Escarres en EHPAD : Prévention, Soins et Protocoles — Guide Complet 2026
Classification NPUAP/EPUAP, échelles de Braden et Norton, supports de prévention,
protocoles de soins par stade et innovations technologiques
1. Définition et classification NPUAP/EPUAP des escarres
L’escarre est une lésion cutanée d’origine ischémique liée à une compression des tissus mous entre un plan dur (lit, fauteuil) et une saillie osseuse. La privé d’oxygène provoquée par cette pression entraîne une nécrose tissulaire progressive. L’escarre n’est donc pas une simple plaie : c’est le signe d’une défaillance multifactorielle (immobilité, dénutrition, incontinence, pathologies chroniques) qui nécessite une prise en charge globale et pluridisciplinaire.
La classification internationale NPUAP/EPUAP (National Pressure Ulcer Advisory Panel / European Pressure Ulcer Advisory Panel), mise à jour en 2019, distingue 6 stades. Cette classification est essentielle pour adapter le protocole de soins et assurer la traçabilité exigée par la HAS.
Les 6 stades de la classification NPUAP/EPUAP
| Stade | Description clinique | Réversibilité | Action prioritaire |
|---|---|---|---|
| Stade 1 | Érythème persistant ne blanchissant pas à la pression sur peau intacte. Peau chaude, indurée ou douloureuse. | Réversible | Mise en décharge immédiate, surveillance rapprochée |
| Stade 2 | Perte partielle de l’épiderme : phlyctène (séreuse ou hématique), abrasion, érosion superficielle. Lit de la plaie rose-rouge, sans tissu dévitalisé. | Réversible | Pansement protecteur, évaluation nutritionnelle |
| Stade 3 | Perte de substance totale. Tissu sous-cutané visible (graisse), os/tendon non exposés. Possibilité de décollement, fistules. | Irréversible | Détersion, pansement absorbant, avis spécialisé |
| Stade 4 | Perte tissulaire complète avec exposition os, tendon ou muscle. Nécrose noire, risque infectieux majeur. | Irréversible | Parage chirurgical, TPN, antibiothérapie si infection |
| Inclassable | Perte tissulaire complète masquée par un tissu nécrotique (noir) ou fibrine (jaune). Le stade réel ne peut être déterminé qu’après détersion. | Indéterminé | Détersion pour évaluer le stade réel |
| SDTI | Suspicion de lésion des tissus profonds : zone localisée violacée ou marron sur peau intacte, ou phlyctène à contenu hématique. Évolution rapide possible vers stade 3-4. | Surveillance urgente | Décharge totale, photographie, réévaluation à 48-72h |
Localisations les plus fréquentes
En EHPAD, les escarres se développent préférentiellement sur les zones où la pression entre la saillie osseuse et le support est maximale :
40 % des escarres en décubitus dorsal
30 % des cas, particulièrement chez les patients alités
Fréquents en position assise prolongée (fauteuil)
En décubitus latéral strict (position à éviter)
Pour approfondir les méthodes de prévention adaptées à chaque localisation, consultez notre article dédié sur la prévention et le traitement des escarres en EHPAD.
2. Épidémiologie et chiffres clés des escarres en EHPAD
Les escarres représentent un problème de santé publique majeur dans le secteur médico-social. L’étude PERSE (Prévalence des Escarres dans les Établissements de Santé), menée en 2014 sous l’égide de la SFGG et de la PERSE, reste la référence épidémiologique nationale.
Ces données soulignent l’importance d’une politique de prévention structurée. La prévention efficace des escarres en EHPAD repose sur une approche systématique intégrant évaluation du risque, mobilisation, nutrition et supports adaptés.
3. Évaluation du risque : échelles de Braden et Norton
L’évaluation systématique du risque d’escarre est la première étape indispensable de toute démarche de prévention. La conférence de consensus ANAES/HAS de 2001 recommande l’utilisation d’une échelle validée dès l’admission du résident, puis à intervalles réguliers et à chaque changement d’état clinique.
