Guide de référence 2026

Escarres en EHPAD : Prévention, Soins et Protocoles — Guide Complet 2026

Classification NPUAP/EPUAP, échelles de Braden et Norton, supports de prévention,
protocoles de soins par stade et innovations technologiques

8-15 %
Prévalence en EHPAD
70 %
Évitables par la prévention
6
Stades NPUAP/EPUAP
3,35 Md€
Coût annuel en France
Ressource recommandée Nouveauté 2026
Guide Pratique : Soins de plaies & Cicatrisation en EHPAD

Guide Pratique : Soins de plaies & Cicatrisation en EHPAD

Soins de plaies en EHPAD : évaluation, pansements, suivi cicatrisation.

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1. Définition et classification NPUAP/EPUAP des escarres

L’escarre est une lésion cutanée d’origine ischémique liée à une compression des tissus mous entre un plan dur (lit, fauteuil) et une saillie osseuse. La privé d’oxygène provoquée par cette pression entraîne une nécrose tissulaire progressive. L’escarre n’est donc pas une simple plaie : c’est le signe d’une défaillance multifactorielle (immobilité, dénutrition, incontinence, pathologies chroniques) qui nécessite une prise en charge globale et pluridisciplinaire.

Définition officielle (NPUAP/EPUAP) : L’escarre est une lésion localisée de la peau et/ou des tissus sous-jacents, généralement située au niveau d’une prominérence osseuse, résultant d’une pression ou d’une combinaison pression + cisaillement.

La classification internationale NPUAP/EPUAP (National Pressure Ulcer Advisory Panel / European Pressure Ulcer Advisory Panel), mise à jour en 2019, distingue 6 stades. Cette classification est essentielle pour adapter le protocole de soins et assurer la traçabilité exigée par la HAS.

Les 6 stades de la classification NPUAP/EPUAP

Stade Description clinique Réversibilité Action prioritaire
Stade 1Érythème persistant ne blanchissant pas à la pression sur peau intacte. Peau chaude, indurée ou douloureuse.RéversibleMise en décharge immédiate, surveillance rapprochée
Stade 2Perte partielle de l’épiderme : phlyctène (séreuse ou hématique), abrasion, érosion superficielle. Lit de la plaie rose-rouge, sans tissu dévitalisé.RéversiblePansement protecteur, évaluation nutritionnelle
Stade 3Perte de substance totale. Tissu sous-cutané visible (graisse), os/tendon non exposés. Possibilité de décollement, fistules.IrréversibleDétersion, pansement absorbant, avis spécialisé
Stade 4Perte tissulaire complète avec exposition os, tendon ou muscle. Nécrose noire, risque infectieux majeur.IrréversibleParage chirurgical, TPN, antibiothérapie si infection
InclassablePerte tissulaire complète masquée par un tissu nécrotique (noir) ou fibrine (jaune). Le stade réel ne peut être déterminé qu’après détersion.IndéterminéDétersion pour évaluer le stade réel
SDTISuspicion de lésion des tissus profonds : zone localisée violacée ou marron sur peau intacte, ou phlyctène à contenu hématique. Évolution rapide possible vers stade 3-4.Surveillance urgenteDécharge totale, photographie, réévaluation à 48-72h

Localisations les plus fréquentes

En EHPAD, les escarres se développent préférentiellement sur les zones où la pression entre la saillie osseuse et le support est maximale :

Sacrum

40 % des escarres en décubitus dorsal

🦶
Talons

30 % des cas, particulièrement chez les patients alités

🚪
Ischions

Fréquents en position assise prolongée (fauteuil)

Trochanters

En décubitus latéral strict (position à éviter)

Pour approfondir les méthodes de prévention adaptées à chaque localisation, consultez notre article dédié sur la prévention et le traitement des escarres en EHPAD.

2. Épidémiologie et chiffres clés des escarres en EHPAD

Les escarres représentent un problème de santé publique majeur dans le secteur médico-social. L’étude PERSE (Prévalence des Escarres dans les Établissements de Santé), menée en 2014 sous l’égide de la SFGG et de la PERSE, reste la référence épidémiologique nationale.

