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Sécurité & Plan bleu

Top 4 des événements indésirables graves les plus en EHPAD

15 avril 2025 7 min de lecture nicolas
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Dans le quotidien des EHPAD, la gestion des événements indésirables graves (EIG) représente un défi majeur. Les directeurs et professionnels de santé doivent identifier ces risques pour mieux les prévenir. L’analyse des données récentes révèle des tendances préoccupantes. Les suicides, chutes et erreurs médicamenteuses figurent en tête des incidents déclarés. Cette problématique, encadrée par une réglementation stricte, nécessite une vigilance constante et des protocoles adaptés.

Un cadre réglementaire exigeant

La déclaration des EIG est obligatoire. Cette obligation s’appuie sur l’article R. 1413-67 du code de la santé publique. Le décret du 25 novembre 2016 définit précisément ce cadre. Chaque établissement doit signaler tout événement inattendu avec des conséquences graves.

Selon la HAS, un EIG correspond à un incident aux conséquences dramatiques. Il peut s’agir d’un décès, d’une mise en danger vitale ou de séquelles permanentes. Depuis 2018, 97% des déclarations passent par le portail national signalement.social-sante.gouv.fr.

La transparence devient ainsi une exigence légale. Pourtant, des zones d’ombre persistent. Le rapport IGAS-IGF sur Orpea a révélé des dysfonctionnements majeurs. En 2021, sur 435 incidents graves, 43 n’ont pas été correctement signalés.

documents et procédures pour la gestion des EHPAD

Procédure : Signalement et gestion des EI/EIG en EHPAD

9.00

Transformez la gestion des EI/EIG dans votre EHPAD grâce à cette procédure clé en main. Téléchargez ce guide complet, avec sa fiche synthétique, pour garantir la sécurité des résidents, optimiser l’organisation et renforcer votre démarche qualité. Faites de chaque événement un levier d’amélioration et d’excellence des soins.

Les principaux EIG identifiés en EHPAD

L’analyse des données de 2018 montre une répartition préoccupante. Sur 820 déclarations totales, 12% proviennent des EHPAD, soit environ 98 cas. Ce chiffre, bien que partiel, reste significatif.

Les suicides arrivent en tête du classement général. En 2018, 181 cas ont été recensés tous établissements confondus. Dans les EHPAD, cette problématique reflète souvent un mal-être profond des résidents.

Les défauts de prise en charge occupent la deuxième position. Avec 134 cas signalés, ils témoignent de failles organisationnelles. Ces situations englobent des retards de soins ou des évaluations inadéquates.

Les chutes représentent le troisième risque majeur. 121 déclarations concernent ces accidents aux conséquences parfois fatales. Dans la population âgée, une simple chute peut entraîner une cascade de complications.

En quatrième position, les erreurs médicamenteuses totalisent 111 cas. Ces incidents incluent des confusions de patients, de dosages ou de médicaments.

RangType d’EIGNombre d’événements
1Suicide des patients181
2Défauts de prise en charge134
3Chutes121
4Erreurs médicamenteuses111

Des risques spécifiques aux personnes âgées

Certains EIG touchent particulièrement les EHPAD. Les incidents de fausse route illustrent cette spécificité. Un cas emblématique concerne la distribution inappropriée d’un croissant à un résident. Un autre exemple implique une préparation incorrecte de Blédine® par du personnel non qualifié.

Les problèmes liés aux contentions physiques sont également surreprésentés. Des décès ont été signalés suite à des immobilisations inadaptées. Un cas documenté mentionne un traumatisme crânien létal après une chute nocturne. Le résident était maintenu par une contention abdomino-pelvienne inadéquate.

La dénutrition figure parmi les risques sous-estimés. Souvent progressive, elle échappe parfois à la vigilance des équipes. Des études montrent qu’environ 30% des résidents en EHPAD souffrent de dénutrition.

Les escarres constituent un autre indicateur préoccupant. Leur développement témoigne souvent d’un manque de mobilisation ou de soins. Près de 5% des résidents développent des escarres durant leur séjour.

