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Dénutrition en EHPAD : 5 leviers concrets pour stimuler l'appétit des seniors et réduire les risques dès le repas
Dénutrition & Nutrition

Dénutrition en EHPAD : 5 leviers pour stimuler l’appétit des seniors

15 mars 2026 11 min de lecture SOS EHPAD TEAM
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En EHPAD, stimuler l’appétit des seniors est un enjeu quotidien qui dépasse largement la simple question culinaire. En mars 2026, près de 30 % des résidents présentent un risque de dénutrition à leur entrée en établissement. Ce chiffre, régulièrement confirmé par les données de la Haute Autorité de Santé, rappelle l’urgence d’agir. La perte d’appétit fragilise la santé, accélère la dépendance et dégrade la qualité de vie. Pour les soignants, comprendre les mécanismes en jeu et maîtriser des stratégies concrètes est devenu une compétence centrale, autant clinique que relationnelle.


Comment donner envie de manger à une personne âgée en EHPAD ?

Redonner le goût de manger à un senior dépendant ne se résume pas à améliorer les recettes. C’est une démarche pluridimensionnelle, qui mobilise l’environnement, les sens, le lien social et l’organisation des repas.

Soigner l’environnement et la présentation des repas

Un cadre de repas agréable influence directement l’appétit. Une salle lumineuse, une table bien dressée, une vaisselle colorée : ces détails ne sont pas anecdotiques. Les guides pratiques de nutrition en EHPAD, mis à jour en 2025–2026 par des organismes comme ASHA, confirment que la stimulation visuelle et olfactive joue un rôle déterminant dans le déclenchement de l’envie de manger.

  • Utiliser des assiettes aux couleurs contrastées pour mieux distinguer les aliments
  • Servir les composantes du repas séparément (éviter les mélanges peu appétissants)
  • Veiller à la température des plats au moment du service
  • Préserver les arômes jusqu’au moment de la dégustation

Un repas bien présenté, c’est déjà la moitié de l’appétit.

La stimulation sensorielle passe aussi par le goût. Assaisonner correctement, proposer des saveurs familières, respecter les préférences culturelles ou régionales : autant de leviers simples et immédiatement actionnables.

Favoriser la dimension sociale du repas

Le repas est un acte social avant d’être un acte nutritionnel. En EHPAD, manger seul dans sa chambre réduit l’appétit et aggrave l’isolement.

Les recommandations actuelles soulignent l’importance de :
– Organiser les repas en salle commune, en petits groupes homogènes
– Encourager les échanges entre résidents et avec le personnel
– Impliquer ponctuellement les familles dans les repas
– Permettre aux résidents de participer au choix des menus

Selon les pratiques documentées en 2025–2026, la présence active du soignant à table — non pas pour surveiller mais pour accompagner — est un facteur clé d’amélioration de la prise alimentaire. Ce positionnement transforme le repas en interaction thérapeutique.

Conseil opérationnel : Désignez un soignant référent pour l’animation du repas sur chaque groupe de table. Formalisez ce rôle dans les fiches de poste pour le rendre lisible et valorisé.


Pourquoi les personnes âgées perdent-elles l’appétit ?

Comprendre les causes est indispensable avant d’agir. La perte d’appétit chez le sujet âgé est multifactorielle et doit toujours être évaluée avec rigueur.

Les causes physiologiques

Avec l’âge, plusieurs mécanismes biologiques altèrent naturellement la sensation de faim :

Facteur Impact sur l’appétit
Diminution du goût et de l’odorat Réduction du plaisir alimentaire
Ralentissement du transit digestif Sensation précoce de satiété
Réduction de la sécrétion salivaire Difficultés à mâcher et avaler
Troubles de la déglutition (dysphagie) Peur de manger, refus alimentaire
Effets secondaires des médicaments Nausées, sécheresse buccale, perte de goût

Ces facteurs sont souvent cumulatifs. Un résident sous polymédication, avec une légère dysphagie et une dépression débutante, cumule plusieurs freins à l’alimentation.

Les causes psychologiques et sociales

La dépression est une cause fréquente et sous-diagnostiquée de perte d’appétit en EHPAD. Le deuil, la perte d’autonomie, le sentiment d’inutilité ou l’ennui peuvent durablement altérer l’envie de manger.

