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Fiche métier 2026

Médecin Coordonnateur en EHPAD : Le Guide Complet 2026

13 missions réglementaires, qualification, temps de présence,
prescription, rémunération et enjeux de recrutement

13
Missions réglementaires (CASF)
32 %
Postes vacants ou non pourvus
517 €
Prime Segur mensuelle
9
Textes réglementaires (1999-2025)
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1. Cadre réglementaire : chronologie des décrets (1999-2025)

Le médecin coordonnateur est un acteur central de la prise en charge médicale en EHPAD. Son rôle, ses missions et son statut ont été progressivement définis et renforcés par 9 textes réglementaires majeurs entre 1999 et 2025. Il intervient à l’interface entre le directeur d’établissement, l’équipe soignante et les médecins traitants libéraux.

Définition : Le médecin coordonnateur n’est pas le médecin traitant des résidents. Il est le garant de la cohérence et de la qualité de la prise en charge médicale au sein de l’EHPAD. Il élabore le projet général de soins, coordonne les interventions des différents professionnels de santé et veille à l’application des bonnes pratiques gériatriques.

Chronologie des textes fondateurs

1999 — Arrêté de création
Première référence officielle à la fonction de médecin coordonnateur dans les EHPAD, dans le cadre de la réforme de la tarification ternaire (hébergement, dépendance, soins).
2005 — Décret n°2005-560 du 27 mai 2005
Texte fondateur définissant précisément la qualification, les 12 missions initiales et les conditions de rémunération du médecin coordonnateur. Inscription dans le Code de l’action sociale et des familles (CASF) aux articles D.312-155 à D.312-159.
2007 — Décret temps de présence
Fixation des premiers seuils de temps de présence minimale en fonction de la capacité d’accueil de l’établissement. Introduction de la grille ETP.
2011 — Décret d’ajustement
Ajustements techniques sur les modalités d’exercice et clarification du rôle au sein de la commission de coordination gériatrique.
2019 — Décret n°2019-714 du 5 juillet 2019
Élargissement majeur du pouvoir de prescription : le médecin coordonnateur peut désormais prescrire en situation d’urgence, en cas d’absence du médecin traitant, et dans le cadre des risques collectifs (vaccinations, épidémies).
2022 — Décret n°2022-731
Augmentation du temps de présence pour toutes les tranches de capacité. Introduction du rôle dans les Centres de Ressources Territoriaux (CRT) créés par la loi 3DS.
2024 — Décret seuil 200 places
Pour les EHPAD de plus de 200 places, obligation de disposer d’au moins 1 ETP médecin coordonnateur. Renforcement de l’articulation avec la télémédecine.
2025 — Décret n°2025-897
Ajout d’une 13ème mission. Reconnaissance du DIU Médecine de la Personne Âgée (MPA) comme diplôme qualifiant. Mention explicite de l’articulation avec l’IDEC dans la coordination des soins.
Point clé : Le médecin coordonnateur est obligatoire dans tout EHPAD, quel que soit son statut juridique (public, privé associatif, privé commercial). L’absence de médecin coordonnateur constitue un manquement relevé lors des évaluations HAS et des inspections ARS.

2. Les 13 missions du médecin coordonnateur (art. D.312-158 CASF)

L’article D.312-158 du Code de l’action sociale et des familles, dans sa version consolidée intégrant le décret n°2025-897, définit 13 missions que le médecin coordonnateur met en œuvre sous l’autorité du directeur d’établissement. Ces missions s’articulent autour de trois axes : coordination médicale, évaluation gériatrique et veille sanitaire.