L’impact de la pandémie sur les données

La crise sanitaire a bouleversé le recueil des données. L’étude ENEIS 3, prévue en 2019, devait inclure un volet spécifique aux EHPAD. Ce projet a été abandonné face à l’urgence pandémique.

Cette interruption crée une zone d’ombre statistique. Les données récentes manquent cruellement. Or, la période 2020-2022 a été particulièrement éprouvante pour les établissements.

Le COVID-19 a généré ses propres EIG. Les contaminations massives, l’isolement forcé et les défauts d’approvisionnement ont créé de nouveaux risques. Plus de 25 000 décès liés au COVID ont été enregistrés en EHPAD durant les premières vagues.

Cette situation exceptionnelle a également modifié les priorités. La gestion de crise a souvent relégué la déclaration systématique des EIG au second plan.

Des causes multifactorielles à analyser

L’analyse des EIG révèle des facteurs récurrents. Le manque de personnel qualifié apparaît dans 42% des cas comme un élément déterminant. Les glissements de tâches qui en découlent augmentent les risques d’erreurs.

La communication défaillante entre équipes joue également un rôle majeur. Environ 35% des incidents graves impliquent des problèmes de transmission d’information. Les changements d’équipe constituent des moments particulièrement sensibles.

L’inadéquation des protocoles représente un troisième facteur. Des procédures trop complexes ou mal adaptées compromettent leur application. À l’inverse, l’absence de protocoles clairs laisse place à l’improvisation.

La charge de travail excessive fragilise la vigilance des soignants. Dans près de 40% des cas analysés, la surcharge apparaît comme un facteur contributif majeur.

Stratégies de prévention et bonnes pratiques

Face à ces risques, des stratégies efficaces émergent. L’analyse systématique des événements indésirables, même mineurs, permet d’identifier les signaux faibles. Cette démarche préventive évite l’escalade vers des incidents graves.

La formation continue des équipes constitue un levier essentiel. Des modules spécifiques sur les risques prioritaires renforcent la vigilance. Les établissements investissant dans la formation continue enregistrent 25% d’EIG en moins.

Les « rencontres sécurité » recommandées par la HAS favorisent une culture positive. Ces temps d’échange dédiés déstigmatisent le signalement. Ils transforment chaque incident en opportunité d’apprentissage collectif.

L’évaluation régulière des pratiques complète ce dispositif. Des audits internes permettent d’identifier les écarts avant qu’ils ne provoquent des incidents. Cette démarche qualité s’inscrit dans une logique d’amélioration continue.

Vers une meilleure déclaration des EIG

Le sous-signalement reste un obstacle majeur. Selon certaines estimations, seuls 30 à 50% des EIG seraient effectivement déclarés. Cette situation fausse l’analyse des risques réels.

Plusieurs facteurs expliquent ces réticences. La crainte de sanctions dissuade certains professionnels. La complexité des procédures de déclaration constitue un autre frein.

Pour améliorer cette situation, des établissements innovent. Certains ont développé des applications simplifiées de signalement. D’autres ont désigné des référents « événements indésirables » dans chaque service.

La dédramatisation de la démarche s’avère également efficace. Les établissements adoptant une approche non punitive constatent une augmentation de 40% des signalements.

Conclusion et perspectives

L’analyse des EIG en EHPAD révèle des défis majeurs. Si les suicides, chutes et erreurs médicamenteuses dominent les statistiques générales, d’autres risques spécifiques existent. Les contentions inadaptées et les fausses routes illustrent cette spécificité.

L’amélioration de la sécurité des résidents passe par une meilleure connaissance des risques. Cette connaissance exige des données fiables et actualisées. Or, les lacunes statistiques actuelles compliquent cette démarche.

Face à ces enjeux, la mobilisation de tous les acteurs s’impose. Directeurs, médecins coordonnateurs et équipes soignantes doivent collaborer. Cette approche collective transforme la gestion des risques en opportunité d’amélioration continue.

L’avenir exige des études spécifiques aux EHPAD. Seules des données sectorielles précises permettront d’affiner les stratégies préventives. La sécurité des résidents mérite cette attention particulière.

