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Répit des aidants 2026 : plateformes, financements ARS et solutions des EHPAD

21 juin 2026 8 min de lecture Patrice Martin
Ressource recommandée Référence autonomie
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Le répit des aidants s’impose comme un chantier prioritaire de l’été 2026 : depuis le 15 juin 2026, de nouvelles fenêtres de financement s’ouvrent pour les dispositifs de soutien aux proches aidants, dans le prolongement de la stratégie nationale qui leur est consacrée. Pour les EHPAD — opérateurs de l’hébergement temporaire, de l’accueil de jour et désormais du relayage — c’est une fenêtre d’opportunité autant qu’une responsabilité. Tour d’horizon des dispositifs, des montants et des leviers pour les directeurs.

Les aidants, une population massive et sous-estimée

Le tableau dressé par la CNSA est préoccupant : en France, entre huit et onze millions d’individus assurent au quotidien l’accompagnement d’un proche — parent, enfant, conjoint — frappé par la perte d’autonomie. Une enquête de référence avait déjà établi que 9,3 millions de personnes déclaraient apporter une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie en 2021. Pourtant, environ un aidant sur deux refuse cette étiquette — un déni qui retarde l’accès aux dispositifs de soutien. La deuxième campagne nationale de la CNSA destinée aux aidants vise précisément à lever cet angle mort.

Plateformes de répit : un maillage qui s’étend

Le territoire français dispose aujourd’hui d’environ 320 structures spécialisées dans l’accompagnement et le soutien aux aidants. Ces organismes bénéficient d’un financement public dédié : la CNSA contribue activement à leur essor en mobilisant plus de 24,2 millions d’euros en 2024 à leur profit, avec un horizon fixé à 2027 — à cette date, chaque département devrait être doté d’au moins une plateforme de répit. L’ambition globale est à la hauteur de l’enjeu, la stratégie nationale engageant près de 63 millions d’euros pour faire croître l’offre de solutions de répit sur l’ensemble du territoire.

Sur le terrain, les agences régionales de santé publient régulièrement des appels à candidatures. En Pays de la Loire par exemple, l’ARS a annoncé le lancement d’une fenêtre de dépôt ouverte aux opérateurs souhaitant réaliser des heures de répit à domicile pour les personnes âgées, dans le cadre des PFRA-PA. Cette dynamique s’inscrit dans le volet présenté le 6 octobre 2023, nouveau volet de la feuille de route nationale dédiée aux aidants 2023-2027. La consolidation régionale avance : cette même région recensait déjà 18 PFRA-PA au 31 décembre 2024.

Relayage à domicile : un cadre rénové en 2025

Longtemps expérimental — sur le fondement de l’article 53 de la loi du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance —, le relayage (ou « baluchonnage ») repose désormais sur des bases législatives pérennes. La loi récente visant à améliorer le repérage et l’accompagnement des personnes présentant des troubles du neuro-développement et à favoriser le répit des proches aidants autorise les établissements et services médico-sociaux à mobiliser leurs salariés volontaires pour prendre en charge à domicile la personne aidée, en lieu et place du proche aidant. Une contrainte s’applique : chaque intervention, qu’elle se déroule au domicile ou hors domicile dans le cadre de séjours de répit aidants-aidés, est limitée à six jours consécutifs au maximum.

Le décret n°2025-827 du 19 août 2025 ouvre de nouvelles modalités d’intervention et fixe la rémunération des intervenants : la contrepartie journalière s’établit à 65,80 €, ou 32,90 € pour une demi-journée. Pour les EHPAD volontaires, c’est l’occasion de diversifier leur offre « hors les murs », dans la logique que nous décrivons dans notre dossier sur les modèles d’EHPAD centre de ressources.

Les aides financières mobilisables par les familles

Plusieurs leviers existent côté familles, que les équipes doivent savoir orienter. Le « droit au répit » de l’APA ouvre un accès à un financement de relais pour l’aidant : il est possible d’en bénéficier à hauteur de 583,52 € maximum par an (en 2026), dès que le plan d’aide APA du bénéficiaire arrive à saturation. Une aide d’urgence complète ce dispositif : lorsque l’aidant principal est hospitalisé et qu’aucun remplaçant ne peut assurer le relais, une aide ponctuelle peut être accordée, dont le montant pourra atteindre jusqu’à 992 euros, au-delà des plafonds habituels de l’APA.

