capteurs chute EHPAD 2026
Intelligence artificielle

Capteurs de chute en EHPAD : comparatif 2026 des 5 solutions leaders

Mis à jour le 15 min de lecture Patrice Martin
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La chute reste l’un des évènements les plus graves du quotidien en EHPAD. En France, plus de 20 000 personnes de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute en 2024, et environ 175 000 personnes de 65 ans et plus ont été hospitalisées pour ce motif la même année, selon les données de Santé publique France. Pour les équipes d’EHPAD, la chute d’un résident déclenche une chaîne d’actions immédiates — repérage, intervention, évaluation, traçabilité — dont la rapidité conditionne souvent la gravité des conséquences, en particulier lorsque la personne reste au sol plusieurs dizaines de minutes avant d’être secourue.

Comparatif mis à jour le 23 juillet 2026. Les dispositifs portés (montres, bracelets, pendentifs à bouton d’alerte) restent utiles mais dépendent de l’observance du résident : encore faut-il qu’il le porte, qu’il ne l’ait pas retiré la nuit, et qu’il soit en état d’actionner l’alerte après la chute. C’est pourquoi le marché bascule progressivement vers des systèmes fixes, installés dans la chambre, qui détectent la chute sans aucune action du résident. Ce comparatif passe en revue cinq solutions aujourd’hui commercialisées ou testées en France : Aladin+, KASPARD, Vayyar Care, Orikio et Nami.

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IA, robotique, capteurs, télémédecine : ce qui marche vraiment en EHPAD.

  • 15 chapitres, 6 pays comparés
  • Près de 300 sources vérifiées
  • 12 recommandations opérationnelles

La HAS recommande une évaluation systématique, au moins annuelle, du risque de chute chez le sujet âgé, couplée à des interventions multifactorielles — révision de l’ordonnance, correction des troubles de la marche, adaptation de l’environnement, activité physique adaptée. Les capteurs de détection ne remplacent pas cette démarche : ils en sont un maillon, celui de la détection rapide quand la chute survient malgré la prévention. Notre guide complet prévention des chutes détaille l’ensemble de cette approche multifactorielle. Le recours croissant à l’intelligence artificielle embarquée dans ces capteurs — analyse d’image, radar ou son — s’inscrit dans une tendance de fond que nous détaillons dans notre pilier IA en EHPAD.

Note de transparence éditoriale. La version précédente de ce comparatif mentionnait Vigi’Fall (Vigilio), un patch de détection de chute. La société Vigilio S.A. a été radiée le 23 février 2018 après liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif, et le produit n’est plus commercialisé, comme le confirme la fiche societe.com de Vigilio S.A. Nous retirons donc cette solution de notre comparatif et présentons nos excuses pour cette erreur maintenue trop longtemps.

Comparatif des 5 solutions

Les données ci-dessous ont été vérifiées au 23 juillet 2026 auprès des sources officielles de chaque éditeur ou distributeur. Sauf mention contraire, les tarifs sont communiqués sur devis et ne sont pas publiés par les fournisseurs.

Aladin+ (Domalys by LINET)

Technologie. Aladin+ utilise des capteurs infrarouges qui analysent les mouvements dans la chambre sans enregistrer d’image, sans caméra et sans dispositif porté par le résident. Présentée sous forme de barre lumineuse murale, la solution est décrite en détail sur la page technique officielle de Domalys. Domalys est une marque du groupe LINET.

