Signalement des événements indésirables en EHPAD : guide complet

Découvrez comment signaler efficacement les événements indésirables en EHPAD : obligations légales, procédures internes et culture de sécurité pour améliorer la qualité des soins.

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Face à l’augmentation continue des exigences de sécurité et de qualité des soins, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes doivent structurer rigoureusement leur gestion des événements indésirables. Cette vigilance accrue répond à un double impératif : protéger les résidents et améliorer les pratiques professionnelles. Le signalement efficace des incidents constitue aujourd’hui un pilier incontournable de la qualité en EHPAD, imposant aux équipes de direction et de soins une organisation méthodique et une culture de la transparence.

Comprendre le cadre réglementaire du signalement des événements indésirables

Définitions essentielles et typologie des événements

La législation française établit une distinction claire entre plusieurs catégories d’événements. Un événement indésirable (EI) désigne tout incident imprévu survenant dans le parcours de soins d’un résident, qu’il ait ou non des conséquences visibles.

Un événement indésirable grave (EIG) entraîne quant à lui des conséquences sévères : décès, mise en jeu du pronostic vital, hospitalisation non programmée ou incapacité fonctionnelle temporaire ou permanente.

Les EIG représentent environ 12 % de l’ensemble des événements indésirables signalés dans le secteur médico-social, selon les données consolidées de l’ANSM.

La loi du 26 janvier 2016 relative à la modernisation du système de santé impose aux EHPAD une obligation déclarative stricte pour tous les EIG. Cette réglementation s’inscrit dans le cadre plus large de la démarche qualité portée par la certification HAS, qui évalue précisément la capacité des établissements à identifier et traiter ces événements.

Obligations légales et sanctions encourues

Depuis 2017, le signalement des EIG doit obligatoirement transiter par le portail national de signalement des événements sanitaires indésirables. Ce système centralisé permet aux Agences Régionales de Santé de suivre en temps réel les incidents survenant sur leur territoire.

Le délai réglementaire de déclaration est fixé à 48 heures maximum suivant la connaissance de l’événement par la direction. Ce délai court peut sembler court, mais il reflète l’urgence sanitaire que représentent certains EIG.

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Les manquements à cette obligation exposent l’établissement à plusieurs niveaux de sanctions :

  • Avertissement écrit de l’ARS avec demande de mise en conformité
  • Pénalités financières pouvant atteindre 30 000 euros
  • Suspension temporaire de l’autorisation d’activité dans les cas les plus graves
  • Inscription au dossier de l’établissement lors des évaluations HAS

Conseil pratique : désignez un responsable qualité ou un binôme direction-IDEC comme référents signalement, avec une procédure de suppléance en cas d’absence. Vérifiez trimestriellement que leurs accès au portail sont actifs.


Mettre en place une procédure interne efficace de signalement

Construction d’un circuit de signalement robuste

L’efficacité du signalement repose sur une procédure interne formalisée et connue de tous. Chaque professionnel doit savoir comment, quand et à qui signaler un événement. Cette clarté évite les pertes d’information et les retards préjudiciables.

La procédure type comporte plusieurs étapes chronologiques :

  1. Identification : tout professionnel témoin d’un événement indésirable le repère
  2. Signalement immédiat : information du cadre de santé ou de l’infirmier(ère) de garde
  3. Évaluation : qualification de la gravité (EI ou EIG) par le personnel soignant référent
  4. Documentation : remplissage d’une fiche de signalement interne standardisée
  5. Transmission : information de la direction dans les meilleurs délais
  6. Déclaration externe : si EIG, déclaration ARS sous 48h
  7. Analyse : réunion d’analyse des causes dans les 15 jours suivants

Outils et supports de signalement

La fiche de signalement interne constitue le document pivot du dispositif. Elle doit être accessible facilement, en format papier dans chaque office de soins et en version numérique sur l’intranet de l’établissement.

Les informations indispensables à collecter incluent :

  • Date, heure et lieu précis de l’événement
  • Identité du résident concerné (avec respect RGPD)
  • Description factuelle et chronologique des faits
  • Conséquences immédiates observées pour le résident
  • Premières mesures correctives engagées
  • Identification du déclarant et témoins éventuels
Type d’information Exemples concrets Importance
Contexte Heure du repas, transfert, toilette Critique
Facteurs contributifs Sous-effectif, équipement défaillant Élevée
Témoins Collègues présents, famille Moyenne
Actions immédiates Appel SAMU, surveillance renforcée Critique

Un EHPAD de Bretagne a développé une application mobile interne permettant aux soignants de déclarer un événement depuis leur smartphone en moins de trois minutes. Le taux de signalement a augmenté de 45 % en six mois, démontrant l’importance de l’accessibilité des outils.

