités stimulantes et en favorisant la présence humaine au quotidien que ce soit à domicile ou en établissement, les professionnels du grand âge renforcent directement la réserve cognitive des aînés. Cette affirmation vaut aussi bien pour un proche âgé isolé à domicile que pour les personnes accompagnées en établissement.
L’AD-PA relie ce constat aux résultats d’un baromètre : premier baromètre de l’Observatoire Seniors et Société, co-porté par l’AD-PA avec la Mutuelle Intégrance et l’association Citoyennage. Le baromètre révèle un décalage inquiétant : bien que 92 % des retraités se sentent intégrés dans la société, 53 % déclarent se sentir « considérés comme âgés » sous le regard des autres. Pour l’association, « Ce regard sociétal et l’âgisme ambiant favorisent un isolement progressif » — un phénomène que nous détaillons dans la prévention de l’âgisme envers les personnes âgées. Le détail de ce baromètre est présenté dans le communiqué de l’AD-PA.
De notre point de vue — le communiqué ne l’aborde pas —, ce cadrage résonne avec une réalité de terrain : le lien social ne se limite pas à l’animation, il traverse l’ensemble des métiers du soin et de l’accompagnement. C’est sur ce terrain du regard social porté sur le vieillissement que l’AD-PA situe son propos.
Impact concret par profil métier
Le communiqué de l’AD-PA ne détaille pas d’implications par métier : c’est une lecture de gestion, qui n’engage pas la source, que nous proposons ci-dessous pour situer ce positionnement dans le quotidien des équipes du grand âge.
- Directeurs et direction générale : intégrer la lutte contre l’âgisme et le maintien du lien social parmi les priorités du projet d’établissement, au même titre que les enjeux de soin. Cela peut se traduire par des objectifs dédiés dans le projet d’établissement et par un suivi régulier lors des instances de gouvernance.
- IDEC et IDE : repérer les atteintes sensorielles (auditives, visuelles) qui, selon l’AD-PA, pèsent sur les capacités cognitives, et orienter vers un dépistage. Un lien renforcé avec les professionnels de santé de proximité — audioprothésistes, ophtalmologistes — peut s’inscrire dans le parcours de soin coordonné.
- Animateurs et responsables de la vie sociale : construire des activités qui redonnent un sentiment d’utilité, dans la continuité d’un projet de vie personnalisé. Impliquer les personnes accompagnées dans des missions concrètes — transmission, tutorat, contribution à la vie du collectif — va dans ce sens.
- Psychologues : un accompagnement psychosocial formé, comme le demande l’AD-PA pour les professionnels du secteur, suppose du temps dédié et une formation continue. Le repérage précoce de l’isolement et de la perte de sens gagnerait à être outillé au même titre que le repérage des troubles du comportement.
- Familles et aidants : le lien avec l’extérieur reste déterminant y compris hors établissement — un enjeu que nous abordons à travers le rôle des proches aidants. Faciliter les visites, les sorties accompagnées et le maintien des habitudes sociales antérieures relève de la même logique préventive.
Ces pistes ne figurent pas dans le communiqué de l’AD-PA : elles restent, comme l’ensemble de cette section, une lecture de gestion proposée par la rédaction, à confronter aux moyens et à l’organisation propres à chaque structure.
Perspectives
Pour rompre cet isolement, Pour faire de la prévention une réalité concrète et rompre la solitude des plus de 65 ans, l’AD-PA défend les recommandations clés du baromètre. Trois pistes sont posées :
- Développer une véritable culture de la prévention du vieillissement en adaptant les infrastructures de proximité, les logements et les transports pour préserver l’autonomie et les sorties des personnes âgées.
- Lutter activement contre l’âgisme via une campagne nationale de sensibilisation et le soutien massif aux formes d’habitat intergénérationnel et partagé pour maintenir les aînés au cœur de la cité.
- Former et soutenir les professionnels du médico-social à l’accompagnement psychosocial afin d’encourager la participation citoyenne des seniors et de faire du lien humain la pierre angulaire de la santé cérébrale.
L’association conclut : L’AD-PA réaffirme qu’investir dans le médico-social et l’accompagnement du grand âge constitue un choix de santé publique efficace pour prévenir les maladies neurodégénératives, avec l’objectif de préserver le sentiment d’utilité des personnes âgées touchées par la maladie d’Alzheimer et offrir un vieillissement digne et entouré à chacun. De notre point de vue — le communiqué ne s’y réfère pas —, cette prise de position fait écho à une précédente alerte de l’association sur les moyens humains du secteur médico-social. De notre point de vue, la question qui reste posée est celle des moyens alloués pour transformer ces recommandations en pratique de terrain — un point que le communiqué n’aborde pas.
De notre point de vue, cette prise de position interroge aussi le plan de formation des établissements : si l’accompagnement psychosocial devient une compétence attendue des professionnels du médico-social, il devra trouver sa place dans les plans de formation continue au même titre que les gestes techniques de soin — un arbitrage budgétaire que le communiqué ne tranche pas.
Une autre question, elle aussi absente du communiqué, concerne l’articulation avec les autres acteurs du parcours de la personne âgée — médecine de ville, action sociale des communes, associations de proximité — dès lors que la prévention du déclin cognitif dépasse le seul périmètre du médico-social. Le communiqué de l’AD-PA pose un cadre ; sa mise en œuvre concrète reste, elle, à construire.
Questions fréquentes
Le communiqué de l’AD-PA concerne-t-il spécifiquement les EHPAD ?
Que recommande l’AD-PA pour prévenir le déclin cognitif des personnes âgées ?
Qu’est-ce que l’Observatoire Seniors et Société ?
Sources officielles
AD-PA, communiqué du 21/09/2026, « Le secteur médico-social est un rempart indispensable contre l’apparition de la maladie d’Alzheimer » : ad-pa.fr.

