Dénutrition EHPAD 2026 : la dénutrition est un problème majeur de santé publique qui concerne plus de 2 millions de personnes en France, dont 270 000 personnes âgées en EHPAD. Pour mieux préparer les équipes à la 7e édition de la Semaine nationale de la dénutrition, prévue du 16 au 22 novembre 2026, deux ARS organisent des webinaires gratuits en juin. Un rendez-vous à inscrire d’urgence dans les agendas des IDE, IDEC et animateurs.
Pourquoi 2026 est une année clé pour la lutte contre la dénutrition
En France, la dénutrition touche environ 2 millions de personnes. En EHPAD, la situation est particulièrement préoccupante : 400 000 personnes âgées vivant à domicile et 270 000 résidents d’EHPAD sont concernés. À l’hôpital, ce sont entre 20 et 40 % des patients qui souffrent de dénutrition. Ces chiffres, régulièrement rappelés par les ARS, justifient une mobilisation nationale annuelle depuis la création du Collectif de lutte contre la dénutrition en 2016.
Ce collectif, dont la FHF est partenaire et qui s’inscrit dans le cadre du Plan national nutrition santé, organise chaque automne la Semaine nationale de la dénutrition. la Semaine nationale 2025 a atteint plus de 2 millions de personnes en France. Pour la 7e édition du 16 au 22 novembre 2026, les ARS lancent dès juin une série de webinaires de préparation.
Deux webinaires ARS en juin 2026 : dates, contenus, intervenants
Webinaire ARS Grand Est — lundi 8 juin 2026
L’ARS Grand Est organise un webinaire régional le le lundi 8 juin 2026 de 13h à 14h, ouvert à tous les professionnels de santé, du secteur médico-social et de la restauration collective. L’objectif est de donner les clés pour comprendre les enjeux de la dénutrition et préparer votre mobilisation dans le cadre de la Semaine nationale. Intervenant principal : le Pr Pierre Jésus, médecin nutritionniste au CHU de Limoges. Inscription sur le site de l’ARS Grand Est.
Webinaire ARS La Réunion — mercredi 25 juin 2026
L’ARS La Réunion propose quant à elle un webinaire le 25 juin 2026 de 13h à 14h30. Avec le Dr Eric Fontaine, médecin nutritionniste au CHU de Grenoble et professeur de l’Université Grenoble-Alpes, la session vise à sensibiliser les professionnels et partenaires locaux à cet enjeu de santé publique majeur et à fournir des outils et informations pratiques pour permettre l’organisation d’actions sur le territoire.
Ces deux sessions sont particulièrement recommandées aux IDE coordinateurs, référents nutrition et animateurs chargés d’organiser des actions en EHPAD pour novembre.
Les critères diagnostiques HAS 2021 : ce que tout IDE doit savoir
La HAS a actualisé en 2021 ses recommandations sur la dénutrition chez les personnes âgées de 70 ans et plus pour améliorer le dépistage précoce. Voici les points essentiels à maîtriser.
Quand parle-t-on de dénutrition ?
Le diagnostic de dénutrition repose sur l’association d’un critère phénotypique et d’un critère étiologique. Parmi les critères phénotypiques : la perte de poids (perte de plus de 5 % du poids en 1 mois, ou 10 % en 6 mois), un IMC inférieur aux seuils (inférieur à 18,5 chez l’adulte ou à 21 chez les personnes de plus de 70 ans), ou une sarcopénie confirmée par l’association d’une réduction de la force et de la masse musculaire. Parmi les critères étiologiques : une réduction de la prise alimentaire d’au moins 50 % pendant plus d’une semaine.
Point important : l’albuminémie n’est pas un critère diagnostique ; c’est un critère de sévérité de la dénutrition. Par ailleurs, le seuil de dénutrition selon l’IMC est plus élevé chez la personne de 70 ans et plus que chez les adultes plus jeunes. Deux subtilités que la pratique quotidienne fait parfois oublier.