📋
Coordination médicale

Projet de soins, admissions, coordination des intervenants

📈
Évaluation gériatrique

GIR, PATHOS, bonnes pratiques, RAMA

🛡
Veille & prescription

Urgences, vaccination, risques collectifs

Mission Description
1Élaborer le projet général de soinsLe médecin coordonnateur élabore, avec le concours de l’équipe soignante, le projet général de soins (PGS), s’intégrant dans le projet d’établissement. Ce projet définit la politique de soins, les protocoles et les objectifs médicaux.
2Donner un avis sur les admissionsAvis motivé sur chaque admission en évaluant l’adéquation entre l’état de santé du futur résident et les capacités de l’établissement (plateau technique, personnel, compétences).
3Organiser la coordination des professionnels de santéCoordination entre médecins traitants, IDE, IDEC, kinésithérapeutes, pharmaciens et autres intervenants libéraux. Organisation de la commission de coordination gériatrique.
4Évaluer et valider la dépendanceÉvaluation de la dépendance des résidents au moyen de la grille AGGIR et du modèle PATHOS. Calcul du GMP et du PMP pour la tarification soins.
5Veiller aux bonnes pratiques gériatriquesGarant de l’application des recommandations de bonnes pratiques de la HAS. Mise en place de protocoles de soins conformes aux référentiels en vigueur (évaluation HAS).
6Contribuer à l’évaluation gériatriqueCoordination de l’évaluation gériatrique standardisée (EGS) des résidents à l’admission et lors des réévaluations périodiques. Identification des problèmes médicaux prioritaires.
7Informer des difficultés de permanence des soinsAlerte le directeur et les autorités compétentes en cas de difficultés liées à la continuité des soins (absence de médecin traitant, carence d’IDE de nuit).
8Identifier les acteurs de santé du territoireRecensement et mise en réseau des professionnels et structures de santé du territoire : hôpitaux, HAD, équipes mobiles, CPTS. Coordination avec les Centres de Ressources Territoriaux (CRT).
9Rédiger le rapport annuel d’activité médicale (RAMA)Document annuel présenté aux instances de l’établissement (CVS, CA/CS). Bilan des indicateurs de santé, des prescriptions, des hospitalisations, des événements indésirables et propositions d’amélioration.
10Prescrire en situation d’urgence et de risques collectifsDepuis le décret n°2019-714, le médecin coordonnateur peut prescrire en urgence (absence du médecin traitant), réaliser des vaccinations et prescrire dans le cadre de risques épidémiques.
11Contribuer à la formation du personnelParticipation à la définition du plan de formation de l’établissement. Animation de sessions de formation interne sur les thématiques gériatriques.
12Collaborer à la mise en œuvre des réseaux gérontologiquesIntégration dans les filières gériatriques hospitalières, participation aux réseaux de soins palliatifs et aux équipes mobiles de gériatrie.
13Participer à l’amélioration continue de la qualité (nouveau 2025)Mission ajoutée par le décret n°2025-897 : implication formelle dans la démarche qualité et la prévention de la maltraitance.
En pratique : Le médecin coordonnateur n’exerce pas de fonction de soins directe sauf en situation d’urgence. Son rôle est avant tout organisationnel et stratégique. Il travaille en étroite collaboration avec l’IDEC qui assure le relais opérationnel au quotidien.

3. Qualifications et formation requises

L’article D.312-155 du CASF, modifié en dernier lieu par le décret n°2025-897, fixe les conditions de qualification pour exercer en tant que médecin coordonnateur en EHPAD. Le candidat doit être docteur en médecine et justifier d’un diplôme complémentaire en gériatrie ou gérontologie.

Les 6 diplômes qualifiants

Diplôme Nature Durée Observations
DES de gériatrieDiplôme d’études spécialisées4 ans (internat)Formation de spécialiste la plus complète
Capacité de gérontologieCapacité hospitalo-universitaire2 ansDiplôme historique, supprimé depuis 2017 mais reste valable pour les titulaires
DESC de gériatrieDiplôme d’études spécialisées complémentaire2 ansSupprimé depuis la réforme du 3ème cycle (2017), reste valable pour les titulaires
DU de médecin coordonnateurDiplôme universitaire1 an (environ 100h)Formation la plus courante pour les médecins généralistes souhaitant exercer cette fonction
DIU Médecine de la Personne Âgée (MPA)Diplôme inter-universitaire2 ansNouveau depuis 2021, reconnu qualifiant par le décret n°2025-897
Attestation de formation continueAttestationVariableDispositions transitoires pour les médecins en poste avant 2005 (clause du grand-père)
Dispositions transitoires : Les médecins qui exerçaient la fonction de médecin coordonnateur avant la publication du décret de 2005 et qui ne possèdent aucun des diplômes ci-dessus peuvent continuer à exercer à condition de justifier d’une expérience d’au moins 3 ans dans cette fonction. Ils doivent cependant s’engager dans une démarche de DPC (développement professionnel continu) incluant des actions de formation en gériatrie.

