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Aidants familiaux en France : Comprendre vos droits

15 septembre 2024 6 min de lecture SOS EHPAD TEAM
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Les aidants familiaux jouent un rôle crucial en France. Ils soutiennent au quotidien des proches en situation de dépendance. Pourtant, concilier cette responsabilité avec une activité professionnelle relève souvent du défi. Face à cette réalité, le législateur a mis en place des congés spécifiques pour aider ces salariés dévoués. Quels sont ces congés ? Quelles aides existent ? Quelles solutions s’offrent à ceux qui ne remplissent pas les conditions formelles ? Cet article fait le point sur les droits des aidants familiaux et les dispositifs disponibles pour les accompagner.

Le congé de proche aidant : un soutien essentiel pour les salariés

Le congé de proche aidant permet aux salariés de s’absenter temporairement pour s’occuper d’un proche en perte d’autonomie. Ce dispositif est accessible à tous les salariés, sans condition d’ancienneté. En 2022, près de 8,3 millions de personnes en France étaient considérées comme aidants familiaux, selon l’INSEE.

Ce congé concerne les salariés du secteur privé et public, les travailleurs indépendants et les demandeurs d’emploi. Il s’applique pour aider un proche atteint d’un handicap grave ou d’une perte d’autonomie importante. Le proche peut être un membre de la famille jusqu’au quatrième degré ou toute personne résidant avec l’aidant.

La durée du congé est fixée à trois mois, renouvelable une fois, pour un total maximal d’un an sur l’ensemble de la carrière. Il est possible de transformer ce congé en temps partiel, sous réserve de l’accord de l’employeur. Pour en bénéficier, le salarié doit informer son employeur au moins un mois à l’avance, par lettre recommandée ou remise en main propre.

Aides financières associées

Depuis 2020, les aidants peuvent percevoir l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA). Cette aide vise à compenser la perte de revenu liée au congé. Son montant est de 58,59 euros par jour en 2023, selon la Caisse d’Allocations Familiales (CAF). L’AJPA est versée pendant 66 jours maximum sur l’ensemble de la carrière.

Pour l’obtenir, il suffit de faire la demande auprès de la CAF ou de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Il est important de fournir les justificatifs requis, notamment la déclaration sur l’honneur du lien avec le proche aidé et la preuve de sa perte d’autonomie.

Le congé de solidarité familiale : accompagner un proche en fin de vie

Le congé de solidarité familiale offre la possibilité aux salariés de soutenir un proche dont le pronostic vital est engagé. Ce congé est ouvert à tous les salariés, sans condition d’ancienneté. Il concerne les parents, grands-parents, enfants, petits-enfants, frères, sœurs, conjoints ou concubins, ainsi que toute personne désignée comme personne de confiance.

La durée initiale du congé est de trois mois, renouvelable une fois, permettant un accompagnement pouvant aller jusqu’à six mois. Avec l’accord de l’employeur, il peut être pris en temps partiel ou de manière fractionnée. Le salarié doit informer son employeur au moins 15 jours avant le début du congé, sauf en cas d’urgence où ce délai est réduit à 24 heures.

Allocation d’accompagnement en fin de vie

Les bénéficiaires de ce congé peuvent prétendre à l’Allocation Journalière d’Accompagnement d’une Personne en Fin de Vie (AJAP). Cette allocation est fixée à 58,59 euros par jour en 2023. Elle est versée pendant une durée maximale de 21 jours. Pour en bénéficier, le proche aidé doit être à domicile ou en établissement, hors hospitalisation complète.

La demande d’AJAP se fait auprès de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM). Il est nécessaire de fournir un certificat médical attestant de la situation du proche en fin de vie.

Le congé de présence parentale : être présent pour son enfant malade

Le congé de présence parentale s’adresse aux parents dont l’enfant est gravement malade, accidenté ou handicapé. Ce congé permet de suspendre temporairement son activité professionnelle pour être aux côtés de son enfant. En France, chaque année, environ 2 500 familles bénéficient de ce dispositif, selon le Ministère du Travail.

Ce congé est accessible à tous les salariés, sans condition d’ancienneté. Il concerne les enfants de moins de 20 ans à charge. La durée du congé est de 310 jours ouvrés sur une période maximale de trois ans. Le salarié peut prendre ces jours de manière fractionnée, en fonction des besoins de l’enfant.

