IA en EHPAD : la CNSA engage le secteur avec 36 actions concrètes sur 18 mois
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IA en EHPAD : la CNSA engage le secteur avec 36 actions concrètes sur 18 mois

16 mai 2026 9 min de lecture Aurélie Mortel
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80 % des établissements sociaux et médico-sociaux sont désormais équipés d’un dossier usager informatisé — et plus de 790 000 personnes accompagnées disposent déjà d’un DUI actif. Le 1er septembre 2025, la CNSA a franchi une nouvelle étape en publiant sa feuille de route stratégique IA 2025-2026 : 36 actions concrètes sur 18 mois pour intégrer l’intelligence artificielle dans les pratiques du secteur autonomie — y compris les robots sociaux que la HAS a encadrés en mai 2026. Pour les EHPAD, l’IA n’est plus un horizon lointain — c’est une réalité à piloter dès maintenant.

La feuille de route IA de la CNSA : ce que le document officiel prévoit

Publiée le 1er septembre 2025, la feuille de route stratégique IA 2025-2026 de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie structure l’intégration de l’intelligence artificielle dans la branche Autonomie autour de cinq piliers et 36 actions sur 18 mois.

Premier pilier, et le plus directement opérationnel pour les équipes EHPAD : « Gagner du temps pour mieux accompagner ». La logique est simple — réduire les tâches répétitives et chronophages pour libérer du temps au profit de l’accompagnement humain. Les quatre autres piliers ciblent l’accélération des traitements administratifs, l’harmonisation des pratiques territoriales, la simplification des démarches pour les usagers, et le développement de la proactivité dans le repérage des besoins non exprimés.

Le calendrier est progressif et délibérément phasé : poser les bases au second semestre 2025 (gouvernance, identification des cas d’usage, formations) ; expérimenter avec des projets pilotes en lien avec les MDPH et les services départementaux au premier semestre 2026 ; puis généraliser les cas d’usage les plus probants à partir du second semestre 2026. La CNSA s’est engagée à publier un bilan semestriel du déploiement.

D’une numérisation de base à l’IA : une mutation déjà engagée dans les EHPAD

Ce document institutionnel ne surgit pas du néant. Il s’inscrit dans la continuité du programme ESMS numérique, financé à hauteur de 600 millions d’euros via le Ségur du numérique en santé (fonds PNRR 2021-2025), avec l’objectif d’engager environ 34 000 établissements et services dans la transition numérique.

Le résultat est inédit dans l’histoire du secteur médico-social : selon la CNSA, près de 80 % des ESMS du champ de l’autonomie sont aujourd’hui équipés d’un DUI, et plus de 790 000 personnes accompagnées bénéficient déjà d’un dossier numérique actif. Pour les EHPAD, cela signifie que l’infrastructure de base est en place dans la grande majorité des établissements — la traçabilité, la coordination soignante, le partage d’informations entre professionnels reposent désormais sur des outils numériques.

Mais disposer d’un DUI n’est qu’un premier pas. La question qui monte dans les directions est celle de la couche IA — celle qui analyse, prédit, alerte et automatise. Quelles technologies ont réellement démontré leur efficacité dans des contextes proches ? Quelles ont échoué à l’épreuve du terrain international ? Pour documenter cette veille stratégique, un état des lieux mondial des technologies en EHPAD — IA, robotique, capteurs ambiants, télémédecine, réalité virtuelle — fondé sur près de 300 sources croisées dans 6 pays peut devenir un outil de pilotage concret pour les directions.

Ce que la feuille de route change concrètement pour les équipes

Pour les directeurs d’EHPAD, la feuille de route IA de la CNSA a des implications immédiates. Elle annonce des projets pilotes et des appels à expérimentation dès le premier semestre 2026. Les directions qui maîtrisent déjà le paysage technologique — détection de la chute par IA, capteurs ambiants de surveillance, outils de raisonnement clinique assisté, robotique d’assistance — seront en position de candidater à ces financements. Ceux qui découvrent ces sujets au moment de la sollicitation risquent de passer à côté.

En parallèle, la HAS a intégré des critères numériques dans son référentiel de certification pour le 6e cycle, en application depuis septembre 2025. Le pilotage des dispositifs médicaux numériques utilisant l’IA fait désormais partie du périmètre d’évaluation HAS. Pour les directeurs qui préparent leur prochain cycle, ce volet n’est plus optionnel.