Une perte d’appétit persistante doit systématiquement alerter l’équipe soignante et être consignée dans le dossier médical.

Il est essentiel de ne pas précipiter le passage à une alimentation mixée. Cette décision, souvent irréversible en pratique, doit résulter d’une évaluation médicale approfondie et non d’une adaptation par défaut face à un refus ponctuel.

Fréquemment demandé : Quand faut-il alerter le médecin pour une perte d’appétit ?

Tout refus alimentaire persistant sur plus de 48 heures, toute perte de poids constatée lors de la pesée mensuelle, ou tout changement de comportement à table doit être signalé au médecin coordinateur. La traçabilité dans le dossier résident est obligatoire.

Conseil opérationnel : Mettez en place une pesée mensuelle systématique et un outil de traçabilité des prises alimentaires (feuille de surveillance ou logiciel dédié). Le Pack Intégral Nutrition, Plaisir & Sécurité du Repas propose des outils prêts à l’emploi pour structurer ce suivi au quotidien.


Comment enrichir les repas et adapter les textures en pratique ?

Face à une insuffisance d’apport, l’enrichissement nutritionnel est la réponse de première intention recommandée par la HAS et les guides pratiques 2025–2026.

Enrichir sans dénaturer

L’objectif est d’augmenter la densité nutritionnelle sans modifier défavorablement le goût ni la texture. Quelques exemples concrets :

  • Ajouter du lait en poudre dans les purées, potages ou desserts lactés
  • Incorporer du fromage râpé dans les préparations chaudes
  • Enrichir les sauces avec de la crème fraîche ou des œufs
  • Proposer des compléments nutritionnels oraux (CNO) en dernier recours, après avis médical

L’enrichissement ciblé permet d’augmenter l’apport protéino-énergétique sans augmenter les volumes servis, ce qui est particulièrement adapté aux petits appétits.

Adapter les textures selon les besoins individuels

La norme internationale IDDSI (International Dysphagia Diet Standardisation Initiative) tend à s’imposer progressivement dans les établissements français comme référence pour classifier les textures modifiées. Elle distingue 8 niveaux, du liquide fin aux aliments tendres.

Checklist pratique pour l’adaptation des textures :
– [ ] Évaluation de la déglutition réalisée par un orthophoniste ou un professionnel formé
– [ ] Niveau de texture prescrit et documenté dans le dossier résident
– [ ] Respect du niveau prescrit à chaque repas, par tous les soignants
– [ ] Présentation soignée malgré la texture modifiée (portions séparées, dressage adapté)
– [ ] Réévaluation régulière selon l’évolution clinique

Fréquemment demandé : Comment maintenir le plaisir de manger avec des textures modifiées ?

La présentation reste possible même avec une alimentation mixée. Utiliser des moules pour reconstituer les formes d’aliments (poisson moulé, légumes façonnés), proposer des couleurs variées dans l’assiette et soigner les arômes permet de maintenir l’attrait visuel malgré les contraintes de texture.

Conseil opérationnel : Communiquez régulièrement avec l’équipe de cuisine sur les préférences et les contraintes de chaque résident. La coordination soignants-cuisine est un levier de qualité directement mesurable sur les prises alimentaires.


Comment former les soignants pour améliorer l’aide au repas des résidents ?

La formation des équipes est un pilier indissociable de toute stratégie nutritionnelle efficace. Les catalogues de formation 2024–2026 (ANFH, organismes DPC) placent la nutrition gériatrique et l’aide au repas parmi les thématiques prioritaires pour les soignants en EHPAD.

Les compétences clés à développer

Une formation efficace doit couvrir :

  1. Les mécanismes de la dénutrition chez le sujet âgé dépendant
  2. Les techniques d’aide au repas : positionnement à 90°, rythme adapté, stimulation verbale
  3. La communication pendant le repas : écoute active, respect du refus, gestion de l’anxiété
  4. L’enrichissement nutritionnel : reconnaître les situations à risque, adapter les apports
  5. La gestion des fausses routes : repérage, conduite à tenir, prévention
  6. La traçabilité : consigner les observations, alerter selon les protocoles

Ne jamais faire manger plusieurs résidents simultanément de façon mécanique. Ne jamais discuter avec un collègue pendant l’aide au repas. Le résident doit être le seul centre d’attention.