Points forts. Aladin+ associe détection des levers et des chutes 24h/24, éclairage automatique de 1 300 lumens quand la luminosité est insuffisante, alertes en temps réel sur Smartbadge ou application, et suivi de la température ambiante. Le CHU de Poitiers a déployé la solution dans plusieurs de ses unités médico-sociales, dont l’EHPAD des Magnolias et l’USLD de Montmorillon, comme le raconte son article « Des lampes magiques pour prévenir les chutes ». Sur les trois mois précédant la publication, l’établissement rapporte avoir détecté environ 70 chutes, avec une intervention comprise entre 30 secondes et 3 minutes, selon Antonio Romano Coelho, cadre de santé. Le dispositif a depuis été étendu au GHT de la Vienne, où cinq établissements ont été équipés, selon le journal de la communauté du RESAH. Plus largement, la solution est déployée à grande échelle en France : LINET Group indiquait fin 2024 plus de 6 000 EHPAD et établissements hospitaliers équipés, et le fabricant annonce en 2026 plus de 6 500 chambres équipées. Aladin+ est référencé au catalogue de la centrale d’achat RESAH, ce qui simplifie les procédures d’achat pour les établissements publics — un critère à croiser avec notre pilier financement EHPAD.

Limites. Le champ de détection annoncé est une portée de 5 mètres avec un angle de 120°, ce qui suppose une installation murale réfléchie selon la configuration de chaque chambre. Le tarif n’est pas publié et se négocie sur devis. Les résultats chiffrés cités relèvent d’un retour d’expérience local — plusieurs unités et sites médico-sociaux du CHU de Poitiers — observé sur une période de trois mois : un signal terrain solide, mais qui ne constitue pas encore une étude clinique publiée à grande échelle.

KASPARD

Technologie. KASPARD est un capteur 3D de distance à technologie Time of Flight, fixé en hauteur dans un coin de la chambre face au lit, qui génère un nuage de points sans aucune image ni donnée biométrique, analysé par un algorithme embarqué breveté ; il détecte la chute, la sortie de lit et l’absence de retour au lit. Le détail technique est consultable sur la page technologie de Kaspard.

Points forts. Une étude menée avec un chercheur de l’Inserm et l’Université de Bourgogne, portant sur 1 651 chambres équipées de KASPARD et près de 950 000 nuits cumulées, a mesuré une réduction de 43 % des chutes — l’un des volumes de données les plus importants du secteur, détaillé dans l’article SilverEco sur cette étude. Kaspard, société belge fondée en 2017 par Philippe Kaplan, a levé 3,1 millions d’euros en mars 2024 selon Silicon Canals, et revendique plus de 3 000 chambres équipées, avec des clients comme Clariane, Emeis et Colisée.

Limites. En France, KASPARD est distribué et installé par KS Telecom, qui n’est pas l’éditeur de la solution — un intermédiaire supplémentaire dont il faut vérifier la réactivité SAV, présenté sur le site de KS Telecom. Le tarif n’est pas publié. L’installation en hauteur, orientée face au lit, impose une configuration de chambre compatible.

Vayyar Care

Technologie. Vayyar Care utilise un radar 4D — une imagerie radar sans caméra ni micro et sans dispositif porté — couplée à une analyse comportementale. En France, la solution est proposée via le partenaire Co-Assist, un partenariat annoncé en avril 2023 et présenté par SilverEco.

Points forts. Sur le déploiement d’Essex County Council au Royaume-Uni, 316 capteurs Vayyar Care ont été installés, et après 12 mois, l’établissement n’a enregistré aucune admission hospitalière liée à une chute ni aucun cas de résident resté au sol de façon prolongée, selon le retour d’expérience publié par Vayyar en février 2025. Côté fonctionnalités, Co-Assist intègre Vayyar Care à sa plateforme d’alerte pour EHPAD et résidences seniors, avec détection des chutes lourdes et molles, des sorties de lit nocturnes et des séjours prolongés aux sanitaires.

Limites. Les résultats d’Essex proviennent d’un déploiement au Royaume-Uni, dans un contexte réglementaire et organisationnel différent du secteur médico-social français. Le tarif pour les établissements est communiqué sur devis, et la solution française dépend d’un partenaire intégrateur (Co-Assist) plutôt que d’un contact direct avec l’éditeur Vayyar.