Action immédiate : organisez un atelier pratique de deux heures avec vos équipes pour simuler le remplissage de fiches suite à des cas fictifs. La manipulation concrète améliore l’appropriation.


Maîtriser la déclaration externe et le dialogue avec l’ARS

Le portail national : fonctionnement et bonnes pratiques

Le portail national de signalement des événements sanitaires indésirables constitue l’interface unique de déclaration vers les autorités. Son utilisation requiert une connexion sécurisée et des identifiants spécifiques à chaque établissement.

Les données consolidées montrent qu’en 2024, plus de 198 000 déclarations ont été enregistrées tous secteurs confondus, avec une progression de 13 % par rapport à l’année précédente. Cette augmentation témoigne d’une meilleure culture déclarative, même si des marges de progression subsistent.

Pour les EHPAD, les principaux types d’EIG déclarés se répartissent ainsi :

  • Chutes avec fracture ou hospitalisation : 38 %
  • Erreurs médicamenteuses graves : 22 %
  • Infections nosocomiales sévères : 18 %
  • Conduites à risque avec conséquences : 12 %
  • Autres événements : 10 %

Comment rédiger une déclaration complète ?

La qualité de la déclaration conditionne la pertinence de l’analyse par l’ARS et l’accompagnement proposé. Une déclaration bien documentée facilite également les échanges ultérieurs et limite les demandes de compléments d’information.

Les éléments indispensables comprennent :

  • Description factuelle sans interprétation ni jugement
  • Chronologie précise avec horaires mentionnés
  • Évaluation de la gravité selon l’échelle réglementaire
  • Mesures conservatoires déjà mises en œuvre
  • Premières hypothèses sur les causes (sans conclusion définitive)

Une erreur fréquente consiste à minimiser la gravité par crainte de sanctions. Cette attitude est contre-productive : l’ARS valorise au contraire la transparence et la capacité d’analyse critique.

« La déclaration d’un EIG n’est pas un aveu de faute, mais une démarche d’amélioration continue », rappelle régulièrement la Direction Générale de l’Offre de Soins.

Question fréquente : Faut-il déclarer un événement dont la gravité est incertaine ?

Réponse : En cas de doute, le principe de précaution impose la déclaration. L’ARS préfère recevoir une déclaration qui s’avérera finalement porter sur un EI simple, plutôt que de ne pas être informée d’un EIG réel. Vous pouvez d’ailleurs compléter votre déclaration ultérieurement si de nouveaux éléments apparaissent.

Gestion de la suite donnée par l’ARS

Après réception de la déclaration, l’ARS peut adopter plusieurs postures selon la gravité et le contexte :

  • Accusé de réception simple pour les EIG isolés sans récurrence
  • Demande de complément d’information si le dossier est incomplet
  • Visite d’inspection en cas d’EIG grave ou de récurrence préoccupante
  • Accompagnement méthodologique pour aider à l’analyse des causes
  • Injonction de mesures correctives si des défaillances organisationnelles sont identifiées

Un établissement des Hauts-de-France a vécu une inspection suite à trois chutes graves en deux mois. L’ARS a constaté un sous-dimensionnement de l’effectif de nuit et a imposé un renforcement immédiat. L’établissement, qui avait documenté précisément chaque événement et engagé des actions, a bénéficié d’un accompagnement constructif plutôt que de sanctions lourdes.

Conseil stratégique : anticipez la visite d’inspection en préparant un dossier complet comprenant : analyse des causes, plan d’actions correctives, calendrier de mise en œuvre et indicateurs de suivi. Cette préparation transforme l’inspection en opportunité d’amélioration.


