Le Programme prioritaire de recherche sur l’autonomie (PPR Autonomie) vient de franchir une étape décisive avec l’annonce de sept nouveaux projets lauréats. Ces initiatives, soutenues à hauteur de 19 millions d’euros, promettent de redéfinir les contours de l’autonomie individuelle et collective dans les années à venir. Leur durée, étalée sur 4 à 5 ans, reflète l’ampleur et la profondeur des recherches envisagées. Ce soutien financier substantiel illustre l’engagement du PPR Autonomie en faveur d’une approche multidisciplinaire et participative de la recherche.
Une collaboration multidisciplinaire pour une innovation inclusive
Les projets retenus témoignent d’une volonté forte de fédérer des expertises variées, allant des sciences humaines et sociales aux sciences cliniques, médicales et techniques. Cette diversité disciplinaire est essentielle pour appréhender l’autonomie sous tous ses aspects : emploi, habitat, prévention, accès aux droits et innovation. L’intégration des sciences de l’ingénieur, de la robotique et de l’informatique dans ces recherches souligne l’importance accordée aux solutions technologiques innovantes.
Au cœur des projets : emploi, habitat et prévention
Le projet « Auvi – Ancrer l’autonomie de vie » se distingue par son approche pragmatiste des droits humains. Sous la houlette du sociologue Benoît Eyraud, cette recherche vise à explorer les conditions favorisant l’autonomie des décisions individuelles et la transformation des services collectifs. Avec une aide de 3,22 millions d’euros, ce projet ambitieux s’attaque aux risques de responsabilisation excessive des personnes en situation de handicap.
L’habitat des seniors est au centre du projet « Hilauseniors », dirigé par Laurent Nowik. Ce projet, bénéficiant d’une aide de 2,66 millions d’euros, s’intéresse aux habitats intermédiaires et à leur rôle dans le soutien à l’autonomie des aînés sur le territoire français.
« InnovCare », sous la responsabilité de Sébastien Lechevalier, entend définir un processus d’innovation orienté vers le care, avec un financement de 3,18 millions d’euros. Ce projet franco-japonais aspire à améliorer l’autonomie des personnes âgées par la sécurisation de leur environnement et la préservation de leurs liens sociaux.
Vers une meilleure compréhension de l’autonomie dans le vieillissement
Le projet « LivACT », piloté par Lucie Dalibert, explore l’apport des technologies dans la vie des personnes atteintes de maladies chroniques, avec une aide de 2,05 millions d’euros. « Models of autonomy », dirigé par Archana Singh-Manoux, se concentre sur la prévention des incapacités liées au vieillissement, grâce à une dotation de 1,51 million d’euros.
Le « PreSAge », sous la direction de Raphaël Zory, ambitionne de développer un programme personnalisé de prévention de la perte d’autonomie, en se détachant d’une approche strictement médicale. Ce projet est également soutenu par une aide de 3,18 millions d’euros.
Enfin, « Prespol », mené par Anne Révillard, cherche à promouvoir l’autonomie économique des personnes handicapées, avec un budget de 3,2 millions d’euros. Ce projet évalue les politiques d’emploi et sociales visant à l’autonomisation économique.
Un tournant pour la recherche sur l’autonomie
Ces sept projets constituent une avancée majeure dans la recherche appliquée à l’autonomie. Leur diversité thématique et disciplinaire, ainsi que l’ampleur du soutien financier, témoignent de l’importance accordée à cette thématique. Les années à venir verront sans doute émerger des solutions innovantes et inclusives, susceptibles de transformer la vie des personnes en quête d’autonomie.