L’approche interdisciplinaire : une exigence de terrain

La nutrition en EHPAD mobilise plusieurs acteurs : diététicien, médecin coordinateur, infirmier, aide-soignant, animateur, équipe cuisine. La coordination entre ces professionnels conditionne l’efficacité des actions.

Des ressources comme les formations obligatoires en EHPAD rappellent le cadre réglementaire dans lequel s’inscrit cette formation pluridisciplinaire.

Pour les cadres de santé, structurer un plan de formation sur la nutrition représente un levier de qualité mesurable. Le Pack Intégral Nutrition, Plaisir & Sécurité du Repas offre des supports prêts à déployer, adaptés aux contraintes de temps des équipes.

Fréquemment demandé : Comment gérer le refus alimentaire d’un résident sans le forcer ?

Le refus de manger est un droit du résident. Il convient de ne jamais forcer, mais d’investiguer la cause (douleur, tristesse, médicament, plat non apprécié), de proposer une alternative adaptée, de consigner l’observation et d’en référer au médecin si le refus se répète. La méthode DICE offre un cadre structuré pour analyser ces situations complexes.

Conseil opérationnel : Intégrez un temps d’échange mensuel en équipe pluridisciplinaire dédié aux situations alimentaires préoccupantes. Ce rituel collectif améliore la cohérence des pratiques et renforce la culture de la bientraitance nutritionnelle.


Quand manger redevient un plaisir : vers une culture nutritionnelle durable en EHPAD

Stimuler l’appétit des seniors en EHPAD, c’est bien plus que résoudre un problème médical. C’est redonner au repas sa dimension humaine, sociale et identitaire. En mars 2026, les établissements les plus avancés sur ce sujet partagent plusieurs caractéristiques communes.

Ils ont formalisé une politique nutritionnelle institutionnelle, avec des objectifs clairs, des indicateurs de suivi (poids mensuel, taux de dénutrition, consommation alimentaire) et une coordination pluridisciplinaire structurée.

Ils ont valorisé le rôle de chaque soignant dans l’accompagnement du repas, en intégrant ces compétences dans les fiches de poste et les entretiens annuels. La fiche de poste aide-soignante en EHPAD peut utilement intégrer les attendus liés à l’aide alimentaire.

Ils s’appuient sur des outils pratiques et actualisés pour harmoniser les pratiques, former rapidement les nouveaux arrivants et maintenir la vigilance sur les situations à risque.

Points de synthèse actionnables :
– Peser chaque résident chaque mois et tracer les résultats
– Enrichir les repas systématiquement pour les résidents à risque de dénutrition
– Former toute l’équipe soignante à l’aide au repas et à la stimulation de l’appétit
– Coordonner soignants, cuisine, diététicien et médecin autour de cas ciblés
– Ne jamais passer à une texture modifiée sans évaluation et prescription formalisée
– Traiter le repas comme un moment thérapeutique à part entière

La dénutrition en EHPAD ne se combat pas seulement dans l’assiette. Elle se combat dans l’organisation, la formation et la culture d’équipe.

La transformation numérique des EHPAD, en progression en 2025–2026, offre également des outils de suivi nutritionnel plus fins (tableaux de bord, alertes automatiques, partage d’informations en temps réel). Ces outils ne remplacent pas l’engagement humain, mais ils le soutiennent et le rendent plus efficace.


Mini-FAQ

Le complément nutritionnel oral (CNO) est-il systématique en cas de perte d’appétit ?
Non. Le CNO est une solution de deuxième intention, prescrite par le médecin après échec des mesures diététiques (enrichissement des repas, adaptation des textures, stimulation de l’appétit). Il ne doit pas remplacer une évaluation de la cause sous-jacente.

Combien de produits laitiers par jour sont recommandés pour un résident en EHPAD ?
Les recommandations nutritionnelles actuelles préconisent quatre produits laitiers par jour pour les personnes âgées dépendantes, afin de couvrir les besoins en calcium et en protéines. Cette cible doit être adaptée selon les prescriptions individuelles.

Comment impliquer les familles dans la nutrition des résidents ?
Les familles peuvent participer ponctuellement aux repas, apporter des aliments appréciés (dans le respect des textures prescrites) et partager leurs connaissances des goûts et habitudes alimentaires du résident. Cette coopération est un levier précieux, à formaliser dans le projet de vie personnalisé.

