Avec l’âge, nos muscles fondent inexorablement. Cela est dû en grande partie à l’épuisement progressif de nos cellules souches musculaires, chargées de maintenir notre masse musculaire constante. À partir de 20 ans, 4 % de la masse musculaire disparaît à chaque décennie, de sorte qu’à 70 ans, elle ne représente plus que 25 % du poids corporel. Cependant, des changements environnementaux tels que l’entraînement musculaire peuvent également influencer la masse musculaire.
La perte progressive et généralisée de la masse, de la force et de la qualité de la musculature est connue sous le nom de sarcopénie. Elle peut débuter dès l’âge de 50 ans et peut causer une diminution de la masse musculaire initiale de plus de 30 %. La sarcopénie peut entraîner une augmentation du risque de chutes, une durée d’hospitalisation plus longue, des risques infectieux, ainsi que la dépendance des personnes touchées.
Heureusement, une équipe de l’Institut de Myologie a identifié un mécanisme capable de préserver la masse musculaire, en étudiant des muscles jeunes et vieillissants dans un modèle murin. Ils ont découvert une protéine, la CaVβ1E, qui est à l’origine de l’activation du facteur GDF5. Ce mécanisme permet de maintenir la masse et la force musculaire des souris âgées. L’équipe a également identifié la protéine CaVβ1E chez l’homme et a montré que son expression est corrélée à la perte de masse musculaire des sujets âgés.

Les maladies chroniques telles que les maladies métaboliques, cardiovasculaires, le cancer et le diabète affectent également le muscle, entraînant une perte de masse et de force musculaire, ce qui détériore la qualité de vie des patients et peut être directement associé à une augmentation de la mortalité. Par exemple, après un accident vasculaire cérébral, la perte de masse musculaire peut atteindre 4 % dans le membre inférieur et 8 % dans le membre supérieur. Chez les patients atteints de cancer, la diminution de la force et de la masse musculaire est courante, indépendamment du stade de la maladie et de l’état nutritionnel.
C’est pourquoi l’Institut de Myologie organise les premières « Assises du muscle » avec le soutien de l’AFM-Téléthon le 1er juin 2023 au Conseil économique, social et environnemental. Ces assises ont pour objectif de sensibiliser les politiques, les acteurs de la santé, de la prévention, de l’éducation, du monde du travail et du sport à l’enjeu de santé publique que représente le muscle. Des experts scientifiques et médicaux internationaux, des décideurs, des soignants, des représentants associatifs et de la société civile échangeront autour de 4 grands axes : le muscle enjeu de santé publique, le muscle au quotidien et tout au long de la vie, le muscle entraîné et en conditions extrêmes, et le muscle malade.
La prévention de la perte musculaire passe par l’entraînement musculaire, mais également par la nutrition. Une alimentation riche en protéines et en acides aminés est nécessaire pour maintenir la masse musculaire et la force, en particulier chez les personnes âgées.
Des études ont montré que les exercices de musculation, même à faible intensité, peuvent améliorer la force et la masse musculaire chez les personnes âgées. Il est important de souligner que l’entraînement musculaire peut également aider à prévenir la sarcopénie.
En conclusion, il est crucial de sensibiliser la population à l’importance de la préservation de la masse musculaire à tout âge, en particulier chez les personnes âgées, pour maintenir une bonne qualité de vie et prévenir les pathologies associées. Les avancées scientifiques, comme la découverte de la protéine CaVβ1E, peuvent aider à mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de la perte musculaire et à développer des interventions pour prévenir et traiter la sarcopénie. Les « Assises du muscle » organisées par l’Institut de Myologie sont une occasion importante de sensibiliser les décideurs et la société civile à cette question cruciale de santé publique.
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