Mis à jour le 23 avril 2026 — La téléassistance en EHPAD recouvre l’ensemble des dispositifs techniques permettant de surveiller, alerter et communiquer à distance avec les résidents et les équipes soignantes. Longtemps associée au maintien à domicile, elle trouve aujourd’hui une place croissante en institution, notamment pour sécuriser les déplacements, prévenir les chutes nocturnes et renforcer la réactivité des équipes. Ce guide pratique détaille les types de solutions disponibles, les modalités de déploiement et les financements mobilisables en 2026.
Téléassistance, télésoins, télémédecine : quelles différences en EHPAD ?
La confusion entre ces trois termes est fréquente. Voici les distinctions essentielles pour orienter vos choix :
| Dispositif | Définition | Exemples en EHPAD |
|---|---|---|
| Téléassistance | Surveillance et alerte à distance via capteurs ou boutons d’appel | Détection de chutes, boutons d’appel, capteurs de présence nocturne |
| Télésoins | Réalisation d’actes de soins à distance avec transmission de données médicales | Télésurveillance de constantes (tension, glycémie), suivi cardiaque à distance |
| Télémédecine | Consultation médicale à distance entre un médecin et un patient | Téléconsultation du médecin traitant ou spécialiste, téléexpertise |
Ces trois approches sont complémentaires et s’intègrent dans une stratégie numérique globale. Pour la partie télémédecine, consultez notre guide complet sur la télémédecine en EHPAD.
Les solutions de téléassistance adaptées à l’EHPAD
1. Les boutons d’appel connectés
C’est la base de tout système de téléassistance en institution. Les modèles modernes vont bien au-delà du simple bouton mural :
- Médaillons portés (tour de cou ou bracelet) : actionnés par le résident en cas de malaise, ils géolocalisent l’appelant dans l’établissement.
- Montres connectées médicalisées : combinant détection de chute automatique, suivi de la fréquence cardiaque et bouton d’appel.
- Systèmes de localisation RTLS (Real-Time Location System) : capteurs intégrés aux badges ou bracelets permettent de localiser en temps réel chaque résident dans l’établissement.
2. Les capteurs de surveillance passive
Ces dispositifs fonctionnent sans intervention du résident, ce qui est essentiel pour les personnes atteintes de troubles cognitifs :
- Détecteurs de chute par radar ou caméra infrarouge : installés dans les chambres, ils détectent une chute en quelques secondes et alertent l’équipe soignante. Les capteurs connectés en EHPAD peuvent réduire le délai d’intervention après une chute de plusieurs heures à quelques minutes. Pour en savoir plus : capteurs connectés en EHPAD : optimiser la surveillance des constantes.
- Capteurs de présence et d’activité : placés sous le matelas ou sur la porte, ils surveillent les cycles de sommeil, détectent une absence prolongée du lit et alertent si un résident se lève la nuit.
- Capteurs de constantes vitales sans contact : technologies radar mesurant la fréquence respiratoire et cardiaque à distance, sans port de matériel par le résident.
3. Les plateformes de supervision centralisée
Ces solutions agrègent les alertes de tous les capteurs sur un tableau de bord accessible depuis le poste infirmier ou les smartphones des soignants de nuit. Elles permettent de prioriser les interventions et de tracer toutes les alertes dans le dossier résident, ce qui contribue directement à la qualité des transmissions ciblées en EHPAD.
Cadre réglementaire applicable en 2026
Le déploiement de la téléassistance en EHPAD s’inscrit dans plusieurs cadres réglementaires :
- RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) : la localisation en temps réel des résidents est une donnée sensible. Elle nécessite le consentement éclairé du résident ou de son représentant légal, et doit être encadrée dans votre registre des traitements RGPD.
- Certification HAS : le critère 3.2 du référentiel porte sur la prévention des chutes et la sécurité de l’environnement. Les dispositifs de téléassistance contribuent directement à satisfaire ce critère lors de l’évaluation.
- Ségur numérique : les équipements téléassistance liés au DUI (Dossier Usager Informatisé) bénéficient des financements Ségur Numérique Vague 2. Consultez notre article sur le Ségur Numérique Vague 2 en EHPAD pour les délais et modalités.
- Objets connectés et cybersécurité : les appareils IoT (Internet of Things) constituent des points d’entrée potentiels pour les cyberattaques. Les établissements doivent sécuriser leur réseau conformément aux recommandations de l’ANSSI. Lire notre article sur la sécurisation du réseau pour les objets connectés en EHPAD.
Déploiement : choisir et mettre en place un système de téléassistance
- Audit des besoins : cartographier les incidents de l’année (chutes, fugues, appels nocturnes non détectés) pour identifier les zones à risque et les résidents prioritaires.
- Consultation des équipes : les soignants de nuit sont les premiers concernés. Leur adhésion est indispensable. Intégrer leurs retours dans le cahier des charges.
- Appel d’offres ou consultation de prestataires : comparer au minimum 3 solutions sur les critères : fiabilité des alertes, facilité d’utilisation, interopérabilité avec le DUI, SAV et maintenance, coût TCO (Total Cost of Ownership) sur 5 ans.
- Phase pilote sur une unité : tester sur 10 à 20 résidents avant déploiement général. Mesurer le taux de fausses alertes (acceptable : inférieur à 5 %) et le temps de réponse moyen.
- Formation des équipes : 2 à 4 heures par profil (soignants de nuit, infirmière, IDEC). Inscrire la téléassistance dans le plan de formation et les protocoles de l’établissement.
- Évaluation continue : indicateurs mensuels (taux d’alertes traitées en moins de 5 min, nombre de chutes détectées vs non détectées, satisfaction des résidents).
Financement disponible en 2026
Plusieurs leviers de financement peuvent être mobilisés :
- Ségur de la santé — Investissements numériques : enveloppe nationale pour équiper les EHPAD en matériels numériques. Renseignez-vous auprès de votre ARS pour les modalités d’accès régionales.
- Plan d’aide à l’investissement (PAI) CNSA : financement des investissements immobiliers et techniques, dont les systèmes de sécurité et téléassistance.
- CPOM : les engagements de déploiement de téléassistance peuvent être inscrits dans le CPOM signé avec l’ARS, ce qui sécurise une dotation budgétaire dédiée.
- Fonds propres : pour les EHPAD privés commerciaux, les équipements téléassistance sont amortissables sur 5 à 7 ans.
Pour le volet global de la gestion numérique, le comparatif logiciels EHPAD et DUI vous donnera un panorama des solutions compatibles avec vos systèmes de téléassistance.
Questions fréquentes sur la téléassistance en EHPAD
La téléassistance peut-elle remplacer les rondes de nuit ?
Comment gérer les fausses alertes qui épuisent les équipes ?
Faut-il le consentement du résident pour déployer des capteurs dans sa chambre ?
Quel est le coût moyen d’un système de téléassistance pour un EHPAD de 80 résidents ?
Comment intégrer la téléassistance dans le DUI ?
Pour aller plus loin
- Télémédecine en EHPAD : Guide Complet 2026 — la page pilier de référence sur les soins à distance
- Capteurs connectés en EHPAD : optimiser la surveillance des constantes vitales
- Objets connectés en EHPAD : comment sécuriser votre réseau
- Télémédecine en EHPAD : comment réduire les délais de consultation
- Transmissions ciblées en EHPAD : Méthode DAR, Guide Complet
- Comparatif Logiciel EHPAD et DUI : Le Guide Complet
- Ségur Numérique Vague 2 en EHPAD : ce que votre DUI devra faire avant 2028
- Prévention des chutes en EHPAD : Guide Complet 2026
Sources officielles :