Fréquence du dépistage : obligations en institution
La HAS est claire sur la fréquence : le dépistage doit être effectué 1 fois par mois en institution, contre 1 fois par an en ville. En cas d’hospitalisation, le dépistage nutritionnel doit être réalisé lors de chaque séjour. Ce rythme mensuel en EHPAD implique que les IDE et AS disposent d’un protocole standardisé — idéalement adossé au protocole MNA structuré — pour garantir la traçabilité.
Objectifs nutritionnels en cas de dénutrition avérée
Dès que la dénutrition est diagnostiquée, les objectifs nutritionnels à atteindre sont : apports énergétiques de 30 à 40 kcal/kg/j et apports protéiques de 1,2 à 1,5 g/kg/j. Pour y parvenir, l’alimentation par voie orale est recommandée en première intention, sauf contre-indication. Les techniques d’enrichissement des repas — déjà documentées sur notre guide sur l’enrichissement des repas en EHPAD — restent la première ligne d’intervention.
Impact métier : qui fait quoi dans la mobilisation ?
La Semaine nationale de la dénutrition est un levier collectif. Elle réunit des milliers d’acteurs publics, privés et associatifs des secteurs médico-social, sanitaire, de la restauration ou de l’hébergement. En EHPAD, la mobilisation implique plusieurs profils :
- IDEC et IDE : actualisation des protocoles de dépistage MNA, formation des AS à la surveillance du poids, préparation des dossiers patients pour la traçabilité. Voir aussi comment réduire les hospitalisations évitables liées à la dénutrition.
- Animateurs : organisation d’ateliers cuisine ou de repas enrichis — parmi les actions possibles : visuels ou vidéos pédagogiques, conférences, ateliers cuisine, distribution de repas enrichis. Le concours interne « Cuisines Ouvertes » est particulièrement plébiscité (cf. l’opération « Cuisines Ouvertes » qui consiste en un concours de cuisine dans les EHPAD).
- Aides-soignantes et ASH : surveillance quotidienne des prises alimentaires, signalement des refus de repas, contribution aux pesées mensuelles.
- Directeur : coordination globale, lien avec le médecin coordonnateur, communication auprès des familles, inscription au programme du Collectif pour recevoir le kit de communication officiel.
Pour approfondir les distinctions entre dénutrition, anorexie et cachexie — souvent confondues en pratique — consultez notre article dédié aux 3 distinctions essentielles.
Comment organiser la mobilisation de votre EHPAD d’ici novembre 2026 ?
La préparation d’une semaine thématique réussie se planifie au moins 2 à 3 mois à l’avance. Voici un calendrier synthétique :
- Juin 2026 : participer aux webinaires ARS (8 juin ou 25 juin), identifier le référent nutrition interne, récupérer le kit de communication du Collectif dès son ouverture.
- Septembre 2026 : organiser une réunion pluridisciplinaire (IDE, médecin coordonnateur, diététicien, animateur) pour planifier les actions de la semaine.
- Octobre 2026 : définir l’atelier phare (concours cuisine, exposition, dépistage ouvert aux familles), commander les visuels, former les AS aux critères de surveillance.
- 16-22 novembre 2026 : déploiement des actions, pesées systématiques, sensibilisation des résidents et des familles.
Retrouvez les 5 leviers pour stimuler l’appétit des résidents et le cadre réglementaire PNNS 5 sur la dénutrition pour compléter votre démarche. Pour une vue d’ensemble, notre guide complet dénutrition en EHPAD centralise l’ensemble des ressources.
Perspectives : la dénutrition inscrite dans les priorités PNNS et HAS 2026
La lutte contre la dénutrition bénéficie d’un soutien institutionnel croissant. La FHF, la SFNEP (Société Francophone de Nutrition Clinique et Métabolisme) et le Collectif de lutte contre la dénutrition se mobilisent chaque année avec un kit de communication renouvelé. Les webinaires ARS de juin 2026 traduisent également un changement de méthode : plutôt que d’attendre la semaine nationale en novembre, les ARS forment les équipes en amont pour maximiser l’impact terrain.
Pour les EHPAD, intégrer la dénutrition dans le plan de formation annuel reste le meilleur levier. Les équipes régulièrement sensibilisées aux dernières données issues du livre blanc Nutrisens/UD2MS réduisent significativement les hospitalisations évitables et améliorent les indicateurs HAS lors des évaluations.