Développer une culture de sécurité et d’amélioration continue

Surmonter les freins au signalement

Plusieurs obstacles entravent encore aujourd’hui le signalement systématique des événements indésirables. Une enquête menée auprès de 850 professionnels en EHPAD en 2024 identifie les principaux freins :

  • Crainte de sanctions ou de jugement : 42 %
  • Manque de temps dans l’activité quotidienne : 31 %
  • Méconnaissance de la procédure : 18 %
  • Sentiment d’inutilité du signalement : 9 %

Ces résistances appellent des réponses managériales adaptées. La non-punitivité doit être clairement affichée et respectée : signaler un événement, même causé par une erreur, ne doit jamais entraîner de sanction individuelle, sauf faute caractérisée ou manquement délibéré.

La direction doit régulièrement communiquer sur l’utilité concrète des signalements. Montrer comment une déclaration a conduit à une amélioration tangible renforce la motivation des équipes.

Analyser pour progresser : la méthode de l’arbre des causes

Au-delà du signalement, l’analyse approfondie des événements permet d’identifier les causes racines et d’éviter les récidives. La méthode DICE offre une approche structurée pour comprendre les situations complexes, notamment lors de refus de soins pouvant conduire à des événements indésirables.

L’arbre des causes reste également une technique éprouvée. Cette méthode graphique reconstruit la chaîne causale complète d’un événement en remontant systématiquement les facteurs contributifs.

Étapes de construction d’un arbre des causes :

  1. Identifier l’événement indésirable (sommet de l’arbre)
  2. Questionner : quelles conditions ont permis cet événement ?
  3. Pour chaque condition, poursuivre : qu’est-ce qui a causé cette condition ?
  4. Continuer jusqu’aux facteurs racines (causes organisationnelles, matérielles, humaines)
  5. Identifier les barrières défaillantes ou absentes

Cette analyse doit être collective, associant les professionnels concernés, la direction et idéalement un regard extérieur (médecin coordonnateur, pharmacien, psychologue).

Question fréquente : Quelle différence entre cause immédiate et cause racine ?

Réponse : La cause immédiate est le facteur déclencheur direct (exemple : une soignante ne voit pas un résident se lever). La cause racine explique pourquoi ce facteur a pu se produire (exemple : ratio personnel/résidents insuffisant aux heures de pointe). Seule la correction des causes racines prévient durablement la récidive.

Outils de suivi et indicateurs de pilotage

Le suivi statistique des événements indésirables fournit des données précieuses pour le pilotage qualité. Les indicateurs pertinents incluent :

  • Taux de signalement : nombre d’EI déclarés pour 100 résidents et par mois
  • Ratio EI/EIG : proportion d’événements graves parmi les signalements
  • Délai moyen de déclaration externe pour les EIG
  • Taux de récurrence : proportion d’événements similaires répétés
  • Taux de mise en œuvre des actions correctives dans les délais prévus

Ces indicateurs doivent être suivis mensuellement en CLIN (Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales) ou en commission qualité, puis présentés trimestriellement en CVS (Conseil de la Vie Sociale).

Un tableau de bord synthétique aide à visualiser les tendances :

Indicateur Octobre Novembre Décembre Évolution
EI déclarés 8 12 10 Stable
dont EIG 1 2 1 Stable
Délai déclaration EIG (h) 24 18 12 ↗ Amélioration
Actions closes / prévues 3/5 4/6 5/5 ↗ Amélioration

Action concrète : créez un fichier de suivi partagé (Excel ou logiciel dédié) accessible à la direction et aux cadres. Actualisez-le hebdomadairement pour maintenir une vigilance continue et anticiper les inspections.


Former, impliquer et valoriser : les leviers humains du signalement efficace

Programmes de formation adaptés aux différents profils

La montée en compétence des équipes constitue un prérequisse absolu. Les formations obligatoires en EHPAD incluent désormais systématiquement un volet sur la gestion des risques et le signalement des événements indésirables.

Trois niveaux de formation doivent être distingués :

Formation initiale (3 heures) pour tout nouveau personnel :
– Présentation du cadre réglementaire
– Définitions et typologie des événements
– Procédure interne de signalement
– Manipulation de la fiche de déclaration

Formation approfondie (7 heures) pour les cadres et référents :
– Qualification de la gravité d’un événement
– Utilisation du portail national de signalement
– Méthodes d’analyse causale
– Animation d’un retour d’expérience (RETEX)

Formation spécialisée (14 heures) pour le référent qualité :
– Gestion de crise lors d’un EIG majeur
– Dialogue avec l’ARS et préparation aux inspections
– Pilotage d’un plan d’actions correctives
– Indicateurs de suivi et reporting

Ces formations doivent être actualisées régulièrement, idéalement tous les deux ans, pour intégrer les évolutions réglementaires et les retours d’expérience sectoriels.