Pour les IDEC et les infirmiers, la question revient régulièrement sur le terrain : ces outils vont-ils simplifier ou complexifier la pratique ? Les expériences internationales montrent des résultats nuancés selon les technologies. Les capteurs de détection des troubles du comportement nocturne, par exemple, ont démontré dans plusieurs études une réduction des passages aux urgences — mais leur déploiement demande une formation des équipes, une intégration dans le DUI et une réflexion sur la confidentialité des données. Pour les IDEC qui veulent anticiper ces déploiements avec méthode, ce panorama documenté sur les technologies en EHPAD — 6 pays comparés, résultats cliniques vérifiés — offre une base structurée pour distinguer ce qui marche de ce qui relève encore du prototype.

Pour les aides-soignantes et les ASH, la robotique d’assistance est souvent présentée comme un substitut à la main-d’œuvre. La réalité des déploiements documentés montre plutôt une logique de complémentarité — notamment pour les tâches de manutention lourde, de distribution de repas ou de surveillance nocturne. L’enjeu n’est pas de résister à ces outils, mais de comprendre comment ils vont modifier l’organisation du travail et quelles nouvelles compétences seront valorisées.

2026, année pivot : ce que les directions doivent anticiper

Le second semestre 2026 est la phase de généralisation selon la feuille de route CNSA. En parallèle, plusieurs dynamiques convergent : les CPOM intègrent de plus en plus des indicateurs numériques, les difficultés de recrutement poussent à l’automatisation de certaines tâches administratives chronophages, et les familles — plus connectées que la génération précédente — commencent à attendre des outils de communication et de suivi en temps réel.

Ce contexte invite les directions à passer d’une logique réactive (s’équiper quand c’est obligatoire ou financé) à une logique proactive. Cela suppose une vision claire de ce qui existe, de ce qui a été validé cliniquement, et de ce qui reste expérimental. Pour documenter cette démarche et former les équipes de direction à ce nouveau langage technologique, l’ouvrage de référence sur l’IA et la robotique en EHPAD — 228 pages, édition 2026, 300 sources — constitue un point d’entrée rigoureux pour qui veut décider sans se tromper.

La CNSA a par ailleurs annoncé la préparation d’une stratégie post-2026. Les établissements qui auront déjà investi leur culture numérique et construit une vision technologique seront mieux armés pour peser dans ces orientations à venir — et pour anticiper les exigences réglementaires qui accompagneront inévitablement cette généralisation.

Questions fréquentes

L’IA en EHPAD, c’est concret pour quels usages aujourd’hui ?
Plusieurs technologies sont déjà opérationnelles dans des EHPAD en France et à l’étranger : la détection automatique des chutes via capteurs ou caméras, les systèmes d’aide à la prescription (alertes sur les interactions médicamenteuses), les plateformes de téléconsultation intégrées au DUI, et les outils de planning assisté par algorithme. Les robots de distribution et de lien social restent plus marginaux, mais se déploient dans des établissements pilotes, notamment en Pays-Bas et au Japon.
Comment évaluer la fiabilité d’un outil IA avant de l’adopter en EHPAD ?
La HAS a mis en place un cadre d’évaluation des dispositifs médicaux numériques (DMN) qui permet de vérifier si un outil a été évalué selon des critères cliniques et de sécurité reconnus. Pour les outils non classés comme DMN, croiser les retours d’expérience documentés dans d’autres pays — via des publications scientifiques ou des programmes institutionnels comme ceux que suit la CNSA — est un minimum avant tout déploiement. La prudence méthodologique n’est pas un frein à l’innovation : c’est la condition pour éviter les désinvestissements coûteux.
La feuille de route IA de la CNSA concerne-t-elle les EHPAD privés ?
La feuille de route IA 2025-2026 de la CNSA porte en premier lieu sur les activités administratives de la branche Autonomie (MDPH, services départementaux). Mais ses orientations influencent directement les cahiers des charges des appels à projets, les critères d’éligibilité au programme ESMS numérique, et les référentiels HAS — qui s’appliquent à tous les EHPAD, publics, privés non lucratifs et privés commerciaux.

Sources officielles : Feuille de route IA 2025-2026 — CNSA (1er septembre 2025) · Programme ESMS numérique — CNSA · Numérique et IA à la HAS

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