8,1 %
Prévalence nationale (tous établissements)
8-15 %
Prévalence spécifique en EHPAD
39,1 %
Escarres graves (stade 3-4) en EHPAD
70 %
Évitables par des mesures préventives
3,35 Md€
Coût annuel en France
50 000 €+
Coût moyen par escarre constituée
Paradoxe économique : La prévention coûte en moyenne 10 à 25 € par jour (support adapté + temps soignant), tandis qu’une escarre constituée coûte plus de 50 000 € en soins curatifs, hospitalisations et complications. L’investissement préventif est donc 100 à 200 fois plus rentable que le curatif.

Ces données soulignent l’importance d’une politique de prévention structurée. La prévention efficace des escarres en EHPAD repose sur une approche systématique intégrant évaluation du risque, mobilisation, nutrition et supports adaptés.

3. Évaluation du risque : échelles de Braden et Norton

L’évaluation systématique du risque d’escarre est la première étape indispensable de toute démarche de prévention. La conférence de consensus ANAES/HAS de 2001 recommande l’utilisation d’une échelle validée dès l’admission du résident, puis à intervalles réguliers et à chaque changement d’état clinique.

Échelle de Braden (recommandée HAS)

L’échelle de Braden est la plus utilisée au niveau international et la plus recommandée par la HAS pour les établissements médico-sociaux. Elle évalue 6 critères notés de 1 à 4 (sauf friction : 1 à 3), pour un score total de 6 à 23.

Critère Score 1 (risque max) Score 4 (risque min)
Perception sensorielleComplètement limitéeAucune altération
HumiditéConstamment humideRarement humide
ActivitéAlitéMarche fréquemment
MobilitéComplètement immobileAucune limitation
NutritionTrès pauvreExcellente
Friction / CisaillementProblème (score 1-3)Aucun problème apparent
Score Braden ≤ 18 = risque d'escarre — Score ≤ 12 = risque élevé — Score ≤ 9 = risque très élevé

Échelle de Norton

L’échelle de Norton, plus ancienne, évalue 5 critères notés de 1 à 4, pour un score total de 5 à 20. Elle est plus rapide à remplir mais moins précise que Braden. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur l’échelle de Norton et la prévention des escarres.

Critère Score 1 (risque max) Score 4 (risque min)
État généralTrès mauvaisBon
État mentalInconscient / StuporeuxAlerte
ActivitéAlitéAmbulant
MobilitéImmobilePleine
IncontinenceUrinaire et fécaleAucune
Score Norton ≤ 14 = risque d'escarre — Score ≤ 12 = risque élevé

Facteurs de risque complémentaires

🧤
Facteurs intrinsèques

Immobilisation, dénutrition, âge avancé, incontinence, troubles neurologiques, diabète, artériopathie

🛌
Facteurs extrinsèques

Pression prolongée, cisaillement (glissement), macération, support inadapté

📈
Facteurs iatrogènes

Contention, corticothérapie, sédation, dispositifs médicaux (sondes, attèles)

L’évaluation du risque doit être complétée par un examen clinique cutaneé systématique à l’admission et à chaque toilette, comme le recommandent les 5 techniques clés de prévention des escarres en EHPAD.

4. Prévention : mobilisation, supports et effleurages

La prévention des escarres repose sur 4 piliers fondamentaux : la réduction de la pression (mobilisation et supports), le maintien de l’intégrité cutanée (effleurages et soins d’hygiène), la correction des facteurs de risque (nutrition, incontinence) et l’éducation thérapeutique. La prévention des chutes et la prévention des escarres partagent d’ailleurs de nombreux facteurs de risque communs (immobilité, dénutrition, troubles cognitifs).