Réunions d’analyse et retours d’expérience

L’organisation de réunions dédiées à l’analyse des événements indésirables structure la démarche d’amélioration. Ces temps d’échange permettent une intelligence collective et évitent que le signalement ne reste une démarche administrative stérile.

Format recommandé pour un RETEX efficace :

  • Fréquence : mensuelle pour les EI, dans les 7 jours pour tout EIG
  • Durée : 45 minutes à 1h30 selon la complexité
  • Participants : équipe concernée, direction, médecin coordonnateur, référent qualité
  • Animation : par le cadre de santé ou l’IDEC
  • Support : diaporama récapitulatif préparé en amont

Déroulé type de la réunion :

  1. Rappel des faits (10 min) – exposé factuel sans jugement
  2. Analyse des causes (20 min) – construction collective de l’arbre des causes
  3. Identification des actions (15 min) – propositions concrètes et priorisées
  4. Planification (10 min) – attribution des responsabilités et échéances
  5. Clôture (5 min) – synthèse et validation du compte-rendu

Un EHPAD toulousain a instauré un système de badges de reconnaissance pour les professionnels ayant contribué à améliorer la sécurité par leurs signalements. Cette valorisation symbolique a augmenté le nombre de déclarations de 30 % en un an, transformant le signalement en démarche positive.

Question fréquente : Comment gérer l’émotion des équipes après un EIG ?

Réponse : Un EIG, particulièrement s’il entraîne le décès d’un résident, impacte psychologiquement les professionnels. Organisez un débriefing à chaud (dans les 24-48h) centré sur le vécu émotionnel, distinct de l’analyse factuelle ultérieure. Proposez un soutien psychologique individuel si nécessaire. Cette attention aux personnes facilite ensuite l’analyse objective des faits.

Impliquer les résidents et les familles

La transparence vis-à-vis des résidents et de leur entourage renforce la confiance et s’inscrit dans une démarche éthique. Lorsqu’un événement indésirable survient, une information loyale et complète doit être délivrée rapidement.

Cette communication comporte plusieurs volets :

  • Information orale du résident (si ses capacités cognitives le permettent) et/ou de la personne de confiance
  • Compte-rendu écrit des faits, conséquences et mesures prises
  • Présentation des actions correctives engagées pour éviter la récurrence
  • Écoute des préoccupations et questions de la famille

Le CVS (Conseil de la Vie Sociale) doit également recevoir annuellement une synthèse anonymisée des événements indésirables survenus, des analyses menées et des améliorations apportées. Cette transparence collective valorise la démarche qualité de l’établissement.

Les pratiques de bientraitance intègrent cette dimension de transparence et de dialogue comme composante essentielle du respect dû aux personnes accueillies.

Conseil managérial : désignez un référent famille dans votre établissement, interlocuteur privilégié en cas d’événement indésirable touchant un résident. Cette fonction clarifie les circuits de communication et rassure les proches.


Transformer le signalement en levier stratégique de qualité

Intégrer le signalement dans la certification HAS

La certification EHPAD accorde une importance croissante à la gestion des risques et au signalement des événements indésirables. Le référentiel évalue précisément la capacité de l’établissement à :

  • Identifier et analyser les événements indésirables
  • Mettre en œuvre des actions d’amélioration efficaces
  • Impliquer les professionnels dans une démarche d’amélioration continue
  • Communiquer de manière transparente avec les usagers

Les établissements obtenant les meilleures évaluations sur ce critère partagent plusieurs caractéristiques communes :

  • Une procédure de signalement formalisée et connue de tous
  • Un taux de signalement élevé (plus de 10 EI déclarés par mois pour 100 résidents)
  • Des analyses de causes systématiques et documentées
  • Un suivi rigoureux des actions correctives
  • Une culture non punitive clairement affirmée et respectée

Question fréquente : Comment rattraper un retard en matière de signalement avant une évaluation HAS ?

Réponse : Impossible de « rattraper » un historique inexistant, mais vous pouvez démontrer une dynamique récente. Lancez immédiatement un plan d’actions comprenant : formation express de toutes les équipes, communication intensive sur la procédure, mise en place d’indicateurs de suivi et première analyse de RETEX. Documentez précisément cette démarche pour montrer l’engagement réel de l’établissement.

