les profils atypiques qui transforment les ehpad
Recrutement & Fidélisation

DEAS en EHPAD : 5 parcours inspirants qui redonnent espoir

18 juillet 2025 10 min de lecture Nicolas Mortel
Ressource recommandée Nouveauté 2026
Guide Pratique : Recrutement & Fidélisation en EHPAD

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Face aux difficultés de recrutement chroniques, découvrez les profils atypiques qui transforment le secteur

Les 44% d’EHPAD confrontés à des difficultés de recrutement selon la DREES trouvent enfin des raisons d’espérer. Derrière chaque diplôme DEAS se cache une histoire humaine. Ces parcours atypiques révèlent un potentiel inexploité pour vos établissements.

Témoignage 1 : Marina, 42 ans – De la vente à la gérontologie

Marina travaillait comme responsable de magasin dans la grande distribution depuis quinze ans. La crise sanitaire a bouleversé sa vision professionnelle. « J’ai réalisé que je voulais donner du sens à mon travail », confie-t-elle.

Un déclic professionnel tardif

L’ancien métier de Marina lui avait appris l’organisation. Elle gérait une équipe de douze vendeurs. Ces compétences managériales s’avèrent précieuses en EHPAD. « J’ai découvert que coordonner une équipe commerciale ressemble à coordonner les soins », explique-t-elle.

Sa reconversion s’est faite via Pôle Emploi. Le financement de sa formation a été intégralement pris en charge. Marina a intégré l’IFAS de Toulouse en janvier 2024. Les 1540 heures de formation se sont réparties entre théorie et pratique.

Des compétences transférables valorisées

Les 770 heures d’enseignement théorique n’ont pas effrayé Marina. Son expérience commerciale lui a donné une aisance relationnelle. « J’ai appris à écouter les besoins clients. Avec les résidents, c’est similaire », précise-t-elle.

Les stages en EHPAD ont confirmé son choix. Marina a effectué ses 770 heures pratiques dans trois établissements différents. Elle a découvert les spécificités de chaque structure. « Public, privé, associatif : chaque secteur a ses avantages », observe-t-elle.

Un profil recherché par les recruteurs

Diplômée en juillet 2024, Marina a trouvé un poste en quinze jours. L’EHPAD qui l’a recrutée cherchait un profil expérimenté. « Mon parcours antérieur rassure les directeurs », constate-t-elle. Elle gagne aujourd’hui 1800 euros nets en début de carrière.

Son conseil aux recruteurs ? « Les reconversions apportent de la maturité. Nous avons une vision globale du travail en équipe. » Marina envisage déjà la formation ASG (Assistante de Soins en Gérontologie). Cette spécialisation lui permettrait d’obtenir une prime de 90 euros mensuelle.

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Témoignage 2 : Kevin, 28 ans – Du bâtiment aux soins

Kevin était maçon depuis dix ans. Un accident de travail l’a contraint à changer de secteur. « Ma hernie discale m’empêchait de porter des charges lourdes », explique-t-il. Il a découvert le métier d’aide-soignant par hasard.

Une reconversion contrainte devenue passion

L’accident de Kevin a déclenché une reclassement professionnel. La médecine du travail lui a proposé plusieurs orientations. Le secteur sanitaire l’a immédiatement séduit. « J’ai toujours aimé aider les autres », confie-t-il.

Son dossier IFAS a été accepté du premier coup. Kevin a intégré la formation en septembre 2024. Les 22 semaines de cours alternent avec les stages pratiques. « Le rythme est soutenu mais passionnant », témoigne-t-il.

Des qualités humaines exceptionnelles

Les formateurs ont rapidement repéré les qualités de Kevin. Sa patience et son empathie naturelles impressionnent. « Il comprend instinctivement les besoins des résidents », observe sa référente pédagogique.

Kevin excelle dans l’accompagnement des personnes désorientées. Son approche douce apaise les situations difficiles. « J’ai appris à décoder les comportements en gériatrie », explique-t-il. Cette compétence est particulièrement recherchée en EHPAD.

Un investissement total dans la formation

Les 10 modules de formation du DEAS passionnent Kevin. Il s’investit particulièrement dans les modules relatifs à l’accompagnement. « J’étudie le soir et les week-ends », précise-t-il. Ses notes dépassent la moyenne de promotion.

Kevin a déjà reçu trois propositions d’embauche. Les EHPAD de sa région se l’arrachent. « Les hommes aides-soignants sont rares », constate-t-il. Il représente seulement 16% des effectifs dans la profession.