Repositionnement et mobilisation

Règle d’or : Repositionner le résident toutes les 2 à 3 heures au lit et toutes les heures au fauteuil. Privilégier le décubitus latéral oblique à 30° (et non 90°, qui majore la pression sur les trochanters).
  • Décubitus dorsal : protéger sacrum et talons (talons en décharge systématique)
  • Décubitus latéral oblique 30° : réduit la pression trochantérienne de 50 % vs 90°
  • Position assise : limiter à 2 heures consécutives, coussin anti-escarre obligatoire
  • Lever précoce : mobilisation active/passive dès que l’état le permet
  • Planification écrite : diagramme de positionnement affiché en chambre, tracé dans le DUI

Supports de prévention : arbre décisionnel

Le choix du support est guidé par le niveau de risque (échelle de Braden) et le stade d’escarre éventuel. L’arrêté du 13 avril 2007 autorise les IDE à prescrire directement les dispositifs médicaux de prévention (surmatelas, coussins).

Niveau de risque Score Braden Support recommandé Compléments
Risque modéré15-18Surmatelas statique (mousse HR, gel)Coussin de positionnement
Risque élevé10-14Matelas mousse viscoélastique / mousse HR à plotsCoussin anti-escarre fauteuil
Risque très élevé6-9Surmatelas dynamique à air (alternating)Talonières, décharge talons
Escarre constituéeMatelas dynamique à air (pression alternante + LAL)Référencement médical

Effleurages : technique et protocole

Attention : L’effleurement est un geste de prévention, pas un massage. Il ne faut jamais masser une zone rougie ou à risque : le massage aggrave les lésions tissulaires en écrasant les capillaires déjà fragilisés. La conférence de consensus HAS 2001 a formellement contre-indiqué le massage des zones à risque.
  • Durée : 1 à 3 minutes par zone, paume nue, sans pression
  • Fréquence : à chaque repositionnement, après la toilette
  • Produit : huile de soin ou crème hydratante (pas d’alcool, pas de talc)
  • Zones : sacrum, talons, trochanters, ischions, occiput
  • Observation : profiter de l’effleurement pour inspecter la peau et détecter un stade 1

La fiche de poste aide-soignante en EHPAD intègre la surveillance cutanée et les effleurages dans les compétences attendues au quotidien.

5. Protocole de soins par stade : tableau des pansements

Le traitement curatif de l’escarre est adapté au stade de la lésion, à l’état de la plaie (exsudat, infection, nécrose) et à l’état général du résident. Le guide IDEC pour la gestion des escarres détaille les protocoles institutionnels à mettre en place.

Protocole de soins par stade

Stade Objectif Soins locaux Fréquence de réfection
Stade 1Protéger, supprimer la pressionMise en décharge totale, effleurement, hydrocolloïde mince ou film transparentTous les 3-5 jours
Stade 2 (phlyctène)Favoriser la cicatrisationAspiration stérile si phlyctène tendue, hydrocellulaire ou hydrocolloïde, interface non adhérenteTous les 2-4 jours
Stade 3 (détersion)Déterger, combler, absorberDétersion (hydrogel + hydrocolloïde ou détersion mécanique), alginate si exsudat, pansement de comblementQuotidienne à J+2
Stade 3 (bourgeonnement)Favoriser le tissu de granulationHydrocellulaire, interface lipidocolloïde, hydrocolloïde épaisTous les 2-4 jours
Stade 4Déterger en profondeur, contrôler l’infectionParage chirurgical si nécrose épaisse, TPN (thérapie par pression négative), alginate + hydrocellulaireQuotidienne à J+3
InclassableRévéler le stade réelHydrogel sous hydrocolloïde pour ramollir la nécrose, puis détersion mécanique douceQuotidienne

Types de pansements et indications

Type de pansement Propriétés Indication principale Contre-indication
HydrocolloïdeAbsorbe modérément, maintient le milieu humideStades 1-2, plaies peu exsudativesPlaie infectée, exsudat abondant
Hydrocellulaire (mousse)Absorption élevée, non adhérentStades 2-3, plaies exsudativesPlaie sèche, nécrotique
AlginateTrès absorbant, hémostatiqueStades 3-4, plaies très exsudativesPlaie sèche
HydrogelHydrate, ramène l’humiditéDétersion des nécroses sèchesPlaie très exsudative
Interface (tulle)Non adhérent, permet le drainageStade 2, bourgeonnement, greffeExsudat abondant
Pansement à l’argentAntimicrobien, absorbantColonisation critique, infection localeUsage prolongé sans réévaluation
TPN (pression négative)Aspire l’exsudat, stimule la granulationStade 4, cavités profondesNécrose sèche, fistule inexplorée
Pansement au charbonAbsorbe les odeursPlaies malodorantes (stades 3-4)Usage seul sans absorption
Bonne pratique : Chaque réfection de pansement doit être tracée dans le DUI (dossier usager informatisé) avec : date, stade, dimensions (L x l x P), pourcentage de tissu (nécrotique / fibrineux / granulation / épithélialisation), type de pansement utilisé, photographie si possible.
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6. Nutrition et escarres : le cercle vicieux

