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Redonner du pouvoir d’agir en EHPAD : Un défi au cœur

6 septembre 2024 6 min de lecture SOS EHPAD TEAM
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L’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de troubles cognitifs est un défi majeur pour les EHPAD. Face à une population vieillissante et à des besoins spécifiques croissants, il est crucial de repenser l’accompagnement en plaçant le pouvoir d’agir au cœur du dispositif. Loin d’être un concept abstrait, il s’agit de permettre aux résidents, aux familles et aux professionnels de participer activement à la construction d’un quotidien plus humain et plus respectueux. Cet article explore les différentes facettes de cette démarche et propose des pistes concrètes pour la mettre en œuvre.

La formation, un levier puissant pour transformer les pratiques

Améliorer la qualité de vie des résidents passe avant tout par une transformation des pratiques professionnelles. La formation des équipes est un investissement essentiel pour y parvenir. Le choix de la formation Humanitude, par exemple, s’avère particulièrement pertinent.

Cette démarche, qui vise à faire évoluer « un lieu de soin vers un lieu de vie », s’articule autour de plusieurs modules. Un comité de pilotage, composé de l’équipe de direction, de la psychologue et de l’animatrice, est chargé de la mise en place et du suivi de la formation. Les soignants bénéficient quant à eux de formations-actions, alliant théorie et pratique, pour une meilleure appropriation des concepts.

L’impact de la formation Humanitude est multiple. Elle permet notamment de :

  • Développer une culture commune au sein des équipes, en réduisant les clivages entre les unités.
  • Acquérir des techniques et des savoir-être adaptés à l’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs.
  • Promouvoir une approche éthique et respectueuse du résident, en s’intéressant aux causes des troubles du comportement et en privilégiant le dialogue.

Au-delà de la formation Humanitude, d’autres initiatives peuvent être mises en place pour encourager le questionnement et la responsabilisation des équipes. La mise en place de « staffs médicaux » réguliers, par exemple, permet aux professionnels de partager leurs expériences, d’analyser les situations complexes et de faire évoluer leurs pratiques.

De même, la création de postes de « référents thématiques » (hygiène bucco-dentaire, dénutrition, etc.) permet de responsabiliser les aides-soignantes et de les impliquer davantage dans la prise en charge globale des résidents.

Cure et care : un équilibre indispensable pour un accompagnement global

L’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs ne se limite pas aux soins techniques. Il est essentiel de veiller au confort physique des résidents tout en favorisant leur bien-être psychologique et social.

La vigilance doit être constante sur les aspects liés au confort physique :

  • Prévention des chutes: La contention physique doit être utilisée avec parcimonie, en privilégiant des alternatives comme la verticalisation, l’utilisation de walkers ou la formation PRAP2S des équipes.
  • Maintien de la continence: L’accompagnement aux toilettes doit être adapté aux besoins de chaque résident, en tenant compte de ses difficultés éventuelles (perte d’orientation, difficulté à se déshabiller, etc.).
  • Importance du toucher: Le toucher-massage, intégré à la toilette ou proposé en tant que soin à part entière, est une source de bien-être et de communication non verbale précieuse.

Au-delà du confort physique, il est crucial de promouvoir la vie sociale et les interactions au sein de l’EHPAD :

  • Valoriser les activités du quotidien: Intégrer les résidents aux tâches quotidiennes (cuisine, jardinage, pliage du linge, etc.) permet de maintenir leurs compétences et de favoriser leur sentiment d’utilité.
  • Développer la médiation animale: La présence d’un animal familier, et plus encore la mise en place de séances de médiation animale encadrées par un professionnel, peut avoir des effets bénéfiques sur le plan cognitif, émotionnel et social des résidents.
  • Faciliter les visites des familles: Les proches jouent un rôle essentiel dans le maintien du lien social et du bien-être des résidents. Il est important de leur garantir un accès facilité à l’EHPAD, y compris en période de crise sanitaire, en adaptant les protocoles si nécessaire.

Ouvrir l’EHPAD sur l’extérieur : une nécessité pour changer les regards

L’EHPAD ne doit pas être un lieu clos sur lui-même. Il est important de l’inscrire dans son territoire en développant des partenariats avec les acteurs locaux et en favorisant les échanges avec l’extérieur.