Le DPC triennal (développement professionnel continu) est obligatoire pour tout médecin coordonnateur, comme pour l’ensemble des professionnels de santé (art. L.4021-1 du Code de la santé publique). La formation continue doit inclure au moins une action de DPC par période de 3 ans, en lien avec la gériatrie ou la coordination en EHPAD.

4. Temps de présence : grille par capacité d’accueil

Le temps de présence du médecin coordonnateur est fixé réglementairement en fonction du nombre de places autorisées de l’EHPAD. Le décret n°2022-731 a revalorisé les quotités minimales, confirmées par les textes de 2024. La condition de GMP supérieur ou égal à 800 points ouvre droit à un temps de présence renforcé.

Capacité (places autorisées) ETP minimum Heures/semaine (indicatif) Conditions
25 à 44 places0,20 ETP~7h/semaineSeuil d’entrée obligatoire
45 à 59 places0,30 ETP~10,5h/semaine
60 à 99 places0,40 ETP~14h/semaineTranche la plus courante
100 à 199 places0,50 ETP~17,5h/semainePossibilité de 0,60 ETP si GMP ≥ 800
200 places et plus1,00 ETP35h/semaineObligation depuis le décret 2024
Calcul de la rémunération au prorata :
Salaire mensuel = Rémunération temps plein × quotité ETP
Exemple : 6 500 € brut × 0,40 ETP = 2 600 € brut/mois
Point d’attention : Le temps de présence est un minimum réglementaire. De nombreux médecins coordonnateurs signalent que la charge réelle dépasse largement la quotité contractuelle, notamment en période épidémique ou lors des évaluations HAS. La négociation du temps de présence au-delà du minimum est un enjeu clé du CPOM.

5. Pouvoir de prescription : cadre et limites

Le pouvoir de prescription du médecin coordonnateur a fait l’objet d’une évolution significative en 20 ans, passant d’une interdiction quasi-totale à un cadre élargi encadré par le décret n°2019-714. Cette évolution a suscité des débats au sein de la profession, notamment à la FFAMCO (Fédération française des médecins coordonnateurs en EHPAD).

Évolution du pouvoir de prescription

2005-2018 — Aucune prescription
Le médecin coordonnateur ne peut pas prescrire. Son rôle est exclusivement consultatif et organisationnel. Seuls les médecins traitants des résidents prescrivent.
2019 — Décret n°2019-714
Ouverture d’un droit de prescription encadré dans trois cas précis : urgence en l’absence du médecin traitant, vaccination (grippe, COVID-19, pneumocoque), et gestion des risques épidémiques collectifs.
2020-2021 — Période COVID
Extension temporaire des pouvoirs de prescription dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Le médecin coordonnateur a pu prescrire des traitements COVID-19 et organiser les campagnes vaccinales.
2022-2025 — Consolidation
Confirmation des pouvoirs de prescription d’urgence et de vaccination. Renforcement du rôle dans le circuit du médicament et la sécurisation des prescriptions.

Cadre actuel de la prescription (2025)

Situation Cadre Conditions
Urgence vitaleArt. D.312-158 10° CASFAbsence du médecin traitant, impossibilité de le joindre, nécessité d’intervention immédiate
VaccinationDécret 2019-714 + CSPGrippe saisonnière, COVID-19, pneumocoque, zona — dans le cadre du calendrier vaccinal
Risques épidémiques collectifsDécret 2019-714Gale, gastro-entérite, grippe — mesures collectives de prévention et de traitement
Soins courantsInterditLe médecin coordonnateur ne peut pas se substituer au médecin traitant pour les soins courants
Controverses : La FFAMCO a exprimé des positions nuancées sur l’extension du pouvoir de prescription, soulignant le risque de confusion des rôles entre médecin coordonnateur et médecin traitant. L’enjeu est de préserver la neutralité du médecin coordonnateur dans sa fonction de coordination, tout en répondant aux situations d’urgence.