La relation entre dénutrition et escarres est bidirectionnelle : la dénutrition augmente le risque d’escarre (altération des tissus, déficit immunitaire), et l’escarre aggrave la dénutrition (catabolisme accru, pertes protéiques par la plaie). Briser ce cercle vicieux est un enjeu majeur en EHPAD. Pour approfondir, consultez notre guide complet sur la dénutrition en EHPAD.

Apports nutritionnels recommandés

Nutriment Prévention Escarre constituée Rôle dans la cicatrisation
Énergie30 kcal/kg/j30-40 kcal/kg/jSubstrat énergétique pour la réparation tissulaire
Protéines1,2 g/kg/j1,2-1,5 g/kg/jSynthèse du collagène, réponse immunitaire
ArginineCNO enrichis (7-14 g/j)Précurseur du collagène, vasodilatation locale
Vitamine C110 mg/j200-500 mg/jSynthèse du collagène, antioxydant
Zinc12 mg/j15-30 mg/j (curé 15 jours)Prolifération cellulaire, défenses anti-infectieuses
Hydratation1,5 L/j minimum1,5-2 L/jÉlasticité cutanée, perfusion tissulaire
À retenir : Un résident porteur d’escarre(s) perd en moyenne 10 à 15 g de protéines par jour par la plaie. Sans supplémentation, la cicatrisation est compromise. Les CNO (compléments nutritionnels oraux) enrichis en arginine, vitamine C et zinc ont démontré une réduction de 40 % du délai de cicatrisation dans les essais cliniques.

Les 5 leviers pour stimuler l’appétit en EHPAD sont également essentiels pour maintenir un état nutritionnel suffisant chez les résidents à risque.

7. Rôle des soignants : IDE, AS, IDEC et médecin coordonnateur

La prévention et la prise en charge des escarres mobilisent l’ensemble de l’équipe pluridisciplinaire. Chaque professionnel a un rôle spécifique, défini par les textes réglementaires et les recommandations de bonnes pratiques.

🩹
IDE (Infirmier Diplômé d’État)
  • Évaluation du risque (Braden/Norton) à l’admission
  • Prescription de DM de prévention (arrêté 13/04/2007)
  • Réalisation et suivi des pansements
  • Cotation et traçabilité dans le DUI
  • Éducation du résident et de la famille
🤱
Aide-Soignant(e)
  • Surveillance cutanée quotidienne (toilette)
  • Effleurages préventifs
  • Repositionnement toutes les 2-3h
  • Installation du résident, positionnement des coussins
  • Alerte IDE dès anomalie détectée
📋
IDEC (Infirmier Coordinateur)
  • Rédaction des protocoles institutionnels
  • Organisation des EPP (Evaluation Pratiques Professionnelles)
  • Formation continue de l’équipe
  • Suivi des indicateurs (prévalence, incidence)
  • Coordination avec les prestataires (supports, pansements)
⚕️
Médecin Coordonnateur
  • Validation des protocoles de prévention et de soins
  • Suivi épidémiologique (prévalence semestrielle)
  • Orientation vers avis spécialisé si nécessaire
  • Intégration dans la démarche qualité HAS
  • Coordination avec l’HAD pour les cas complexes

La démarche de bientraitance inclut explicitement la prévention des escarres comme indicateur de qualité des soins. Un taux d’escarres élevé peut constituer un signal de défaillance dans la prise en charge globale des résidents.