Plusieurs initiatives peuvent être mises en place :

  • Collaborer avec la Plate-forme d’Aide et de Répit (PFAR): Organiser des séances d’information et d’échange avec les professionnels de la PFAR, proposer des ateliers communs aux résidents et aux personnes accompagnées à domicile, etc.
  • Renforcer les liens avec la municipalité: Solliciter la mairie pour la mise en place d’une signalétique adaptée aux abords de l’EHPAD, collaborer à l’aménagement d’un jardin ouvert sur la commune, proposer un siège d’administrateur à un représentant de la mairie au sein du Conseil d’Administration, etc.
  • Participer à des événements locaux: Organiser des portes ouvertes, participer à des forums ou des salons dédiés aux seniors, etc.

L’ouverture de l’EHPAD sur l’extérieur permet de :

  • Lutter contre l’isolement des résidents et des familles.
  • Faire évoluer les représentations sur la vieillesse et les EHPAD.
  • Faciliter l’intégration des futurs résidents en les familiarisant avec l’établissement et ses équipes.

Le pouvoir d’agir : une dynamique collective au service du bien-être

Redonner du pouvoir d’agir aux personnes atteintes de troubles cognitifs en EHPAD est un défi complexe qui nécessite une implication de tous les acteurs :

  • Les professionnels doivent être formés, accompagnés et encouragés à développer des pratiques innovantes et respectueuses des besoins des résidents.
  • Les familles doivent être considérées comme des partenaires à part entière, impliquées dans les décisions et informées de l’évolution de l’état de santé de leur proche.
  • Les résidents doivent être placés au centre du dispositif, écoutés, respectés dans leurs choix et encouragés à participer à la vie de l’établissement.

La mise en place d’une démarche de qualité de vie globale, fondée sur le respect, la bientraitance et la promotion de l’autonomie, est essentielle pour garantir le bien-être de tous.

En conclusion, redonner du pouvoir d’agir en EHPAD n’est pas une option, c’est une nécessité. C’est en s’engageant collectivement dans cette voie que nous pourrons offrir aux personnes atteintes de troubles cognitifs un accompagnement digne et respectueux de leur histoire et de leur individualité.

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L’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de troubles cognitifs est un défi majeur pour les EHPAD. Face à une population vieillissante et à des besoins spécifiques croissants, il est crucial de repenser l’accompagnement en plaçant le pouvoir d’agir au cœur du dispositif. Loin d’être un concept abstrait, il s’agit de permettre aux résidents, aux familles et aux professionnels de participer activement à la construction d’un quotidien plus humain et plus respectueux. Cet article explore les différentes facettes de cette démarche et propose des pistes concrètes pour la mettre en œuvre.

La formation, un levier puissant pour transformer les pratiques

Améliorer la qualité de vie des résidents passe avant tout par une transformation des pratiques professionnelles. La formation des équipes est un investissement essentiel pour y parvenir. Le choix de la formation Humanitude, par exemple, s’avère particulièrement pertinent.

Cette démarche, qui vise à faire évoluer « un lieu de soin vers un lieu de vie », s’articule autour de plusieurs modules. Un comité de pilotage, composé de l’équipe de direction, de la psychologue et de l’animatrice, est chargé de la mise en place et du suivi de la formation. Les soignants bénéficient quant à eux de formations-actions, alliant théorie et pratique, pour une meilleure appropriation des concepts.

L’impact de la formation Humanitude est multiple. Elle permet notamment de :

  • Développer une culture commune au sein des équipes, en réduisant les clivages entre les unités.
  • Acquérir des techniques et des savoir-être adaptés à l’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs.
  • Promouvoir une approche éthique et respectueuse du résident, en s’intéressant aux causes des troubles du comportement et en privilégiant le dialogue.

Au-delà de la formation Humanitude, d’autres initiatives peuvent être mises en place pour encourager le questionnement et la responsabilisation des équipes. La mise en place de « staffs médicaux » réguliers, par exemple, permet aux professionnels de partager leurs expériences, d’analyser les situations complexes et de faire évoluer leurs pratiques.

De même, la création de postes de « référents thématiques » (hygiène bucco-dentaire, dénutrition, etc.) permet de responsabiliser les aides-soignantes et de les impliquer davantage dans la prise en charge globale des résidents.

