Aide-soignants : suppression du plafond de jurys et nouvelles équivalences pour accélérer la diplomation dès 2025
Douleur & Soins palliatifs

Aide-soignants : Suppression du plafond de jurys

19 décembre 2025 11 min de lecture Aurélie Mortel
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Un arrêté publié le 5 décembre 2025 modernise les règles de formation et de diplomation des aides-soignants. Il modifie l’arrêté du 10 juin 2021 en remplaçant deux annexes structurantes : celle sur la validation de l’acquisition des compétences (annexe VI) et celle sur les équivalences et allégements de formation (annexe VII). Ce texte, pris après avis du Haut Conseil des professions paramédicales, vise à sécuriser les parcours, reconnaître davantage l’expérience et fluidifier l’accès au diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS), dans un contexte de forte tension sur les postes en EHPAD et dans l’ensemble du secteur médico-social.

Pourquoi cette réforme maintenant ?

Le secteur du grand âge fait face à une pénurie chronique d’aides-soignants. Les EHPAD peinent à recruter et à fidéliser, alors même que les besoins ne cessent de croître avec le vieillissement de la population. Dans ce contexte, l’État cherche à diversifier les voies d’accès au diplôme et à valoriser les parcours professionnels déjà engagés dans le soin ou l’accompagnement.

L’arrêté du 10 juin 2021 avait déjà posé les bases d’une formation organisée en blocs de compétences, permettant des parcours plus modulaires. Mais plusieurs ajustements devenaient nécessaires :

  • Certains diplômes rénovés récemment (notamment le bac pro ASSP refondé en 2022 ou le diplôme d’État d’ambulancier aligné sur un nouveau référentiel en 2022) n’étaient pas encore pris en compte dans les équivalences.
  • Les instituts de formation d’aides-soignants (IFAS) étaient limités à cinq sessions de jurys de certification par an, ce qui ralentissait la sortie de diplôme pour certains profils.
  • Des clarifications étaient attendues sur les modalités de validation des compétences, afin d’homogénéiser les pratiques entre régions et instituts.

L’arrêté du 5 décembre 2025 répond à ces enjeux en ouvrant de nouvelles passerelles et en levant certaines contraintes organisationnelles.


Les deux grandes nouveautés de l’arrêté

1. Suppression du plafond de cinq jurys de certification par an

Jusqu’à présent, chaque IFAS ne pouvait organiser que cinq sessions de jurys par an pour statuer sur l’obtention du DEAS. Cette limite pouvait bloquer des candidats en fin de parcours, notamment :

  • les personnes en validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
  • les candidats ayant validé progressivement leurs blocs de compétences ;
  • les stagiaires en formation continue ou en reconversion.

Désormais, ce plafond est supprimé. Les IFAS peuvent donc multiplier les sessions de jurys pour répondre aux flux réels de candidats et accélérer la diplomation. Cela permet :

  • Une sortie plus rapide vers l’emploi ;
  • Une meilleure adaptation aux besoins locaux des employeurs ;
  • Une fluidité accrue pour les parcours atypiques.

Pour les EHPAD, cela signifie concrètement qu’un candidat en fin de parcours pourra décrocher son diplôme plus vite et rejoindre les équipes sans attendre plusieurs mois la tenue du prochain jury.

2. Nouvelles équivalences de compétences : plus de diplômes reconnus

L’annexe VII de l’arrêté du 10 juin 2021 listait déjà un ensemble de diplômes ouvrant droit à des équivalences de blocs de compétences et à des allégements de formation pour accéder au DEAS. Cette liste incluait notamment :

  • Le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) ;
  • Le bac professionnel ASSP (accompagnement, soins et services à la personne) ;
  • Le bac professionnel SAPAT (services aux personnes et aux territoires) ;
  • Le titre professionnel assistant de vie aux familles (ADVF) ;
  • Le diplôme d’assistant de régulation médicale ;
  • Divers diplômes sociaux ou médico-sociaux (ex-DEAVS, DEAMP, etc.).

L’arrêté du 5 décembre 2025 actualise cette liste en y intégrant :

  • Le bac pro ASSP rénové en 2022, dont le référentiel a évolué pour renforcer les compétences techniques et relationnelles ;
  • Le diplôme d’État d’ambulancier, dans sa version issue de l’arrêté du 11 avril 2022, qui a restructuré la formation autour de nouveaux blocs de compétences.

