tiers lieu ehpad
Animation & Activités

Tiers-lieux en EHPAD : la CNSA publie un guide pour les directeurs porteurs de projet

23 mai 2026 7 min de lecture Nicolas Mortel
Ressource recommandée Guide essentiel
Guide Pratique des Animations en EHPAD

Guide Pratique des Animations en EHPAD

Animer un EHPAD : 50+ activités prêtes a déployer pour les résidents.

14,90 € Voir le guide
Partager

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie a mis en ligne en mai 2026 un guide méthodologique et une boîte à outils destinés aux établissements pour personnes âgées qui souhaitent ouvrir un tiers-lieu sur leur site. Conçus à partir de l’expérience d’une vingtaine d’EHPAD pionniers, ces ressources arrivent dans un contexte de transformation du modèle EHPAD vers davantage d’ouverture sur la cité. Pour les directions, c’est l’occasion d’engager une démarche structurée d’inclusion sociale au-delà des animations classiques.

Les faits : un guide pratique pour structurer la démarche

Le guide de la CNSA formalise pour la première fois une méthodologie complète de montage d’un tiers-lieu en EHPAD. Il accompagne les porteurs de projet sur l’ensemble du cycle de vie : étude d’opportunité territoriale, définition de la programmation, modèle économique, gouvernance partagée, conventionnement avec les partenaires extérieurs (associations, collectivités, professionnels libéraux), évaluation de l’impact. La boîte à outils qui l’accompagne fournit des trames de convention, des grilles d’auto-diagnostic et des cas concrets issus du terrain.

Sur la définition même : un tiers-lieu en EHPAD n’est pas un simple espace d’animation interne ouvert ponctuellement aux familles. C’est un espace hybride véritablement partagé entre les résidents, les habitants du quartier, des associations locales, parfois des entreprises ou des écoles. Activités, services et événements y sont co-construits, avec une programmation autonome de l’établissement lui-même.

Une politique nationale en accélération depuis 2022

La démarche s’inscrit dans la politique nationale de transformation des EHPAD ouverte par le rapport Libault de 2019 et concrétisée par les feuilles de route ministérielles successives. Le portail national pour les personnes âgées documente plusieurs vagues d’appels à projets nationaux qui ont permis l’émergence des premiers tiers-lieux d’EHPAD à partir de 2022, financés notamment via la section IV du budget CNSA dédiée à l’animation des territoires.

L’objectif politique est explicite : sortir l’EHPAD de son image d’institution fermée, fluidifier les passages entre domicile et établissement, et faire vivre une continuité de l’espace social pour les personnes âgées qui entrent en hébergement. Cette logique de tiers-lieu s’inscrit également dans la refonte du Code de l’action sociale et des familles et la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien-vieillir.

Impact concret par profil métier

Pour le directeur d’établissement, le tiers-lieu est un projet stratégique à inscrire dans le projet d’établissement et le CPOM. Le guide CNSA fournit une trame de réflexion en amont : analyse du besoin local, identification des partenaires potentiels, dimensionnement de l’espace physique (entrée distincte, accessibilité PMR, articulation avec les espaces de vie des résidents), modèle de gouvernance (comité de pilotage mixte, place du Conseil de la Vie Sociale dans la programmation).

Pour le responsable de la vie sociale et l’animateur, l’enjeu est de réinventer la programmation. Un tiers-lieu ne fonctionne pas comme un atelier d’animation classique : il s’anime par la co-construction avec des intervenants externes (associations, artistes, étudiants, bénévoles), avec des plages horaires plus larges, une ouverture sur la semaine et le week-end, des publics qui se mélangent (résidents, familles, voisins, jeunes du quartier). Le métier d’animateur évolue vers une fonction de facilitation et de mise en relation.

