L’action Clariane, anciennement connue sous le nom de Korian, traverse une période tumultueuse, marquée par une chute vertigineuse de sa valorisation boursière. Cette dégringolade s’est accentuée suite à des événements défavorables qui ont ébranlé le secteur de la gestion de la dépendance. Dans ce contexte, cet article propose une analyse approfondie des perspectives de l’action Clariane, en s’appuyant sur les stratégies de redressement engagées par la direction et les défis à surmonter.
Des efforts conséquents pour redresser la barre
Depuis sa prise de fonction en janvier 2016, Sophie Boissard, Directrice Générale de Clariane, fait face à des défis majeurs. La valorisation de l’entreprise a considérablement chuté, perdant jusqu’à 95 % de sa valeur depuis son apogée en février 2020. Cette baisse drastique reflète les turbulences subies par les acteurs du secteur de la gestion de la dépendance, notamment après le scandale Orpea qui a mis en lumière les vulnérabilités de ce modèle économique. L’accès restreint aux financements et les risques réputationnels accrus exacerbent la situation.
Pour contrer cette tendance négative, Clariane a initié en novembre un plan ambitieux visant à restaurer sa solidité financière. Ce programme, doté d’une enveloppe de 1,50 milliard d’euros, vise principalement à assurer le remboursement des dettes à court terme. Parmi les mesures phares, la conclusion d’un partenariat immobilier avec Crédit Agricole Assurances pour un montant initial de 140 millions d’euros, suivi d’une extension de 90 millions d’euros, et l’obtention d’un prêt relais de 200 millions d’euros, démontrent la détermination de la direction à stabiliser la situation.
Une stratégie de désendettement ambitieuse
L’année 2024 marque un tournant décisif pour Clariane avec la mise en œuvre de plusieurs opérations stratégiques visant à assainir son bilan. La cession prévue d’actifs à hauteur d’un milliard d’euros, accompagnée d’une augmentation de capital de 300 millions d’euros, témoigne de la volonté de l’entreprise de renforcer sa structure financière. Cette augmentation de capital, supérieure à la valorisation boursière actuelle de Clariane, souligne l’ampleur des efforts déployés pour redresser la situation.
Le spectre du « short selling »
Un autre élément qui pèse sur la dynamique de l’action Clariane est son statut d’une des actions les plus shortées de la Bourse de Paris. Cette pratique, consistant à parier sur la baisse du cours d’une action, reflète le scepticisme de certains investisseurs quant à la capacité de l’entreprise à surmonter ses difficultés. Dans ce contexte incertain, il semble prématuré de spéculer sur un rebond imminent de l’action. La prudence est de mise pour les investisseurs envisageant de s’engager dans cette valeur fortement secouée par des aléas récents.
Une évolution réglementaire favorable
Récemment, une décision de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a marqué un tournant potentiel pour Clariane. Predica, filiale de Crédit Agricole Assurances, a obtenu une dérogation à l’obligation de lancer une offre publique d’achat (OPA) sur Clariane. Cette mesure exceptionnelle, accordée compte tenu de la participation de Crédit Agricole Assurances à hauteur de 24,8 % dans le capital de Clariane, évite à l’assureur de devoir déclencher une OPA suite à l’augmentation de capital prévue par l’entreprise.
L’engagement de Crédit Agricole Assurances à participer à l’augmentation de capital d’un montant de 300 millions d’euros, en exerçant l’intégralité de ses droits préférentiels de souscription, constitue un soutien significatif pour Clariane. Cette opération, cruciale pour la solidité financière de Clariane, était conditionnée par l’obtention de cette dérogation. Une assemblée générale extraordinaire, prévue d’ici fin mars, sera l’étape suivante pour approuver cette augmentation de capital.
Ce plan de redressement, incluant la cession d’actifs et la réduction du ratio de levier, vise à stabiliser la situation financière de Clariane. Avec un ratio de levier de 4,1 fois au 30 juin et une dette nette de 4 milliards d’euros, les efforts de Clariane pour revenir à un niveau de levier inférieur à 3 fois d’ici fin 2025 montrent une trajectoire de redressement ambitieuse.