Ces ajouts permettent de reconnaître officiellement des parcours déjà bien implantés dans le secteur de la santé et de l’accompagnement, et d’offrir à ces professionnels des parcours raccourcis et sécurisés vers le DEAS.


Quels avantages concrets pour les candidats ?

Les personnes titulaires de l’un de ces diplômes peuvent désormais bénéficier :

  • D’équivalences de compétences sur certains blocs du référentiel aide-soignant (par exemple, les blocs liés à l’hygiène, à la relation avec la personne, ou à l’installation et à la mobilisation) ;
  • D’allégements de formation : réduction du nombre d’heures d’enseignement théorique et pratique à suivre ;
  • De dispenses d’évaluation sur les blocs déjà validés dans leur formation d’origine.

Le parcours de formation est individualisé : l’IFAS, après étude du dossier du candidat, définit précisément les modules à suivre, la durée de formation restante et les modalités d’évaluation complémentaire.

Exemple pratique : Un titulaire du bac pro ASSP qui postule à un IFAS pourra voir sa formation raccourcie de plusieurs mois. Il conservera les compétences déjà acquises en matière de soins d’hygiène, de relation d’aide ou d’accompagnement des activités de la vie quotidienne. Il se concentrera sur les blocs spécifiques au métier d’aide-soignant (notamment ceux liés aux soins techniques en milieu hospitalier ou médico-social).


Impacts pour les EHPAD : recruter plus vite, fidéliser mieux

Pour les directeurs d’EHPAD et les infirmiers coordinateurs (IDEC), cette réforme ouvre plusieurs opportunités :

Accélérer les recrutements

  • Des candidats déjà expérimentés (ambulanciers, ADVF, DEAES, etc.) peuvent désormais accéder plus rapidement au DEAS et rejoindre les équipes d’aides-soignants.
  • La suppression du plafond de jurys permet de réduire les délais d’attente avant la diplomation, donc de pourvoir les postes plus vite.

Valoriser les parcours internes

  • Un agent de service hospitalier titulaire d’un titre professionnel ADVF, ou un ASSG (agent de service de soins général) en poste depuis plusieurs années, peut être encouragé à passer le DEAS via un parcours allégé, voire par VAE.
  • Cela permet de fidéliser les équipes en offrant des perspectives d’évolution concrètes, sans imposer un retour à la formation initiale complète.

Bon à savoir : La VAE reste une voie privilégiée pour les professionnels justifiant d’au moins un an d’expérience dans le soin ou l’accompagnement. Les nouvelles annexes VI et VII clarifient les modalités de validation par blocs, ce qui sécurise le parcours des candidats. Pour en savoir plus sur la VAE aide-soignante, consultez notre guide complet.

Renforcer la montée en compétences

  • Les EHPAD peuvent s’appuyer sur les nouvelles modalités de validation pour structurer des parcours de formation interne mieux articulés avec les besoins du terrain.
  • Ils peuvent identifier en amont les collaborateurs éligibles à des équivalences et construire avec eux un projet professionnel réaliste.

Ce qui change aussi dans la validation des compétences

L’arrêté remplace également l’annexe VI de l’arrêté de 2021, qui encadre les modalités d’évaluation et de validation des compétences du DEAS. Bien que le détail précis de cette nouvelle annexe soit publié au Bulletin officiel Santé, plusieurs points structurants se dégagent :

  • Le référentiel reste organisé en blocs de compétences (accompagnement de la personne, identification et prévention des situations à risque, travail en équipe, entretien de l’environnement, transmission d’informations, etc.).
  • Les modalités d’évaluation (théoriques, pratiques, en stage) sont clarifiées pour limiter les disparités d’interprétation entre IFAS.
  • La validation de chaque bloc et les conditions d’obtention du diplôme sont mieux formalisées, ce qui sécurise les parcours des candidats et facilite le travail des jurys.

Pour les EHPAD, cela signifie que les stagiaires accueillis en formation pratique seront évalués selon un cadre plus homogène, ce qui facilite :

  • La lisibilité des grilles d’évaluation ;
  • La traçabilité des acquis au fil des stages ;
  • La cohérence entre les différents terrains de stage.