Échelle de Braden (recommandée HAS)
L’échelle de Braden est la plus utilisée au niveau international et la plus recommandée par la HAS pour les établissements médico-sociaux. Elle évalue 6 critères notés de 1 à 4 (sauf friction : 1 à 3), pour un score total de 6 à 23.
| Critère | Score 1 (risque max) | Score 4 (risque min) |
|---|---|---|
| Perception sensorielle | Complètement limitée | Aucune altération |
| Humidité | Constamment humide | Rarement humide |
| Activité | Alité | Marche fréquemment |
| Mobilité | Complètement immobile | Aucune limitation |
| Nutrition | Très pauvre | Excellente |
| Friction / Cisaillement | Problème (score 1-3) | Aucun problème apparent |
risque d'escarre — Score ≤ 12 = risque élevé — Score ≤ 9 = risque très élevé
Échelle de Norton
L’échelle de Norton, plus ancienne, évalue 5 critères notés de 1 à 4, pour un score total de 5 à 20. Elle est plus rapide à remplir mais moins précise que Braden. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur l’échelle de Norton et la prévention des escarres.
| Critère | Score 1 (risque max) | Score 4 (risque min) |
|---|---|---|
| État général | Très mauvais | Bon |
| État mental | Inconscient / Stuporeux | Alerte |
| Activité | Alité | Ambulant |
| Mobilité | Immobile | Pleine |
| Incontinence | Urinaire et fécale | Aucune |
risque d'escarre — Score ≤ 12 = risque élevé
Facteurs de risque complémentaires
Immobilisation, dénutrition, âge avancé, incontinence, troubles neurologiques, diabète, artériopathie
Pression prolongée, cisaillement (glissement), macération, support inadapté
Contention, corticothérapie, sédation, dispositifs médicaux (sondes, attèles)
L’évaluation du risque doit être complétée par un examen clinique cutaneé systématique à l’admission et à chaque toilette, comme le recommandent les 5 techniques clés de prévention des escarres en EHPAD.
4. Prévention : mobilisation, supports et effleurages
La prévention des escarres repose sur 4 piliers fondamentaux : la réduction de la pression (mobilisation et supports), le maintien de l’intégrité cutanée (effleurages et soins d’hygiène), la correction des facteurs de risque (nutrition, incontinence) et l’éducation thérapeutique. La prévention des chutes et la prévention des escarres partagent d’ailleurs de nombreux facteurs de risque communs (immobilité, dénutrition, troubles cognitifs).
Repositionnement et mobilisation
- Décubitus dorsal : protéger sacrum et talons (talons en décharge systématique)
- Décubitus latéral oblique 30° : réduit la pression trochantérienne de 50 % vs 90°
- Position assise : limiter à 2 heures consécutives, coussin anti-escarre obligatoire
- Lever précoce : mobilisation active/passive dès que l’état le permet
- Planification écrite : diagramme de positionnement affiché en chambre, tracé dans le DUI
Supports de prévention : arbre décisionnel
Le choix du support est guidé par le niveau de risque (échelle de Braden) et le stade d’escarre éventuel. L’arrêté du 13 avril 2007 autorise les IDE à prescrire directement les dispositifs médicaux de prévention (surmatelas, coussins).
| Niveau de risque | Score Braden | Support recommandé | Compléments |
|---|---|---|---|
| Risque modéré | 15-18 | Surmatelas statique (mousse HR, gel) | Coussin de positionnement |
| Risque élevé | 10-14 | Matelas mousse viscoélastique / mousse HR à plots | Coussin anti-escarre fauteuil |
| Risque très élevé | 6-9 | Surmatelas dynamique à air (alternating) | Talonières, décharge talons |
| Escarre constituée | — | Matelas dynamique à air (pression alternante + LAL) | Référencement médical |
Effleurages : technique et protocole
- Durée : 1 à 3 minutes par zone, paume nue, sans pression
- Fréquence : à chaque repositionnement, après la toilette
- Produit : huile de soin ou crème hydratante (pas d’alcool, pas de talc)
- Zones : sacrum, talons, trochanters, ischions, occiput
- Observation : profiter de l’effleurement pour inspecter la peau et détecter un stade 1
La fiche de poste aide-soignante en EHPAD intègre la surveillance cutanée et les effleurages dans les compétences attendues au quotidien.