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En EHPAD, stimuler l’appétit des seniors est un enjeu quotidien qui dépasse largement la simple question culinaire. En mars 2026, près de 30 % des résidents présentent un risque de dénutrition à leur entrée en établissement. Ce chiffre, régulièrement confirmé par les données de la Haute Autorité de Santé, rappelle l’urgence d’agir. La perte d’appétit fragilise la santé, accélère la dépendance et dégrade la qualité de vie. Pour les soignants, comprendre les mécanismes en jeu et maîtriser des stratégies concrètes est devenu une compétence centrale, autant clinique que relationnelle.


Comment donner envie de manger à une personne âgée en EHPAD ?

Redonner le goût de manger à un senior dépendant ne se résume pas à améliorer les recettes. C’est une démarche pluridimensionnelle, qui mobilise l’environnement, les sens, le lien social et l’organisation des repas.

Soigner l’environnement et la présentation des repas

Un cadre de repas agréable influence directement l’appétit. Une salle lumineuse, une table bien dressée, une vaisselle colorée : ces détails ne sont pas anecdotiques. Les guides pratiques de nutrition en EHPAD, mis à jour en 2025–2026 par des organismes comme ASHA, confirment que la stimulation visuelle et olfactive joue un rôle déterminant dans le déclenchement de l’envie de manger.

  • Utiliser des assiettes aux couleurs contrastées pour mieux distinguer les aliments
  • Servir les composantes du repas séparément (éviter les mélanges peu appétissants)
  • Veiller à la température des plats au moment du service
  • Préserver les arômes jusqu’au moment de la dégustation

Un repas bien présenté, c’est déjà la moitié de l’appétit.

La stimulation sensorielle passe aussi par le goût. Assaisonner correctement, proposer des saveurs familières, respecter les préférences culturelles ou régionales : autant de leviers simples et immédiatement actionnables.

Favoriser la dimension sociale du repas

Le repas est un acte social avant d’être un acte nutritionnel. En EHPAD, manger seul dans sa chambre réduit l’appétit et aggrave l’isolement.

Les recommandations actuelles soulignent l’importance de :
– Organiser les repas en salle commune, en petits groupes homogènes
– Encourager les échanges entre résidents et avec le personnel
– Impliquer ponctuellement les familles dans les repas
– Permettre aux résidents de participer au choix des menus

Selon les pratiques documentées en 2025–2026, la présence active du soignant à table — non pas pour surveiller mais pour accompagner — est un facteur clé d’amélioration de la prise alimentaire. Ce positionnement transforme le repas en interaction thérapeutique.

Conseil opérationnel : Désignez un soignant référent pour l’animation du repas sur chaque groupe de table. Formalisez ce rôle dans les fiches de poste pour le rendre lisible et valorisé.


Pourquoi les personnes âgées perdent-elles l’appétit ?

Comprendre les causes est indispensable avant d’agir. La perte d’appétit chez le sujet âgé est multifactorielle et doit toujours être évaluée avec rigueur.

Les causes physiologiques

Avec l’âge, plusieurs mécanismes biologiques altèrent naturellement la sensation de faim :

Facteur Impact sur l’appétit
Diminution du goût et de l’odorat Réduction du plaisir alimentaire
Ralentissement du transit digestif Sensation précoce de satiété
Réduction de la sécrétion salivaire Difficultés à mâcher et avaler
Troubles de la déglutition (dysphagie) Peur de manger, refus alimentaire
Effets secondaires des médicaments Nausées, sécheresse buccale, perte de goût

Ces facteurs sont souvent cumulatifs. Un résident sous polymédication, avec une légère dysphagie et une dépression débutante, cumule plusieurs freins à l’alimentation.

Les causes psychologiques et sociales

La dépression est une cause fréquente et sous-diagnostiquée de perte d’appétit en EHPAD. Le deuil, la perte d’autonomie, le sentiment d’inutilité ou l’ennui peuvent durablement altérer l’envie de manger.

Une perte d’appétit persistante doit systématiquement alerter l’équipe soignante et être consignée dans le dossier médical.