Ajustements techniques et harmonisation du texte

Au-delà des annexes VI et VII, l’arrêté du 5 décembre 2025 procède à plusieurs retouches rédactionnelles dans le corps de l’arrêté du 10 juin 2021 :

  • Suppression de mentions redondantes ou obsolètes (« du présent arrêté », « modifié », etc.) dans plusieurs articles ;
  • Abrogation de l’article 8 bis de l’arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation d’aide-soignant ;
  • Harmonisation des formulations pour rendre le texte plus cohérent et lisible.

Ces modifications, bien que techniques, témoignent d’une volonté de simplifier le cadre réglementaire et de le rendre plus opérationnel pour les instituts de formation et les candidats.


Un mouvement parallèle pour les auxiliaires de puériculture

Même si le cœur de la réforme concerne le DEAS, l’arrêté du 5 décembre 2025 modifie également l’arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation d’auxiliaire de puériculture :

  • Mêmes ajustements rédactionnels ;
  • Abrogation de l’article 8 bis pour la formation d’auxiliaire de puériculture ;
  • Remplacement des annexes VI et VII par de nouvelles annexes (III et IV du texte du 5 décembre 2025).

Cette convergence d’évolution montre que l’État cherche à harmoniser les formations paramédicales et à faciliter les passerelles entre métiers du soin et de l’accompagnement.


Lien avec les enjeux de qualité et de certification en EHPAD

Au-delà de l’aspect réglementaire, cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de professionnalisation et de sécurisation des pratiques en EHPAD. Elle résonne notamment avec :


Ce qu’il faut retenir pour agir dès maintenant

Pour les directeurs d’EHPAD :

  • Identifiez dans vos équipes les profils éligibles à des équivalences (titulaires d’un bac pro ASSP, DEAES, ADVF, ambulanciers, etc.) et proposez-leur un accompagnement vers le DEAS.
  • Rapprochez-vous des IFAS locaux pour anticiper les délais de formation et les nouvelles modalités de diplomation.
  • Intégrez ces parcours dans votre stratégie RH pour fidéliser et faire évoluer vos collaborateurs.

Pour les IDEC :

  • Profitez de la clarification des modalités de validation pour mieux préparer l’accueil et l’évaluation des stagiaires en formation pratique.
  • Sensibilisez vos équipes aux nouvelles passerelles pour encourager les projets d’évolution professionnelle.
  • Structurez des parcours de tutorat adaptés aux profils en allégement de formation.

Pour les aides-soignants et agents de soin :

  • Renseignez-vous sur votre éligibilité aux équivalences si vous êtes titulaire d’un diplôme du secteur social, médico-social ou sanitaire.
  • Explorez la voie de la VAE si vous justifiez d’une expérience significative dans l’accompagnement ou le soin.
  • N’hésitez pas à vous projeter dans une évolution de carrière : passer du poste d’aide-soignant à celui d’infirmier est également une perspective valorisante. Découvrez les 7 bonnes raisons de passer d’aide-soignant à infirmier.

Perspectives : vers une reconnaissance accrue des parcours professionnels

Cette réforme illustre une tendance de fond : reconnaître et valoriser l’expérience acquise sur le terrain, tout en maintenant un niveau d’exigence élevé pour garantir la qualité des soins. En élargissant les équivalences et en levant certaines contraintes organisationnelles, l’État cherche à :

  • Fluidifier les reconversions vers le métier d’aide-soignant ;
  • Répondre à la pénurie de professionnels dans un contexte démographique tendu ;
  • Renforcer l’attractivité du secteur en offrant des perspectives d’évolution claires et rapides.

Pour les EHPAD, c’est l’occasion de repenser les parcours de formation interne, de miser sur la promotion professionnelle et de construire des équipes plus stables et qualifiées. Les nouvelles annexes VI et VII seront publiées au Bulletin officiel Santé et devront être intégrées dans les documents pédagogiques des IFAS dès leur parution.

En attendant, les établissements peuvent déjà anticiper ces changements en identifiant les collaborateurs éligibles, en se rapprochant des instituts de formation locaux et en structurant des parcours d’accompagnement adaptés. Car, face à la pénurie, chaque levier de fidélisation et de montée en compétences compte.