6. Rémunération et statut (FPH vs privé)

La rémunération du médecin coordonnateur varie considérablement selon le statut juridique de l’établissement (public, privé associatif, privé commercial), la quotité de temps de travail et l’ancienneté. Depuis 2020, la prime Ségur s’ajoute au traitement de base.

Grilles de rémunération

Statut Grille Fourchette brut mensuel (temps plein) Prime Ségur
FPH — Praticien hospitalierGrille PH échelon 1 à 134 600 € à 7 500 €517 €/mois
FPH — Médecin attachéGrille attaché 1 à 124 000 € à 6 500 €517 €/mois
Privé non lucratif (CCN 51)Convention collective FEHAP4 200 € à 7 000 €517 €/mois
Privé commercialNégociation libre4 500 € à 8 000 €Variable (517 € minimum)
Libéral (vacation)Honoraires libres100 à 180 €/heureNon applicable
517 €
Prime Ségur mensuelle
4 000-7 000 €
Fourchette brut temps plein
0,40 ETP
Quotité la plus fréquente
Calcul pratique : Un médecin coordonnateur embauché à 0,40 ETP dans un EHPAD public au 6ème échelon percevra environ : (5 800 € × 0,40) + 517 € = 2 837 € brut/mois. Dans le secteur privé commercial, le salaire peut être négocié à la hausse compte tenu de la pénurie de candidats.

Le directeur d’EHPAD négocie le contrat du médecin coordonnateur dans le respect des grilles applicables et du CPOM. Le mode d’exercice (salarié vs libéral en vacation) a un impact significatif sur le coût total pour l’établissement.

7. Relations professionnelles : directeur, IDEC, médecins traitants

Le médecin coordonnateur occupe une position charnière dans l’organigramme de l’EHPAD. Il n’a pas de pouvoir hiérarchique sur les médecins traitants libéraux ni sur l’équipe soignante, mais exerce une autorité fonctionnelle en matière de coordination médicale.

Le triptyque de la gouvernance médicale

💼
Directeur

Autorité hiérarchique. Décisions stratégiques, budgétaires et administratives. Nomme le médecin coordonnateur.

Médecin coordonnateur

Autorité fonctionnelle médicale. Coordonne, évalue, veille aux bonnes pratiques.

👩‍⚕
IDEC

Relais opérationnel. Organise les soins au quotidien, supervise les équipes soignantes.

Relations avec les médecins traitants

Le médecin coordonnateur ne se substitue pas aux médecins traitants des résidents. Son rôle est de :

  • Fournir les protocoles de soins et les recommandations de bonnes pratiques
  • Faciliter l’accès au dossier médical informatisé (DUI)
  • Organiser la commission de coordination gériatrique annuelle
  • Informer sur les événements indésirables et les évolutions de l’état de santé des résidents
  • Garantir la traçabilité des prescriptions dans le cadre du circuit du médicament
Binôme clé : La relation médecin coordonnateur / IDEC est déterminante pour la qualité de la prise en charge. L’IDEC est le relais opérationnel du médecin coordonnateur au quotidien : mise en œuvre des protocoles, supervision des équipes, transmission d’informations. Le décret n°2025-897 renforce formellement cette articulation. Consultez notre fiche métier IDEC pour en savoir plus.

Pour approfondir les enjeux de management en EHPAD et la manière dont le directeur organise cette gouvernance, consultez notre guide dédié. Le médecin coordonnateur joue également un rôle essentiel dans l’accompagnement des résidents atteints de maladies neurodégénératives et dans les situations de fin de vie et soins palliatifs.

8. RAMA et commission de coordination gériatrique

Le Rapport Annuel d’Activité Médicale (RAMA) est l’un des livrables obligatoires du médecin coordonnateur. Document stratégique, il constitue un outil de pilotage médical et un élément central de la démarche qualité.

