Sport-santé EHPAD ARS Occitanie : l’Agence régionale de santé d’Occitanie vient de lancer un appel à candidatures pour financer des projets d’activité physique et sportive dans les établissements médico-sociaux de la région. Les projets retenus bénéficieront d’un financement via le Fonds d’intervention régional (FIR), dans la limite de 20 000 € par projet. Les candidatures doivent être déposées avant le 31 juillet 2026 : il reste donc quelques semaines pour constituer un dossier solide.
Les faits : ce que propose l’ARS Occitanie
L’objectif affiché de cet appel à candidatures est de structurer, renforcer ou transformer les pratiques existantes autour de l’activité physique et sportive en ESMS. Il ne s’agit pas d’un simple financement d’équipements, mais bien d’un levier pour faire bouger les lignes dans les pratiques institutionnelles. Les projets attendus sont ceux qui favorisent les coopérations entre établissements médico-sociaux, acteurs du sport et partenaires locaux, notamment les Maisons sport-santé.
Côté calendrier, l’ARS Occitanie a publié le détail de l’appel sur son site officiel, avec un échéancier en trois temps : dépôt des candidatures jusqu’au 31 juillet 2026, résultats communiqués fin septembre 2026, puis réalisation effective des projets retenus en 2027. Ce calendrier donne aux équipes le temps de préparer un dossier structuré et de nouer les partenariats nécessaires.
À noter que cette dynamique régionale n’est pas isolée. L’appel FHF « En mouvement et en santé » s’adressait de son côté aux ESMS publics, groupements de coopération de type GCSMS, ainsi qu’aux structures rattachées à un établissement public de santé ou EHPAD. La FHF avait ainsi posé un cadre national dont l’ARS Occitanie s’inscrit dans la continuité. On peut également penser à des initiatives similaires : ainsi, le PASA en EHPAD — l’ARS Grand Est a lancé un appel pour 20 nouveaux pôles en 2026, signe que les ARS multiplient les appels à projets ciblés sur le bien-être des résidents.
Qui peut candidater ? Les critères d’éligibilité
Cet appel à candidatures s’adresse aux ESMS de la région Occitanie accueillant des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap. Les EHPAD sont donc pleinement concernés, aux côtés des USLD, des foyers d’accueil médicalisé, des maisons d’accueil spécialisée et d’autres structures médico-sociales. La condition géographique est impérative : seuls les établissements implantés en région Occitanie peuvent soumettre un dossier.
Pour maximiser ses chances de succès, un dossier devra démontrer une véritable ambition partenariale. Les projets doivent favoriser les coopérations entre établissements médico-sociaux, acteurs du sport et partenaires locaux, notamment les Maisons sport-santé. Concrètement, cela signifie associer dès la phase de candidature un club sportif local, une association d’éducateurs sportifs spécialisés ou une structure labellisée Maison sport-santé. Un projet porté seul, sans ancrage partenarial, aura peu de chances d’être sélectionné.
L’activité physique adaptée : ce que dit la HAS
Avant de monter un dossier, il est essentiel de maîtriser le cadre conceptuel qui sous-tend ces financements. La Haute Autorité de Santé apporte ici des repères précieux. Selon les recommandations de la HAS sur la prescription médicale d’activité physique, les programmes en activité physique adaptée (APA) sont des thérapeutiques non médicamenteuses validées chez de nombreux patients atteints d’une maladie chronique ou présentant un facteur de risque, chez les personnes en situation de handicap et chez les personnes âgées en perte d’autonomie.
Les modalités pratiques sont précisément définies par la HAS. Un programme APA est structuré à raison de 2 à 3 séances de 45 à 60 minutes par semaine, avec des exercices d’endurance et de renforcement musculaire. Sa durée est de 3 mois, renouvelable, ce qui implique une organisation continue et non un simple événement ponctuel. Pour les professionnels qui souhaitent approfondir le sujet, notre guide sur l’activité physique adaptée (APA) en EHPAD détaille les modalités de mise en œuvre.
La question de qui anime ces séances est également encadrée. Le niveau 2 de l’APA correspond aux programmes dispensés par des professionnels de l’APA, qui peuvent être des enseignants en APA-santé ou des professionnels de santé de la rééducation. Le programme doit être élaboré et supervisé par un professionnel de l’APA, en coordination avec le médecin prescripteur. Le médecin coordonnateur de l’EHPAD a donc un rôle de pivot dans la gouvernance médicale de ces programmes.
