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Entretien professionnel en EHPAD : comment l'IDEC réduit l'absentéisme grâce à une méthode en 4 étapes
Recrutement & Fidélisation

Entretien professionnel en EHPAD : Comment l’IDEC réduit

5 mars 2026 10 min de lecture SOS EHPAD TEAM

En EHPAD, l’entretien professionnel annuel est souvent vécu comme une formalité chronophage. Les soignants le redoutent ou l’ignorent. Les IDEC le bâclent faute de temps. Et pourtant, cet outil RH est l’un des rares espaces formels où le professionnel peut exprimer ses difficultés, ses aspirations, et construire son avenir dans l’établissement. Dans un secteur où l’absentéisme dépasse 12 % en 2026 et où fidéliser les équipes devient une priorité absolue, transformer cet entretien en levier réel de management n’est pas une option. C’est une nécessité.


L’entretien professionnel en EHPAD : cadre juridique et obligations concrètes

L’entretien professionnel est une obligation légale issue de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle. Il s’applique à tous les salariés disposant de deux ans d’ancienneté, sans distinction de secteur, y compris dans les EHPAD publics et privés.

Ce que dit la loi

Tout salarié bénéficie, tous les deux ans, d’un entretien professionnel avec son employeur consacré à ses perspectives d’évolution professionnelle. — Article L. 6315-1 du Code du travail

Attention : l’entretien professionnel n’est pas l’entretien d’évaluation. Ces deux entretiens ont des objets distincts.

Entretien d’évaluation Entretien professionnel
Évalue les performances sur la période écoulée Porte sur l’avenir et les perspectives de carrière
Pas obligatoire (sauf convention collective) Obligatoire tous les 2 ans minimum
Peut aborder les objectifs et la rémunération Porte sur la formation, la VAE, la montée en compétences
Peut être conduit ensemble si clairement dissocié Doit faire l’objet d’un document écrit signé

Dans les EHPAD relevant de la convention collective des EHPAD privés, des dispositions spécifiques peuvent s’ajouter à ce cadre légal minimal. Il est donc indispensable de consulter la convention applicable à votre établissement avant de construire votre procédure.

Tous les 6 ans, un bilan récapitulatif doit vérifier que le salarié a bien bénéficié de ses entretiens et d’au moins une action de formation non obligatoire. En cas de manquement, des abondements sur le Compte Personnel de Formation (CPF) peuvent être imposés à l’employeur.

Ce que cela implique en pratique pour l’IDEC

L’IDEC conduit souvent ces entretiens pour les infirmiers, aides-soignants et agents de soins de son service. Cela représente, dans un EHPAD moyen de 80 résidents, entre 25 et 40 entretiens à organiser chaque année.

Checklist minimale de conformité :

  • Convoquer par écrit chaque professionnel concerné (courrier ou mail)
  • Réaliser l’entretien dans un espace confidentiel, sans interruption
  • Remettre un compte rendu écrit à l’issue de l’entretien
  • Recueillir la signature du salarié sur le document
  • Archiver le document dans le dossier individuel du professionnel

Conseil opérationnel : Établissez dès janvier un calendrier annuel des entretiens, en les répartissant sur l’ensemble de l’année. Évitez le phénomène de « tout en décembre » qui vide le processus de sa substance.


Pourquoi ces entretiens sonnent souvent creux et comment renverser la tendance

Fréquemment, le constat est le même. L’entretien dure 20 minutes. Le soignant signe un formulaire pré-rempli. Il repart sans avoir abordé ce qui le pèse vraiment. Ni les conditions de travail dégradées. Ni l’envie de se former. Ni le projet de passer d’aide-soignant à infirmier.

Ce phénomène a un coût réel. Selon les données de la DREES publiées début 2026, le turnover annuel en EHPAD dépasse 20 % sur certaines catégories de personnel soignant. Une grande partie de ces départs aurait pu être évitée par une meilleure écoute managériale.

Les causes d’un entretien inefficace

  • Aucune préparation : l’IDEC arrive sans données, sans bilan de l’année, sans questions ouvertes préparées
  • Formulaire trop administratif : réduit à des cases à cocher, il ne laisse aucune place au dialogue
  • Confusion avec l’évaluation : le soignant perçoit l’entretien comme un jugement, pas comme une opportunité
  • Pas de suite : les demandes de formation formulées ne débouchent sur rien de concret
  • Timing inadapté : organisé en fin de service ou entre deux urgences, l’entretien est expédié

Un entretien professionnel sans suite concrète est pire que pas d’entretien. Il génère de la défiance.