Il est essentiel de ne pas précipiter le passage à une alimentation mixée. Cette décision, souvent irréversible en pratique, doit résulter d’une évaluation médicale approfondie et non d’une adaptation par défaut face à un refus ponctuel.

Fréquemment demandé : Quand faut-il alerter le médecin pour une perte d’appétit ?

Tout refus alimentaire persistant sur plus de 48 heures, toute perte de poids constatée lors de la pesée mensuelle, ou tout changement de comportement à table doit être signalé au médecin coordinateur. La traçabilité dans le dossier résident est obligatoire.

Conseil opérationnel : Mettez en place une pesée mensuelle systématique et un outil de traçabilité des prises alimentaires (feuille de surveillance ou logiciel dédié). Le Pack Intégral Nutrition, Plaisir & Sécurité du Repas propose des outils prêts à l’emploi pour structurer ce suivi au quotidien.


Comment enrichir les repas et adapter les textures en pratique ?

Face à une insuffisance d’apport, l’enrichissement nutritionnel est la réponse de première intention recommandée par la HAS et les guides pratiques 2025–2026.

Enrichir sans dénaturer

L’objectif est d’augmenter la densité nutritionnelle sans modifier défavorablement le goût ni la texture. Quelques exemples concrets :

  • Ajouter du lait en poudre dans les purées, potages ou desserts lactés
  • Incorporer du fromage râpé dans les préparations chaudes
  • Enrichir les sauces avec de la crème fraîche ou des œufs
  • Proposer des compléments nutritionnels oraux (CNO) en dernier recours, après avis médical

L’enrichissement ciblé permet d’augmenter l’apport protéino-énergétique sans augmenter les volumes servis, ce qui est particulièrement adapté aux petits appétits.

Adapter les textures selon les besoins individuels

La norme internationale IDDSI (International Dysphagia Diet Standardisation Initiative) tend à s’imposer progressivement dans les établissements français comme référence pour classifier les textures modifiées. Elle distingue 8 niveaux, du liquide fin aux aliments tendres.

Checklist pratique pour l’adaptation des textures :
– [ ] Évaluation de la déglutition réalisée par un orthophoniste ou un professionnel formé
– [ ] Niveau de texture prescrit et documenté dans le dossier résident
– [ ] Respect du niveau prescrit à chaque repas, par tous les soignants
– [ ] Présentation soignée malgré la texture modifiée (portions séparées, dressage adapté)
– [ ] Réévaluation régulière selon l’évolution clinique

Fréquemment demandé : Comment maintenir le plaisir de manger avec des textures modifiées ?

La présentation reste possible même avec une alimentation mixée. Utiliser des moules pour reconstituer les formes d’aliments (poisson moulé, légumes façonnés), proposer des couleurs variées dans l’assiette et soigner les arômes permet de maintenir l’attrait visuel malgré les contraintes de texture.

Conseil opérationnel : Communiquez régulièrement avec l’équipe de cuisine sur les préférences et les contraintes de chaque résident. La coordination soignants-cuisine est un levier de qualité directement mesurable sur les prises alimentaires.


Comment former les soignants pour améliorer l’aide au repas des résidents ?

La formation des équipes est un pilier indissociable de toute stratégie nutritionnelle efficace. Les catalogues de formation 2024–2026 (ANFH, organismes DPC) placent la nutrition gériatrique et l’aide au repas parmi les thématiques prioritaires pour les soignants en EHPAD.

Les compétences clés à développer

Une formation efficace doit couvrir :

  1. Les mécanismes de la dénutrition chez le sujet âgé dépendant
  2. Les techniques d’aide au repas : positionnement à 90°, rythme adapté, stimulation verbale
  3. La communication pendant le repas : écoute active, respect du refus, gestion de l’anxiété
  4. L’enrichissement nutritionnel : reconnaître les situations à risque, adapter les apports
  5. La gestion des fausses routes : repérage, conduite à tenir, prévention
  6. La traçabilité : consigner les observations, alerter selon les protocoles

Ne jamais faire manger plusieurs résidents simultanément de façon mécanique. Ne jamais discuter avec un collègue pendant l’aide au repas. Le résident doit être le seul centre d’attention.

