Soignante consultant la réglementation sur le cumul d'activités en EHPAD
Plannings & Organisation

Cumul d’activités en EHPAD : 70% des soignants concernés

25 juin 2025 5 min de lecture nicolas
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Le secteur des EHPAD traverse une période de transformation majeure. Les nouvelles réglementations sur le cumul d’activités redéfinissent les possibilités professionnelles des personnels. Cette évolution impacte directement la gestion des ressources humaines dans nos établissements. Comprendre ces règles devient essentiel pour optimiser l’organisation du travail et fidéliser les talents.

Un cadre juridique rénové depuis 2020

La loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019 a profondément modifié les obligations déontologiques des fonctionnaires. Ces dispositions sont entrées en vigueur le 1er février 2020, créant un nouveau paradigme pour les établissements publics. Le décret du 30 janvier 2020 précise les modalités d’application de ces nouvelles règles.

L’ordonnance du 24 novembre 2021 a intégré ces règles dans le Code général de la fonction publique. Cette codification unifie enfin les pratiques entre les trois versants de la fonction publique. Les EHPAD publics disposent désormais d’un référentiel clair et actualisé.

Le principe fondamental du non-cumul

Les fonctionnaires doivent consacrer l’intégralité de leur activité professionnelle aux tâches confiées. Cette règle s’applique aux agents à temps plein comme à temps partiel. L’interdiction concerne également les emplois à temps non complet ou incomplet.

Néanmoins, des distinctions importantes existent. L’emploi à temps incomplet correspond à une durée inférieure à la durée légale de travail. L’emploi à temps partiel présente une durée réduite par rapport à celle en vigueur dans l’administration.

Cette différenciation impacte directement les possibilités de cumul. Les agents à temps non complet bénéficient de règles plus souples lorsque leur quotité reste inférieure à 70%.

Les dérogations possibles pour les activités accessoires

Les fonctionnaires à temps complet peuvent exercer des activités accessoires sous conditions strictes. Ces activités doivent rester compatibles avec les fonctions principales. Elles ne peuvent affecter l’exercice des missions ni porter atteinte au fonctionnement du service.

L’activité accessoire peut s’exercer auprès d’organismes publics ou privés. Un même agent peut obtenir l’autorisation pour plusieurs activités complémentaires. Cette souplesse offre de nouvelles perspectives aux professionnels des EHPAD.

Pour les infirmiers, la situation présente des spécificités particulières. L’exercice libéral de la profession infirmière nécessite une autorisation spéciale. Cette dérogation s’applique également aux remplacements en libéral.

La création d’entreprise : un parcours encadré

L’interdiction générale de créer une entreprise s’applique aux agents à temps complet. Toutefois, une dérogation permet d’obtenir une autorisation de service à temps partiel.

L’autorisation se limite à trois années maximum. Un renouvellement d’un an reste possible sous conditions. La demande doit être déposée un mois avant l’échéance.

La quotité de travail ne peut descendre sous le mi-temps. Cette exigence garantit la continuité du service public. L’autorité compétente évalue les nécessités organisationnelles avant d’accorder l’autorisation.

Un délai de carence de trois ans s’impose entre deux autorisations successives. Cette règle évite les contournements répétés du principe général.

Les obligations spécifiques aux infirmiers

Le Code de la santé publique impose des contraintes particulières aux infirmiers. Tout cumul doit respecter la dignité et la qualité professionnelle. La réglementation en vigueur détermine les activités autorisées.

Les sanctions peuvent aller jusqu’aux mesures disciplinaires ordinales. Les infractions relèvent de l’article L.4124-6 du Code de la santé publique.

Les enjeux pour la gestion des EHPAD

Ces nouvelles règles transforment la gestion des ressources humaines. Les directeurs d’EHPAD doivent désormais maîtriser ces dispositifs complexes. L’accompagnement des agents dans leurs démarches devient un enjeu managérial crucial.

La pénurie de personnel soignant rend ces possibilités de cumul attractives. Environ 40 000 postes restent vacants dans les EHPAD français selon les dernières estimations. Ces autorisations peuvent contribuer à fidéliser les talents existants.

Les bonnes pratiques à adopter

L’anticipation constitue la clé du succès. Les demandes d’autorisation nécessitent des délais d’instruction variables. La préparation des dossiers doit intégrer cette temporalité administrative.

La communication transparente avec les équipes favorise l’adhésion. Les agents doivent comprendre les enjeux et les contraintes liés au cumul. Cette pédagogie prévient les incompréhensions et les conflits.

Le suivi régulier des autorisations accordées s’impose. L’autorité compétente peut retirer son accord si l’intérêt du service l’exige. Cette vigilance protège l’établissement et les usagers.

Perspectives d’évolution

Le secteur médico-social continue sa transformation. De nouvelles expérimentations voient régulièrement le jour. Le décret du 27 décembre 2022 ouvre ainsi la possibilité d’exercer des activités de transport scolaire.

Ces évolutions témoignent d’une approche pragmatique du législateur. L’adaptation aux réalités de terrain guide progressivement les réformes. Les EHPAD doivent anticiper ces changements pour optimiser leur organisation.

Les établissements privés développent parallèlement leurs propres stratégies. La concurrence sur le marché de l’emploi s’intensifie. Les EHPAD publics doivent valoriser leurs atouts spécifiques tout en exploitant ces nouvelles possibilités.