❓ Question fréquente : L’entretien professionnel peut-il remplacer l’entretien d’évaluation ?
Non. Ces deux entretiens ont des objets légalement distincts. Ils peuvent être conduits lors d’une même rencontre, à condition de clairement dissocier les deux parties et d’établir deux documents séparés. En pratique, il est souvent préférable de les tenir à des moments différents pour ne pas surcharger l’échange.

Conseil opérationnel : Abandonnez les formulaires purement administratifs. Adoptez un guide d’entretien structuré avec des questions ouvertes, préparé à l’avance et remis au soignant 5 jours avant la rencontre. Ce simple geste change radicalement le niveau de profondeur des échanges.


Construire un entretien professionnel réellement utile : méthode en 4 étapes

Un entretien professionnel efficace en EHPAD ne s’improvise pas. Il se prépare, se structure et se prolonge dans le temps.

Étape 1 — La préparation en amont (J-5 minimum)

L’IDEC prépare :

  • Un bilan des formations suivies depuis le dernier entretien
  • Les données d’absentéisme ou les signalements éventuels (sans jugement)
  • Une revue des objectifs fixés lors du précédent entretien

Le soignant reçoit un guide de réflexion préalable avec des questions simples :

  • Qu’est-ce qui vous a rendu fier(ère) cette année dans votre travail ?
  • Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
  • Avez-vous des souhaits d’évolution ou de formation ?

Étape 2 — La conduite de l’entretien (45 à 60 minutes)

Respectez une structure en trois temps :

  1. Ouverture : rappeler l’objet de l’entretien, instaurer la confiance, reformuler les règles de confidentialité
  2. Échange : explorer le parcours, les compétences développées, les difficultés, les aspirations. Utiliser les questions ouvertes préparées
  3. Projection : co-construire un plan d’action avec des actions de formation identifiées, un horizon temporel, et un suivi prévu

Questions à poser systématiquement :

  • Avez-vous bénéficié de toutes les formations obligatoires en EHPAD auxquelles vous aviez droit ?
  • Souhaitez-vous explorer une certification, une VAE ou une évolution de poste ?
  • Quels sont vos besoins en termes d’accompagnement sur votre poste actuel ?

Étape 3 — La formalisation écrite

Le compte rendu doit mentionner :

  • Les compétences identifiées et les axes de développement
  • Les souhaits de formation exprimés par le salarié
  • Les engagements pris par l’établissement (ou les raisons d’un refus)
  • La date du prochain point de suivi

Étape 4 — Le suivi dans l’année

L’entretien professionnel ne s’arrête pas à la signature du document. Un point intermédiaire à 6 mois, même informel, montre au soignant que ses demandes ont été entendues et traitées.

Conseil opérationnel : Créez un tableau de suivi partagé (Excel ou dans votre logiciel RH) listant les engagements pris lors de chaque entretien avec leur état d’avancement. Ce tableau devient un outil de pilotage managérial, pas seulement un outil administratif.


Relier l’entretien professionnel aux enjeux stratégiques de l’EHPAD

❓ Question fréquente : En quoi l’entretien professionnel peut-il aider à réduire l’absentéisme ?
Un soignant qui se sent écouté, qui voit ses aspirations prises en compte et qui bénéficie de formations adaptées s’investit davantage. L’entretien professionnel est un outil de prévention de l’épuisement et un signal fort de reconnaissance institutionnelle.

L’entretien professionnel ne doit pas vivre en vase clos. Il doit s’articuler avec la politique globale de l’établissement.

Lier les formations aux besoins identifiés

Chaque souhait de formation exprimé lors de l’entretien doit être examiné à la lumière du plan de développement des compétences. Si un aide-soignant exprime le besoin de se former à la gérontologie à distance, l’IDEC doit être en mesure d’apporter une réponse concrète : financement via l’OPCO, DPC, ou plan de formation interne.

Les entretiens agrégés constituent une mine d’information pour le directeur. Ils permettent d’identifier des besoins collectifs, des tensions d’équipe récurrentes, des compétences à développer en priorité.