Anticiper les situations de crise avec le mode dégradé

Certaines situations de tension, notamment les pénuries de personnel, augmentent mécaniquement le risque d’événements indésirables. Le mode dégradé en EHPAD constitue un dispositif préventif permettant de maintenir la sécurité malgré les contraintes.

Dans ces périodes délicates, la vigilance sur le signalement doit être renforcée et non relâchée. Paradoxalement, c’est souvent quand les équipes sont en tension que le signalement diminue, alors que les risques augmentent.

Mesures spécifiques en mode dégradé :

  • Point quotidien rapide (10 min) sur les événements de la veille
  • Fiche de signalement simplifiée pour faciliter les remontées
  • Vigilance accrue du cadre de santé sur les situations à risque
  • Communication transparente vers les familles sur les mesures prises
  • Documentation systématique pour protéger l’établissement juridiquement

Utiliser les données pour piloter la qualité

Les données issues des signalements constituent une mine d’informations stratégiques pour orienter les investissements et les efforts d’amélioration. L’analyse des tendances permet d’identifier les zones de fragilité avant qu’un événement grave ne survienne.

Exemples d’analyses pertinentes :

  • Cartographie des risques par type d’événement et par unité de vie
  • Analyse horaire : identification des moments de la journée à risque (lever, repas, coucher)
  • Profil des résidents concernés : corrélation avec le GIR moyen pondéré de l’unité
  • Impact des formations : évolution du nombre d’événements après une action de formation ciblée

Un établissement normand a identifié par cette analyse que 60 % des chutes graves survenaient entre 6h et 8h du matin. Cette donnée a conduit à renforcer l’effectif sur cette tranche horaire, avec une diminution de 40 % des chutes en six mois.

Action stratégique : présentez semestriellement au conseil d’administration ou à l’organisme gestionnaire une synthèse des événements indésirables et des actions menées. Cette communication institutionnalise la démarche et sécurise les arbitrages budgétaires nécessaires aux améliorations.

Créer un réseau d’échanges inter-établissements

L’isolement des EHPAD face à la gestion des événements indésirables peut être contreproductif. Développer un réseau d’échanges de pratiques entre plusieurs établissements d’un territoire enrichit les analyses et accélère les progrès.

Modalités de collaboration possibles :

  • Rencontres trimestrielles des référents qualité du territoire
  • Partage anonymisé d’analyses de cas complexes
  • Mutualisation de supports de formation
  • Élaboration de procédures communes entre établissements d’un même groupe
  • Organisation de journées thématiques annuelles

Certaines ARS encouragent et financent ces démarches collaboratives, considérées comme levier efficace d’amélioration de la qualité territoriale. Renseignez-vous auprès de votre délégation territoriale sur les dispositifs disponibles.

Conseil d’ouverture : participez aux journées régionales organisées par les fédérations professionnelles (FHF, FEHAP, SYNERPA) consacrées à la gestion des risques. Ces événements permettent de découvrir les innovations et de créer des liens avec d’autres directeurs confrontés aux mêmes défis.


Mini-FAQ : Réponses rapides aux questions pratiques

Doit-on signaler un événement évité de justesse (presqu’accident) ?

Absolument. Ces « événements porteurs de risques » (EPR) sont précieux pour l’analyse préventive. Ils révèlent des failles sans avoir causé de dommage, permettant une correction avant qu’un véritable EIG ne survienne. Encouragez activement leur signalement.

Comment protéger juridiquement l’établissement en cas d’EIG ?

La documentation rigoureuse constitue votre meilleure protection : fiche de signalement complète, compte-rendu d’analyse des causes, traçabilité des actions correctives, communication écrite avec la famille. En cas de procédure judiciaire, ces éléments démontrent votre diligence et votre responsabilité.

Faut-il sanctionner un professionnel dont l’erreur a causé un EIG ?

La sanction individuelle doit rester exceptionnelle et réservée aux fautes caractérisées (non-respect délibéré d’une procédure, négligence grave). Dans la majorité des cas, l’erreur humaine résulte de causes organisationnelles. Privilégiez l’analyse collective et les actions systémiques plutôt que la recherche de boucs émissaires, qui tue toute culture de signalement.

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