Orikio (ex-OSO-AI) — l’Oreille Augmentée

Technologie. Orikio (ex-OSO-AI) repose sur un capteur acoustique mural associé à une IA embarquée qui reconnaît plus de 150 catégories de sons — bruit de chute, appel à l’aide, signe de détresse — sans caméra, sans enregistrement continu et sans dispositif porté ; l’alerte est envoyée aux soignants sur smartphone. La start-up brestoise OSO-AI s’est renommée Orikio en novembre 2025, comme l’explique l’annonce officielle du changement de nom.

Points forts. OSO-AI (Orikio) a levé 10 millions d’euros en série A en avril 2023 selon SilverEco, et revendique environ 3 000 chambres équipées en établissements médico-sociaux. L’entreprise compte environ 50 collaborateurs et se déploie à l’international, avec des implantations en Suisse et à Monaco, des pilotes au Danemark et des tests au Japon, comme le détaille Orikio — un signe de maturité industrielle pour une solution acoustique.

Limites. Une solution basée sur le son doit composer avec les bruits ambiants d’un environnement collectif (télévision, conversations, chariots). Le tarif est un abonnement B2B communiqué sur devis. Le changement de marque récent (novembre 2025) peut nécessiter une vérification que toute la documentation commerciale et contractuelle a bien été mise à jour côté fournisseur.

Nami (BlackWaves)

Technologie. Nami, développé par BlackWaves, détecte les chutes par radar millimétrique 60 GHz couplé à de l’IA, sans caméra ni bracelet ; le dispositif surveille les mouvements et la respiration, et repère des signes précurseurs comme la démarche ou le rythme respiratoire. Présentation sur le site officiel de Nami.

Points forts. BlackWaves a été lauréate du Trophée Start-up Numérique 2026 d’IMT Starter, 17e édition, annoncé le 1er juin 2026, sélectionnée parmi plus de 160 candidatures, selon Maddyness. La solution est testée dans un établissement parisien, sous l’impulsion des fondateurs Gauthier Lechevalier et Maxime Yamashita.

Limites. Le site officiel ne publie aucune grille tarifaire, et les références en EHPAD ne sont pas publiées, la société étant encore jeune. L’approche « signes précurseurs » (démarche, respiration) est prometteuse mais ne dispose pas encore, à notre connaissance, d’une publication de résultats terrain à grande échelle comparable à celle de KASPARD ou de Vayyar.

Tableau récapitulatif

SolutionTechnologieDispositif porté ?Caméra ?Preuves terrainDistribution FranceTarif
Aladin+ (Domalys by LINET)Capteurs infrarougesNonNonREX CHU de Poitiers / GHT de la Vienne ; plus de 6 000 établissements équipés (LINET Group)Domalys, catalogue RESAHSur devis
KASPARDCapteur 3D Time of FlightNonNonÉtude Inserm/Univ. Bourgogne : -43 % de chutes (1 651 chambres, ~950 000 nuits)KS Telecom (distributeur)Sur devis
Vayyar CareRadar 4DNonNonEssex County Council (UK) : 0 admission hospitalière sur 12 mois, 316 capteursCo-Assist (partenaire France)Sur devis
Orikio (ex-OSO-AI)Capteur acoustique + IANonNon~3 000 chambres équipées, levée de 10 M€ en 2023Orikio (éditeur direct)Abonnement sur devis
Nami (BlackWaves)Radar millimétrique 60 GHzNonNonTest en établissement parisien ; lauréat Trophée IMT Starter 2026BlackWaves (éditeur direct)Non publié