Témoignage 3 : Fatima, 35 ans – Mère de famille déterminée

Fatima a élevé trois enfants pendant douze ans. Elle a décidé de reprendre une activité professionnelle à 35 ans. « Mes enfants ont grandi, je voulais me réaliser », explique-t-elle.

Un retour à l’emploi mûrement réfléchi

L’absence d’activité professionnelle de Fatima n’a pas été un obstacle. Son expérience maternelle constitue un atout majeur. « J’ai acquis des compétences en gestion du stress et organisation », souligne-t-elle.

Fatima a préparé sa candidature pendant six mois. Elle a multiplié les stages d’observation en EHPAD. Ces immersions bénévoles lui ont permis de découvrir le métier. « J’ai confirmé ma motivation », témoigne-t-elle.

Une formation financée par la région

Le Conseil régional finance intégralement la formation de Fatima. Ce dispositif concerne tous les candidats éligibles. « Je n’ai rien payé, même les frais de transport sont pris en charge », précise-t-elle.

Fatima a bénéficié d’un accompagnement individualisé. Les formateurs ont adapté leur pédagogie à son profil. « Reprendre les études après douze ans n’est pas évident », reconnaît-elle. Le taux de réussite de sa promotion atteint 88%.

Une spécialisation vers la petite enfance

Fatima envisage une évolution vers l’auxiliaire de puériculture. Une passerelle existe entre les deux diplômes. Elle devra valider deux modules supplémentaires. « J’adore travailler avec les enfants », confie-t-elle.

Cette spécialisation lui ouvrirait de nouveaux débouchés. Les crèches et services pédiatriques recherchent activement ces profils. Fatima pourrait augmenter sa rémunération de 200 euros mensuels.

Témoignage 4 : Jean-Marc, 50 ans – Cadre en quête de sens

Jean-Marc était directeur commercial dans l’industrie automobile. À 50 ans, il a tout quitté pour devenir aide-soignant. « J’avais besoin de retrouver du sens dans mon travail », justifie-t-il.

Une reconversion radicale assumée

Le choix de Jean-Marc a surpris son entourage. Il a divisé son salaire par deux. « L’argent n’est pas tout », philosophe-t-il. Son expérience managériale de vingt-cinq ans lui donne une légitimité particulière.

Jean-Marc a financé sa formation sur ses économies. Il a quitté son emploi pour se consacrer entièrement au DEAS. « Je ne voulais pas faire les choses à moitié », explique-t-il. Cette détermination a impressionné les formateurs.

Un leadership naturel reconnu

Les qualités de leader de Jean-Marc se révèlent en stage. Il fédère naturellement ses collègues autour des projets. « J’ai l’habitude de motiver les équipes », précise-t-il. Cette compétence est précieuse en EHPAD.

Jean-Marc excelle dans la relation avec les familles. Son aisance relationnelle rassure les proches des résidents. « J’ai géré des clients exigeants pendant des années », souligne-t-il. Cette expérience lui sert quotidiennement.

Une évolution vers l’encadrement envisagée

Jean-Marc ne compte pas s’arrêter au DEAS. Il vise un poste d’IDEC (Infirmier Diplômé d’État Coordinateur). Cette fonction nécessite une formation complémentaire. « J’ai l’expérience du management », argumente-t-il.

Son profil intéresse déjà plusieurs directeurs d’EHPAD. Jean-Marc cumule expertise technique et vision stratégique. « Il pourrait évoluer rapidement vers un poste d’encadrement », estime son maître de stage.

Témoignage 5 : Amélie, 24 ans – Étudiante en médecine reconvertie

Amélie était en troisième année de médecine. Elle a abandonné ses études pour intégrer un IFAS. « La médecine ne correspondait pas à mes attentes », avoue-t-elle.

Un choix délibéré vers le contact humain

Amélie recherchait plus de proximité avec les patients. Les études médicales l’éloignaient de cet objectif. « Je voulais prendre soin des personnes au quotidien », explique-t-elle.

Sa formation médicale lui donne un avantage considérable. Les bases anatomiques et physiologiques sont déjà acquises. Amélie se concentre sur les aspects pratiques du métier. « J’ai une longueur d’avance sur certains modules », reconnaît-elle.

Des compétences théoriques solides

Les connaissances scientifiques d’Amélie rassurent les équipes. Elle maîtrise parfaitement la terminologie médicale. « Je peux expliquer les pathologies aux familles », précise-t-elle.

Amélie excelle dans l’évaluation de l’état clinique. Cette compétence figure parmi les cinq blocs du DEAS. « Je repère rapidement les changements chez les résidents », témoigne-t-elle.