L’approche interdisciplinaire : une exigence de terrain

La nutrition en EHPAD mobilise plusieurs acteurs : diététicien, médecin coordinateur, infirmier, aide-soignant, animateur, équipe cuisine. La coordination entre ces professionnels conditionne l’efficacité des actions.

Des ressources comme les formations obligatoires en EHPAD rappellent le cadre réglementaire dans lequel s’inscrit cette formation pluridisciplinaire.

Pour les cadres de santé, structurer un plan de formation sur la nutrition représente un levier de qualité mesurable. Le Pack Intégral Nutrition, Plaisir & Sécurité du Repas offre des supports prêts à déployer, adaptés aux contraintes de temps des équipes.

Fréquemment demandé : Comment gérer le refus alimentaire d’un résident sans le forcer ?

Le refus de manger est un droit du résident. Il convient de ne jamais forcer, mais d’investiguer la cause (douleur, tristesse, médicament, plat non apprécié), de proposer une alternative adaptée, de consigner l’observation et d’en référer au médecin si le refus se répète. La méthode DICE offre un cadre structuré pour analyser ces situations complexes.

Conseil opérationnel : Intégrez un temps d’échange mensuel en équipe pluridisciplinaire dédié aux situations alimentaires préoccupantes. Ce rituel collectif améliore la cohérence des pratiques et renforce la culture de la bientraitance nutritionnelle.


Quand manger redevient un plaisir : vers une culture nutritionnelle durable en EHPAD

Stimuler l’appétit des seniors en EHPAD, c’est bien plus que résoudre un problème médical. C’est redonner au repas sa dimension humaine, sociale et identitaire. En mars 2026, les établissements les plus avancés sur ce sujet partagent plusieurs caractéristiques communes.

Ils ont formalisé une politique nutritionnelle institutionnelle, avec des objectifs clairs, des indicateurs de suivi (poids mensuel, taux de dénutrition, consommation alimentaire) et une coordination pluridisciplinaire structurée.

Ils ont valorisé le rôle de chaque soignant dans l’accompagnement du repas, en intégrant ces compétences dans les fiches de poste et les entretiens annuels. La fiche de poste aide-soignante en EHPAD peut utilement intégrer les attendus liés à l’aide alimentaire.

Ils s’appuient sur des outils pratiques et actualisés pour harmoniser les pratiques, former rapidement les nouveaux arrivants et maintenir la vigilance sur les situations à risque.

Points de synthèse actionnables :
– Peser chaque résident chaque mois et tracer les résultats
– Enrichir les repas systématiquement pour les résidents à risque de dénutrition
– Former toute l’équipe soignante à l’aide au repas et à la stimulation de l’appétit
– Coordonner soignants, cuisine, diététicien et médecin autour de cas ciblés
– Ne jamais passer à une texture modifiée sans évaluation et prescription formalisée
– Traiter le repas comme un moment thérapeutique à part entière

La dénutrition en EHPAD ne se combat pas seulement dans l’assiette. Elle se combat dans l’organisation, la formation et la culture d’équipe.

La transformation numérique des EHPAD, en progression en 2025–2026, offre également des outils de suivi nutritionnel plus fins (tableaux de bord, alertes automatiques, partage d’informations en temps réel). Ces outils ne remplacent pas l’engagement humain, mais ils le soutiennent et le rendent plus efficace.


Mini-FAQ

Le complément nutritionnel oral (CNO) est-il systématique en cas de perte d’appétit ?
Non. Le CNO est une solution de deuxième intention, prescrite par le médecin après échec des mesures diététiques (enrichissement des repas, adaptation des textures, stimulation de l’appétit). Il ne doit pas remplacer une évaluation de la cause sous-jacente.

Combien de produits laitiers par jour sont recommandés pour un résident en EHPAD ?
Les recommandations nutritionnelles actuelles préconisent quatre produits laitiers par jour pour les personnes âgées dépendantes, afin de couvrir les besoins en calcium et en protéines. Cette cible doit être adaptée selon les prescriptions individuelles.

Comment impliquer les familles dans la nutrition des résidents ?
Les familles peuvent participer ponctuellement aux repas, apporter des aliments appréciés (dans le respect des textures prescrites) et partager leurs connaissances des goûts et habitudes alimentaires du résident. Cette coopération est un levier précieux, à formaliser dans le projet de vie personnalisé.