5. Protocole de soins par stade : tableau des pansements
Le traitement curatif de l’escarre est adapté au stade de la lésion, à l’état de la plaie (exsudat, infection, nécrose) et à l’état général du résident. Le guide IDEC pour la gestion des escarres détaille les protocoles institutionnels à mettre en place.
Protocole de soins par stade
| Stade | Objectif | Soins locaux | Fréquence de réfection |
|---|---|---|---|
| Stade 1 | Protéger, supprimer la pression | Mise en décharge totale, effleurement, hydrocolloïde mince ou film transparent | Tous les 3-5 jours |
| Stade 2 (phlyctène) | Favoriser la cicatrisation | Aspiration stérile si phlyctène tendue, hydrocellulaire ou hydrocolloïde, interface non adhérente | Tous les 2-4 jours |
| Stade 3 (détersion) | Déterger, combler, absorber | Détersion (hydrogel + hydrocolloïde ou détersion mécanique), alginate si exsudat, pansement de comblement | Quotidienne à J+2 |
| Stade 3 (bourgeonnement) | Favoriser le tissu de granulation | Hydrocellulaire, interface lipidocolloïde, hydrocolloïde épais | Tous les 2-4 jours |
| Stade 4 | Déterger en profondeur, contrôler l’infection | Parage chirurgical si nécrose épaisse, TPN (thérapie par pression négative), alginate + hydrocellulaire | Quotidienne à J+3 |
| Inclassable | Révéler le stade réel | Hydrogel sous hydrocolloïde pour ramollir la nécrose, puis détersion mécanique douce | Quotidienne |
Types de pansements et indications
| Type de pansement | Propriétés | Indication principale | Contre-indication |
|---|---|---|---|
| Hydrocolloïde | Absorbe modérément, maintient le milieu humide | Stades 1-2, plaies peu exsudatives | Plaie infectée, exsudat abondant |
| Hydrocellulaire (mousse) | Absorption élevée, non adhérent | Stades 2-3, plaies exsudatives | Plaie sèche, nécrotique |
| Alginate | Très absorbant, hémostatique | Stades 3-4, plaies très exsudatives | Plaie sèche |
| Hydrogel | Hydrate, ramène l’humidité | Détersion des nécroses sèches | Plaie très exsudative |
| Interface (tulle) | Non adhérent, permet le drainage | Stade 2, bourgeonnement, greffe | Exsudat abondant |
| Pansement à l’argent | Antimicrobien, absorbant | Colonisation critique, infection locale | Usage prolongé sans réévaluation |
| TPN (pression négative) | Aspire l’exsudat, stimule la granulation | Stade 4, cavités profondes | Nécrose sèche, fistule inexplorée |
| Pansement au charbon | Absorbe les odeurs | Plaies malodorantes (stades 3-4) | Usage seul sans absorption |
6. Nutrition et escarres : le cercle vicieux
La relation entre dénutrition et escarres est bidirectionnelle : la dénutrition augmente le risque d’escarre (altération des tissus, déficit immunitaire), et l’escarre aggrave la dénutrition (catabolisme accru, pertes protéiques par la plaie). Briser ce cercle vicieux est un enjeu majeur en EHPAD. Pour approfondir, consultez notre guide complet sur la dénutrition en EHPAD.
Apports nutritionnels recommandés
| Nutriment | Prévention | Escarre constituée | Rôle dans la cicatrisation |
|---|---|---|---|
| Énergie | 30 kcal/kg/j | 30-40 kcal/kg/j | Substrat énergétique pour la réparation tissulaire |
| Protéines | 1,2 g/kg/j | 1,2-1,5 g/kg/j | Synthèse du collagène, réponse immunitaire |
| Arginine | — | CNO enrichis (7-14 g/j) | Précurseur du collagène, vasodilatation locale |
| Vitamine C | 110 mg/j | 200-500 mg/j | Synthèse du collagène, antioxydant |
| Zinc | 12 mg/j | 15-30 mg/j (curé 15 jours) | Prolifération cellulaire, défenses anti-infectieuses |
| Hydratation | 1,5 L/j minimum | 1,5-2 L/j | Élasticité cutanée, perfusion tissulaire |
Les 5 leviers pour stimuler l’appétit en EHPAD sont également essentiels pour maintenir un état nutritionnel suffisant chez les résidents à risque.