Contenu du RAMA

Le RAMA doit couvrir les thématiques suivantes, conformément aux recommandations de la HAS et de la FFAMCO :

Rubrique Contenu attendu
Données démographiquesNombre de résidents, âge moyen, durée moyenne de séjour, taux d’occupation, mouvements (entrées, sorties, décès)
Indicateurs de dépendanceGMP, PMP, répartition par GIR (grille AGGIR), évolution sur 3 ans
Pathologies prévalentesPrévalence Alzheimer et maladies apparentées, poly-pathologies, troubles du comportement
PrescriptionsNombre de lignes de prescriptions moyen, % de résidents à plus de 10 médicaments, antibioprophylaxie, prescriptions inappropriées
HospitalisationsTaux d’hospitalisation, motifs, passages aux urgences, hospitalisations évitables
Événements indésirablesChutes, escarres, infections associées aux soins, erreurs médicamenteuses, situations de maltraitance
FormationsActions de formation réalisées, thématiques, participation du personnel
PropositionsAxes d’amélioration pour l’année suivante, recommandations, investissements nécessaires

La commission de coordination gériatrique

Le médecin coordonnateur préside la commission de coordination gériatrique, instance réglementaire qui se réunit au moins une fois par an (art. D.312-158 CASF). Elle regroupe :

  • Le médecin coordonnateur (président)
  • Les médecins traitants intervenant dans l’établissement
  • Le pharmacien référent (le cas échéant)
  • L’IDEC et le cadre de santé
  • Le directeur d’établissement (ou son représentant)

Cette commission est l’occasion de présenter le RAMA, de débattre des protocoles de soins, de partager les données épidémiologiques et de coordonner les pratiques médicales au sein de l’établissement. Son compte-rendu est un document attendu lors de l’évaluation HAS.

Astuce : Le RAMA est un document stratégique qui peut être utilisé comme levier pour négocier des moyens supplémentaires dans le cadre du CPOM. Les données qu’il contient (taux d’hospitalisation évitables, événements indésirables, charge en soins) constituent des arguments objectifs pour justifier un renforcement des effectifs ou du temps de présence médicale.

9. Pénurie et enjeux de recrutement

La pénurie de médecins coordonnateurs est l’un des problèmes les plus aigus du secteur médico-social. Selon les dernières données disponibles, environ 32 % des postes de médecin coordonnateur en EHPAD sont vacants ou occupés par intérim, et 965 offres d’emploi étaient publiées en mars 2026.

32 %
Postes vacants ou non pourvus
965
Offres d’emploi (mars 2026)
7 200
EHPAD en France
58 ans
Âge moyen des médecins co.

Causes de la pénurie

  • Rémunération insuffisante : en comparaison avec l’exercice libéral ou hospitalier, la rémunération du médecin coordonnateur reste peu attractive, surtout au prorata du temps partiel
  • Temps partiel contraint : la plupart des postes sont à 0,30-0,40 ETP, rendant difficile d’en faire une activité principale
  • Charge administrative croissante : RAMA, évaluations HAS, codages AGGIR/PATHOS, réunions institutionnelles
  • Isolement professionnel : le médecin coordonnateur est souvent le seul médecin présent dans l’établissement
  • Image du secteur : l’EHPAD souffre d’un déficit d’attractivité médicale par rapport à l’hôpital ou la médecine de ville
  • Démographie médicale : l’âge moyen des médecins coordonnateurs est de 58 ans, annonçant une vague de départs en retraite

Leviers de recrutement et de fidélisation

Pour faire face à cette pénurie, plusieurs leviers peuvent être actionnés par les directeurs d’EHPAD :

  • Revalorisation salariale : négocier au-delà des grilles minimales, proposer des primes de sujétion
  • Augmentation du temps de présence : passer de 0,40 à 0,60 ou 0,80 ETP pour rendre le poste plus attractif
  • Télécoordination : permettre une partie de l’activité à distance (analyse de dossiers, rédaction du RAMA, téléconsultations)
  • Outils numériques : équiper l’établissement d’un DUI performant pour réduire la charge administrative
  • Mutualisation : partager un médecin coordonnateur entre plusieurs établissements (GCSMS, GHT)
  • Formation : faciliter l’accès au DU de médecin coordonnateur pour les médecins généralistes du territoire
Innovation 2024-2026 : Les Centres de Ressources Territoriaux (CRT), créés par la loi 3DS et déployés depuis 2023, permettent de mutualiser les compétences médicales entre EHPAD et domicile. Le médecin coordonnateur peut intervenir dans le cadre du CRT pour apporter son expertise gériatrique auprès de personnes âgées vivant à domicile, élargissant ainsi son périmètre d’action et l’attractivité du poste. Pour un panorama complet des outils, consultez notre guide sur comment tirer pleinement profit du médecin coordonnateur.

