Les femmes sont plus touchées par la maladie d’Alzheimer que les hommes. Les raisons biologiques de cette différence demeurent mal comprises, bien qu’une nouvelle étude apporte quelques éléments de réponse. En effet, des chercheurs ont découvert que les femmes ayant subi une ménopause précoce (avant 40 ans) ou tardive (entre 40 et 45 ans) ainsi que celles ayant commencé un traitement hormonal substitutif (THS) plus de cinq ans après la ménopause présentent des niveaux plus élevés de protéine tau dans leur cerveau, selon une étude publiée dans la revue JAMA Neurology.
La protéine tau, associée aux plaques d’amyloïde, est l’un des principaux signes de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont également constaté que les changements n’ont eu lieu que chez les femmes ayant déjà des niveaux plus élevés d’amyloïde dans leur cerveau.
Le THS, prescrit pour soulager les symptômes de la ménopause, a été controversé depuis une étude en 2002 qui suggérait qu’il augmentait les risques de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et de démence. Cependant, ces résultats ont été réfutés en 2012.
Selon les recommandations actuelles, les avantages du THS l’emportent sur les risques pour les femmes de moins de 60 ans, qui sont à moins de 10 ans du début de la ménopause et qui n’ont pas d’antécédents de cancer du sein, de caillots sanguins, d’accidents vasculaires cérébraux ou d’autres contre-indications. Pour les femmes de plus de 60 ans ou celles qui commencent le THS plus de 10 ans après la ménopause, le rapport bénéfice-risque est moins favorable.
L’étude JAMA Neurology a examiné les scans cérébraux de 193 femmes et 99 hommes ayant une fonction cognitive normale. Bien que le nombre de participants puisse sembler faible, il s’agit d’un échantillon important pour ce type d’étude.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pleinement l’impact du THS sur la santé du cerveau. En attendant, les femmes qui prennent ou envisagent de prendre un THS ne doivent pas être découragées par ces résultats et devraient consulter leur médecin pour discuter de leurs préoccupations.