Une polyvalence recherchée

Le profil d’Amélie intéresse tous les secteurs. Elle peut travailler en gériatrie, médecine ou chirurgie. « Ma formation initiale me donne une adaptabilité rare », observe-t-elle.

Amélie envisage une spécialisation en soins palliatifs. Cette formation complémentaire nécessite six mois. « J’aimerais accompagner les fins de vie », confie-t-elle. Cette spécialisation lui ouvrirait les portes des unités de soins palliatifs.

L’impact de ces profils sur les EHPAD

Ces témoignages révèlent une transformation du profil des aide-soignants. Les reconversions représentent désormais 35% des promotions DEAS. Cette évolution offre de nouvelles perspectives aux recruteurs.

Des compétences transversales précieuses

Les compétences antérieures de ces profils enrichissent les équipes. Marina apporte sa vision commerciale. Kevin développe une approche masculine du soin. Fatima maîtrise l’organisation familiale. Jean-Marc possède une expertise managériale. Amélie dispose de bases scientifiques solides.

Ces savoir-être complètent parfaitement les compétences techniques. Les EHPAD bénéficient d’une diversité de profils. Cette richesse améliore la qualité des soins.

Une réponse aux difficultés de recrutement

Le secteur des EHPAD fait face à des défis de recrutement majeurs. 49% des établissements privés et 38% des établissements publics rencontrent des difficultés selon la DREES. Ces nouveaux profils apportent des solutions.

La motivation de ces candidats dépasse celle des parcours traditionnels. Ils ont fait un choix délibéré de reconversion. Cette détermination se traduit par un engagement professionnel plus fort.

Un taux de réussite encourageant

Les taux de réussite au DEAS atteignent 88% en moyenne. Les candidats en reconversion affichent des résultats supérieurs. Leur maturité et leur expérience favorisent la réussite.

Le taux d’abandon ne dépasse pas 11% pour les aide-soignants. Cette stabilité rassure les établissements. Les investissements en formation sont rentabilisés.

Des perspectives d’évolution attractives

Ces profils ne se limitent pas au DEAS. Ils envisagent des évolutions de carrière rapides. Marina vise la formation ASG. Kevin peut devenir infirmier grâce à la passerelle. Fatima s’oriente vers l’auxiliaire de puériculture. Jean-Marc ambitionne un poste d’encadrement. Amélie se spécialise en soins palliatifs.

Cette dynamique d’évolution fidélise les équipes. Les EHPAD peuvent construire des parcours professionnels attractifs.

Les clés du succès pour les recruteurs

Ces témoignages révèlent plusieurs leviers d’attraction pour les EHPAD. Les directeurs doivent adapter leur stratégie de recrutement.

Valoriser les compétences transversales

Les expériences antérieures constituent un atout majeur. Les recruteurs doivent savoir les identifier et les valoriser. Une formation commerciale développe l’écoute. Une expérience managériale apporte le leadership. Une pratique parentale enseigne la patience.

Proposer des évolutions de carrière

Les perspectives d’évolution motivent ces profils. Les EHPAD doivent construire des parcours professionnels clairs. La formation ASG, les passerelles infirmières, les spécialisations constituent des arguments décisifs.

Accompagner les reconversions

Ces candidats nécessitent un accompagnement spécifique. Leur motivation est forte mais leur connaissance du secteur limitée. Un tutorat renforcé favorise leur intégration.

Adapter la rémunération

Ces profils acceptent souvent une baisse de salaire initiale. Mais ils attendent une progression rapide. Une grille salariale évolutive et des primes motivationnelles fidélisent ces talents.

Une bouffée d’oxygène pour les EHPAD

Ces cinq témoignages illustrent une mutation profonde du secteur. Les aide-soignants de demain ne ressemblent pas à ceux d’hier. Cette évolution représente une opportunité pour les EHPAD en difficulté de recrutement.

Les 31 300 élèves aide-soignants en formation incluent de nombreux profils atypiques. Ces candidats apportent maturité, expérience et motivation. Ils constituent une réponse aux 210 000 emplois à pourvoir d’ici 2030.

Les directeurs d’EHPAD doivent adapter leur stratégie de recrutement. Valoriser les compétences transversales, proposer des évolutions, accompagner les reconversions : ces actions favorisent l’attraction des talents.

L’avenir des EHPAD se dessine avec ces profils inspirants. Leur réussite au DEAS ouvre de nouvelles perspectives. Elle redonne espoir à un secteur en tension.

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