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Un arrêté publié le 5 décembre 2025 modernise les règles de formation et de diplomation des aides-soignants. Il modifie l’arrêté du 10 juin 2021 en remplaçant deux annexes structurantes : celle sur la validation de l’acquisition des compétences (annexe VI) et celle sur les équivalences et allégements de formation (annexe VII). Ce texte, pris après avis du Haut Conseil des professions paramédicales, vise à sécuriser les parcours, reconnaître davantage l’expérience et fluidifier l’accès au diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS), dans un contexte de forte tension sur les postes en EHPAD et dans l’ensemble du secteur médico-social.

Pourquoi cette réforme maintenant ?

Le secteur du grand âge fait face à une pénurie chronique d’aides-soignants. Les EHPAD peinent à recruter et à fidéliser, alors même que les besoins ne cessent de croître avec le vieillissement de la population. Dans ce contexte, l’État cherche à diversifier les voies d’accès au diplôme et à valoriser les parcours professionnels déjà engagés dans le soin ou l’accompagnement.

L’arrêté du 10 juin 2021 avait déjà posé les bases d’une formation organisée en blocs de compétences, permettant des parcours plus modulaires. Mais plusieurs ajustements devenaient nécessaires :

  • Certains diplômes rénovés récemment (notamment le bac pro ASSP refondé en 2022 ou le diplôme d’État d’ambulancier aligné sur un nouveau référentiel en 2022) n’étaient pas encore pris en compte dans les équivalences.
  • Les instituts de formation d’aides-soignants (IFAS) étaient limités à cinq sessions de jurys de certification par an, ce qui ralentissait la sortie de diplôme pour certains profils.
  • Des clarifications étaient attendues sur les modalités de validation des compétences, afin d’homogénéiser les pratiques entre régions et instituts.

L’arrêté du 5 décembre 2025 répond à ces enjeux en ouvrant de nouvelles passerelles et en levant certaines contraintes organisationnelles.


Les deux grandes nouveautés de l’arrêté

1. Suppression du plafond de cinq jurys de certification par an

Jusqu’à présent, chaque IFAS ne pouvait organiser que cinq sessions de jurys par an pour statuer sur l’obtention du DEAS. Cette limite pouvait bloquer des candidats en fin de parcours, notamment :

  • les personnes en validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
  • les candidats ayant validé progressivement leurs blocs de compétences ;
  • les stagiaires en formation continue ou en reconversion.

Désormais, ce plafond est supprimé. Les IFAS peuvent donc multiplier les sessions de jurys pour répondre aux flux réels de candidats et accélérer la diplomation. Cela permet :

  • Une sortie plus rapide vers l’emploi ;
  • Une meilleure adaptation aux besoins locaux des employeurs ;
  • Une fluidité accrue pour les parcours atypiques.

Pour les EHPAD, cela signifie concrètement qu’un candidat en fin de parcours pourra décrocher son diplôme plus vite et rejoindre les équipes sans attendre plusieurs mois la tenue du prochain jury.

2. Nouvelles équivalences de compétences : plus de diplômes reconnus

L’annexe VII de l’arrêté du 10 juin 2021 listait déjà un ensemble de diplômes ouvrant droit à des équivalences de blocs de compétences et à des allégements de formation pour accéder au DEAS. Cette liste incluait notamment :

  • Le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) ;
  • Le bac professionnel ASSP (accompagnement, soins et services à la personne) ;
  • Le bac professionnel SAPAT (services aux personnes et aux territoires) ;
  • Le titre professionnel assistant de vie aux familles (ADVF) ;
  • Le diplôme d’assistant de régulation médicale ;
  • Divers diplômes sociaux ou médico-sociaux (ex-DEAVS, DEAMP, etc.).

L’arrêté du 5 décembre 2025 actualise cette liste en y intégrant :

  • Le bac pro ASSP rénové en 2022, dont le référentiel a évolué pour renforcer les compétences techniques et relationnelles ;
  • Le diplôme d’État d’ambulancier, dans sa version issue de l’arrêté du 11 avril 2022, qui a restructuré la formation autour de nouveaux blocs de compétences.