Pourquoi ça change tout pour les résidents
Les preuves scientifiques sur les bénéfices de l’activité physique pour les personnes âgées sont aujourd’hui incontestables. D’après l’Organisation mondiale de la santé, chez les adultes et les personnes âgées, l’activité physique réduit le risque de mortalité toutes causes confondues ainsi que les risques de mortalité par maladie cardiovasculaire, d’hypertension incidente, de cancers localisés incidents, de diabète de type 2 incident et de chutes. Ce dernier point est particulièrement crucial en EHPAD, où la prévention des chutes en EHPAD constitue un enjeu majeur de sécurité pour les résidents et les équipes soignantes.
Le contexte épidémiologique renforce l’urgence d’agir. Selon l’OMS, 31 % des adultes et 80 % des adolescents ne pratiquent pas une activité physique aux niveaux recommandés. Cette inactivité est loin d’être anodine : l’INRS rappelle que l’inactivité physique est un facteur de risque de dégradation sanitaire émergeant et majeur. L’OMS recommande au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine pour les adultes, un objectif largement inaccessible pour de nombreux résidents d’EHPAD sans un accompagnement structuré et financé.
Au-delà des bénéfices physiologiques, l’activité physique en EHPAD porte une dimension sociale et relationnelle qui ne doit pas être sous-estimée. Les animations intergénérationnelles en EHPAD qui intègrent une composante sportive ou de mouvement montrent régulièrement des effets positifs sur le moral, le lien social et le sentiment d’appartenance des résidents.
Ce que ça implique concrètement pour les équipes
Un appel à candidatures comme celui de l’ARS Occitanie n’est pas qu’une affaire de direction. Il engage l’ensemble des professionnels qui composent l’équipe pluridisciplinaire de l’EHPAD.
Pour l’animateur ou l’animatrice : c’est la reconnaissance d’un rôle central dans la conception et le pilotage du projet. La fiche métier animateur en EHPAD souligne l’importance de coordonner les interventions extérieures et d’adapter les activités aux capacités individuelles des résidents. Dans le cadre d’un projet financé par l’ARS, cette coordination devient formalisée : il faut planifier les séances sur plusieurs mois, assurer le suivi des participants, documenter les effets observés. Pour les professionnels qui souhaitent structurer leur démarche, notre animation en EHPAD : guide complet 2026 offre des repères méthodologiques actualisés.
Pour le médecin coordonnateur : son rôle est central dans la légitimation médicale du projet. Le programme APA doit être élaboré et supervisé par un professionnel de l’APA, en coordination avec le médecin prescripteur. En pratique, le médecin coordonnateur participera à la sélection des résidents pour lesquels une prescription d’APA est indiquée, et assurera le suivi clinique des effets observés. Il devra également valider les contre-indications individuelles avant chaque inclusion dans le programme.
Pour les aides-soignantes et les infirmières : elles sont les premières à observer au quotidien les effets des séances sur les résidents. Leur rôle est d’alerter sur les signes d’intolérance à l’effort, de soutenir la motivation des résidents entre les séances, et de transmettre leurs observations à l’équipe pluridisciplinaire. La traçabilité de ces observations dans le dossier de soin est un élément de qualité attendu par l’ARS.
Enfin, la dimension partenariale implique un travail de mise en réseau que la direction doit piloter dès maintenant, avant la date limite du 31 juillet 2026 : identification des Maisons sport-santé de proximité, prise de contact avec des éducateurs sportifs spécialisés en APA, et si possible signature d’une convention de partenariat à joindre au dossier.
Questions fréquentes
Quel est le montant maximum du financement ARS Occitanie pour un projet APS en ESMS ?
Les projets retenus bénéficient d’un financement via le Fonds d’intervention régional (FIR), dans la limite de 20 000 € par projet. Ce montant est un plafond : le financement accordé peut être inférieur selon la nature et l’envergure du projet présenté.
Un EHPAD hors région Occitanie peut-il candidater à cet appel ?
Non. Cet appel à candidatures s’adresse exclusivement aux ESMS de la région Occitanie accueillant des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap. Les établissements situés dans d’autres régions devront se tourner vers leurs propres ARS régionales pour des dispositifs équivalents.
Quand les projets retenus pourront-ils être mis en œuvre ?
Les candidatures doivent être déposées avant le 31 juillet 2026. Les résultats seront communiqués fin septembre 2026. La réalisation des projets est ensuite prévue pour 2027. Les établissements retenus disposeront donc de plusieurs mois entre la notification et le démarrage effectif pour finaliser leurs partenariats et préparer leur programme.


