L’universitarisation des formations infirmières se poursuit avec de nouvelles expérimentations. Depuis trois ans, le rapprochement entre IFSI et universités, ainsi qu’entre les formations médicales et paramédicales, est de plus en plus important. En 2020, un décret a lancé un programme d’expérimentation en trois vagues successives, de 2020 à 2022. Au total, 26 projets ont été déposés par 23 universités. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche estime que ce rapprochement va « dans le sens de l’histoire ».
Le premier cycle de formation initiale comprend dix projets de passerelles permettant l’entrée en deuxième année d’IFSI d’étudiants en PASS-L.AS ayant validé, dans certaines conditions, 60 ECTS. Les passerelles dans l’autre sens, vers les formations en médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie, existent également mais elles sont encore limitées. Huit autres expérimentations mènent les étudiants en IFSI à l’obtention d’un double diplôme : les ESI obtiennent à l’issue des trois ans le Diplôme d’État ainsi qu’une licence (en plus du « grade licence » associé au DEI). Le ministère de l’Enseignement supérieur estime que ce double-diplôme représente un avantage potentiel, permettant aux étudiants qui l’ont obtenu de mieux réussir une poursuite d’étude en master.
Les expérimentations portent également sur le second cycle, avec neuf projets de doubles cursus pour les étudiants en étude de spécialisation (Iade, Ibode), de pratique avancée ou de cadres. Ils suivent en parallèle des masters en santé, en ingénierie de la santé, santé publique, management, management des administrations et des entreprises, et en sciences de l’éducation. Cette période d’expérimentation pour le premier et le second cycle dure six ans, et les projets seront évalués à l’issue de l’année universitaire 2025-2026 pour déterminer les formules qui seront pérennisées.
Hors expérimentation, des détenteurs d’un DE au grade licence peuvent également poursuivre des études en master puis en doctorat. Cependant, le ministère de l’Enseignement supérieur ne connaît pas leur nombre car les diplômes qu’ils ont obtenus en dehors du circuit universitaire ne sont pas renseignés dans leur dossier d’inscription.
Depuis la création en 2019 de la section de qualification en sciences infirmières du Conseil national des universités, la « CNU 92 », les tout premiers postes d’enseignants-chercheurs ont été créés. Huit postes de maîtres de conférence et un de professeur des universités ont été créés, mais la filière est jeune. Certains infirmiers déjà engagés dans la recherche ont déjà postulé, mais un frein potentiel au développement de ces postes réside dans le fait que leurs détenteurs n’ont pas d’attache avec un service de soin et doivent établir une convention avec un établissement de soins. Une réflexion sur une double appartenance, qui existe dans la filière médicale, devrait être engagée prochainement pour rendre ces carrières plus attractives.
L’universitarisation des formations infirmières est un sujet qui suscite de nombreux débats depuis plusieurs années. Les récentes expérimentations permettent de rapprocher les formations infirmières des universités tout en maintenant un haut niveau de professionnalisation. En effet, l’obtention d’un double-diplôme représente un avantage considérable pour les étudiants, qui pourront ainsi développer des compétences supplémentaires et augmenter leur employabilité. Cela représente également un avantage pour les employeurs, qui pourront bénéficier d’infirmiers plus compétents et mieux formés.
De plus, l’universitarisation des formations infirmières permet de renforcer la recherche en soins infirmiers. En créant des postes d’enseignants-chercheurs dans ce domaine, les universités contribuent à développer des connaissances nouvelles et à améliorer la qualité des soins prodigués aux patients. En outre, cela permettra de mieux répondre aux besoins de la société, qui évoluent constamment.
Enfin, cette réforme permet de renforcer l’attractivité de la profession infirmière. En effet, l’universitarisation des formations infirmières permettra aux étudiants d’avoir accès à des cursus mieux structurés et mieux organisés. Cela permettra également de mieux valoriser la profession infirmière, qui mérite une reconnaissance accrue.
En conclusion, l’universitarisation des formations infirmières est un sujet important pour l’avenir de la profession infirmière. Les expérimentations en cours permettent de développer des solutions innovantes et de renforcer la professionnalisation des infirmiers tout en améliorant leur niveau de formation. Cette réforme permettra également de mieux répondre aux besoins de la société et de renforcer l’attractivité de la profession infirmière. Il est important de soutenir ces initiatives pour garantir l’avenir de la profession infirmière et améliorer la qualité des soins prodigués aux patients.

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