Le complément pour perte de revenu

Pendant ce congé, le parent peut percevoir l’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP). Le montant est de 58,59 euros par jour en 2023 pour un couple et de 69,16 euros pour une personne seule. L’AJPP est versée par la CAF, sous réserve de l’arrêt de travail prescrit par un médecin.

La demande d’AJPP nécessite un certificat médical détaillé, attestant de la gravité de la maladie ou du handicap de l’enfant. Il est important de respecter les délais de demande pour éviter tout retard dans le versement de l’allocation.

Alternatives aux congés statutaires : dons de jours et congés sans solde

Lorsque les congés légaux ne suffisent pas ou ne sont pas applicables, des solutions alternatives existent pour les aidants familiaux.

Don de jours entre collègues

Le don de jours de repos permet à un salarié de céder anonymement des jours de congé à un collègue aidant. Cette solidarité entre employés est encadrée par la loi depuis 2018. Les jours éligibles sont les jours de repos non pris, à l’exception des quatre semaines de congés payés obligatoires.

Le bénéficiaire conserve sa rémunération pendant les jours donnés. Cette pratique renforce la cohésion au sein de l’entreprise et soutient concrètement les aidants.

Congé sans solde ou congé sabbatique

Le congé sans solde offre la possibilité de s’absenter de son travail sans rémunération. Il n’est pas encadré par la loi, mais peut être prévu par la convention collective ou accordé par l’employeur. Le congé sabbatique, quant à lui, est réglementé et accessible aux salariés ayant au moins 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise et six ans d’activité professionnelle.

La durée du congé sabbatique varie entre six et 11 mois. Pendant ce temps, le contrat de travail est suspendu, mais le salarié retrouve son poste ou un emploi équivalent à son retour.

Télétravail et aménagement du temps de travail

Le télétravail est une alternative de plus en plus plébiscitée. Il permet aux aidants de concilier plus facilement vie professionnelle et responsabilités familiales. Selon une étude de l’ANDRH en 2022, 64 % des entreprises françaises proposent du télétravail à leurs salariés.

L’aménagement du temps de travail est également une solution. Il peut s’agir de flexibiliser les horaires, de réduire le temps de travail ou d’adopter un emploi du temps variable. Ces mesures nécessitent l’accord de l’employeur et peuvent être négociées dans le cadre d’un accord d’entreprise.

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Les aidants familiaux jouent un rôle crucial en France. Ils soutiennent au quotidien des proches en situation de dépendance. Pourtant, concilier cette responsabilité avec une activité professionnelle relève souvent du défi. Face à cette réalité, le législateur a mis en place des congés spécifiques pour aider ces salariés dévoués. Quels sont ces congés ? Quelles aides existent ? Quelles solutions s’offrent à ceux qui ne remplissent pas les conditions formelles ? Cet article fait le point sur les droits des aidants familiaux et les dispositifs disponibles pour les accompagner.

Le congé de proche aidant : un soutien essentiel pour les salariés

Le congé de proche aidant permet aux salariés de s’absenter temporairement pour s’occuper d’un proche en perte d’autonomie. Ce dispositif est accessible à tous les salariés, sans condition d’ancienneté. En 2022, près de 8,3 millions de personnes en France étaient considérées comme aidants familiaux, selon l’INSEE.

Ce congé concerne les salariés du secteur privé et public, les travailleurs indépendants et les demandeurs d’emploi. Il s’applique pour aider un proche atteint d’un handicap grave ou d’une perte d’autonomie importante. Le proche peut être un membre de la famille jusqu’au quatrième degré ou toute personne résidant avec l’aidant.

La durée du congé est fixée à trois mois, renouvelable une fois, pour un total maximal d’un an sur l’ensemble de la carrière. Il est possible de transformer ce congé en temps partiel, sous réserve de l’accord de l’employeur. Pour en bénéficier, le salarié doit informer son employeur au moins un mois à l’avance, par lettre recommandée ou remise en main propre.

Aides financières associées

Depuis 2020, les aidants peuvent percevoir l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA). Cette aide vise à compenser la perte de revenu liée au congé. Son montant est de 58,59 euros par jour en 2023, selon la Caisse d’Allocations Familiales (CAF). L’AJPA est versée pendant 66 jours maximum sur l’ensemble de la carrière.

Pour l’obtenir, il suffit de faire la demande auprès de la CAF ou de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Il est important de fournir les justificatifs requis, notamment la déclaration sur l’honneur du lien avec le proche aidé et la preuve de sa perte d’autonomie.