Ces ajouts permettent de reconnaître officiellement des parcours déjà bien implantés dans le secteur de la santé et de l’accompagnement, et d’offrir à ces professionnels des parcours raccourcis et sécurisés vers le DEAS.


Quels avantages concrets pour les candidats ?

Les personnes titulaires de l’un de ces diplômes peuvent désormais bénéficier :

  • D’équivalences de compétences sur certains blocs du référentiel aide-soignant (par exemple, les blocs liés à l’hygiène, à la relation avec la personne, ou à l’installation et à la mobilisation) ;
  • D’allégements de formation : réduction du nombre d’heures d’enseignement théorique et pratique à suivre ;
  • De dispenses d’évaluation sur les blocs déjà validés dans leur formation d’origine.

Le parcours de formation est individualisé : l’IFAS, après étude du dossier du candidat, définit précisément les modules à suivre, la durée de formation restante et les modalités d’évaluation complémentaire.

Exemple pratique : Un titulaire du bac pro ASSP qui postule à un IFAS pourra voir sa formation raccourcie de plusieurs mois. Il conservera les compétences déjà acquises en matière de soins d’hygiène, de relation d’aide ou d’accompagnement des activités de la vie quotidienne. Il se concentrera sur les blocs spécifiques au métier d’aide-soignant (notamment ceux liés aux soins techniques en milieu hospitalier ou médico-social).


Impacts pour les EHPAD : recruter plus vite, fidéliser mieux

Pour les directeurs d’EHPAD et les infirmiers coordinateurs (IDEC), cette réforme ouvre plusieurs opportunités :

Accélérer les recrutements

  • Des candidats déjà expérimentés (ambulanciers, ADVF, DEAES, etc.) peuvent désormais accéder plus rapidement au DEAS et rejoindre les équipes d’aides-soignants.
  • La suppression du plafond de jurys permet de réduire les délais d’attente avant la diplomation, donc de pourvoir les postes plus vite.

Valoriser les parcours internes

  • Un agent de service hospitalier titulaire d’un titre professionnel ADVF, ou un ASSG (agent de service de soins général) en poste depuis plusieurs années, peut être encouragé à passer le DEAS via un parcours allégé, voire par VAE.
  • Cela permet de fidéliser les équipes en offrant des perspectives d’évolution concrètes, sans imposer un retour à la formation initiale complète.

Bon à savoir : La VAE reste une voie privilégiée pour les professionnels justifiant d’au moins un an d’expérience dans le soin ou l’accompagnement. Les nouvelles annexes VI et VII clarifient les modalités de validation par blocs, ce qui sécurise le parcours des candidats. Pour en savoir plus sur la VAE aide-soignante, consultez notre guide complet.

Renforcer la montée en compétences

  • Les EHPAD peuvent s’appuyer sur les nouvelles modalités de validation pour structurer des parcours de formation interne mieux articulés avec les besoins du terrain.
  • Ils peuvent identifier en amont les collaborateurs éligibles à des équivalences et construire avec eux un projet professionnel réaliste.

Ce qui change aussi dans la validation des compétences

L’arrêté remplace également l’annexe VI de l’arrêté de 2021, qui encadre les modalités d’évaluation et de validation des compétences du DEAS. Bien que le détail précis de cette nouvelle annexe soit publié au Bulletin officiel Santé, plusieurs points structurants se dégagent :

  • Le référentiel reste organisé en blocs de compétences (accompagnement de la personne, identification et prévention des situations à risque, travail en équipe, entretien de l’environnement, transmission d’informations, etc.).
  • Les modalités d’évaluation (théoriques, pratiques, en stage) sont clarifiées pour limiter les disparités d’interprétation entre IFAS.
  • La validation de chaque bloc et les conditions d’obtention du diplôme sont mieux formalisées, ce qui sécurise les parcours des candidats et facilite le travail des jurys.

Pour les EHPAD, cela signifie que les stagiaires accueillis en formation pratique seront évalués selon un cadre plus homogène, ce qui facilite :

  • La lisibilité des grilles d’évaluation ;
  • La traçabilité des acquis au fil des stages ;
  • La cohérence entre les différents terrains de stage.