7. Rôle des soignants : IDE, AS, IDEC et médecin coordonnateur
La prévention et la prise en charge des escarres mobilisent l’ensemble de l’équipe pluridisciplinaire. Chaque professionnel a un rôle spécifique, défini par les textes réglementaires et les recommandations de bonnes pratiques.
- Évaluation du risque (Braden/Norton) à l’admission
- Prescription de DM de prévention (arrêté 13/04/2007)
- Réalisation et suivi des pansements
- Cotation et traçabilité dans le DUI
- Éducation du résident et de la famille
- Surveillance cutanée quotidienne (toilette)
- Effleurages préventifs
- Repositionnement toutes les 2-3h
- Installation du résident, positionnement des coussins
- Alerte IDE dès anomalie détectée
- Rédaction des protocoles institutionnels
- Organisation des EPP (Evaluation Pratiques Professionnelles)
- Formation continue de l’équipe
- Suivi des indicateurs (prévalence, incidence)
- Coordination avec les prestataires (supports, pansements)
- Validation des protocoles de prévention et de soins
- Suivi épidémiologique (prévalence semestrielle)
- Orientation vers avis spécialisé si nécessaire
- Intégration dans la démarche qualité HAS
- Coordination avec l’HAD pour les cas complexes
La démarche de bientraitance inclut explicitement la prévention des escarres comme indicateur de qualité des soins. Un taux d’escarres élevé peut constituer un signal de défaillance dans la prise en charge globale des résidents.
8. Cadre réglementaire et cotation PATHOS
La prévention et la prise en charge des escarres s’inscrivent dans un cadre réglementaire dense, du Code de la santé publique aux recommandations HAS en passant par les obligations de signalement.
Textes réglementaires fondateurs
Le paradoxe PATHOS
La évaluation HAS des EHPAD examine néanmoins la démarche de prévention des escarres comme un indicateur de qualité transversal touchant à la bientraitance, à l’accompagnement personnalisé et à la continuité des soins.
Critères HAS liés aux escarres
- Chapitre 2 — Qualité du parcours : évaluation du risque à l’admission, protocoles de prévention formalisés
- Chapitre 3 — Qualité de l’accompagnement : traçabilité des soins, personnalisation des supports de prévention
- Continuité et coordination : lien ville-hôpital, coordination avec l’HAD pour les escarres complexes
- Gestion des risques : déclaration des EIG liés aux escarres, analyse des causes profondes (RMM)
9. Innovations 2024-2026 : capteurs, IA et matelas intelligents
La technologie offre de nouvelles perspectives pour la prévention et le suivi des escarres en EHPAD. De la simple alerte au lit connecté, ces innovations visent à détecter plus tôt et à redistribuer automatiquement la pression. Pour un panorama global des outils numériques en EHPAD, consultez notre comparatif des logiciels EHPAD et DUI.
Capteurs de pression connectés
Réduction de 40 % de la pression sur les prominénces osseuses grâce à la cartographie de pression en temps réel et aux alertes soignantes
Seulement 6 % d’erreur de détection, capteurs intégrés dans le textile du drap ou du matelas
Détection précoce des lésions par analyse des composés volatils émis par les tissus lésés (stade infraclinique)
Matelas intelligents nouvelle génération
- Matelas à cellules LCD : 16 à 20 cellules indépendantes s’adaptant en temps réel à la morphologie et à la position du résident
- Technologie auto-firm : ajustement automatique de la fermeté de chaque zone selon la cartographie de pression
- Sonde piézoélectrique : détection des micro-mouvements du résident pour évaluer son niveau de mobilité résiduelle
Intelligence artificielle prédictive
Les formations obligatoires en EHPAD intègrent progressivement la maîtrise de ces outils numériques dans le volet compétences des soignants.