La formation des équipes dirigeantes devient prioritaire. La complexité juridique nécessite une expertise actualisée. L’investissement dans la formation juridique et RH constitue un avantage concurrentiel durable.

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Le secteur des EHPAD traverse une période de transformation majeure. Les nouvelles réglementations sur le cumul d’activités redéfinissent les possibilités professionnelles des personnels. Cette évolution impacte directement la gestion des ressources humaines dans nos établissements. Comprendre ces règles devient essentiel pour optimiser l’organisation du travail et fidéliser les talents.

Un cadre juridique rénové depuis 2020

La loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019 a profondément modifié les obligations déontologiques des fonctionnaires. Ces dispositions sont entrées en vigueur le 1er février 2020, créant un nouveau paradigme pour les établissements publics. Le décret du 30 janvier 2020 précise les modalités d’application de ces nouvelles règles.

L’ordonnance du 24 novembre 2021 a intégré ces règles dans le Code général de la fonction publique. Cette codification unifie enfin les pratiques entre les trois versants de la fonction publique. Les EHPAD publics disposent désormais d’un référentiel clair et actualisé.

Le principe fondamental du non-cumul

Les fonctionnaires doivent consacrer l’intégralité de leur activité professionnelle aux tâches confiées. Cette règle s’applique aux agents à temps plein comme à temps partiel. L’interdiction concerne également les emplois à temps non complet ou incomplet.

Néanmoins, des distinctions importantes existent. L’emploi à temps incomplet correspond à une durée inférieure à la durée légale de travail. L’emploi à temps partiel présente une durée réduite par rapport à celle en vigueur dans l’administration.

Cette différenciation impacte directement les possibilités de cumul. Les agents à temps non complet bénéficient de règles plus souples lorsque leur quotité reste inférieure à 70%.

Les dérogations possibles pour les activités accessoires

Les fonctionnaires à temps complet peuvent exercer des activités accessoires sous conditions strictes. Ces activités doivent rester compatibles avec les fonctions principales. Elles ne peuvent affecter l’exercice des missions ni porter atteinte au fonctionnement du service.

L’activité accessoire peut s’exercer auprès d’organismes publics ou privés. Un même agent peut obtenir l’autorisation pour plusieurs activités complémentaires. Cette souplesse offre de nouvelles perspectives aux professionnels des EHPAD.

Pour les infirmiers, la situation présente des spécificités particulières. L’exercice libéral de la profession infirmière nécessite une autorisation spéciale. Cette dérogation s’applique également aux remplacements en libéral.

La création d’entreprise : un parcours encadré

L’interdiction générale de créer une entreprise s’applique aux agents à temps complet. Toutefois, une dérogation permet d’obtenir une autorisation de service à temps partiel.

L’autorisation se limite à trois années maximum. Un renouvellement d’un an reste possible sous conditions. La demande doit être déposée un mois avant l’échéance.

La quotité de travail ne peut descendre sous le mi-temps. Cette exigence garantit la continuité du service public. L’autorité compétente évalue les nécessités organisationnelles avant d’accorder l’autorisation.

Un délai de carence de trois ans s’impose entre deux autorisations successives. Cette règle évite les contournements répétés du principe général.

Les obligations spécifiques aux infirmiers

Le Code de la santé publique impose des contraintes particulières aux infirmiers. Tout cumul doit respecter la dignité et la qualité professionnelle. La réglementation en vigueur détermine les activités autorisées.

Les sanctions peuvent aller jusqu’aux mesures disciplinaires ordinales. Les infractions relèvent de l’article L.4124-6 du Code de la santé publique.

Les enjeux pour la gestion des EHPAD

Ces nouvelles règles transforment la gestion des ressources humaines. Les directeurs d’EHPAD doivent désormais maîtriser ces dispositifs complexes. L’accompagnement des agents dans leurs démarches devient un enjeu managérial crucial.

La pénurie de personnel soignant rend ces possibilités de cumul attractives. Environ 40 000 postes restent vacants dans les EHPAD français selon les dernières estimations. Ces autorisations peuvent contribuer à fidéliser les talents existants.

Les bonnes pratiques à adopter

L’anticipation constitue la clé du succès. Les demandes d’autorisation nécessitent des délais d’instruction variables. La préparation des dossiers doit intégrer cette temporalité administrative.

La communication transparente avec les équipes favorise l’adhésion. Les agents doivent comprendre les enjeux et les contraintes liés au cumul. Cette pédagogie prévient les incompréhensions et les conflits.

Le suivi régulier des autorisations accordées s’impose. L’autorité compétente peut retirer son accord si l’intérêt du service l’exige. Cette vigilance protège l’établissement et les usagers.

Perspectives d’évolution

Le secteur médico-social continue sa transformation. De nouvelles expérimentations voient régulièrement le jour. Le décret du 27 décembre 2022 ouvre ainsi la possibilité d’exercer des activités de transport scolaire.

Ces évolutions témoignent d’une approche pragmatique du législateur. L’adaptation aux réalités de terrain guide progressivement les réformes. Les EHPAD doivent anticiper ces changements pour optimiser leur organisation.

Les établissements privés développent parallèlement leurs propres stratégies. La concurrence sur le marché de l’emploi s’intensifie. Les EHPAD publics doivent valoriser leurs atouts spécifiques tout en exploitant ces nouvelles possibilités.

La formation des équipes dirigeantes devient prioritaire. La complexité juridique nécessite une expertise actualisée. L’investissement dans la formation juridique et RH constitue un avantage concurrentiel durable.