Ces prestations reposent sur un effort financier conséquent : le financement transite par des circuits budgétaires reliant la CNSA et la CNAF, pour un montant avoisinant 438,2 millions d’euros sur l’année 2024. La CNSA, rappelons-le, accompagne les actions en faveur des aidants depuis 2007 et veille à l’évaluation des dispositifs qu’elle cofinance.

Les solutions de répit portées par les EHPAD

Au-delà du relayage, l’EHPAD reste un acteur central du répit institutionnel. L’accueil de jour concerne principalement les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies apparentées ; il peut être financé via le plan d’aide APA à hauteur de 583,52 € par an (en 2026) ; nous en détaillons les évolutions dans notre article sur ce que le décret 2025-875 change pour l’accueil de jour. L’hébergement temporaire, quant à lui, offre aux personnes vivant à domicile la possibilité d’un séjour ponctuel dans un établissement médicalisé ou chez un accueillant familial — un dispositif dont les conditions, tarifs et démarches 2026 sont à connaître.

Le périmètre s’élargit même au-delà du grand âge : les orientations nationales prévoient une ouverture accrue des plateformes de répit vers le champ du handicap, avec la possibilité pour elles de porter des PFR. Pour guider les familles dans leur choix entre services à domicile, l’orientation reste un enjeu clé : notre comparatif entre SAAD et SSIAD complète utilement le conseil délivré au guichet.

Impact concret par métier en EHPAD

  • Directeur : répondre aux appels PFRA-PA des ARS, structurer une offre de relayage avec des salariés volontaires, et optimiser le taux d’occupation des lits d’hébergement temporaire et des places d’accueil de jour. Le positionnement « centre de ressources territorial » s’articule avec les évolutions des Maisons France Autonomie 2027.
  • IDEC : intégrer l’évaluation du fardeau de l’aidant dans le projet d’accompagnement, et coordonner les séjours de répit avec les équipes soignantes pour garantir la continuité des soins.
  • Familles et aidants : activer le droit au répit de l’APA, se rapprocher d’une plateforme d’accompagnement, et anticiper les périodes de fragilité (vacances, hospitalisation). La coordination territoriale, désormais portée par le service public départemental de l’autonomie, doit faciliter ces démarches.

Perspectives

L’objectif d’une plateforme de répit par département d’ici 2027 fixe le cap, mais la vraie bataille est celle du recours effectif : tant qu’un aidant sur deux ne s’identifie pas comme tel, les crédits mobilisés resteront sous-utilisés. Pour les EHPAD, l’enjeu est double : faire connaître leurs solutions de répit auprès des familles du bassin de vie, et saisir les fenêtres de financement ARS qui se succèdent. Les directeurs qui structurent dès maintenant une offre lisible — relayage, accueil de jour, hébergement temporaire — se positionneront avantageusement dans la recomposition territoriale en cours.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le droit au répit dans l’APA ?
Il s’agit d’une majoration de l’APA destinée à financer une solution de relais pour l’aidant. Ce mécanisme s’active une fois le plan d’aide APA du bénéficiaire arrivé à son plafond, et il ouvre un droit jusqu’à 583,52 € par an (en 2026).
Le relayage à domicile, combien de temps et à quel tarif ?
Encadré par le décret n°2025-827 du 19 août 2025, le relayage est limité à six jours consécutifs par intervention. La compensation financière pour l’intervenant s’élève à 65,80 € par jour (ou 32,90 € par demi-journée).
Combien y a-t-il d’aidants en France ?
La CNSA estime leur nombre entre huit et onze millions de personnes assurant régulièrement un accompagnement auprès d’un proche en perte d’autonomie. Or, environ près d’un aidant sur deux s’ignore encore, ce qui freine considérablement le recours aux aides disponibles.
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