10. Questions fréquentes sur les escarres en EHPAD
Quelle est la différence entre escarre et ulcère de décubitus ?
Les deux termes désignent la même pathologie. Le terme « escarre » (ou « escarre de décubitus ») est le plus utilisé en français. En anglais, on parle de pressure ulcer ou pressure injury. La terminologie internationale NPUAP/EPUAP privilégie désormais le terme pressure injury (lésion de pression), car certaines escarres surviennent aussi en position assise, pas uniquement en décubitus.
Quelle échelle d’évaluation du risque utiliser en EHPAD ?
La HAS recommande l’échelle de Braden, qui est la plus validée scientifiquement et la plus utilisée au niveau international. Elle évalue 6 critères (perception sensorielle, humidité, activité, mobilité, nutrition, friction) pour un score de 6 à 23. Un score ≤ 18 indique un risque. L’échelle de Norton (5 critères, score 5-20, seuil 14) peut aussi être utilisée mais est moins précise.
Peut-on masser les zones à risque d’escarre ?
Non, le massage est formellement contre-indiqué depuis la conférence de consensus ANAES de 2001. Le massage écrase les capillaires déjà fragilisés et aggrave les lésions tissulaires. Seul l’effleurement est recommandé : un geste doux, superficiel, sans pression, de 1 à 3 minutes par zone, paume nue avec une huile de soin. L’effleurement stimule la microcirculation sans altérer les tissus.
L’IDE peut-elle prescrire un matelas anti-escarre ?
Oui. L’arrêté du 13 avril 2007 autorise les infirmiers à prescrire certains dispositifs médicaux de prévention des escarres : surmatelas statiques et dynamiques, coussins anti-escarre pour fauteuil. Cette prérogative relève du rôle propre infirmier (art. R.4311-5 du Code de la santé publique) et facilite la réactivité de la prise en charge en EHPAD.
Quel est le coût d’une escarre constituée en EHPAD ?
Le coût global d’une escarre constituée (stades 3-4) est estimé à plus de 50 000 €, incluant les pansements (20-80 €/réfection), le temps soignant (30-60 min/pansement, quotidien à biquotidien), les hospitalisations éventuelles, les supports spécifiques et les complications (infection, allongement de séjour). En comparaison, un programme de prévention complet coûte 10 à 25 €/jour/résident.
Quels sont les apports nutritionnels recommandés pour un résident porteur d’escarre ?
Un résident porteur d’escarre nécessite des apports renforcés : 30 à 40 kcal/kg/j en énergie, 1,2 à 1,5 g/kg/j de protéines, une supplémentation en vitamine C (200-500 mg/j), en zinc (15-30 mg/j sur 15 jours) et idéalement des CNO enrichis en arginine (7-14 g/j). L’hydratation doit être assurée à hauteur de 1,5 à 2 L/jour.
Comment distinguer un stade 1 d’un simple érythème passager ?
Le test de la vitropression permet de faire la différence : appuyez un doigt ou un verre transparent sur la rougeur. Si la zone blanchit à la pression puis redevient rouge (recoloration), il s’agit d’un érythème physiologique (réversible). Si la zone ne blanchit pas à la pression, il s’agit d’un stade 1 d’escarre nécessitant une mise en décharge immédiate. Sur peau foncée, rechercher une zone localisée de chaleur, d’induration ou de douleur.
L’escarre est-elle un événement indésirable grave (EIG) à déclarer ?
Oui, une escarre acquise en établissement de stade 3 ou 4 peut constituer un EIG à déclarer à l’ARS, conformément au décret de 2016. Même si toutes les escarres ne sont pas des EIG, une escarre grave acquise sans politique de prévention documentée peut entraîner la responsabilité de l’établissement. La traçabilité de la prévention (scores de risque, repositionnements, supports utilisés) est donc un élément de protection juridique essentiel.
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Sources officielles
Dernière mise à jour : mars 2026 | Sources : HAS, NPUAP/EPUAP, Légifrance, PERSE, SFGG