8. Cadre réglementaire et cotation PATHOS

La prévention et la prise en charge des escarres s’inscrivent dans un cadre réglementaire dense, du Code de la santé publique aux recommandations HAS en passant par les obligations de signalement.

Textes réglementaires fondateurs

2001Conférence de consensus ANAES : premier référentiel national sur la prévention et le traitement des escarres. Recommande l’utilisation systématique des échelles validées, interdit le massage des zones à risque.
2002Loi 2002-2 rénovant l’action sociale et médico-sociale : droit du résident à des soins de qualité adaptés, obligation d’évaluation.
2004Décret 2004-802 relatif aux actes professionnels IDE : la prévention des escarres relève du rôle propre infirmier (article R.4311-5).
2007Arrêté du 13 avril 2007 : autorise les IDE à prescrire certains dispositifs médicaux de prévention des escarres (surmatelas, coussins).
2015Loi ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement) : renforcement des droits et de la qualité de l’accompagnement.
2016Décret signalement EIG : une escarre grave acquise peut constituer un événement indésirable grave à signaler à l’ARS.
2022-2026Référentiel HAS d’évaluation des ESSMS : intègre la prévention des escarres dans les critères de qualité de l’accompagnement.

Le paradoxe PATHOS

Paradoxe budgétaire PATHOS : La cotation PATHOS ne valorise pas la prévention des escarres. Seule l’escarre constituée génère une dotation soins supplémentaire (via les postes T1 et T2). Un EHPAD qui prévient efficacement les escarres est donc financièrement pénalisé par rapport à un établissement qui les subit. Ce paradoxe est régulièrement dénoncé par les fédérations professionnelles.

La évaluation HAS des EHPAD examine néanmoins la démarche de prévention des escarres comme un indicateur de qualité transversal touchant à la bientraitance, à l’accompagnement personnalisé et à la continuité des soins.

Critères HAS liés aux escarres

  • Chapitre 2 — Qualité du parcours : évaluation du risque à l’admission, protocoles de prévention formalisés
  • Chapitre 3 — Qualité de l’accompagnement : traçabilité des soins, personnalisation des supports de prévention
  • Continuité et coordination : lien ville-hôpital, coordination avec l’HAD pour les escarres complexes
  • Gestion des risques : déclaration des EIG liés aux escarres, analyse des causes profondes (RMM)

9. Innovations 2024-2026 : capteurs, IA et matelas intelligents

La technologie offre de nouvelles perspectives pour la prévention et le suivi des escarres en EHPAD. De la simple alerte au lit connecté, ces innovations visent à détecter plus tôt et à redistribuer automatiquement la pression. Pour un panorama global des outils numériques en EHPAD, consultez notre comparatif des logiciels EHPAD et DUI.

Capteurs de pression connectés

📡
Capteurs de pression Empa

Réduction de 40 % de la pression sur les prominénces osseuses grâce à la cartographie de pression en temps réel et aux alertes soignantes

🎛
Fibres optiques (HIT/UBS)

Seulement 6 % d’erreur de détection, capteurs intégrés dans le textile du drap ou du matelas

👁
Nez électroniques

Détection précoce des lésions par analyse des composés volatils émis par les tissus lésés (stade infraclinique)

Matelas intelligents nouvelle génération

  • Matelas à cellules LCD : 16 à 20 cellules indépendantes s’adaptant en temps réel à la morphologie et à la position du résident
  • Technologie auto-firm : ajustement automatique de la fermeté de chaque zone selon la cartographie de pression
  • Sonde piézoélectrique : détection des micro-mouvements du résident pour évaluer son niveau de mobilité résiduelle

Intelligence artificielle prédictive

IA et prévention : Les algorithmes de machine learning, entraînés sur les données de milliers de résidents (score Braden, mobilité, nutrition, comorbidités), permettent désormais d’anticiper la survenue d’une escarre jusqu’à 48 heures avant les premiers signes cliniques. Ces outils génèrent des alertes automatisées dans le DUI, orientant les soignants vers les résidents à risque immédiat.

Les formations obligatoires en EHPAD intègrent progressivement la maîtrise de ces outils numériques dans le volet compétences des soignants.