Cure et care : un équilibre indispensable pour un accompagnement global

L’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs ne se limite pas aux soins techniques. Il est essentiel de veiller au confort physique des résidents tout en favorisant leur bien-être psychologique et social.

La vigilance doit être constante sur les aspects liés au confort physique :

  • Prévention des chutes: La contention physique doit être utilisée avec parcimonie, en privilégiant des alternatives comme la verticalisation, l’utilisation de walkers ou la formation PRAP2S des équipes.
  • Maintien de la continence: L’accompagnement aux toilettes doit être adapté aux besoins de chaque résident, en tenant compte de ses difficultés éventuelles (perte d’orientation, difficulté à se déshabiller, etc.).
  • Importance du toucher: Le toucher-massage, intégré à la toilette ou proposé en tant que soin à part entière, est une source de bien-être et de communication non verbale précieuse.

Au-delà du confort physique, il est crucial de promouvoir la vie sociale et les interactions au sein de l’EHPAD :

  • Valoriser les activités du quotidien: Intégrer les résidents aux tâches quotidiennes (cuisine, jardinage, pliage du linge, etc.) permet de maintenir leurs compétences et de favoriser leur sentiment d’utilité.
  • Développer la médiation animale: La présence d’un animal familier, et plus encore la mise en place de séances de médiation animale encadrées par un professionnel, peut avoir des effets bénéfiques sur le plan cognitif, émotionnel et social des résidents.
  • Faciliter les visites des familles: Les proches jouent un rôle essentiel dans le maintien du lien social et du bien-être des résidents. Il est important de leur garantir un accès facilité à l’EHPAD, y compris en période de crise sanitaire, en adaptant les protocoles si nécessaire.

Ouvrir l’EHPAD sur l’extérieur : une nécessité pour changer les regards

L’EHPAD ne doit pas être un lieu clos sur lui-même. Il est important de l’inscrire dans son territoire en développant des partenariats avec les acteurs locaux et en favorisant les échanges avec l’extérieur.

Plusieurs initiatives peuvent être mises en place :

  • Collaborer avec la Plate-forme d’Aide et de Répit (PFAR): Organiser des séances d’information et d’échange avec les professionnels de la PFAR, proposer des ateliers communs aux résidents et aux personnes accompagnées à domicile, etc.
  • Renforcer les liens avec la municipalité: Solliciter la mairie pour la mise en place d’une signalétique adaptée aux abords de l’EHPAD, collaborer à l’aménagement d’un jardin ouvert sur la commune, proposer un siège d’administrateur à un représentant de la mairie au sein du Conseil d’Administration, etc.
  • Participer à des événements locaux: Organiser des portes ouvertes, participer à des forums ou des salons dédiés aux seniors, etc.

L’ouverture de l’EHPAD sur l’extérieur permet de :

  • Lutter contre l’isolement des résidents et des familles.
  • Faire évoluer les représentations sur la vieillesse et les EHPAD.
  • Faciliter l’intégration des futurs résidents en les familiarisant avec l’établissement et ses équipes.

Le pouvoir d’agir : une dynamique collective au service du bien-être

Redonner du pouvoir d’agir aux personnes atteintes de troubles cognitifs en EHPAD est un défi complexe qui nécessite une implication de tous les acteurs :

  • Les professionnels doivent être formés, accompagnés et encouragés à développer des pratiques innovantes et respectueuses des besoins des résidents.
  • Les familles doivent être considérées comme des partenaires à part entière, impliquées dans les décisions et informées de l’évolution de l’état de santé de leur proche.
  • Les résidents doivent être placés au centre du dispositif, écoutés, respectés dans leurs choix et encouragés à participer à la vie de l’établissement.

La mise en place d’une démarche de qualité de vie globale, fondée sur le respect, la bientraitance et la promotion de l’autonomie, est essentielle pour garantir le bien-être de tous.

En conclusion, redonner du pouvoir d’agir en EHPAD n’est pas une option, c’est une nécessité. C’est en s’engageant collectivement dans cette voie que nous pourrons offrir aux personnes atteintes de troubles cognitifs un accompagnement digne et respectueux de leur histoire et de leur individualité.