10. FAQ — Médecin coordonnateur en EHPAD

Quel est le rôle du médecin coordonnateur en EHPAD ?

Le médecin coordonnateur assure la coordination de la prise en charge médicale des résidents. Il élabore le projet général de soins, donne un avis sur les admissions, coordonne les professionnels de santé, évalue la dépendance (grille AGGIR, PATHOS), veille aux bonnes pratiques gériatriques et rédige le RAMA. Il n’est pas le médecin traitant des résidents : son rôle est organisationnel et stratégique. L’article D.312-158 du CASF liste ses 13 missions réglementaires.

Quels diplômes faut-il pour devenir médecin coordonnateur ?

Il faut être docteur en médecine et titulaire de l’un des 6 diplômes qualifiants : DES de gériatrie, capacité de gérontologie, DESC de gériatrie, DU de médecin coordonnateur (le plus fréquent), DIU Médecine de la Personne Âgée (MPA, reconnu depuis 2025), ou attestation de formation continue sous conditions transitoires. Le DPC triennal est également obligatoire.

Le médecin coordonnateur peut-il prescrire ?

Oui, depuis le décret n°2019-714, le médecin coordonnateur peut prescrire dans trois cas précis : urgence vitale en l’absence du médecin traitant, vaccination dans le cadre du calendrier vaccinal, et gestion des risques épidémiques collectifs (gale, gastro-entérite, grippe). Il ne peut pas se substituer au médecin traitant pour les soins courants.

Quel est le temps de présence minimum du médecin coordonnateur ?

Le temps de présence est fixé par décret en fonction de la capacité d’accueil : 0,20 ETP (25-44 places), 0,30 ETP (45-59 places), 0,40 ETP (60-99 places), 0,50 ETP (100-199 places) et 1,00 ETP (200 places et plus, depuis 2024). Un GMP supérieur à 800 points ouvre droit à un temps de présence renforcé.

Combien gagne un médecin coordonnateur en EHPAD ?

La rémunération varie selon le statut et l’ancienneté. En temps plein, la fourchette se situe entre 4 000 et 7 500 € brut mensuel (grille FPH). La prime Ségur de 517 €/mois s’ajoute au traitement de base. Mais la plupart des postes étant à temps partiel (0,40 ETP), la rémunération effective est proportionnelle. En libéral, les honoraires sont de 100 à 180 €/heure.

Qu’est-ce que le RAMA et à quoi sert-il ?

Le RAMA (Rapport Annuel d’Activité Médicale) est un document réglementaire rédigé chaque année par le médecin coordonnateur. Il présente les indicateurs de santé des résidents (GMP, PMP, pathologies prévalentes), les données de prescriptions, les hospitalisations, les événements indésirables et les axes d’amélioration. Il est présenté à la commission de coordination gériatrique et au CVS. C’est un outil de pilotage essentiel pour la démarche qualité et l’évaluation HAS.

Quelle est la différence entre médecin coordonnateur et médecin traitant en EHPAD ?

Le médecin traitant est le médecin personnel du résident : il prescrit, suit l’état de santé, décide des traitements. Le médecin coordonnateur ne soigne pas directement les résidents (sauf urgence) : il coordonne l’ensemble de la prise en charge médicale, élabore les protocoles, évalue la dépendance et veille à la cohérence des pratiques. Il assure aussi le lien entre les médecins traitants libéraux et l’établissement.

Comment recruter un médecin coordonnateur face à la pénurie ?

Plusieurs leviers existent : revaloriser la rémunération au-delà des grilles minimales, augmenter la quotité ETP pour rendre le poste plus attractif, proposer la télécoordination pour une partie de l’activité, équiper l’établissement d’un DUI performant, mutualiser le poste entre plusieurs EHPAD via un GCSMS, et faciliter l’accès au DU de médecin coordonnateur pour les médecins généralistes du territoire.

Pour aller plus loin

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Sources officielles