Ajustements techniques et harmonisation du texte

Au-delà des annexes VI et VII, l’arrêté du 5 décembre 2025 procède à plusieurs retouches rédactionnelles dans le corps de l’arrêté du 10 juin 2021 :

  • Suppression de mentions redondantes ou obsolètes (« du présent arrêté », « modifié », etc.) dans plusieurs articles ;
  • Abrogation de l’article 8 bis de l’arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation d’aide-soignant ;
  • Harmonisation des formulations pour rendre le texte plus cohérent et lisible.

Ces modifications, bien que techniques, témoignent d’une volonté de simplifier le cadre réglementaire et de le rendre plus opérationnel pour les instituts de formation et les candidats.


Un mouvement parallèle pour les auxiliaires de puériculture

Même si le cœur de la réforme concerne le DEAS, l’arrêté du 5 décembre 2025 modifie également l’arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation d’auxiliaire de puériculture :

  • Mêmes ajustements rédactionnels ;
  • Abrogation de l’article 8 bis pour la formation d’auxiliaire de puériculture ;
  • Remplacement des annexes VI et VII par de nouvelles annexes (III et IV du texte du 5 décembre 2025).

Cette convergence d’évolution montre que l’État cherche à harmoniser les formations paramédicales et à faciliter les passerelles entre métiers du soin et de l’accompagnement.


Lien avec les enjeux de qualité et de certification en EHPAD

Au-delà de l’aspect réglementaire, cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de professionnalisation et de sécurisation des pratiques en EHPAD. Elle résonne notamment avec :


Ce qu’il faut retenir pour agir dès maintenant

Pour les directeurs d’EHPAD :

  • Identifiez dans vos équipes les profils éligibles à des équivalences (titulaires d’un bac pro ASSP, DEAES, ADVF, ambulanciers, etc.) et proposez-leur un accompagnement vers le DEAS.
  • Rapprochez-vous des IFAS locaux pour anticiper les délais de formation et les nouvelles modalités de diplomation.
  • Intégrez ces parcours dans votre stratégie RH pour fidéliser et faire évoluer vos collaborateurs.

Pour les IDEC :

  • Profitez de la clarification des modalités de validation pour mieux préparer l’accueil et l’évaluation des stagiaires en formation pratique.
  • Sensibilisez vos équipes aux nouvelles passerelles pour encourager les projets d’évolution professionnelle.
  • Structurez des parcours de tutorat adaptés aux profils en allégement de formation.

Pour les aides-soignants et agents de soin :

  • Renseignez-vous sur votre éligibilité aux équivalences si vous êtes titulaire d’un diplôme du secteur social, médico-social ou sanitaire.
  • Explorez la voie de la VAE si vous justifiez d’une expérience significative dans l’accompagnement ou le soin.
  • N’hésitez pas à vous projeter dans une évolution de carrière : passer du poste d’aide-soignant à celui d’infirmier est également une perspective valorisante. Découvrez les 7 bonnes raisons de passer d’aide-soignant à infirmier.

Perspectives : vers une reconnaissance accrue des parcours professionnels

Cette réforme illustre une tendance de fond : reconnaître et valoriser l’expérience acquise sur le terrain, tout en maintenant un niveau d’exigence élevé pour garantir la qualité des soins. En élargissant les équivalences et en levant certaines contraintes organisationnelles, l’État cherche à :

  • Fluidifier les reconversions vers le métier d’aide-soignant ;
  • Répondre à la pénurie de professionnels dans un contexte démographique tendu ;
  • Renforcer l’attractivité du secteur en offrant des perspectives d’évolution claires et rapides.

Pour les EHPAD, c’est l’occasion de repenser les parcours de formation interne, de miser sur la promotion professionnelle et de construire des équipes plus stables et qualifiées. Les nouvelles annexes VI et VII seront publiées au Bulletin officiel Santé et devront être intégrées dans les documents pédagogiques des IFAS dès leur parution.

En attendant, les établissements peuvent déjà anticiper ces changements en identifiant les collaborateurs éligibles, en se rapprochant des instituts de formation locaux et en structurant des parcours d’accompagnement adaptés. Car, face à la pénurie, chaque levier de fidélisation et de montée en compétences compte.