Le congé de solidarité familiale : accompagner un proche en fin de vie

Le congé de solidarité familiale offre la possibilité aux salariés de soutenir un proche dont le pronostic vital est engagé. Ce congé est ouvert à tous les salariés, sans condition d’ancienneté. Il concerne les parents, grands-parents, enfants, petits-enfants, frères, sœurs, conjoints ou concubins, ainsi que toute personne désignée comme personne de confiance.

La durée initiale du congé est de trois mois, renouvelable une fois, permettant un accompagnement pouvant aller jusqu’à six mois. Avec l’accord de l’employeur, il peut être pris en temps partiel ou de manière fractionnée. Le salarié doit informer son employeur au moins 15 jours avant le début du congé, sauf en cas d’urgence où ce délai est réduit à 24 heures.

Allocation d’accompagnement en fin de vie

Les bénéficiaires de ce congé peuvent prétendre à l’Allocation Journalière d’Accompagnement d’une Personne en Fin de Vie (AJAP). Cette allocation est fixée à 58,59 euros par jour en 2023. Elle est versée pendant une durée maximale de 21 jours. Pour en bénéficier, le proche aidé doit être à domicile ou en établissement, hors hospitalisation complète.

La demande d’AJAP se fait auprès de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM). Il est nécessaire de fournir un certificat médical attestant de la situation du proche en fin de vie.

Le congé de présence parentale : être présent pour son enfant malade

Le congé de présence parentale s’adresse aux parents dont l’enfant est gravement malade, accidenté ou handicapé. Ce congé permet de suspendre temporairement son activité professionnelle pour être aux côtés de son enfant. En France, chaque année, environ 2 500 familles bénéficient de ce dispositif, selon le Ministère du Travail.

Ce congé est accessible à tous les salariés, sans condition d’ancienneté. Il concerne les enfants de moins de 20 ans à charge. La durée du congé est de 310 jours ouvrés sur une période maximale de trois ans. Le salarié peut prendre ces jours de manière fractionnée, en fonction des besoins de l’enfant.

Le complément pour perte de revenu

Pendant ce congé, le parent peut percevoir l’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP). Le montant est de 58,59 euros par jour en 2023 pour un couple et de 69,16 euros pour une personne seule. L’AJPP est versée par la CAF, sous réserve de l’arrêt de travail prescrit par un médecin.

La demande d’AJPP nécessite un certificat médical détaillé, attestant de la gravité de la maladie ou du handicap de l’enfant. Il est important de respecter les délais de demande pour éviter tout retard dans le versement de l’allocation.

Alternatives aux congés statutaires : dons de jours et congés sans solde

Lorsque les congés légaux ne suffisent pas ou ne sont pas applicables, des solutions alternatives existent pour les aidants familiaux.

Don de jours entre collègues

Le don de jours de repos permet à un salarié de céder anonymement des jours de congé à un collègue aidant. Cette solidarité entre employés est encadrée par la loi depuis 2018. Les jours éligibles sont les jours de repos non pris, à l’exception des quatre semaines de congés payés obligatoires.

Le bénéficiaire conserve sa rémunération pendant les jours donnés. Cette pratique renforce la cohésion au sein de l’entreprise et soutient concrètement les aidants.

Congé sans solde ou congé sabbatique

Le congé sans solde offre la possibilité de s’absenter de son travail sans rémunération. Il n’est pas encadré par la loi, mais peut être prévu par la convention collective ou accordé par l’employeur. Le congé sabbatique, quant à lui, est réglementé et accessible aux salariés ayant au moins 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise et six ans d’activité professionnelle.

La durée du congé sabbatique varie entre six et 11 mois. Pendant ce temps, le contrat de travail est suspendu, mais le salarié retrouve son poste ou un emploi équivalent à son retour.

Télétravail et aménagement du temps de travail

Le télétravail est une alternative de plus en plus plébiscitée. Il permet aux aidants de concilier plus facilement vie professionnelle et responsabilités familiales. Selon une étude de l’ANDRH en 2022, 64 % des entreprises françaises proposent du télétravail à leurs salariés.

L’aménagement du temps de travail est également une solution. Il peut s’agir de flexibiliser les horaires, de réduire le temps de travail ou d’adopter un emploi du temps variable. Ces mesures nécessitent l’accord de l’employeur et peuvent être négociées dans le cadre d’un accord d’entreprise.