10. Questions fréquentes sur les escarres en EHPAD

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Quelle est la différence entre escarre et ulcère de décubitus ?

Les deux termes désignent la même pathologie. Le terme « escarre » (ou « escarre de décubitus ») est le plus utilisé en français. En anglais, on parle de pressure ulcer ou pressure injury. La terminologie internationale NPUAP/EPUAP privilégie désormais le terme pressure injury (lésion de pression), car certaines escarres surviennent aussi en position assise, pas uniquement en décubitus.

Quelle échelle d’évaluation du risque utiliser en EHPAD ?

La HAS recommande l’échelle de Braden, qui est la plus validée scientifiquement et la plus utilisée au niveau international. Elle évalue 6 critères (perception sensorielle, humidité, activité, mobilité, nutrition, friction) pour un score de 6 à 23. Un score ≤ 18 indique un risque. L’échelle de Norton (5 critères, score 5-20, seuil 14) peut aussi être utilisée mais est moins précise.

Peut-on masser les zones à risque d’escarre ?

Non, le massage est formellement contre-indiqué depuis la conférence de consensus ANAES de 2001. Le massage écrase les capillaires déjà fragilisés et aggrave les lésions tissulaires. Seul l’effleurement est recommandé : un geste doux, superficiel, sans pression, de 1 à 3 minutes par zone, paume nue avec une huile de soin. L’effleurement stimule la microcirculation sans altérer les tissus.

L’IDE peut-elle prescrire un matelas anti-escarre ?

Oui. L’arrêté du 13 avril 2007 autorise les infirmiers à prescrire certains dispositifs médicaux de prévention des escarres : surmatelas statiques et dynamiques, coussins anti-escarre pour fauteuil. Cette prérogative relève du rôle propre infirmier (art. R.4311-5 du Code de la santé publique) et facilite la réactivité de la prise en charge en EHPAD.

Quel est le coût d’une escarre constituée en EHPAD ?

Le coût global d’une escarre constituée (stades 3-4) est estimé à plus de 50 000 €, incluant les pansements (20-80 €/réfection), le temps soignant (30-60 min/pansement, quotidien à biquotidien), les hospitalisations éventuelles, les supports spécifiques et les complications (infection, allongement de séjour). En comparaison, un programme de prévention complet coûte 10 à 25 €/jour/résident.

Quels sont les apports nutritionnels recommandés pour un résident porteur d’escarre ?

Un résident porteur d’escarre nécessite des apports renforcés : 30 à 40 kcal/kg/j en énergie, 1,2 à 1,5 g/kg/j de protéines, une supplémentation en vitamine C (200-500 mg/j), en zinc (15-30 mg/j sur 15 jours) et idéalement des CNO enrichis en arginine (7-14 g/j). L’hydratation doit être assurée à hauteur de 1,5 à 2 L/jour.

Comment distinguer un stade 1 d’un simple érythème passager ?

Le test de la vitropression permet de faire la différence : appuyez un doigt ou un verre transparent sur la rougeur. Si la zone blanchit à la pression puis redevient rouge (recoloration), il s’agit d’un érythème physiologique (réversible). Si la zone ne blanchit pas à la pression, il s’agit d’un stade 1 d’escarre nécessitant une mise en décharge immédiate. Sur peau foncée, rechercher une zone localisée de chaleur, d’induration ou de douleur.

L’escarre est-elle un événement indésirable grave (EIG) à déclarer ?

Oui, une escarre acquise en établissement de stade 3 ou 4 peut constituer un EIG à déclarer à l’ARS, conformément au décret de 2016. Même si toutes les escarres ne sont pas des EIG, une escarre grave acquise sans politique de prévention documentée peut entraîner la responsabilité de l’établissement. La traçabilité de la prévention (scores de risque, repositionnements, supports utilisés) est donc un élément de protection juridique essentiel.

🔗 Pour aller plus loin

Articles SOS EHPAD

Sources officielles

Dernière mise à jour : mars 2026 | Sources : HAS, NPUAP/EPUAP, Légifrance, PERSE, SFGG