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Dans le quotidien des EHPAD, la gestion des événements indésirables graves (EIG) représente un défi majeur. Les directeurs et professionnels de santé doivent identifier ces risques pour mieux les prévenir. L’analyse des données récentes révèle des tendances préoccupantes. Les suicides, chutes et erreurs médicamenteuses figurent en tête des incidents déclarés. Cette problématique, encadrée par une réglementation stricte, nécessite une vigilance constante et des protocoles adaptés.

Un cadre réglementaire exigeant

La déclaration des EIG est obligatoire. Cette obligation s’appuie sur l’article R. 1413-67 du code de la santé publique. Le décret du 25 novembre 2016 définit précisément ce cadre. Chaque établissement doit signaler tout événement inattendu avec des conséquences graves.

Selon la HAS, un EIG correspond à un incident aux conséquences dramatiques. Il peut s’agir d’un décès, d’une mise en danger vitale ou de séquelles permanentes. Depuis 2018, 97% des déclarations passent par le portail national signalement.social-sante.gouv.fr.

La transparence devient ainsi une exigence légale. Pourtant, des zones d’ombre persistent. Le rapport IGAS-IGF sur Orpea a révélé des dysfonctionnements majeurs. En 2021, sur 435 incidents graves, 43 n’ont pas été correctement signalés.

documents et procédures pour la gestion des EHPAD

Procédure : Signalement et gestion des EI/EIG en EHPAD

9.00

Transformez la gestion des EI/EIG dans votre EHPAD grâce à cette procédure clé en main. Téléchargez ce guide complet, avec sa fiche synthétique, pour garantir la sécurité des résidents, optimiser l’organisation et renforcer votre démarche qualité. Faites de chaque événement un levier d’amélioration et d’excellence des soins.

Les principaux EIG identifiés en EHPAD

L’analyse des données de 2018 montre une répartition préoccupante. Sur 820 déclarations totales, 12% proviennent des EHPAD, soit environ 98 cas. Ce chiffre, bien que partiel, reste significatif.

Les suicides arrivent en tête du classement général. En 2018, 181 cas ont été recensés tous établissements confondus. Dans les EHPAD, cette problématique reflète souvent un mal-être profond des résidents.

Les défauts de prise en charge occupent la deuxième position. Avec 134 cas signalés, ils témoignent de failles organisationnelles. Ces situations englobent des retards de soins ou des évaluations inadéquates.

Les chutes représentent le troisième risque majeur. 121 déclarations concernent ces accidents aux conséquences parfois fatales. Dans la population âgée, une simple chute peut entraîner une cascade de complications.

En quatrième position, les erreurs médicamenteuses totalisent 111 cas. Ces incidents incluent des confusions de patients, de dosages ou de médicaments.

RangType d’EIGNombre d’événements
1Suicide des patients181
2Défauts de prise en charge134
3Chutes121
4Erreurs médicamenteuses111

Des risques spécifiques aux personnes âgées

Certains EIG touchent particulièrement les EHPAD. Les incidents de fausse route illustrent cette spécificité. Un cas emblématique concerne la distribution inappropriée d’un croissant à un résident. Un autre exemple implique une préparation incorrecte de Blédine® par du personnel non qualifié.

Les problèmes liés aux contentions physiques sont également surreprésentés. Des décès ont été signalés suite à des immobilisations inadaptées. Un cas documenté mentionne un traumatisme crânien létal après une chute nocturne. Le résident était maintenu par une contention abdomino-pelvienne inadéquate.

La dénutrition figure parmi les risques sous-estimés. Souvent progressive, elle échappe parfois à la vigilance des équipes. Des études montrent qu’environ 30% des résidents en EHPAD souffrent de dénutrition.

Les escarres constituent un autre indicateur préoccupant. Leur développement témoigne souvent d’un manque de mobilisation ou de soins. Près de 5% des résidents développent des escarres durant leur séjour.