Détecter les signaux faibles d’épuisement

L’entretien professionnel est l’un des rares espaces où un soignant peut dire, sans crainte de sanction immédiate, qu’il est à bout. L’IDEC formée à l’écoute active peut détecter des signaux d’alerte précoces :

  • Perte de sens ou de motivation exprimée
  • Sentiment d’isolement dans l’équipe
  • Souhait de changement de service ou de poste
  • Difficultés relationnelles avec un ou des collègues

Ces signaux, recueillis avec bienveillance, permettent d’agir avant d’en arriver à un arrêt maladie ou à une démission.

❓ Question fréquente : L’IDEC peut-elle conduire seule les entretiens professionnels ou doit-elle les déléguer à la direction ?
L’entretien professionnel peut être conduit par tout responsable hiérarchique direct habilité par la direction. En EHPAD, l’IDEC est légitimement positionnée pour conduire les entretiens des soignants de son service, sous réserve qu’elle ait été formée à cette pratique et qu’un cadre institutionnel clair ait été défini par la direction.

Valoriser les compétences existantes

L’entretien est aussi l’occasion de reconnaître ce que le soignant fait déjà bien. Cette reconnaissance formelle, tracée dans un document écrit, a une valeur symbolique forte. Elle contribue à la fidélisation des équipes, enjeu prioritaire dans un contexte de pénurie persistante de professionnels qualifiés.

Conseil opérationnel : Après chaque campagne d’entretiens, rédigez une synthèse anonymisée des besoins exprimés. Présentez-la en réunion de direction et intégrez-la au plan de développement des compétences de l’année suivante. Ce feedback institutionnel renforce la crédibilité de la démarche auprès des équipes.


Ce que change vraiment un entretien bien mené : de la contrainte à l’outil de pilotage

L’entretien professionnel annuel, lorsqu’il est mené avec sérieux, cesse d’être une obligation administrative pour devenir un outil de pilotage humain. Il révèle ce que les plannings et les indicateurs de soins ne montrent jamais : la réalité vécue par chaque soignant.

Dans un EHPAD où les IDEC disposent d’un guide structuré, d’un calendrier anticipé et d’un suivi tracé, les entretiens deviennent un véritable baromètre du collectif. Ils alimentent la politique de formation, éclairent les décisions de la direction et participent à la construction d’une culture d’établissement où chaque professionnel se sent reconnu dans son parcours.

Un entretien professionnel bien conduit ne prend pas du temps. Il en fait gagner : en absentéisme évité, en démissions anticipées et en conflits désamorcés.

Pour aller plus loin dans votre posture de cadre et disposer d’outils concrets pour piloter vos équipes soignantes avec méthode, le guide IDEC 360° compile 50 solutions pratiques adaptées aux réalités quotidiennes du terrain.

Bonnes pratiques récapitulatives à mettre en place dès maintenant :

  • Établir un calendrier annuel des entretiens dès janvier
  • Former les IDEC à la conduite d’entretien (écoute active, questions ouvertes, posture de co-construction)
  • Utiliser un guide d’entretien structuré, remis au soignant 5 jours avant
  • Formaliser un compte rendu signé et archivé dans le dossier individuel
  • Assurer un suivi à 6 mois pour donner suite aux engagements pris
  • Intégrer les besoins collectifs au plan de développement des compétences

Mini-FAQ

L’entretien professionnel est-il obligatoire pour les salariés à temps partiel ?
Oui. La loi ne distingue pas selon le volume horaire. Tout salarié ayant au moins deux ans d’ancienneté y a droit, qu’il soit à temps plein ou à temps partiel.

Que risque l’établissement en cas de non-respect de cette obligation ?
Si le salarié n’a pas bénéficié de ses entretiens et d’au moins une formation non obligatoire sur 6 ans, l’employeur doit abonder son CPF de 3 000 euros. En cas de litige prud’homal, l’absence d’entretiens peut également constituer un manquement à l’obligation de formation et d’adaptation au poste.

Peut-on conduire l’entretien professionnel à distance (visioconférence) ?
Oui, sous réserve que les conditions de confidentialité soient garanties et que le salarié y consente. En pratique, la présence physique reste préférable pour instaurer un climat de confiance, particulièrement lorsque le soignant traverse une période difficile.

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Entretien professionnel en EHPAD : Comment l’IDEC réduit

Entretien professionnel en EHPAD : obligations légales, méthode en 4 étapes et conseils pour en faire un vrai levier de fidélisation des équipes soignantes.

En EHPAD, l’entretien professionnel annuel est souvent vécu comme une formalité chronophage. Les soignants le redoutent ou l’ignorent. Les IDEC le bâclent faute de temps. Et pourtant, cet outil RH est l’un des rares espaces formels où le professionnel peut exprimer ses difficultés, ses aspirations, et construire son avenir dans l’établissement. Dans un secteur où l’absentéisme dépasse 12 % en 2026 et où fidéliser les équipes devient une priorité absolue, transformer cet entretien en levier réel de management n’est pas une option. C’est une nécessité.


L’entretien professionnel en EHPAD : cadre juridique et obligations concrètes

L’entretien professionnel est une obligation légale issue de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle. Il s’applique à tous les salariés disposant de deux ans d’ancienneté, sans distinction de secteur, y compris dans les EHPAD publics et privés.

Ce que dit la loi

Tout salarié bénéficie, tous les deux ans, d’un entretien professionnel avec son employeur consacré à ses perspectives d’évolution professionnelle. — Article L. 6315-1 du Code du travail

Attention : l’entretien professionnel n’est pas l’entretien d’évaluation. Ces deux entretiens ont des objets distincts.

Entretien d’évaluation Entretien professionnel
Évalue les performances sur la période écoulée Porte sur l’avenir et les perspectives de carrière
Pas obligatoire (sauf convention collective) Obligatoire tous les 2 ans minimum
Peut aborder les objectifs et la rémunération Porte sur la formation, la VAE, la montée en compétences
Peut être conduit ensemble si clairement dissocié Doit faire l’objet d’un document écrit signé

Dans les EHPAD relevant de la convention collective des EHPAD privés, des dispositions spécifiques peuvent s’ajouter à ce cadre légal minimal. Il est donc indispensable de consulter la convention applicable à votre établissement avant de construire votre procédure.

Tous les 6 ans, un bilan récapitulatif doit vérifier que le salarié a bien bénéficié de ses entretiens et d’au moins une action de formation non obligatoire. En cas de manquement, des abondements sur le Compte Personnel de Formation (CPF) peuvent être imposés à l’employeur.

Ce que cela implique en pratique pour l’IDEC

L’IDEC conduit souvent ces entretiens pour les infirmiers, aides-soignants et agents de soins de son service. Cela représente, dans un EHPAD moyen de 80 résidents, entre 25 et 40 entretiens à organiser chaque année.

Checklist minimale de conformité :

  • Convoquer par écrit chaque professionnel concerné (courrier ou mail)
  • Réaliser l’entretien dans un espace confidentiel, sans interruption
  • Remettre un compte rendu écrit à l’issue de l’entretien
  • Recueillir la signature du salarié sur le document
  • Archiver le document dans le dossier individuel du professionnel

Conseil opérationnel : Établissez dès janvier un calendrier annuel des entretiens, en les répartissant sur l’ensemble de l’année. Évitez le phénomène de « tout en décembre » qui vide le processus de sa substance.


Pourquoi ces entretiens sonnent souvent creux et comment renverser la tendance

Fréquemment, le constat est le même. L’entretien dure 20 minutes. Le soignant signe un formulaire pré-rempli. Il repart sans avoir abordé ce qui le pèse vraiment. Ni les conditions de travail dégradées. Ni l’envie de se former. Ni le projet de passer d’aide-soignant à infirmier.

Ce phénomène a un coût réel. Selon les données de la DREES publiées début 2026, le turnover annuel en EHPAD dépasse 20 % sur certaines catégories de personnel soignant. Une grande partie de ces départs aurait pu être évitée par une meilleure écoute managériale.

Les causes d’un entretien inefficace

  • Aucune préparation : l’IDEC arrive sans données, sans bilan de l’année, sans questions ouvertes préparées
  • Formulaire trop administratif : réduit à des cases à cocher, il ne laisse aucune place au dialogue
  • Confusion avec l’évaluation : le soignant perçoit l’entretien comme un jugement, pas comme une opportunité
  • Pas de suite : les demandes de formation formulées ne débouchent sur rien de concret
  • Timing inadapté : organisé en fin de service ou entre deux urgences, l’entretien est expédié

Un entretien professionnel sans suite concrète est pire que pas d’entretien. Il génère de la défiance.

❓ Question fréquente : L’entretien professionnel peut-il remplacer l’entretien d’évaluation ?
Non. Ces deux entretiens ont des objets légalement distincts. Ils peuvent être conduits lors d’une même rencontre, à condition de clairement dissocier les deux parties et d’établir deux documents séparés. En pratique, il est souvent préférable de les tenir à des moments différents pour ne pas surcharger l’échange.

Conseil opérationnel : Abandonnez les formulaires purement administratifs. Adoptez un guide d’entretien structuré avec des questions ouvertes, préparé à l’avance et remis au soignant 5 jours avant la rencontre. Ce simple geste change radicalement le niveau de profondeur des échanges.


Construire un entretien professionnel réellement utile : méthode en 4 étapes

Un entretien professionnel efficace en EHPAD ne s’improvise pas. Il se prépare, se structure et se prolonge dans le temps.

Étape 1 — La préparation en amont (J-5 minimum)

L’IDEC prépare :

  • Un bilan des formations suivies depuis le dernier entretien
  • Les données d’absentéisme ou les signalements éventuels (sans jugement)
  • Une revue des objectifs fixés lors du précédent entretien

Le soignant reçoit un guide de réflexion préalable avec des questions simples :

  • Qu’est-ce qui vous a rendu fier(ère) cette année dans votre travail ?
  • Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
  • Avez-vous des souhaits d’évolution ou de formation ?

Étape 2 — La conduite de l’entretien (45 à 60 minutes)

Respectez une structure en trois temps :

  1. Ouverture : rappeler l’objet de l’entretien, instaurer la confiance, reformuler les règles de confidentialité
  2. Échange : explorer le parcours, les compétences développées, les difficultés, les aspirations. Utiliser les questions ouvertes préparées
  3. Projection : co-construire un plan d’action avec des actions de formation identifiées, un horizon temporel, et un suivi prévu

Questions à poser systématiquement :

  • Avez-vous bénéficié de toutes les formations obligatoires en EHPAD auxquelles vous aviez droit ?
  • Souhaitez-vous explorer une certification, une VAE ou une évolution de poste ?
  • Quels sont vos besoins en termes d’accompagnement sur votre poste actuel ?

Étape 3 — La formalisation écrite

Le compte rendu doit mentionner :

  • Les compétences identifiées et les axes de développement
  • Les souhaits de formation exprimés par le salarié
  • Les engagements pris par l’établissement (ou les raisons d’un refus)
  • La date du prochain point de suivi

Étape 4 — Le suivi dans l’année

L’entretien professionnel ne s’arrête pas à la signature du document. Un point intermédiaire à 6 mois, même informel, montre au soignant que ses demandes ont été entendues et traitées.

Conseil opérationnel : Créez un tableau de suivi partagé (Excel ou dans votre logiciel RH) listant les engagements pris lors de chaque entretien avec leur état d’avancement. Ce tableau devient un outil de pilotage managérial, pas seulement un outil administratif.


Relier l’entretien professionnel aux enjeux stratégiques de l’EHPAD

❓ Question fréquente : En quoi l’entretien professionnel peut-il aider à réduire l’absentéisme ?
Un soignant qui se sent écouté, qui voit ses aspirations prises en compte et qui bénéficie de formations adaptées s’investit davantage. L’entretien professionnel est un outil de prévention de l’épuisement et un signal fort de reconnaissance institutionnelle.

L’entretien professionnel ne doit pas vivre en vase clos. Il doit s’articuler avec la politique globale de l’établissement.

Lier les formations aux besoins identifiés

Chaque souhait de formation exprimé lors de l’entretien doit être examiné à la lumière du plan de développement des compétences. Si un aide-soignant exprime le besoin de se former à la gérontologie à distance, l’IDEC doit être en mesure d’apporter une réponse concrète : financement via l’OPCO, DPC, ou plan de formation interne.

Les entretiens agrégés constituent une mine d’information pour le directeur. Ils permettent d’identifier des besoins collectifs, des tensions d’équipe récurrentes, des compétences à développer en priorité.

Détecter les signaux faibles d’épuisement

L’entretien professionnel est l’un des rares espaces où un soignant peut dire, sans crainte de sanction immédiate, qu’il est à bout. L’IDEC formée à l’écoute active peut détecter des signaux d’alerte précoces :

  • Perte de sens ou de motivation exprimée
  • Sentiment d’isolement dans l’équipe
  • Souhait de changement de service ou de poste
  • Difficultés relationnelles avec un ou des collègues

Ces signaux, recueillis avec bienveillance, permettent d’agir avant d’en arriver à un arrêt maladie ou à une démission.

❓ Question fréquente : L’IDEC peut-elle conduire seule les entretiens professionnels ou doit-elle les déléguer à la direction ?
L’entretien professionnel peut être conduit par tout responsable hiérarchique direct habilité par la direction. En EHPAD, l’IDEC est légitimement positionnée pour conduire les entretiens des soignants de son service, sous réserve qu’elle ait été formée à cette pratique et qu’un cadre institutionnel clair ait été défini par la direction.

Valoriser les compétences existantes

L’entretien est aussi l’occasion de reconnaître ce que le soignant fait déjà bien. Cette reconnaissance formelle, tracée dans un document écrit, a une valeur symbolique forte. Elle contribue à la fidélisation des équipes, enjeu prioritaire dans un contexte de pénurie persistante de professionnels qualifiés.

Conseil opérationnel : Après chaque campagne d’entretiens, rédigez une synthèse anonymisée des besoins exprimés. Présentez-la en réunion de direction et intégrez-la au plan de développement des compétences de l’année suivante. Ce feedback institutionnel renforce la crédibilité de la démarche auprès des équipes.


Ce que change vraiment un entretien bien mené : de la contrainte à l’outil de pilotage

L’entretien professionnel annuel, lorsqu’il est mené avec sérieux, cesse d’être une obligation administrative pour devenir un outil de pilotage humain. Il révèle ce que les plannings et les indicateurs de soins ne montrent jamais : la réalité vécue par chaque soignant.

Dans un EHPAD où les IDEC disposent d’un guide structuré, d’un calendrier anticipé et d’un suivi tracé, les entretiens deviennent un véritable baromètre du collectif. Ils alimentent la politique de formation, éclairent les décisions de la direction et participent à la construction d’une culture d’établissement où chaque professionnel se sent reconnu dans son parcours.

Un entretien professionnel bien conduit ne prend pas du temps. Il en fait gagner : en absentéisme évité, en démissions anticipées et en conflits désamorcés.

Pour aller plus loin dans votre posture de cadre et disposer d’outils concrets pour piloter vos équipes soignantes avec méthode, le guide IDEC 360° compile 50 solutions pratiques adaptées aux réalités quotidiennes du terrain.

Bonnes pratiques récapitulatives à mettre en place dès maintenant :

  • Établir un calendrier annuel des entretiens dès janvier
  • Former les IDEC à la conduite d’entretien (écoute active, questions ouvertes, posture de co-construction)
  • Utiliser un guide d’entretien structuré, remis au soignant 5 jours avant
  • Formaliser un compte rendu signé et archivé dans le dossier individuel
  • Assurer un suivi à 6 mois pour donner suite aux engagements pris
  • Intégrer les besoins collectifs au plan de développement des compétences

Mini-FAQ

L’entretien professionnel est-il obligatoire pour les salariés à temps partiel ?
Oui. La loi ne distingue pas selon le volume horaire. Tout salarié ayant au moins deux ans d’ancienneté y a droit, qu’il soit à temps plein ou à temps partiel.

Que risque l’établissement en cas de non-respect de cette obligation ?
Si le salarié n’a pas bénéficié de ses entretiens et d’au moins une formation non obligatoire sur 6 ans, l’employeur doit abonder son CPF de 3 000 euros. En cas de litige prud’homal, l’absence d’entretiens peut également constituer un manquement à l’obligation de formation et d’adaptation au poste.

Peut-on conduire l’entretien professionnel à distance (visioconférence) ?
Oui, sous réserve que les conditions de confidentialité soient garanties et que le salarié y consente. En pratique, la présence physique reste préférable pour instaurer un climat de confiance, particulièrement lorsque le soignant traverse une période difficile.