Pour les familles et les proches, le tiers-lieu offre un point de contact différent avec l’établissement : on y vient pour participer à un atelier, un café-rencontre, une conférence, sans nécessairement venir « rendre visite ». Cette logique transforme la place des aidants dans l’écosystème de l’EHPAD et facilite les passages temporaires (accueil de jour, hébergement de courte durée).

Perspectives : un déploiement appelé à s’amplifier

Les EHPAD pionniers ayant ouvert un tiers-lieu rapportent plusieurs bénéfices documentés : amélioration de l’attractivité du recrutement soignant, hausse de la satisfaction des familles, mixité sociale renforcée pour les résidents, atténuation du sentiment d’isolement, image rénovée auprès des autorités de contrôle et des futurs résidents. À l’inverse, plusieurs freins demeurent : reconfiguration architecturale parfois nécessaire, modèle économique à équilibrer (subventions, cotisations, prestations de services), implication des équipes soignantes au-delà de leur cœur de métier.

Pour les directions qui s’engagent dès 2026, plusieurs ressources complémentaires sont disponibles. Au-delà du guide CNSA, les Agences régionales de santé animent des journées d’échange entre porteurs de projet, et plusieurs branches professionnelles (FEHAP, Synerpa, Nexem, FHF) mettent à disposition des retours d’expérience sectoriels. Les premières évaluations d’impact des tiers-lieux pionniers devraient être publiées en 2027 par la DREES et permettront d’objectiver les bénéfices observés.

Questions fréquentes

Qui finance la création d’un tiers-lieu en EHPAD ?
Le financement combine plusieurs sources : la section IV du budget CNSA pour l’animation des territoires, les appels à projets régionaux des ARS, parfois des cofinancements des collectivités territoriales (communes, départements, régions) et des fondations. Le modèle économique pérenne inclut généralement une part de prestations de services (locations d’espace, cafétéria, ateliers payants) qui complète les subventions publiques.
Faut-il obligatoirement un espace dédié ou peut-on partager les locaux existants ?
Le guide CNSA recommande une entrée distincte et une signalétique propre pour matérialiser l’ouverture du tiers-lieu sur l’extérieur. Toutefois, certaines configurations partagent les espaces existants (salle d’animation, jardin, cafétéria) à condition que la programmation et les plages horaires soient clairement identifiées et que l’accessibilité physique soit assurée pour les visiteurs extérieurs comme pour les résidents.
Quelle articulation avec le Conseil de la Vie Sociale ?
Le CVS est consulté en amont sur le projet de tiers-lieu et participe à sa gouvernance, généralement via une représentation au comité de pilotage. La programmation est élaborée en concertation avec les représentants des résidents, des familles et du personnel. Cette articulation est un facteur clé de réussite : les tiers-lieux qui fonctionnent le mieux sont ceux où les résidents sont co-acteurs du projet, pas spectateurs.

Sources officielles : Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (guide et boîte à outils tiers-lieux EHPAD, mai 2026) ; Portail national pour les personnes âgées ; Code de l’action sociale et des familles.

Ressource expert recommandée Pack INTEGRAL
PACK INTÉGRAL : Communication avec Résidents & Familles
PACK INTÉGRAL : Communication avec Résidents & Familles

Apaisez les tensions familles : la communication qui change tout.

  • 8 modules + scripts d'entretien
  • Gestion plaintes & réclamations
  • Posture validation Naomi Feil
Partager cet article
Dossier expert Fiche Métier Animateur en EHPAD : Rôle, Formation, Salaire [Guide 2026]

Missions, diplômes, techniques thérapeutiques et indicateurs HAS : le guide complet du métier d'animatrice en EHPAD en 2026 pour les professionnels du secteur médico-social.

Lire le dossier
Solution partenaire — Famileo Pro Fête des Pères en EHPAD : ces pères dont on parle peu, et à qui un simple courrier peut tout changer

Le 21 juin, la Fête des Pères passe souvent inaperçue en EHPAD. Pourquoi un simple courrier papier peut...

Lire l'article
Lien copie dans le presse-papier