L’impact de la pandémie sur les données

La crise sanitaire a bouleversé le recueil des données. L’étude ENEIS 3, prévue en 2019, devait inclure un volet spécifique aux EHPAD. Ce projet a été abandonné face à l’urgence pandémique.

Cette interruption crée une zone d’ombre statistique. Les données récentes manquent cruellement. Or, la période 2020-2022 a été particulièrement éprouvante pour les établissements.

Le COVID-19 a généré ses propres EIG. Les contaminations massives, l’isolement forcé et les défauts d’approvisionnement ont créé de nouveaux risques. Plus de 25 000 décès liés au COVID ont été enregistrés en EHPAD durant les premières vagues.

Cette situation exceptionnelle a également modifié les priorités. La gestion de crise a souvent relégué la déclaration systématique des EIG au second plan.

Des causes multifactorielles à analyser

L’analyse des EIG révèle des facteurs récurrents. Le manque de personnel qualifié apparaît dans 42% des cas comme un élément déterminant. Les glissements de tâches qui en découlent augmentent les risques d’erreurs.

La communication défaillante entre équipes joue également un rôle majeur. Environ 35% des incidents graves impliquent des problèmes de transmission d’information. Les changements d’équipe constituent des moments particulièrement sensibles.

L’inadéquation des protocoles représente un troisième facteur. Des procédures trop complexes ou mal adaptées compromettent leur application. À l’inverse, l’absence de protocoles clairs laisse place à l’improvisation.

La charge de travail excessive fragilise la vigilance des soignants. Dans près de 40% des cas analysés, la surcharge apparaît comme un facteur contributif majeur.

Stratégies de prévention et bonnes pratiques

Face à ces risques, des stratégies efficaces émergent. L’analyse systématique des événements indésirables, même mineurs, permet d’identifier les signaux faibles. Cette démarche préventive évite l’escalade vers des incidents graves.

La formation continue des équipes constitue un levier essentiel. Des modules spécifiques sur les risques prioritaires renforcent la vigilance. Les établissements investissant dans la formation continue enregistrent 25% d’EIG en moins.

Les « rencontres sécurité » recommandées par la HAS favorisent une culture positive. Ces temps d’échange dédiés déstigmatisent le signalement. Ils transforment chaque incident en opportunité d’apprentissage collectif.

L’évaluation régulière des pratiques complète ce dispositif. Des audits internes permettent d’identifier les écarts avant qu’ils ne provoquent des incidents. Cette démarche qualité s’inscrit dans une logique d’amélioration continue.

Vers une meilleure déclaration des EIG

Le sous-signalement reste un obstacle majeur. Selon certaines estimations, seuls 30 à 50% des EIG seraient effectivement déclarés. Cette situation fausse l’analyse des risques réels.

Plusieurs facteurs expliquent ces réticences. La crainte de sanctions dissuade certains professionnels. La complexité des procédures de déclaration constitue un autre frein.

Pour améliorer cette situation, des établissements innovent. Certains ont développé des applications simplifiées de signalement. D’autres ont désigné des référents « événements indésirables » dans chaque service.

La dédramatisation de la démarche s’avère également efficace. Les établissements adoptant une approche non punitive constatent une augmentation de 40% des signalements.

Conclusion et perspectives

L’analyse des EIG en EHPAD révèle des défis majeurs. Si les suicides, chutes et erreurs médicamenteuses dominent les statistiques générales, d’autres risques spécifiques existent. Les contentions inadaptées et les fausses routes illustrent cette spécificité.

L’amélioration de la sécurité des résidents passe par une meilleure connaissance des risques. Cette connaissance exige des données fiables et actualisées. Or, les lacunes statistiques actuelles compliquent cette démarche.

Face à ces enjeux, la mobilisation de tous les acteurs s’impose. Directeurs, médecins coordonnateurs et équipes soignantes doivent collaborer. Cette approche collective transforme la gestion des risques en opportunité d’amélioration continue.

L’avenir exige des études spécifiques aux EHPAD. Seules des données sectorielles précises permettront d’affiner les stratégies préventives. La sécurité des résidents mérite cette attention particulière.