L’écologie s’invite dans le monde médical. Les aides techniques médicales, ces outils indispensables à de nombreux patients, sont au cœur d’une transformation majeure. Fauteuils roulants, béquilles, sièges de douche, barres de maintien… Leur cycle de vie est désormais scruté à la loupe.
L’émergence d’une filière de responsabilité élargie du producteur (REP) est en marche. Cette initiative, portée par la start-up d’économie sociale et solidaire Take a waste, vise à responsabiliser les acteurs du marché. En effet, la directive-cadre européenne sur les déchets établit que les fabricants, distributeurs et importateurs doivent assumer la responsabilité du cycle de vie de leurs produits. C’est l’application concrète du principe pollueur-payeur.
La loi « Agec » de 2020 avait déjà ouvert la voie. Elle évoquait la possibilité d’établir une filière REP pour ces aides. Et c’est en septembre 2022 que Bérangère Couillard, secrétaire d’État chargée de l’écologie, a confirmé sa mise en place pour 2025. Une annonce faite lors d’un séminaire sur l’économie circulaire dans le secteur de la santé à Bordeaux.
Mais comment optimiser l’accès et l’utilisation de ces aides? Le rapport de 2020, rédigé par Philippe Denormandie et Cécile Chevalier, apportait des pistes. Avec 54 propositions organisées autour de cinq axes, il envisageait une approche centrée sur l’usage plutôt que l’achat. Cependant, il ne traitait pas des enjeux liés au réemploi et à la fin de vie du matériel.
Aujourd’hui, la réalité est que nous manquons de données. Combien d’aides techniques sont stockées inutilisées? Quel est le taux de recyclage? Quels sont les circuits de fin de vie? Ces questions restent sans réponse. C’est dans ce contexte que l’étude de préfiguration a été lancée en avril. Menée par Take a Waste, Government Healthcare et In extenso innovation croissance, elle vise à établir un état des lieux. Commandée par l’Agence de la transition écologique (Ademe), cette étude se penche sur les quantités mises sur le marché, la durée de vie des équipements et les pratiques de gestion en fin de vie.
Les résultats, attendus en octobre, seront déterminants. Ils jetteront les bases des textes réglementaires. 2024 s’annonce comme une année charnière avec la publication du décret d’application et de l’arrêté d’agrément des éco-organismes. Ces textes définiront le périmètre de la filière et ses objectifs, notamment en matière de collecte.
L’impact environnemental des aides techniques médicales : une préoccupation croissante
Avec la montée des préoccupations environnementales, de nombreux secteurs sont scrutés à la loupe pour évaluer leur empreinte carbone. Parmi eux, le secteur médical, et plus précisément les aides techniques médicales, est de plus en plus sous les projecteurs. Si ces dispositifs sont essentiels pour améliorer la qualité de vie de millions de personnes, leur impact sur l’environnement ne peut être ignoré.
Les aides techniques médicales, qui englobent une vaste gamme de dispositifs allant des fauteuils roulants aux appareils auditifs, sont souvent fabriquées à partir de matériaux non biodégradables. De plus, leur cycle de vie, de la production à l’élimination, génère une quantité significative de déchets. Par exemple, les batteries utilisées dans de nombreux dispositifs sont souvent non recyclables et peuvent polluer l’environnement lorsqu’elles sont jetées.
De plus, la demande croissante d’aides techniques médicales, due à une population vieillissante et à une prévalence accrue de maladies chroniques, signifie que la production de ces dispositifs est en augmentation constante. Cela entraîne une consommation accrue de ressources et une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Face à ces défis, de nombreuses entreprises du secteur médical commencent à repenser la manière dont elles conçoivent et produisent ces aides. L’innovation dans la conception de produits plus durables, l’utilisation de matériaux recyclables et la mise en place de programmes de recyclage sont autant d’initiatives qui gagnent du terrain.
Des initiatives prometteuses
Plusieurs entreprises pionnières ont commencé à introduire des dispositifs médicaux éco-conçus. Par exemple, certains fabricants de fauteuils roulants proposent désormais des modèles fabriqués à partir de matériaux recyclés. D’autres ont mis en place des programmes de reprise pour les appareils usagés, garantissant ainsi une élimination appropriée et un recyclage maximal des composants.
Les gouvernements et les organismes de réglementation jouent également un rôle crucial. En imposant des normes environnementales strictes et en encourageant la recherche et le développement dans le domaine des technologies médicales durables, ils peuvent orienter le secteur vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement.