Le décret n°2025-1306 du 24 décembre 2025, publié au Journal officiel le 26 décembre, élargit officiellement le champ de compétences des infirmiers diplômés d’État. Il leur reconnaît notamment la possibilité de prescrire des produits de santé et des examens complémentaires adaptés à la situation clinique, dans leurs domaines de compétences, selon une liste devant être fixée par arrêté. Une réforme qui retombe directement sur les épaules de l’infirmier coordinateur (IDEC), chargé depuis quelques mois à peine d’organiser et de superviser cette même équipe paramédicale en EHPAD.
Les faits : un rôle infirmier élargi par décret
Le texte publié fin décembre 2025 modifie en profondeur l’article R.4311-2 du Code de la santé publique, qui définit le rôle propre de l’infirmier. Parmi les évolutions les plus commentées : l’infirmier peut désormais prescrire des produits de santé et des examens complémentaires adaptés à la situation clinique et dans ses domaines de compétences, une liste de ces produits et examens devant être fixée par arrêté. Une extension de compétences qui ne concerne pas seulement les infirmiers de terrain : elle redessine aussi le périmètre de responsabilité de ceux qui les encadrent au quotidien — au premier rang desquels l’infirmier coordinateur.
Ce texte de décembre 2025 s’inscrit dans la continuité de deux textes publiés quelques mois plus tôt qui ont, pour la première fois, donné un cadre juridique clair à la fonction d’infirmier coordinateur en EHPAD. La loi n°2025-581 du 27 juin 2025 a ouvert la possibilité, pour les établissements concernés, d’employer un infirmier coordonnateur exerçant en collaboration avec le médecin coordonnateur et en lien avec l’encadrement administratif et soignant de l’établissement. Le décret d’application n°2025-897 du 4 septembre 2025 a précisé que ce professionnel exerce sous la responsabilité et l’autorité administratives du responsable de l’établissement, et sous l’autorité du cadre de santé le cas échéant. Ce même décret n°2025-897 rappelle qu’un infirmier coordonnateur, titulaire du diplôme d’État d’infirmier, exerce dans les conditions prévues à l’article D.312-158-1 du CASF.
Mise en perspective : une professionnalisation qui s’accélère
Trois textes en six mois — juin, septembre puis décembre 2025 — dessinent une trajectoire nette : celle d’une profession infirmière dont l’autonomie clinique se renforce, en parallèle d’un encadrement médico-social qui, lui aussi, se structure et se formalise. Ce mouvement n’est pas propre aux EHPAD ; il s’inscrit dans une évolution plus large de l’exercice infirmier en France. Mais il prend une résonance particulière dans les établissements pour personnes âgées, où plus de la moitié des résidents (55 %) sont aujourd’hui en forte perte d’autonomie, classés en GIR 1 ou 2, selon la dernière étude de la DREES publiée en novembre 2025.
Concrètement, plus le rôle propre de l’infirmier s’élargit — diagnostic infirmier, prescription encadrée, actes complémentaires — plus la fonction de coordination devient stratégique. C’est elle qui doit garantir que ces nouvelles marges de manœuvre s’exercent dans un cadre cohérent : protocoles à jour, traçabilité des prescriptions, articulation avec le médecin coordonnateur, formation de l’équipe aux nouveaux textes. Un décret publié en décembre ne se traduit pas en pratiques de terrain du jour au lendemain — c’est précisément le travail d’appropriation, de diffusion et de contrôle qui échoit à l’IDEC.
Impact concret par métier
Pour l’IDEC, la mission de coordination de l’équipe paramédicale, déjà définie par le décret du 4 septembre 2025 comme la participation à la coordination de l’équipe paramédicale, à l’organisation et à la qualité des soins paramédicaux, avec une contribution aux projets d’amélioration continue de la qualité des soins, s’alourdit mécaniquement : il faut désormais intégrer les nouvelles marges de prescription infirmière dans les protocoles de soins, s’assurer que chaque IDE de l’équipe connaît le périmètre exact de ses nouvelles compétences, et sécuriser la traçabilité des actes qui en découlent. Beaucoup d’IDEC nouvellement nommés découvrent cette charge sans disposer d’un support structuré — d’où l’intérêt de s’appuyer sur un pack documentaire conçu spécifiquement pour cette fonction de coordination, comme le Pack IDEC « Maîtrise Totale », qui rassemble justement les repères juridiques et méthodologiques nécessaires à ce pilotage.
Pour le médecin coordonnateur, la collaboration avec l’infirmier coordinateur, inscrite dans la loi depuis juin 2025, doit désormais intégrer cette extension du rôle propre infirmier dans le projet général de soins. Pour les IDE de l’équipe, l’enjeu est de sécuriser l’exercice de ces nouvelles compétences sans se substituer aux prérogatives du médecin coordonnateur ou du médecin traitant. Pour le directeur d’établissement, enfin, l’autorité administrative sur l’IDEC — également actée par le décret de septembre 2025 — implique de veiller à ce que les moyens (temps de coordination, formation continue, outils) suivent l’élargissement réel des responsabilités confiées à ce poste.
La ressource pour piloter cette montée en charge
Face à l’empilement de textes réglementaires touchant directement son périmètre, l’IDEC dispose rarement du temps nécessaire pour tout reconstruire seul. Le pack IDEC « Maîtrise Totale » réunit trois ouvrages de référence — 161 et 97 pages pour les deux premiers, un troisième au format poche — disponibles en version numérique PDF (à partir de 52,90 € TTC) ou en version brochée + PDF inclus (à partir de 84,90 € TTC), avec accès immédiat par e-mail pour la version numérique. Conçu pour les IDEC en poste comme pour ceux qui prennent leurs fonctions, il couvre la coordination de l’équipe paramédicale, la relation avec la direction et les familles, et les repères méthodologiques du quotidien — autant de terrains directement concernés par les évolutions réglementaires de 2025. Le moment est particulièrement propice : la fonction vient d’être formalisée juridiquement et son périmètre continue de bouger, mieux vaut consolider ses bases maintenant que rattraper le retard une fois les contrôles ARS ou les évaluations HAS engagés.
Perspectives et points de vigilance
Deux échéances méritent une attention particulière dans les mois qui viennent. D’une part, l’arrêté annoncé par le décret n°2025-1306 pour fixer la liste précise des produits de santé et examens complémentaires que l’infirmier peut prescrire : sa publication conditionnera l’application concrète de cette nouvelle compétence sur le terrain, et donc les protocoles que l’IDEC devra faire évoluer. D’autre part, la manière dont les établissements formaliseront, dans leurs projets de soins et leurs fiches de poste, l’articulation entre médecin coordonnateur, infirmier coordinateur et équipe soignante à la lumière de ces textes cumulés. Les EHPAD qui anticipent cette mise à jour documentaire avant un contrôle ou une évaluation HAS partent avec une longueur d’avance sur ceux qui la découvriront a posteriori.
Questions fréquentes
Le décret n°2025-1306 change-t-il les missions de l’IDEC lui-même ?
Que contient concrètement le Pack IDEC « Maîtrise Totale » ?
Qui exerce l’autorité sur l’infirmier coordinateur en EHPAD ?
Sources officielles : décret n°2025-1306 du 24 décembre 2025 (Légifrance) · décret n°2025-897 du 4 septembre 2025 (Légifrance) · étude DREES sur les résidents en EHPAD.