Critères de choix pour votre établissement

  • Compatibilité avec les résidents désorientés. Un système fixe, sans dispositif à porter, élimine le risque d’oubli ou de retrait par un résident souffrant de troubles cognitifs — un avantage commun aux cinq solutions comparées ici.
  • Vie privée et conformité CNIL/RGPD. Aucune des cinq solutions n’utilise de caméra enregistrant des images. Vérifiez néanmoins les modalités de traitement des données (conservation, hébergement, accès) avant signature ; les enjeux liés aux dispositifs connectés en santé sont proches de ceux abordés dans notre pilier télémédecine.
  • Intégration au DUI et aux systèmes d’alerte existants. Demandez systématiquement si les alertes remontent nativement dans votre dossier usager informatisé ou nécessitent une passerelle spécifique.
  • Financement et achat public. Aladin+ est référencé au catalogue RESAH (marché 2023-R091-012), ce qui simplifie l’achat pour les établissements publics ; consultez la page RESAH de Domalys et notre pilier financement EHPAD pour explorer les autres leviers de financement disponibles.
  • Solidité des preuves cliniques. Les niveaux de preuve diffèrent nettement d’une solution à l’autre — étude multicentrique avec chercheur Inserm pour KASPARD, retour d’expérience à 12 mois pour Vayyar, retour d’expérience local multi-sites (CHU de Poitiers, 3 mois) pour Aladin+, données non publiées pour Nami. Notre article sur l’IA prédictive et la responsabilité médicale détaille comment interpréter ces preuves avant un choix d’achat.

Mise en œuvre : 4 étapes

  • 1. Audit ciblé. Recensez les chambres à risque prioritaire (antécédents de chute, troubles de la marche, désorientation) en vous appuyant sur l’évaluation gériatrique déjà réalisée dans le cadre de la prévention des chutes, et croisez-la avec le programme d’activité physique adaptée déjà en place.
  • 2. Information et consentement. Informez le résident et sa famille de l’installation du dispositif, de sa finalité et de l’absence d’enregistrement d’image ou de son continu selon la technologie retenue — une étape encadrée par les droits des résidents en EHPAD.
  • 3. Formation des équipes. Les soignants doivent savoir interpréter les alertes reçues (Smartbadge, application, notification), distinguer une fausse alerte d’une urgence réelle, et connaître le délai d’intervention attendu.
  • 4. Évaluation à 6 mois. Mesurez le nombre de chutes détectées, le délai moyen d’intervention et le taux de fausses alertes, puis comparez ces indicateurs à la période précédant l’installation pour objectiver l’impact réel du dispositif dans votre établissement.
Ces capteurs sont-ils conformes au RGPD s’ils n’utilisent pas de caméra ?
L’absence de caméra réduit le risque au regard de la vie privée, mais ne dispense pas d’une analyse d’impact : ces dispositifs restent des objets connectés collectant des données (mouvements, sons, présence). Vérifiez systématiquement les conditions d’hébergement et de conservation des données avec chaque fournisseur avant l’installation, et informez les résidents et familles en amont.
Comment financer l’installation de capteurs de chute en EHPAD ?
Plusieurs leviers existent selon le statut de l’établissement : achat via une centrale d’achat publique, financement CNSA au titre de la section dépendance, ou accompagnement de l’ARS pour les projets d’innovation numérique en gérontologie. Les conditions et montants varient d’un établissement à l’autre : renseignez-vous auprès de votre ARS et de votre CNSA de rattachement pour connaître les dispositifs actuellement mobilisables.
Un capteur de chute remplace-t-il la surveillance humaine ?
Non. Ces dispositifs raccourcissent le délai entre la chute et l’intervention d’un soignant, mais ne remplacent ni les rondes, ni l’évaluation gériatrique du risque, ni la prévention multifactorielle recommandée par la HAS. Ils constituent un complément, pas un substitut, à l’organisation humaine des soins.
Que devient Vigi’Fall, mentionné dans une précédente version de ce comparatif ?
Vigi’Fall n’est plus commercialisé : la société qui l’éditait, Vigilio S.A., a été radiée en février 2018 après liquidation judiciaire. Nous l’avons retiré de ce comparatif par souci de transparence et d’exactitude envers nos lecteurs.

Sources

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Mis à jour · juillet 2026

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